Édition électronique revue, corrigée et augmentée du DICTIONNAIRE des JOURNAUX (1600-1789)

 

Sous la direction de JEAN SGARD

 

  1. Préface de l'édition de 1991
  2. Mise en ligne des dictionnaires de la presse classique

 

1. Préface de l'édition de 1991

Ce dictionnaire rassemble tous les périodiques de langue française publiés de 1600 à 1789, c'est-à-dire des origines de la presse au début de la Révolution, fixé au 14 juillet 1789. Par périodique, on entendra tout ouvrage imprimé qui prétend, grâce à une publication échelonnée dans le temps, rendre compte de l'actualité.

 

Cette définition englobe trois critères : une présentation relativement stable sous un même titre, une périodicité réelle ou affirmée, un souci de l'information récente. Le périodique est donc un ouvrage qui paraît à plusieurs reprises sous le même titre et, sauf accident, sous la même présentation ; s'il y a privilège, il couvre le titre et l'entreprise de presse, quel que soit le nombre de volumes à paraître. Le rythme de périodicité peut varier, du quotidien à l'annuel ; qu'il soit respecté ou fortement perturbé, c'est lui qui décide en fait de la nature du périodique, de son contenu, de sa forme, du contrat passé avec le lecteur. Le périodique est enfin destiné à communiquer une information relativement récente, sur l'actualité qui sépare deux livraisons successives : du jour au lendemain pour un quotidien, d'une année à l'autre pour un annuel.

 

Mais il s'en faut de beaucoup que la notion de périodique soit claire et distincte. Il est souvent difficile de distinguer un périodique d'une collection : la Bibliothèque universelle des romans a bien été publiée mensuellement, comme l'attestent les abonnements et les pages de titre ; le Cabinet des fées, lui, a été publié par groupes de volumes, comme beaucoup d'autres «bibliothèques» de romans et de contes, simples séries de rééditions sous un titre commun. La présentation constante peut subir aussi toutes sortes d'atteintes: tel journal change de titre sans changer de forme ; tel autre ne garde de constant que son titre. Aussi longtemps que l'institution rédactionnelle reste en place, le journal demeure en principe le même ; en revanche, si le directeur et son équipe changent, nous devrons souvent considérer que nous avons affaire à un nouveau journal. Dans certains cas, nous avons signalé ces époques successives par un numéro d'ordre. Mais que dire de ces grandes revues comme la Bibliothèque française ou le Journal littéraire de La Haye, qui peuvent changer d'éditeur, de directeur et de rédacteurs tout en gardant une façade inaltérable? ou de la gazette d'Amsterdam, qui couvre une bonne dizaine de journaux différents sous un même privilège ? A la réalité historique, complexe et mouvante, nous avons souvent préféré la clarté dans la présentation.

 

L'affirmation de périodicité soulève d'autres difficultés ; comment juger d'un journal qui n'a connu qu'un seul numéro ? Seule une esquisse de numérotation et une intention manifeste du rédacteur permettront d'affirmer qu'il s'agit d'un périodique. C'est le cas de la plupart des journaux de la Fronde que nous avons retenus, dans un nombre infini de mazarinades ; mais on ne prétendra pas, sur ce point, à l'exhaustivité, ni même à une parfaite logique. On trouve en effet au XVIIe siècle, à une époque où les genres ne sont pas encore classés, quantité de publications occasionnelles qui n'ont de périodique que l'apparence. A l'opposé, l'ancien régime est particulièrement riche de ces institutions quasiment inamovibles que sont les périodiques annuels: calendriers, almanachs, recueils académiques, conférences ecclésiastiques, salons ou livrets d'exposition, recueils de musique, etc. ; mais il arrive que ces annuels tombent en sommeil pendant plusieurs années, qu'ils réapparaissent avec plusieurs volumes publiés simultanément, ou qu'ils prêtent lieu à de simples rééditions augmentées : s'agit-il encore de périodiques ? Nous n'avons retenu que ceux qui gardaient un contact avec l'actualité de l'année écoulée, mais l'arbitraire nous menace à chaque pas. Dans tous les cas, nous avons joué simultanément des trois critères. Il reste que dans l'incertitude, nous avons préféré inclure plutôt qu'exclure ; ont donc été retenus tous les ouvrages qui avaient tenu une place, aussi modeste fût-elle, dans l'histoire de la presse classique ; nous avons seulement marqué d'un astérisque (*) tous ceux qui, par leur caractère annuel ou très irrégulier, nous paraissaient en marge du genre journalistique.

 

Au total, 1267 titres ont été retenus. Rappelons qu'il y a un peu plus d'un siècle, E. Hatin, dans sa Bibliographie historique et critique de la presse périodique française (Didot, 1866), comptait pour la même période environ 350 titres. G. Bonno, dans une liste publiée en 1944, parvenait au même total pour le seul XVIIIe siècle ; en 1970, dans L'Etude des périodiques anciens (éd. M. Couperus, Nizet, 1972), j'en comptais plus de 500. Le Catalogue collectif de la Bibliothèque nationale, grâce à une remarquable enquête dans les bibliothèques de Paris et dans les grandes bibliothèques universitaires de province, a approché le millier, sans pour autant prétendre à l'exhaustivité. Depuis lors, j'ai donné, dans la Bibliographie de la presse classique (Slatkine, 1984) une liste de 1138 titres, qui a servi de base au présent Dictionnaire. La plupart de ces journaux ont été localisés et étudiés ; tous ceux qui étaient attestés mais n'avaient pas encore été retrouvés, ont été dotés d'un numéro de classement. Bon nombre des nouveaux titres qui ont été repérés l'ont été grâce à l'étude bio-bibliographique des journalistes. La première source de nos informations a donc été le Dictionnaire des journalistes (1600-1789) réalisé par la même équipe (P.U.G., 1976), et ses cinq suppléments, préparés par A.-M. Chouillet et F. Moureau (Grenoble, Université Stendhal, 1980-1987). Une réédition de ces travaux, corrigés et considérablement augmentés, constituera la seconde partie du Dictionnaire de la presse ; nous y renvoyons dès maintenant sous le sigle uniforme de D.P. 2, même si le lecteur doit recourir provisoirement au Dictionnaire des journalistes et à ses suppléments.

 

Les notices sont classées par ordre alphabétique, avec trois exceptions : les Affiches, ou Annonces, ou Avis divers sont rangés dans l'ordre alphabétique des lieux d'édition ; de même les Gazettes sont rangées par nom de ville ou de pays; enfin les divers précurseurs du Mercure (Mercure galant, Nouveau Mercure, etc.) apparaissent ensemble, par ordre chronologique, sous le titre du Mercure de France.

 

Notre bibliographie est, comme celle de Hatin, bibliographique et historique. La partie bibliographique se compose de huit rubriques :

 

  1. Titre complet, sous-titres et titres courants ; modifications éventuelles du titre en cours de publication ; noms des périodiques dont le journal concerné peut être considéré comme la suite ou comme l'origine.
  2. Dates-limites de publication, rythme de périodicité, annoncé et réel, dates du privilège et des approbations, dates des volumes qui rassemblent les livraisons.
  3. Description de la collection : composition des volumes et de la livraison, format, devise, illustrations.
  4. Adresse mentionnée, adresse réelle ; éditeur, imprimeur et libraires associés ; indications relatives aux conditions d'abonnement, au nombre de souscripteurs, au tirage.
  5. Fondateur et directeurs successifs du journal, collaborateurs réguliers, contributions signées.
  6. Contenu annoncé dans les préfaces, rubriques prévues, contenu réel et centres d'intérêt, principaux auteurs étudiés ; tables de la collection et tables séparées.
  7. Localisation de la collection étudiée, des principales collections connues, des exemplaires rares.
  8. Bibliographie des rééditions, mentions dans la presse du temps, mentions dans les ouvrages de référence, articles et monographies.

 

Quant à l'historique, extrêmement variable d'un titre à l'autre, il permet de traiter des problèmes spécifiques à chaque journal. Sa longueur est fonction de l'importance du périodique, mais tout autant de nos sources d'information. Aucune limite n'a donc été imposée à ces commentaires : chaque journal, quelles que soient sa longueur et son importance, est susceptible d'éclairer un moment ou un domaine de l'histoire de la presse, et chacun a son histoire. D'amples monographies sont consacrées à des journaux de première grandeur, mais aussi à des journaux récemment découverts : à cette variété, on jugera du caractère de ce dictionnaire, qui est celui d'un ouvrage de recherche, dans un domaine immense et encore mal connu. Cette recherche a été de bout en bout collective : les notices non signées ont été composées à partir de renseignements fournis par différents collaborateurs. On trouvera dans la seconde partie de l'ouvrage, sous le nom des journalistes attachés à chaque périodique (et mentionnés en lettres capitales dans la rubrique 5) de larges compléments d'information et les additions éventuelles.

 

 

2. Mise en ligne des dictionnaires de la presse classique

 

 1969-1999, les éditions imprimées

L'élaboration du premier Dictionnaire des journalistes. 1600-1789 (PUG, 1976), du Dictionnaire des journaux. 1600-1789 (Universitas et Voltaire Foundation, 1991) et du second Dictionnaire des journalistes. 1600-1789 (Voltaire Foundation, 1999) est le résultat d'un travail d'équipe qui s'est développé sur près de trente ans. Cette recherche, menée par une centaine de collaborateurs, a permis d’identifier 1267 périodiques et 808 journalistes ; elle s’est achevée avec la publication du Dictionnaire des journalistes en 1999.

 

1999- 2010, les suppléments mis en ligne

Les engagements pris avec la Voltaire Foundation n’envisageaient pas de réédition en ligne. Une réunion du Comité de Rédaction en novembre 1999 a toutefois permis d’envisager la poursuite de l’entreprise sous forme de suppléments publiés sur l’internet.

 

2011, la mise en ligne des dictionnaires sur la presse classique

Le développement rapide des banques de données a dépassé nos prévisions : grâce notamment à la mise en ligne des catalogues collectifs et à des outils de recherche comme « Google books », nos enquêtes sur la presse ont repris à un rythme accéléré : on trouve désormais de nouveaux renseignements sur les journaux et leurs auteurs, on trouvera de nouveaux journaux ou des collections plus complètes, on trouvera surtout de nouveaux journalistes. L’heure est venue d’engager cette nouvelle collecte d’informations.

 

Une nouvelle édition revue, corrigée et augmentée

Le Dictionnaire des journaux (1600-1789) et le Dictionnaire des journalistes (1600-1789) sont épuisés, et aucun éditeur n’envisage de les réimprimer. En qualité de responsable juridique des deux ouvrages, Jean Sgard a proposé, comme l’avait prévu le Comité de rédaction en 1999, de les mettre en ligne, sous la forme d’une nouvelle édition revue, corrigée et augmentée. Cette réédition a été confiée à l’équipe 18e s. de UMR LIRE  dirigée par Anne-Marie Mercier-Faivre et Denis Reynaud. Cette équipe avait entrepris, dès 2005, de publier des suppléments aux deux dictionnaires ; elle a entrepris plus récemment un répertoire des périodiques consultables en ligne (Le gazetier universel). Elle met en ligne, grâce à l’appui technique de l’ISH, une édition revue, corrigée et augmentée du Dictionnaire des journalistes et une édition du Dictionnaire des journaux (remerciements aux relecteurs : Samuel Baudry, Samy Ben Messaoud, Pierre Bonnet, Luz Cadena, Henri Duranton, Ghazi Eljorf, Olivier Ferret, Catherine Nicolas, Michael O'Dea, Bénédicte Peslier, Pierre Saby et Yoshiko Terao). Tous les outils de recherche sur la presse classique sont donc réunis sur un même site aisément accessible qui sera mis à jour et enrichi dans la durée par le site Gazette européennes du 18e siècle

 

Contribuer à l’enrichissement des dictionnaires sur la presse classique

Chacune des notices des dictionnaires comportera désormais une rubrique Additif, dans laquelle seront réunies les informations nouvelles sur chaque journaliste ou sur chaque journal, les suppléments bibliographiques, les remarques ou des thèmes à discuter. Tous ces éléments pourront être communiqués grâce à une rubrique "Ajouter un commentaire" qu’on trouve en fin de notice. Les ajouts seront validés par l’équipe éditoriale et mis en ligne avec mention de leur auteur.

 

 Jean Sgard

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