AFFICHES DES EVÊCHÉS 1

0069
1773
1778

Titre(s)

Affiches, annonces et avis divers pour les Trois-Evêchés et la Lorraine; Affiches, annonces et avis divers pour la Lorraine et les Trois-Evêchés: les deux titres coexistent selon la zone de diffusion.

Continuation des Affiches de Lorraine et des Affiches des Trois-Evêchés (1769-1773); continué par les Affiches des Evêchés et Lorraine (1779-1790), puis en juillet 1790, par le Journal des départements de la Mozelle, de la Meurthe, de la Meuse, des Ardennes et des Vosges.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Hebdomadaire paraissant le jeudi, 9 janvier 1773 - 31 décembre 1778.

Description de la collection

Un volume par année; pour 1773, les suppléments de la conservation des hypothèques sont à part (214 + 58 p.); ensuite, ils seront compris dans la même pagination (entre 180 et 228 p.). Cahiers de 4 p. in-4° sur deux colonnes, 175 x 245.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Metz, Jean-Baptiste Collignon, puis, à partir du 7 mars 1776 (n° 10), Joseph Antoine, premier imprimeur des Affiches de Lorrraine et des Affiches des Trois-Evêchés.

Souscriptions à Metz, chez Brondex, rue des Récollets, n° 1077, et à Nancy chez Gervois, libraire rue du Pont-Mouja. Prix sans changement: 7 £ 10 s. par poste pour la province, 9 £ pour le royaume.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Albert BRONDEX.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Mêmes rubriques que pour les Affiches dont il prend la suite, mais l'accent est mis sur la vie locale, par exemple, sur la création d'un évêché à Nancy (1778), sur l'établissement des Lombards (prêteurs sur gages) à Metz au XIIIe siècle (1778, n° 9), sur la traduction d'une prière faite tous les jours à la synagogue de Metz pour la grossesse de la Reine (29 oct. 1778). Certains lecteurs encouragent cette tendance; dans une lettre au rédacteur (31 déc. 1778), un abonné de dix ans écrit: «J'ai vu avec plaisir ce rejeton transplanté de la capitale à Metz. Dieu sait combien il a eu de mal à y prendre racine; mais il a végété, et peut-être survivra-t-il parce qu'il est d'une utilité incontestable». Il lui assigne un double objectif: «dès qu'un fait quelconque peut être utile ou agréable à la plus petite classe des habitants de cette province, vous devez en rendre compte. Voilà votre première obligation. La seconde, c'est de rassembler avec soin tous les matériaux qui doivent servir à l'histoire de votre pays [...] C'est le dépôt où dans la suite ceux qui l'auront oublié le retrouveront, et où ceux qui l'ignoraient pourront l'apprendre».

L'année 1778 voit l'apparition d'un concurrent dont les Affiches devront tenir compte: le Journal de Lorraine et Barrois, dont le privilège date du 28 janvier 1778. Les rapports entre les deux journaux sont très mauvais en 1778; les polémiques sont nombreuses et provoquent des échanges assez vifs; le rédacteur de Metz affirme «qu'un cadet dont la légitimité n'est pas reconnue devrait au moins avoir de la politesse pour son aîné» (10 déc. 1778). Thérin, fort de son privilège, lui répond: «Vous ne pouvez être mon aîné, puisqu'il s'en faut bien que nous soyons de la même famille». Mais la coexistence provoquera des changements bénéfiques.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Metz, LSG 112; B.M. Nancy, 775260; B.N., 40 Lc9 90.

Bibliographie

Barbé J. J., Les Journaux de la Moselle: bibliographie et histoire, Metz, Imprimerie Lorraine, 1928. – Cabourdin G., «En feuilletant les Affiches, annonces et avis divers pour les Trois Evêchés et la Lorraine (1775)», Bulletin de la Société des études locales de l'enseignement public, n. s., n° 20, janv. -mars 1963. – Ronsin A., Les Périodiques lorrains antérieurs à 1800: histoire et catalogue, Nancy, 1964.

Titre indexé

AFFICHES DES EVÊCHÉS 1

Date indexée

1773
1774
1775
1776
1777
1778

AFFICHES DE METZ

0038
1765

Titre(s)

Affiches de Metz, feuille périodique. Continué par les Affiches d'Austrasie.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Hebdomadaire publié le mercredi, du 6 mars au 25 décembre 1765. Privilège publié avec le n° 1. Prospectus.

Description de la collection

Un volume de pagination continue (358 p.). Cahiers de 8 p. in-4°, 110 x 170. Parfois avec suppléments.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Metz. Imprimerie de Joseph Antoine, Imprimeur ordinaire du Roi, place des Charrons.

La souscription est de 6 £ par an; 30 s. d'affranchissement (40 à Strasbourg, 20 à Thionville et Pont-à-Mousson). A partir du 14 août 1765, 6 £ à Metz, 8 £ franc de port dans toutes les villes où il y a des correspondants, qui reçoivent gratuitement les avis.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Les Affiches de Metz sont constituées essentiellement d'avis et d'annonces: biens à vendre et à louer, effets à vendre, annonces de cours (écriture, dessin, etc.), horaires des carrosses Metz-Nancy, mutations de garnisons, spectacles du dimanche, prix et taxes des denrées et cours des changes à Paris. Cette partie occupe 7 p. sur 8 dans les premiers numéros; elle diminue un peu par la suite. Car ce périodique a d'autres ambitions: être utile et agréable. Il publie des analyses d'œuvres littéraires et la correspondance qu'elles suscitent, des productions poétiques locales (tout en regrettant à l'occasion leur faiblesse), des articles médicaux et des conseils agricoles.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Nancy, 775260; B.N., 8° Lc11 652 (10).

Bibliographie

Barbé J.J., Les Journaux de la Moselle: bibliographie et histoire, Metz, Imprimerie Lorraine, 1928. – Ronsin A., Les Périodiques lorrains antérieurs à 1800: histoire et catalogue, Nancy, 1964.

Titre indexé

AFFICHES DE METZ

Date indexée

1765

AFFICHES DE LORRAINE

0033
1769
1773

Titre(s)

Affiches de Lorraine [ou Affiches des Trois-Evêchés, feuille hebdomadaire.

Le même périodique paraît de 1769 au début de 1773 sous les deux titres; le directeur et l'imprimeur sont les mêmes, les articles aussi, mais les annonces diffèrent partiellement, selon qu'elles s'adressent plus spécialement à Metz et au pays messin, ou à Nancy.

Continué par les Affiches, annonces et avis divers pour les Trois-Evêchés et la Lorraine (1773-1778); puis par les Affiches des Evêchés et Lorraine (1779-1790); puis en 1790 par le Journal des départements de la Moselle, de la Meurthe, de la Meuse, des Ardennes et des Vosges.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Hebdomadaire paraissant le samedi (le dimanche pour les premiers numéros), de septembre 1769 au 2 janvier 1773; avec permission et privilège du Roi.

Description de la collection

Trois volumes de pagination continue pour l'année: n° 1-14, 1769, 56 p.; n° 1-52, 1770, 208 p.; n° 1-52, 1771, 208 p.; n° 1-52, 1772, 238 p.; n° 1, 1773, 4 p.

Cahiers de 4 p. in-4° sur deux colonnes, 175 x 245. Titre encadré en première page.

En tête du t. 1 est relié une sorte de supplément aux Affiches «Avis sur un objet très-intéressant qui va désormais faire partie des Petites Affiches des Trois Evêchés», Metz, J.P. Collignon, 1770; suivi de: Recueil périodique des arrêts du Parlement de Metz, qui préjugent des questions de droit, avec les motifs qui ont déterminé à les rendre1771, un vol. de 20 feuilles, p. 1-80. Chaque feuille, non datée, prend le numéro d'ordre; les arrêts, deux à trois par feuille, mais parfois sur plusieurs feuilles, suivent l'actualité. Un avis à la fin du n° 1 signale qu'on a renoncé à donner aux Affiches un supplément, et préféré un recueil particulier. Prix de la souscription: 3 £ pour les abonnés aux Affiches, 6 £ pour les autres.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Metz, Joseph Antoine, Imprimeur ordinaire du Roi, place des Charrons; à partir du 7 juillet 1770 (n° 27), l'imprimeur est Joseph Pierre Collignon, Imprimeur ordinaire du Roi, à la Bible d'Or. A partir du 4 juillet 1772 (n° 27), l'imprimeur devient Jean-Baptiste Collignon, cousin du précédent, qui a démissionné en sa faveur, mais garde seul la charge d'Imprimeur du Roi.

Souscription à Metz, au bureau rue Fournirue n° 2873, et à Nancy, chez Henri Haener, libraire 337 rue Saint-Dizier. Prix de la souscription, 6 £ à Metz, 7 £ 10 s. par poste, 9 £ pour le royaume.

Le périodique connaît à plusieurs reprises des difficultés dont il fait état; en décembre 1771, le rédacteur énumère parmi les souscripteurs fidèles «les personnes en place, une partie des membres de l'Académie, les communautés religieuses, le plus grand nombre des Messieurs du Chapitre de la cathédrale, et bien des citoyens éclairés»; il se flatte du concours effectif de l'Intendant des Trois-Evêchés, et espère celui de l'Intendant de Lorraine.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

CORDIER DE CLERMONT, puis Albert BRONDEX en août 1770. Collaborateur occasionnel: François de Neufchâteau (par ex. le 24 août 1771, «Epître sur l'éducation de la jeunesse»).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Biens et charges à vendre; avis divers: littérature, inventions et découvertes (médecine, agriculture, vie quotidienne), législation. La feuille doit être «une voie simple et facile par laquelle on peut communiquer à ses concitoyens tout ce qu'on sait pouvoir leur être utile, tout ce qui peut les éclairer et contribuer à leur bonheur» (29 déc. 1774).

Dans ces premières années, il y a beaucoup d'extraits des autres gazettes; cela confine parfois au pillage: un «précis des dernières nouvelles du monde», tiré de la Gazette de France, renseigne sur les guerres en cours (Espagne, Pologne); il sera interdit par ordres supérieurs; les lecteurs le regretteront. L'apparition de la rubrique de la conservation des hypothèques pose un problème au rédacteur: elle alourdit la publication selon ceux qu'elle n'intéresse pas; d'autres voudraient au contraire qu'elle ne soit pas limitée au bailliage de Metz; d'où différentes formules: supplément au numéro (mars 1772), insertion dans le numéro ordinaire, ou même, disparition de la rubrique (oct. 1772). On tentera aussi d'en faire un supplément complet (pour 37 bailliages) et payant (3 £ pour 20 numéros en 1773), pour revenir à l'insertion dans le numéro ordinaire. Le rédacteur proclame sa volonté de privilégier tout ce qui concerne sa province, mais le résultat n'est pas encore très net.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Affiches des Trois-Evêchés B.M. Metz, LSG 112, t. 1 et 2; Affiches de Lorraine B.M. Nancy, 775260.

Bibliographie

Barbé J.J., Les Journaux de Moselle: bibliographie et histoireMetz, Imprimerie Lorraine, 1928. – Ronsin A., Les Périodiques lorrains antérieurs à 1800: histoire et catalogueNancy, 1964. – Sur Albert Brondex, art. de Barbé dans Le Pays lorrain1926, p. 119-123 (reproduit dans Le Messin du 29 mars 1926 et dans Le Lorrain du 15 avril 1926).

Titre indexé

AFFICHES DE LORRAINE

Date indexée

1769
1770
1771
1772
1773

AFFICHES D'AUSTRASIE

0009
1766

Titre(s)

Affiches d'Austrasie, feuille hebdomadaire.Continuation des Affiches de Metz continué en 1769 par les Affiches de Lorraine.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Hebdomadaire paraissant le jeudi, du 2 janvier au 18 décembre 1766. Prospectus du 2 janvier 1766. Interruption du 25 juin au 17 juillet.

Description de la collection

Cahiers de 8 p., parfois avec supplément; in-8°, 110 x 170, puis in-4° à partir du 17 juillet 1766. Un volume de 347 p., de pagination continue, pour le premier semestre; pour le second semestre, 92 p., et table des matières pour l'année écoulée.

Devise: Prodesse delectare (Horace).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Metz, imprimerie de Joseph Antoine, imprimeur ordinaire du Roi, place des Charrons.

Le Prospectus montre que le journal cherche à s'implanter dans tout le nord de la Lorraine: on souscrit à Metz, Nancy, Verdun, Strasbourg, Sedan, Longwy, Vic, Sarrebourg, Phalsbourg, Thionville. Toul. Stenay, Sarrelouis, Pont-à-Mousson. Le prix de la souscription est de 7 £ 10 s.; 4 s. le numéro.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le Prospectus annonce, par rapport aux Affiches de Metz, de nouvelles ambitions. A côté des Affiches, il y aura désormais une partie Journal, consacrée à la littérature, à l'économie et surtout à l'agriculture, avec les contributions de cultivateurs «zélés et instruits». On y rendra compte des séances de l'Académie locale et des causes célèbres plaidées à Metz ou dans les bailliages dépendants. Pour mieux mettre en valeur le Journal, l'éditeur, à partir du n° 9, consacre le supplément aux avis commerciaux pour Metz. Cela ne va pas sans protestations de lecteurs contre la prétention du nouveau titre et ces ambitions littéraires. On trouve pourtant dans les Affiches, entre autres, une lettre de Rousseau à une dame, pour accompagner un exemplaire Emile, un Essai sur le commerce, une Ode aux nations, un Coup d'œil sur l'honneur et la vertu, très inspiré de Montesquieu, une dissertation sur la dignité de la femme. Le rédacteur se plaint de la rareté des articles utiles aux citoyens et au commerce; la vie intellectuelle locale ne répond pas à ses ambitions.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Nancy, 775260 (1er semestre); B.N., 8° Lc9 20 (3), n° 1-25 (janv.-juin); 4° Lc9 20 (3) (juil.-déc).

Bibliographie

Barbé J.J., Les Journaux de la Moselle: bibliographie et histoire, Metz, Impr. Lorraine, 1928. – Ronsin A., Les Périodiques lorrains antérieurs à 1800: histoire et catalogue,Nancy, 1964.

Titre indexé

AFFICHES D'AUSTRASIE

Date indexée

1766

AFFICHES D'ANGERS

0007
1773
1789

Titre(s)

Affiches d'Angers, capitale de l'apanage de Monseigneur le Comte de Provence, et de la province d'Anjou.

Devient en mai 1774: Affiches, annonces et avis divers d'Angers, capitale de l'apanage de Monsieur, fils de France, frère du Roi; puis le 31 août 1789: Affiches d'Angers ou Journal national de la province d'Anjou.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

3 juillet 1773-décembre 1786, en 4 tomes. Trois années non reliées 1787-1789. Privilège du Roi.

Périodicité: hebdomadaire, le samedi, puis, à dater d'août 1773, le vendredi pour des commodités de voiturier, et, à partir du 30 août 1787, à la demande de lecteurs, le jeudi «plus commode». Bihebdomadaire à dater du 23 juin 1789, le mardi et le samedi. Cette périodicité sera respectée; une interruption en avril 1774 sera compensée par un rythme double les semaines suivantes.

Description de la collection

Le journal a 4 p., parfois 6; 20 x 25, in-4°.

Devise: à partir du t. III (janv. 1780): Felix qui miscuit utile dulci à partir de 1786: Multa paucis.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Angers, imprimerie de Billault, imprimeur de Mgr le Comte de Provence, rue St Laud. A partir de 1781, Ch. Pierre Mame lui succède.

Prix de l'abonnement: 6 £ pour Angers, 7 £ 10 s. dans la province et le royaume, franc de port; il ne variera pas jusqu'en 1789, quand le journal deviendra bihebdomadaire. Distribué à partir de 1778 sous enveloppe avec les lettres par les facteurs de la poste.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Pierre DEVILLE-BILLAULT (1774). Charles-Pierre MAME (1781).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: Avis préliminaire dans le n° 1. But: renseigner et distraire. En 1778, il est précisé que la rédaction accepte tout ce qui est d'utilité générale et ne concerne ni la religion, ni le gouvernement, ni les lois du royaume. Mame reprenant le journal en 1781 réaffirme sa volonté de respecter la religion, les mœurs et les lois.

Le journal sera d'abord destiné à donner tous les renseignements que l'on peut souhaiter sur la ville d'Angers et les principales villes de la province: conservation des hypothèques, vente de biens et d'offices, demandes et offres d'emplois, publicité commerciale, renseignements démographiques, cours des grains. Il donnera aussi des informations sur la vie culturelle: annonce des spectacles, travaux des académiciens d'Angers, activités des divers établissements d'enseignement. Une rubrique «législation» donnera la notice des édits et déclarations du Roi, des arrêts du Parlement de Paris, du Conseil d'Etat et des conseils supérieurs de Blois et de Poitiers. Il fera place aux informations scientifiques et techniques qui lui parviendront.

Le contenu réel répond à cette déclaration. Plus des 3/4 des colonnes sont occupés par les annonces diverses. Les Affiches sont résolument un journal régional, sans ambition d'information politique générale. Il n'y a pas de relation suivie des événements de politique intérieure ou extérieure, si nombreux en cette période. Il n'en arrive que des échos limités à la vie locale et très prudents. Tout ce qui concerne la famille royale (à laquelle l'Anjou est directement lié) est rapporté; de la guerre d'Amérique parviennent les Te Deum de victoire, ou une vague hostilité contre l'Angleterre. Le bouillonnement de la province en 1787-1788 est ignoré: la période pré-révolutionnaire n'est vue qu'à travers les efforts du Roi pour unir les Français et soulager leurs peines, sans souligner ses échecs.

La rubrique littéraire est très fournie et donne une bonne idée des lectures de la société angevine (et des ouvrages que lui proposent les rédacteurs-libraires). Peu de commentaires, sauf sur Rousseau, objet d'un enthousiasme lyrique, ou Voltaire dont la Henriade qui vient d'être rééditée est le point de départ d'une contestation en règle. Place est faite aux œuvres des lecteurs: pièces en vers ou dissertations philosophiques, sur le philosophe, le sentiment de la nature, l'éducation des femmes. Une très grande importance est accordée aux sciences: intérêt pour les problèmes agricoles (de très nombreuses lettres exposent difficultés et découvertes, de l'élevage à la culture des pommes de terre), pour les sujets médicaux (les grandes maladies du temps: petite vérole, maladies vénériennes, rage surtout). Les inventions techniques passionnent: paratonnerre, machine à vapeur, et surtout expériences aérostatiques).

C'est donc toute la vie d'un certain milieu provincial qui revit là.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Angers, H 5423: 1773-1786 (4 vol.); A.D. Maine et Loire: 1786-1789.

Bibliographie

H.G.P., t. I, p. 333-336. – Lebrun F., «Une source de l'histoire sociale: la presse provinciale à la fin de l'ancien régime, les Affiches d'Angers (1773-1789)», Le Mouvement social, n° 40 (juil.-sept. 1962). – Pasquier-Dauphin, Imprimeurs et libraires de l'Anjou, Ed. de l'Ouest, 1932, p. 178-186.

Historique

Le journal est fondé par un notaire d'Angers, maître Deville; imprimé par Billault, imprimeur du comte de Provence. Il a pour correspondants particuliers des notaires, des bourgeois, un avocat, un ingénieur géographe; parmi les lecteurs dont les lettres sont publiées figurent des curés de campagne et des propriétaires nobles résidant sur leurs terres. En 1774, l'imprimeur Billault prend la direction du journal; les abonnements sont peu nombreux; en 1775, un avis fait connaître que le petit nombre des abonnés aurait fait renoncer à l'entreprise si les magistrats de la ville ne les y encourageaient. Le 6 décembre 1776, on chiffre ce nombre d'abonnés à 200, bien qu'il y ait beaucoup de lecteurs «par la manière dont plusieurs s'arrangent pour se décharger du prix modique de la souscription» sans doute par des abonnements collectifs. En mars 1779, Ch-P. Mame s'associe avec Billault, son ancien patron; il est à ce moment libraire, très actif à Angers. Il ouvre le 15 janvier 1780 un cabinet de lecture sous le titre de «cabinet politique» limité à 50 abonnés, qui devient une véritable société littéraire. En 1781, il obtiendra le brevet d'imprimeur de la ville (puis de l'évêque, de Monsieur, et du Roi, 1787) et succédera le 15 juillet à Billault comme directeur-rédacteur des Affiches. Il donne au journal une impulsion nouvelle, combinant ses intérêts d'imprimeur-libraire proposant ses livres avec ceux de rédacteur; mais il s'abstiendra prudemment de faire passer dans les Affiches ses convictions (c'est lui qui écrira en 1789 le cahier des doléances des libraires angevins); il se contentera de nourrir dans son cabinet de lecture qui offre tous les grands périodiques français et étrangers la curiosité des Angevins intéressés par les problèmes politiques. Ce n'est qu'en juin 1789 qu'il fera de son journal un journal d'opinion, bihebdomadaire, avec un titre plus conforme au goût du jour: Journal national de la province d'Anjou.

Additif

En juin 1789, les Affiches deviennent bi-hebdomadaires. Fin octobre, le titre est modifié en Affiches d’Angers ou Journal national de la province d’Anjou. De nouvelles rubriques sont créées : « Nouvelles de Paris », « Nouvelles politiques ». En décembre, Mame annonce un supplément gratuit par mois où seront publiés les décrets de l’Assemblée nationale. Le journal change encore de titre le 17 avril 1790 : Affiches d’Angers ou Journal national du département de Maine-et-Loire. (d'après S. Bertoldi, conservateur des Archives d'Anjou).

Titre indexé

AFFICHES D'ANGERS

Date indexée

1773
1774
1775
1776
1777
1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785
1786
1787
1788
1789