JOURNAL LITTÉRAIRE 1

0759
1713
1737

Titre(s)

Journal Literaire.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mai 1713-1737. 24 volumes; sans privilège. Périodicité annoncée: bimestrielle; périodicité réelle: cette périodicité bimestrielle ne fut respectée que pendant les deux premières années, t. I-V; en 1715 le journal parut encore 4 fois (t. VI et VII), mais à partir de 1716 le périodique fut publié très irrégulièrement, en principe 2 fois par an (t. VIII et IX de 1716 et 1717), mais même ce rythme ne se trouva pas toujours réalisable. De 1724 à 1728 le Journal ne parut pas du tout.

Datation des volumes: I, mai-août 1713; II, sept.-déc. 1713; III, janv.-avril 1714; IV, mai-août 1714; V, sept-déc. 1714; VI-VII, l'année 1715; VIII, l'année 1716; IX, l'année 1717 (publié en 1717-1718); X, les années 1718 et 1719 (publié en 1718 et 1720); XI, les années 1720 et 1721 (publié en 1722 et 1729); XII, les années 1722 et 1723-1728 (publié en 1723 et 1729); XIII-XIV, l'année 1729; XV-XVI, l'année 1730; XVII-XVIII, l'année 1731; XIX, l'année 1732; XX, l'année 1733; XXI-XXII, les années 1734 et 1735; XXIII, l'année 1736; XXIV, l'année 1737.

Description de la collection

Les différents volumes sont composés de deux parties, sauf le dernier qui n'a qu'une seule première partie. La composition des volumes est du reste très variable (voir ci-dessus).

Nombre des pages des volumes: t. I, [I-XVIII], 1-479, [480-498]; t. II, [I-III], 1-477. [478-492]; t. III, [I-III], 1-474, [475-486]; t. IV, [I-III], 1-464, [465-480]; t. V, [I-III], 1-456, [457-468]; t. VI, [I-III], 1-511, [512-527]; t. VII, [I-III], 1-462, [463-472]; t. VIII, [I-IV], 1-489, [490-498]; t. IX, [I-III], 1-468, [469-482]; t. X, [I-V], 1-491, [492-508]; t. XI, [I-IV], 1-492, [493-506]; t. XII, [I-V], 1-461, [462-472]; t. XIII, [I-XII], 1-487, [488-502]; t. XIV, [I-III], 1-484, [485-504]; t. XV, [I-III], 1-495, [496-506]; t. XVI, [I-III], 1-507, [508-518]; t. XVII, [I-IV], 1-501, [502-519]; t. XVIII, [I-III], 1-505, [506-524]; t. XIX, [I-III], 1-486, [487-504]; t. XX, [I-XIV], 1-447, [448-460]; t. XXI, [I-II], 1-474, [475-488]; t. XXII, [I-III], 1-478, [479-492]; t. XXIII, [I-II], 1-481, [482-492]; t. XXIV, [I-III], 1-222, [223-226].

Cahiers de 16 p., in-8°.

Illustrations: marque typographique de T. Johnson (t. I-XI, 1; XII, 1); ornements pour les autres tomes. Frontispice: gravure par B. Picart (I-PX); gravure par J. Houbraken (X); gravure par B. Picart (XX-XXIV); quelques planches.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Lieu de publication mentionné: La Haye. Nom de l'éditeur mentionné: T. Johnson (t. I-XI,1; XII,1); P. Gosse et J. Néaulme (t. XI, 2, XII, 2, XIII-XIX); J. Swart et J. Van Duren (t. XX, 1); Jean Van Duren (t. XX, 2, XXI-XXIV).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Fondateur: Thomas JOHNSON.

Auteurs ou journalistes: W.J. 's GRAVESANDE, 1713- vers 1717; 1729-1733; J. VAN EFFEN, 1713-1722; A.H. de SALLENGRE, 1713-1715; Thémiseul de SAINT-HYACINTHE, 1713-1715; H. (?) ALEXANDRE, 1713-1715 (1718); P. MARCHAND, 1713-1718; 1729-1732; I. SACRELAIRE, 1729-1732; de SUPERVILLE, 1729-1732; Elie de JONCOURT, 1729-1732; A. LA BARRE DE BEAUMARCHAIS, 1732-1737.

Collaborateurs réguliers: G. (?) Burnet, G. (?) d'Artis, P. Desmaizeaux, B. Gibert, Le Bachellé, H. Brenckmann, Loubier et Mathurin pour la période 1713-1722; G. Cramer et J.L. Calandrin pour la période 1729-1732.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: les journalistes qui étaient réunis dans une «société» promettaient des comptes rendus qui pouvaient être considérés comme les fruits des discussions communes; ainsi espérait-on éliminer une trop grande subjectivité et partialité que l'on devait signaler dans d'autres périodiques de l'époque. En outre les lecteurs profiteraient dans chaque article de toutes les compétences dont la société disposait. Le journal serait composé d'extraits de livres curieux et récemment publiés, de «quelques Pièces, soit en Prose, soit en Vers» et d'une rubrique de nouvelles littéraires.

Contenu réel: a) comptes rendus des livres; b) lettres et mémoires; c) nouvelles littéraires; et d) catalogue de divers livres nouveaux.

Principaux centres d'intérêt: théologie, histoire, arts et sciences, droit et belles-lettres. Grâce aux bons soins de 's Gravesande, les sciences et la philosophie sont bien représentées dans ce journal; Van Effen de son côté se chargea des livres et des nouvelles des Provinces-Unies et Marchand se consacra notamment à l'histoire ancienne et moderne, l'érudition bibliographique et la littérature française.

Principaux auteurs étudié: J. Barbeyrac, P. Bayle, J. Bernard, H. Boerhaave, N. Boileau, G. Burnet, A. Collins, Crébillon fils, A. et A. Dacier, Fénelon, A. Houdar de Lamotte, G.W. Leibniz, J. Locke, Marivaux, J.B. Mencke, I. Newton, Paul Rapin-Thoyras, A. Reland, J. Saurin, J.A. Turrettin, Voltaire.

Tables: à l'exception du dernier volume, on trouve à la fin de chaque tome une table des matières.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Nous avons étudié la réédition (Genève, Slatkine, 1968) de l'édition originale. Otto Lankhorst donne dans l'appendice 1 de son article, consacré aux éditeurs du Journal littéraire (Bots et de Vet, cf. ci-dessous) une liste des bibliothèques européennes et américaines où l'on trouve le Journal littéraire en partie ou intégralement dans l'édition du XVIIIe siècle.

Bibliographie

H.P.L.P., t. II, p. 283-288.

Rééditions: Genève, Slatkine, 1968, 6 volumes. Il y a également des rééditions de l'époque des huit premiers tomes et de la première partie du t. IX. On trouve un relevé complet de toutes les éditions et rééditions dans Otto Lankhorst (appendice 2 de son article, dans Bots et de Vet).

Mentions dans la presse du temps: Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts, t. XIII, déc. 1713, p. 2086 et suiv.; Nouvelles littéraires d'Henri Du Sauzet, t. V, 11, 23 mars 1715, p. 122. – Mattauch H., Die Französischen Zeitschriften des 17. und 18. Jahrhunderts..., Göttingen, 1965. – Hemprich P., Le «Journal littéraire» de La Haye, 1713-1737, thèse de doctorat, Berlin, 1915. – Bots H. et de Vet J. (rééd.), «Journal littéraire, 1713-1737», numéro spécial de Documentatieblad Werkgroep Achttiende Eeuw XVIII, 1986, p. 117-327 (avec notamment des contributions sur l'historique du journal par Leonie Ophof-Maass, sur les éditeurs du journal par Otto Lankhorst, sur Pierre Desmaizeaux correspondant anglais de la revue par Joseph Almagor, sur la tolérance par Frans Van Otten, sur la physico-théologie par H. Bots et J. de Vet, sur la querelle des Anciens et des Modernes par Marlies Schillings, sur la «littérature» française dans le Journal par Michel Uyen, sur la guerre des poètes dans les lettres néerlandaises par Peter Altena et sur les idées des journalistes du J.L. concernant les traductions des textes littéraires par R.J.M. Van de Schoor; toutes les contributions se terminent par un résumé en anglais). – Berkvens-Stevelinck C, Prosper Marchand. La vie et l'œuvre (1678-1756), Leyde, 1987, p. 110-114. – Carayol E., Thémiseul de Saint-Hyacinthe 1684-1746, Oxford, 1984. – Schorr J.L., Justus Van Effen and the Enlightenment, Austin, 1978. – Jacob M.C., The radical Enlightenment, London, 1981.

Historique

Le libraire Thomas Johnson à La Haye qui fit paraître en 1713 le Journal littéraire put compter sur une «société» de journalistes qui avaient pris la responsabilité de la rédaction de ce nouveau périodique; il s'agit de W.J. 's Gravesande, A.H. de Sallengre, Thémiseul de Saint-Hyacinthe, J. Van Effen, H. Alexandre et Prosper Marchand qui s'engagea avec la société un peu plus tard en 1713. Notamment grâce à la correspondance de ce dernier, il est possible de reconstruire une partie de l'histoire externe de ce journal.

En décembre 1715 la «société» initiale se désagrégea à la suite d'un différend rédactionnel qui provoqua le départ de Sallengre et Saint-Hyacinthe (cf. Histoire critique de la République des Lettres, t. 13, 1717, p. 382 et 459). Marchand et 's Gravesande quittèrent la rédaction au cours de 1717 et J. Van Effen se retrouva seul, secondé peut-être encore quelque temps par Alexandre, secrétaire de l'ancienne équipe rédactionnelle. A cause de ces événements le journal ne parut à partir de 1719 qu'une fois par an et la rubrique «Nouvelles littéraires» disparut en grande partie. En 1723, le libraire Johnson qui avait encore fait paraître le t. XII, 1, de 1722, arrêta la rédaction du J.L. et c'est seulement sept ans plus tard, en 1729, que Gosse et Neaulme publièrent un nouveau t. XII, 2, qui combla la lacune des années précédentes. A partir du t. XIII la rédaction fut assurée par P. Marchand et W.J. 's Gravesande qui constituèrent une nouvelle équipe; parmi eux il y avait le beau-frère de 's Gravesande, Isaac Sacrelaire, le pasteur de Superville, fils du théologien Daniel de Superville, et Elie de Joncourt, professeur de philosophie à l'Ecole Illustre de Bois-le-Duc. La nouvelle rédaction fit savoir dans l'Avertissement du t. XIII qu'elle suivrait les mêmes concepts rédactionnels que la première «société» et que les extraits et les nouvelles résultaient toujours de travaux collectifs, de discussions communes: «Ainsi, ce ne sera que de cette Société en général que pourra se plaindre un Auteur qui se croira lésé».

Cette deuxième phase du Journal littéraire fut déjà interrompue en 1732, après la parution du t. XIX; la revue passa alors aux mains d'autres libraires (Swart et Van Duren) et la seconde société se consacra à la rédaction d'un nouveau journal portant comme titre Journal historique de la République des Lettres (1732-1733) qui parut chez Haak et Luchtmans à Leyde. Dans la Préface du t. XX du Journal littéraire on lit qu'à nouveau une société, «dont les Membres se partagent entre eux les matières, et qui tous ensemble examinent et jugent scrupuleusement ce que chacun d'eux aura composé», est responsable de la rédaction; c'est néanmoins Antoine La Barre de Beaumarchais qui semble avoir rédigé tout seul les derniers tomes du journal. Comme ce dernier s'attira beaucoup d'ennuis en publiant en même temps une partie des Lettres sérieuses et badines sur les ouvrages des savants et qu'il était écrasé par le travail, il laissa en 1735 la rédaction du J.L. à un certain Mr. de La Hode (cf. art. «Beaumarchais», D.P. 2). En 1736 et 1737 parurent encore deux tomes, mais ce dernier volume ne comptait que 222 p.

Il est hors de doute que la première phase (1713-1722) du Journal a été la plus importante; en ces années le périodique contient un grand nombre d'articles intéressants tels que ceux qui se rapportent à la discussion entre Newton et Leibniz qui se contestaient l'invention de la méthode du calcul infinitésimal et des fluxions ou les contributions concernant la Querelle des Anciens et des Modernes.

Auteur

Titre indexé

JOURNAL LITTÉRAIRE 1

Date indexée

1713
1714
1715
1716
1717
1718
1719
1720
1721
1722
1723
1724
1725
1726
1727
1728
1729
1730
1731
1732
1733
1734
1735
1736
1737

HISTOIRE JOURNALIÈRE 2

0611
1687, 1691
1711 ?

Titre(s)

Histoire Journalière de ce qui se passe de plus considérable en Europe.

Continuation probable de : Histoire journalière et véritable (1687).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

De 1687 (le 6 mars ?) et de 1691 à 1711 ? ; il s'agit là des dates extrêmes signalées.

Date du privilège : 24 août 1691 (privilège des Etats de Hollande après une requête de Paul Desforges, seigneur d'Acéré ; ce dernier demande aux Etats la permission de traduire en français des gazettes néerlandaises ou des fragments de ces journaux malgré la défense officielle et renouvelée de publier et de vendre des gazettes françaises dans les Provinces-Unies).

Un autre privilège pour cette gazette fut accordée par les Etats de Hollande à Jean-François Du Four le 20 juin 1693.

Périodicité : bihebdomadaire ; 104 numéros par an.

Description de la collection

La composition des volumes est variable suivant les exemplaires : tantôt une année seule, tantôt une année et demie ou deux années reliées. Les numéros sont paginés séparément, de 1 à 4, et numérotés dans l'année de 1 à 104. Ils étaient pourvus de suppléments, imprimés à part d'un seul côté ; dimensions : 100 x 320.

Nombre de pages par cahier : 4 p. ; 150 x 210, in-4°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

La Haye, chez la veuve de Jean-François Du Four sur la Place, et se vendent chez Meyndert Uytwerf près de la cour, à Amsterdam chez Jean Potgieter, à Delft chez Jean Speyers ; et à Utrecht chez Antoine Schouten.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Paul ACÉRÉ, seigneur Desforges (selon Hatin et Kossmann).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu : nouvelles de France et de l'Europe. Publicité pour des marchands de livres ou de drogues, en fin de numéro.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 4°H 9487, années 1697et 1698 (manquent les trois premiers numéros de 1697 et les derniers de 1698, à partir du n°  89) ; B.N., G 4465 : année 1697 (à partir du n°  52) ; G 4466 : année 1698 (n°  1-104).

Nous n'avons pu repérer qu'un seul numéro de cette gazette dans les bibliothèques et collections néerlandaises, à savoir le numéro du 6 mars 1687, conservé dans la collection de pamphlets Knuttel, n°  12558a, de la Bibliothèque royale à La Haye ; signalons aussi le numéro du 8 avril 1687, conservé dans la B.L. de Londres dans une collection de gazettes allemandes et hollandaises (cote : 8226 d 37).

La collection de la B.N. pour 1697 (G 4465) comprend tous les suppléments (au nombre de 104) soigneusement découpés et collés chacun à la suite de son numéro. Même chose pour 1698 (G 4466). Sous la cote G 4287 on trouve l'année 1699 reliée chronologiquement avec des numéros des Nouvelles extraordinaires de Leyde (n°  17 à104) qui alternent. Enfin on trouve dans l'exemplaire cote G 4466 quelques numéros de 1700 et 1701 reliés avec le Journal historique et la Gazette de Rotterdam.

Bibliographie

G.H., p. 166-168. – Sautijn Kluit W.P., «  De 's-Gravenhaagsche Courant », dans : Handelingen en Mededeelingen van de Maatschappij der Nederlandsche Letterkunde te Leiden, Leiden 1875, p. 19-21. – Kossmann E.F., De Boekhandel te 's-Gravenhage tot het einde van de 18e eeuw, 's-Gravenhage 1937, p. 127-128. – Van Eeghen I.H., De Amsterdamse Boekhandel (1680-1725), t. III, Amsterdam, 1965, p. 101-102.

Historique

Grâce aux archives de la police à La Haye nous savons qu'une Histoire journalière et véritable parut au moins dès 1687, car le 18 mars de cette année, le libraire Jean-François Du Four fut cité devant le bailli, parce qu'il avait fait imprimer, envoyé et vendu des gazettes françaises, notamment cette Histoire journalière, en dépit de toutes les défenses officielles. Le 29 avril 1687 il fut condamné par contumace à une amende de 630 florins, et un bannissement pour 3 ans. Deux exemplaires seulement de cette gazette ont été jusqu'ici retrouvés (La Haye, Knuttel 12558 A et Londres, B.L., 8226 d 37).

Du Four s'est retiré pendant quelque temps à Rotterdam, où il travaille à la Gazette de Rotterdam, mais en 1690 il retourne à La Haye, où il semble obtenir peu de temps après le statut de «  bourgeois » de la ville. Selon la requête du 30 juin 1691 de Paul Acéré, seigneur de Desforges (qui fut le rédacteur de la gazette) et celle de Du Four lui-même au printemps de 1693 (citée par Kossmann), Histoire journalière de ce qui se passe... apparut dès 1691. Malgré l'ordonnance des Etats de Hollande (18 janv. 1691) et celles des Etats-Généraux (27 janv. 1691) défendant toutes les deux la publication des gazettes françaises, les Etats de Hollande avaient néanmoins donné le privilège à Paul Acéré, le 24 août 1691, de traduire les gazettes néerlandaises (intégralement ou par fragments) en français. Mais les libraires et journalistes des gazettes françaises furent de nouveau frappés par des placards qui défendaient strictement la publication des gazettes en langue française, de sorte qu'en 1693 il fallut un nouveau privilège (du 20 juin 1693) à Du Four pour pouvoir continuer sa gazette. Après la mort de Jean-François Du Four, sa veuve Elisabeth Meyer passa un contrat le 4 août 1696 avec Guillaume Charpentier qui obtint le privilège de publier Histoire journalière à raison de 300 florins par an. Cependant cette collaboration prévue pour une longue période est interrompue quelques années plus tard et en 1700 la veuve Du Four fait imprimer sa gazette par J.G. Janisson. Si la veuve imprime elle-même la gazette en 1701, en 1702 elle passa de nouveau un contrat (le 22 mars), cette fois-ci avec Florent de Saintelier qui allait publier Histoire journalière dans les années suivantes. Comme la veuve fit renouveler en 1708 son privilège qui était périmé après une période de 15 ans, on peut en conclure que ce journal parut encore quelque temps. Kossmann trouva dans les actes notariés que la veuve transmit le 10 octobre 1711 ses droits à A. Pauw à raison de 300 florins ; et ce dernier devait payer encore 300 florins, s'il réussissait à faire paraître encore une Histoire journalière. C'est la dernière trace de ce journal.

Auteur

Titre indexé

HISTOIRE JOURNALIÈRE 2

Date indexée

1687
1691
1692
1693
1694
1695
1696
1697
1698
1699
1700
1701
1702
1703
1704
1705
1706
1707
1708
1709
1710
1711

HISTOIRE DES OUVRAGES DES SAVANTS

0605
1687
1709

Titre(s)

Histoire des Ouvrages des Sçavans.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Septembre 1687 – juin 1709. 24 vol. Date du privilège: 17 septembre 1687.

Périodicité annoncée: «le troisième de chaque mois». Périodicité réelle: de septembre 1687 jusqu'en septembre 1689 le journal parut mensuellement, avec une table générale tous les 4 mois, à la fin d'un volume; à partir de cette dernière date l'Histoire vit le jour une fois par trimestre (tables générales tous les douze mois, à la fin d'un volume). Cependant les mois de septembre 1697 à mars 1698 de même que les mois de juillet à décembre 1703 furent chaque fois réunis en une livraison, tandis que l'année 1707 n'a jamais été publiée.

Comme beaucoup d'autres journaux de l'époque, l'Histoire parut souvent avec un retard sensible.

Datation des volumes: I, sept. – déc. 1687; II, janv. – avril 1688; III, mai – août 1688; IV, sept. 1688 – févr. 1689; V, mars – août 1689; VI, sept. 1689 – août 1690; VII, sept. 1690 – août 1691; VIII, sept. 1691 – août 1692; IX, sept. 1692 – août 1693; X, sept. 1693 – août 1694; XI, sept. 1694 – août 1695; XII, sept. 1695 – août 1696; XIII, sept. 1696 – août 1697; XIV, sept. 1697 – déc. 1698; XV, janv. – déc. 1699; XVI, janv. – déc. 1700; XVII, janv. – déc. 1701; XVIII, janv. – déc. 1702; XIX, janv. – déc. 1703; XX, janv. – déc. 1704; XXI, janv. – déc. 1705; XXII, janv. – déc. 1706; XXIII, janv. – déc. 1708; XXIV, janv. – juin 1709.

Description de la collection

La composition des volumes est variable, voir ci-dessus. Nombre de pages des volumes:

T. I: p. [1-8], 1-537, [538-564]; t. II: p. [12], 3-551, [552-572]; t. III: p. [1-2], 3-549, [550-572]; t. IV: p. [1-2], 3-138, [139-146], 147-614. [615-638]; t. V: p. [1-2], 3-546, [547-564]; t. VI: p. [1-2], 3-540, [541-568]; t. VII: p. [1-2], 3-547, [548-576]; t. VIII, p. [1-2], 3-555 , [556-574]; t. IX: p. [1-2], 3-649, [650-674]; t. X: p. [1-2], 3-553, [554-574]; t. XI: p. [1-2], 3-556, [557-576]; t. XII: p. [1-2], 3-544, [545-570]; t. XIII: p. [1-2], 3-557, [558-576]; t. XIV: p. [1-2], 3-554, [555-572]; t. XV: p. [1-2], 3-549, [550-576]; t. XVI: p. [1-2], 3-552, [553-576]; t. XVII, p. [1-2], 3-549, [550-576]; t. XVIII, p. [1-2], 3-546, [547-5 76]; t. XIX: p. [1-2], 3-410, [411-432]; t. XX: p. [1-2], 3-550, [551-576]; t. XXI: p. [1-2], 3-553, [554-576]; t. XXII: p. [1-2], 3-556, [557-576]; t. XXIII: p. [1-2], 3-563, [564-576]; t. XXIV: p. [1-2], 3-287, [288].

Format in-12. Nombre de pages du cahier: 24 p.

Illustrations: vignette au titre, Pressa resurget (marque typographique de Reinier Leers); quelques planches.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Rotterdam chez Reinier Leers, Hoogstraat (Haute Rue) à l'enseigne d'Erasme (t. I-XXIII); Rotterdam chez Caspar Fritsch et Michel Böhm (t. XXIV).

Imprimeur: Reinier Leers.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Henri Basnage de BEAUVAL n'était pas seulement le fondateur du journal, mais aussi le seul auteur responsable. Collaborateur régulier: Jacques BASNAGE.

Collaborateurs occasionnels: P. Bayle et M. de La Poterie; par contre Basnage pouvait compter sur un grand nombre de correspondants parmi lesquels nous mentionnons notamment G.W. Leibniz, Cl. Nicaise, H. Sloane, J.G. Graevius, F. Janiçon et G. Cuper. Leurs lettres se retrouvent en fragments dans la rubrique «extraits de diverses lettres».

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu: tout d'abord Henri Basnage promet dans sa préface de poursuivre la politique rédactionnelle des Nouvelles de la République des Lettres de Pierre Bayle dont il se dit le successeur direct. Il publiera donc «toutes les circonstances qui regarderont les Sçavans dont nous aurons connoissance, non seulement après leur mort, mais aussi pendant leur vie, afin de remplir nostre dessein sans qu'il en coûte des pleurs à la République des Lettres».

En fait le journal de Basnage se compose notamment de comptes rendus, de quelques mémoires et éloges et (ce qui est très original pour l'époque) d'une rubrique de nouvelles littéraires empruntées à la correspondance de l'auteur et de ses amis. Cette dernière rubrique se trouve à la fin de chaque livraison.

Principaux auteurs étudiés: A. Arnauld, J. Basnage, P. Bayle, E. Benoist, J.B. Bossuet, G. Burnet, A. et A. Dacier, L.E. Dupin, Fénelon, P. Jurieu, J. Laplacette, J. Locke, P. Quesnel, R. Simon, S. Le Nain de Tillemont, J. Toland, A. Varillas.

Tables: on trouve des tables à la fin de chaque livraison et à la fin de chaque volume (excepté le dernier vol. XXIV). Il n'y a pas de table générale de l'époque.

Table générale moderne: on trouve un index analytique et thématique dans Bots et Van Lieshout. Table des ouvrages sur l'Angleterre et les Anglais dans Reesink.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.R. La Haye; B.U. Leyde, 544 G 13-20. L'Histoire des ouvrages des savants se trouve dans un nombre considérable de grandes bibliothèques: B.N., Z41371-41395; B.M. Lyon, 808214; B.M. Bordeaux, H 18809; B.M. Orléans, E 5060.

Bibliographie

H.P.L.P., t. II, p. 251-254.

Rééditions: entre 1687 et 1709 parurent régulièrement des rééditions des différents tomes du journal; en 1721 Charles Le Cène à Amsterdam fit paraître une réédition intégrale de l'Histoire; récemment Slatkine à Genève en procura encore une réédition. – Reesink H.J., L'Angleterre et la littérature anglaise dans les trois plus anciens périodiques français de Hollande de 1684 à 1709, Zutphen, 1931. – Bots H. éd., Henri Basnage de Beauval en de « Histoire des Ouvrages des Savans », 1687-1709, Amsterdam, 1976. – Bots H. et Van Lieshout L., Contribution à la connaissance des réseaux d'information au début du XVIIe siècle. Henri Basnage de Beauval et sa correspondance à propos de l’« Histoire des Ouvrages des Savans » (1687-1709). Lettres et index, Amsterdam et Maarssen, 1984. – Bots H., «L'esprit de la république des lettres et la tolérance dans les trois premiers périodiques savants hollandais», XVIIe siècle 116 (1977), p. 43-57. – Lankhorst O.S., Reinier Leers (1654-1714). Uitgever en boekverkoper te Rotterdam, Amsterdam et Maarssen, 1983. – Cerny G., Theology, politics and letters at the crossroads of European civilization. Jacques Basnage and the Baylean Huguenot refugees in the Dutch Republic, Dordrecht etc., 1987 (Archives internationales d'histoire des idées, 107). – Mattauch H., Die Literarische Kritik der frühen französischen Zeitschriften (1665-1748), München, 1968.

Historique

Lorsque Pierre Bayle fut obligé en février 1687 d'arrêter la rédaction de ses Nouvelles à cause d'une santé chancelante, il demanda à l'avocat rouennais Henri Basnage de Beauval de bien vouloir lui succéder dans ses activités journalistiques. Cependant le libraire amsterdamois Henri Desbordes qui avait publié les Nouvelles avait déjà trouvé d'autres journalistes pour poursuivre la rédaction de ce périodique; ainsi Henri Basnage devint le rédacteur d'un journal portant un nouveau titre: Histoire des ouvrages des savants, publié à Rotterdam par Reinier Leers.

Basnage se rendit bientôt compte qu'il avait accepté la rédaction de ce journal sans «faire toutes les réflexions que meritoit l'entreprise» (sept. 1687, préface); le travail était très lourd et dès 1688, lorsque la guerre gêna beaucoup le commerce des livres, il décida de réduire le nombre de pages de l'Histoire: les tomes suivants allaient contenir «deux feuilles» de moins, à savoir 48 p. Sous cette dernière formule le journal parut jusqu'en septembre 1689; à cette date Basnage réduisit à nouveau le nombre de pages à environ 140 par tome et les tomes ne furent alors publiés que trimestriellement. Ce dernier rythme fut respecté jusqu'à la fin du journal, c'est-à-dire jusqu'en juin 1709, un mois après la vente de la maison Leers aux libraires C. Fritsch et M. Böhm qui eut lieu le 2 mai 1709. Si Basnage n'avait pas beaucoup de confiance dans la solvabilité de ces deux nouveaux libraires, il y avait aussi une autre raison pour arrêter la rédaction du journal: la santé du journaliste laissait beaucoup à désirer.

La revue de Basnage trahit les aspirations d'un «bel esprit» qui s'intéresse aux différents domaines des arts et des sciences sans connaissances approfondies et sans la préoccupation du spécialiste. Avocat de formation lui-même, il remplit son journal avec des comptes rendus sur des sujets les plus divers. Cependant les ouvrages théologiques et historiques recensés par Basnage sont les plus nombreux; d'une part la productivité dans ces deux domaines est très grande, d'autre part Basnage ne disposait pas d'une compétence suffisante pour discuter des ouvrages de nature proprement scientifique, comme il l'avoue lui-même dans la préface du Dictionnaire universel de Furetière: «Je ne mets pourtant pas sur mon compte les articles d'Algebre. Cette science m'est inconuë. Je ne m'approprie point non plus ce qui regarde la Médecine, l'Anatomie, la Pharmacie, la Chirurgie et la Botanie». Ceci ne veut point dire que ces centres d'intérêt sont entièrement absents dans sa revue.

Il est certain que Basnage, qui est l'auteur d'une Tolérance des religions (1684), est resté fidèle à l'idéal érasmien de la tolérance. Si le journal se caractérise par une empreinte protestante et huguenote, le rédacteur n'a pas hésité à recenser d'une façon sereine et critique maint ouvrage d'inspiration catholique ou jansénisante.

Remarquons enfin que le journal de Basnage contient 72 mémoires ou contributions originales, parmi lesquelles nous mentionnons notamment celles de Leibniz (févr. 1688, p. 172-177; juil. 1698, p. 329-343; mai 1705, p. 222-237), de Christian Huygens (oct. 1691, p. 77-89; févr. 1693, p. 244-257; avril 1694, p. 355-361) et de P. Bayle (mai 1704, p. 200-220; août 1704, p. 369-397; déc. 1704, p. 540-545).

Auteur

Titre indexé

HISTOIRE DES OUVRAGES DES SAVANTS

Date indexée

1687
1688
1689
1690
1691
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1695
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1708
1709

HISTOIRE ABRÉGÉE DE L'EUROPE

0599
1686
1688

Titre(s)

Histoire abrégée de l'Europe pour le mois de Juillet 1686... où l'on voit tout ce qui se passe de considérable dans les Etats, dans les Armes, dans la nature, dans les arts et dans les sciences.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Juillet 1686 – décembre 1688. 5 volumes. Avec privilège de Mrs «Les Etats de Hollande et de Westfrise».Périodicité annoncée et réelle: mensuelle. Datation des volumes: I, juil.-déc. 1686; II, janv.-juin 1687; III, juil.-déc. 1687; IV, janv.-juin 1688; V, juil.-déc. 1688.

Description de la collection

Chaque volume est divisé en six mois.

Nombre de pages des volumes: t. I, 1686: p. [1-6], 1-110 (juil.), [111-114], 115-232 (août), [233-234], 235-352 (sept.), [353-364]. 365-472 (oct), [473-474], 475-592 (nov.), [593-594]. 595-711 (déc); t. II, 1687: p. [1-4], 5-120 (janv.), [121-122], 123-239 (févr.), [240-243], 243-357 (mars), [360-362], 363-480 (avril), [481-482], 483-600 (mai), [601-602], 603-718, 719-754 (juin); t. III, 1687: p. [1-2], [I-VIII], 3-120 (juil.), [121-122], 123-240 (août 1687), [241-242], 243-359 (sept.), [361-362], 363-474, [475-480] (oct), [481-482], 483-600 (nov.), 601-602, 603-720, [721-743] (déc.); t. IV, 1688: p. 1-698 (janv.-juin); t. V, 1688: p. (1-2), 1-120 (juil.), [121-122], 123-240 (août), [241-242], 243-360 (sept.), [361-362], 363-480 (oct.), [481-482], 483-576 (nov.), [577-578], 579-651. 652-668 (déc.).

Cahier de 24 p., 70 x 120, in-12.

Devise dans l'ornement: qui va. piano. va. sano. paulatim.

Illustrations: ornements; marque typographique: la tortue de J. Van Gelder dans le premier volume; des pots de fleurs sur les pages de titre des quatre autres volumes.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam; Editeur, Claude Jordan; le t. V porte comme adresse: «se vend à Amsterdam, chez Pierre Savouret, dans Le Kalverstraat, 1688».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Fondateur: Claude JOURDAN; rédacteur: Jacques BERNARD.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: l'auteur constate qu'il n'est plus possible de lire tout ce qui paraît dans les différents pays; c'est qu'il y a déjà trop de journaux, périodiques et feuilles volantes... L'Histoire de l'Europe est fondée, afin que le public puisse se retrouver dans cette littérature abondante. Ainsi promet-il de rapporter brièvement les événements considérables qui se trouvent dispersés dans les différents ouvrages, tout en se limitant au plus important et en ne rapportant que des choses sûres et constantes. L'auteur qui se servira de quelques correspondants résume son projet en ces termes: il rapportera «tout ce qui arrivera de considérable soit dans la Nature, soit dans les Etats, soit dans les Arts, soit dans les Sciences et dont nous serons informez».

Contenu réel: l'actualité politique et sociale; l'histoire contemporaine; quelques rares nouvelles littéraires.

Tables intégrées à la collection: on trouve des tables des personnes et des matières à partir du t. II.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

La collection la plus complète se trouve à la B.N., G 16529-16531 (années 1686-1687, t. I-III); G 15706-15707 (janv.-févr. 1688); G 15713 (août 1688); G 24595 (sept. 1688); G 15715-15717 (oct.-déc. 1688); B.N.U. Strasbourg, D 189933 (1686 – juin 1687, avril-juin et juil.-août 1688).

Aux Pays-Bas on ne trouve que quelques mois détachés de ce journal: B.U. Leyde, 279 G 15-16 (1687); B.U. Amsterdam, 215 g 7 (août 1687).

Bibliographie

Rééditions: nous connaissons une troisième édition du mois de juillet 1686 (exemplaires Paris B.N., G 16529; Ste G., AE 8° 1722; B.N.U. Strasbourg), une seconde édition du mois d'août 1686 (ex. Paris B.N.) et une seconde édition de janvier 1687 (exemplaire Leyde).

Contrefaçons: selon Claude Jourdan lui-même (Le Libraire au Lecteur) en septembre 1687, «un libraire de Bruxelles, nommé Marchand, a contrefait jusques ici l'Histoire Abrégée sans y mettre son nom...». Nous n'avons pas retrouvé d'exemplaires de ces contrefaçons.

Mentions dans la presse du temps: Pierre Bayle mentionne ce journal dans ses Nouvelles de la République des Lettres d'août 1686 en ces termes: «Le dessein de cet auteur est fort propre à bien instruire le public, car un livre comme celui-ci peut non seulement rectifier les nouvelles qui se débitent de jour en jour, mais aussi nous conserver tout entières plusieurs pièces fugitives qui servent beaucoup aux historiens»; de nombreuses annonces dans les gazettes néerlandaises et françaises (cf. par exemple les numéros du 6 févr., 10 avril et 10 juil. 1687). – G.H., p. 179-180. – Van Eeghen I.H., De Amsterdamse Boekhandel 1680-1725, t. II, Amsterdam, 1963, p. 28-32 et passim dans les autres tomes de cet ouvrage.

Historique

Le rédacteur de ce journal, Jacques Bernard, attire surtout l'attention sur l'actualité, parce qu'il est d'avis que pour les sciences, la nature et les arts on peut en laisser «le soin à tant d'habiles Faiseurs de Journaux qui prenent des peines extraordinaires, non seulement pour nous apprendre tous les livres qui s'impriment, mais aussi pour nous en donner des extraits longs et fidèles». La rubrique «Nouveaux Livres» où il n'indique qu'en quelques mots les titres de livres et leurs sujets est loin d'être complète, tandis que les nouvelles littéraires sont toujours très sommaires; il s'agit dans cette seconde partie de chaque mois, consacrée aux sciences, à la nature et aux arts, notamment des événements curieux tels que des naissances de plusieurs enfants et d'autres phénomènes naturels. En janvier 1687 le rédacteur avoue lui-même qu'il a négligé au cours des six premiers mois la rubrique «Nouveaux Livres» et il promet d'être plus exact dans ce domaine. Malgré cette belle promesse, la rubrique en question reste assez pauvre. Dans les trois derniers mois de 1688 le journal ne donne plus ni nouvelles littéraires, ni catalogues de nouveaux livres.

Claude Jordan fait savoir dans le «Libraire au Lecteur» du mois de décembre 1688 qu'à cause de la guerre qui interrompt le commerce avec l'étranger, il ne peut pas poursuivre l'impression de son ouvrage et qu'il ne la reprendra qu'au moment où il pourra «accorder l'interest du libraire avec la curiosité du lecteur». Comme Jordan a quitté les Provinces-Unies quelques temps plus tard, d'autres volumes de ce journal n'ont plus paru. Par contre il publia encore dans la première moitié de 1691 une gazette sous le titre Histoire abrégée de l'Europe; rappelons que les Etats de Hollande et la ville d'Amsterdam avaient promulgué des ordonnances défendant strictement de publier des gazettes en langue française contenant éventuellement des nouvelles offensantes pour les gouvernements étrangers. C'est pourquoi Jordan étant obligé, à cause d'une défense renouvelée par les Etats de Hollande, d'arrêter en 1691 la publication de sa Gazette d'Amsterdam (continuation du Nouveau Journal universel) et disposant encore d'un privilège des Etats pour l'Histoire abrégée, se servit de ce dernier titre pour continuer la gazette défendue. Le seul exemplaire connu se trouve dans la B.N. de Paris (G 15717 bis), daté du 5 avril 1691 avec l'adresse: «A Amsterdam chez Claude Jordan, avec Privilège de Mrs les Etats de Hollande... Et se vendent sur le Dam chez A.D. Oossaan». Cette gazette eut la vie brève; dès le 8 mai Jordan et Oossaan furent cités devant la police d'Amsterdam.

Auteur

Titre indexé

HISTOIRE ABRÉGÉE DE L'EUROPE

Date indexée

1686
1687
1688

BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE ET HISTORIQUE

0173
1686
1693

Titre(s)

Bibliothèque Universelle et Historique.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier 1686-décembre 1693. 25 vol. et 1 vol. (tables). Sans privilège.Périodicité annoncée: à l'origine les auteurs avaient l'intention de faire paraître leur journal en livraisons mensuelles composées de 5 à 6 feuilles, mais cette idée-là est abandonnée tout de suite, parce qu'elle ne permettait pas de publier de longs articles et de garantir en même temps assez de variation.Périodicité réelle: 1686: tous les 4 mois (vol. 1-3); 1687-1690: tous les 3 mois (vol. 4-19); 1691-1693: deux fois par an (vol. 20-25); chaque tome fut divisé en deux parties qui parurent chacune tous les 3 mois.Datation des volumes: I, janv. 1686; II, mai 1686; III, sept.1686; IV, janv. 1687; V, avril 1687; VI, juil. 1687; VII, oct.1687; VIII, janv. 1688; IX, avril 1688; X, juil. 1688; XI, oct.1688; XII, janv. 1689; XIII, avril 1689; XIV, juil. 1689; XV, oct. 1689; XVI, janv. 1690; XVII, avril 1690; XVIII, juil. 1690; XIX, oct. 1690; XX, janv. 1691, avril 1691; XXI, juil. 1691, oct. 1691; XXII, janv. 1692, avril 1692; XXIII, juil. 1692, oct. 1692; XXIV, janv. 1693, avril 1693; XXV, juil. 1693, oct. 1693.

Description de la collection

La composition des volumes est variable, suivant les exemplaires, tantôt 4 mois, tantôt 3 mois, tantôt 6 mois reliés.

Nombre de pages des volumes: t. I: [1-48], p. 1-481, [482-504]; t. II: [1-24], p. 1-505, [506-528]; t. III: [1-24], p. 1-551; t. IV: [1-24], p. 1-552, [552-576]; t. V: [1-24], p. 1-552, [553-576]; t. VI: [1-12], p. 1-562, [563-596]; t. VII: [1-12], p. 1-580, [581-600]; t. VIII: [1-12], p. 1-538, [539-564]; t. IX: [1-12], p. 1-561, [562-588]; t. X: [1-12], p. 1-569, [570-600]; t. XI: [1-24], p. 1-553, [554-588]; t. XII: [1-8], p. 1-568, [569-598], t. XIII: [1-8], p. 1-519. [520-548]; t. XIV: [1-8], p. 1-476, [477-500]; t. XV: [1-8], p. 1-412, [413-428]; t. XVI-XVII: [1-8], p. 1-304, [1-8], 305-584, [584-608]; t. XVIII-XIX, [1-4], p. 1-307, [308], [1-8], 309-595. [596-608]; t. XX-XXI, [1-12], p. 1-332, [1-4]. P-1-164; t. XXI-XXII, [1-12], p. 1-132, [133-156], [1-8], 1-254, [1-4], 255-518, [519-542]; t. XXIII, [1-16], p. 1-272, [1-4], 273-536, [537-556]; t. XXIV, [1-8], p. 1-280, [1-4], 281-537 [538-576]; t. XXV, [1-8], p. 1-280, [1-4], 281-539, [540-568]; t. XXVI, [1-12], p. 1-696.

Format in-12. Frontispice: dans la réédition de 1718 par J. Wandelaar; quelques cartes et planches.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam, chez Wolfgang, Waesberghe, Boom et van Someren (t. I-XV); chez Abraham Wolfgang (t. XVI-XXV).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteurs: Jean LECLERC et Jean CORNAND DE LA CROSE, t. I-IX; Jean Leclerc, t. X, XII, XIV-XIX; Jean Cornand de La Crose, t. XI; Charles LE CÈNE et Jean Leclerc, t. XIII; Jacques BERNARD et Jean Leclerc, t. XX; Jacques Bernard, t. XXI-XXV.

Collaborateur régulier: John Locke. Collaborateurs occasionnels: Fatio de Duillier, J.G. Graevius et Gisb. Cuper.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu: on annonce dans la Préface que l'on parlera «de tous les ouvrages qu'on pourra recouvrer, en quelque langue qu'ils soient écrits». En effet les comptes rendus ou extraits de livres sont les plus nombreux, mais en même temps il y a des contributions originales de certains correspondants, tel que Essai philosophique concernant l'entendement de John Locke, inséré dans ce journal deux ans avant la publication de l'ouvrage même (t. VIII, janv. 1688, p. 49-142), des mémoires rédigés par les journalistes Leclerc et Cornand de La Crose, des lettres reçues et des traductions d'articles des Philosophical Transactions.

La Bibliothèque universelle et historique présente une bonne vue d'ensemble des publications qui virent le jour dans le domaine des arts et sciences au cours des années de la parution du périodique. Si la théologie et l'histoire sont bien représentées, il est certain que Jean Cornand de La Crose a notamment attiré l'attention sur maint ouvrage scientifique ou médical, d'inspiration moderne et empiriste. Après le départ de ce dernier, le journal devint sans doute moins «scientifique».

Par contre le plaidoyer pour la tolérance est maintenu jusqu'à la fin de la parution du journal, notamment par rapport à la cause huguenote. Rappelons à ce propos que Leclerc s'est identifié dès son arrivée dans les Provinces-Unies avec le parti remontrant pour lequel le culte de la tolérance était des plus importants, voire essentiel. Ainsi ne faut-il pas s'étonner que le premier article du journal fût consacré aux Epistolae Quotquot de Hugo Grotius, un des représentants les plus illustres des Remontrants de Hollande.

Principaux auteurs étudiés ou recensés: Antoine Arnauld, S. Bochart, G. Burnet, A. Furetière, G. Huet, P. Jurieu, J. Leclerc, G. Leti, Ph. van Limborch, J. Lightfoot, D.G. Morhof, J. Locke, I. Newton, R. Simon, E. Stillingfleet, A. van Leeuwenhoek.

Tables: chaque tome contient une table; t. XXVI publié en 1718 donne des tables générales des auteurs et des matières sur tous les tomes. Il existe aussi une table moderne chronologique faite par Jean-Pierre Lobies, Index Multiplex, II, 1-6: La Bibliothèque universelle et historique, Osnabrück, 1968. Pour les ouvrages d'origine anglaise ou consacrés à l'Angleterre, voir Reesink. Pour un index analytique et thématique, voir Bots, De «Bibliothèque Universelle et Historique».

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 43537-43562. Collection étudiée: B.U. Nimègue.La Bibliothèque universelle et historique se trouve dans un nombre considérable de grandes bibliothèques.

Bibliographie

H.P.L.P.. II, p. 246-251.

Rééditions: après les rééditions des premiers volumes en 1687, il y a eu plusieurs rééditions par Antoine et Henri Schelte entre 1696 et 1707; une seconde série de rééditions parut chez les frères Wetstein à Amsterdam entre 1717 et 1721 (t. I, II, VI, VII, IX et X) et en 1738 c'est encore Jean Mart. Husson à La Haye qui procura des rééditions des t. XII, XIV et XVI, la première partie du t. XXII et la seconde partie du t. XXV; réédition Genève, Slatkine, 1968, 6 vol.

Mentions dans la presse du temps: Nouvelles de la République des Lettres, janvier 1699, préface. Juncker C, Schediasma historicum de ephemeridibus sive diariis eruditorum in nobilioribus Europae partibus hactenus publicatis, Leipzig, 1692, p. 223-244.

Reesink H.J., L'Angleterre et la littérature anglaise dans les trois plus anciens périodiques français de Hollande de 1684 à 1709, Zutphen, 1931. – Bots H., De «Bibliothèque universelle et historique» (1686-1693), een periodiek als trefpunt van geletterd Europa, Amsterdam, 1981. – Idem, «L'esprit de la république des lettres et la tolérance dans les trois premiers périodiques savants hollandais», XVIIe siècle, n° 116, 1977, p. 43-57. Idem, «Jean Leclerc as journalist of the Bibliothèques. His contribution to the spread of English learning to the European continent», dans Studies in seventeenth-century English literature, history and bibliography. Festschrift for Professor T.A. Birrell, Amsterdam, 1984, p. 53-66. – Bots H. et Hillenaar H., «La Bibliothèque universelle et historique (1686-1693)», dans Horizons européens de la littérature française au XVIIe siècle, Tubingen, 1988, p. 321-332. – Barnes A., Jean Leclerc (1657-1736) et la république des lettres, Paris, 1938. – Golden S., Jean Leclerc, New York, 1972. – Pitassi M.C., Entre croire et savoir. Le problème de la méthode critique chez Jean Leclerc, Leyde, 1987. – Mattauch H., Die Literarische Kritik der frühenfranzösischen Zeitschriften (1665-1748), München, 1968.

Historique

Lorsque les éditeurs Wolfgang, Waesberghe, Boom et Van Someren prirent l'initiative de publier un nouveau journal sous le titre Bibliothèque universelle et historique, ils purent compter sur Jean Leclerc et Jean Cornand de La Croze qui s'étaient chargés tous les deux de la rédaction. Dans les cinq premiers volumes de ce journal, dont les t. I-III parurent sans nom d'auteurs, les articles des deux rédacteurs (extraits de livres) furent publiés pêle-mêle, mais à partir du t. VI, après que les premières frictions entre les deux rédacteurs se furent manifestées, Leclerc veilla à ce que les contributions des deux rédacteurs fussent séparées: la première partie des t. VI-IX était de la main de Leclerc, la seconde partie de son collaborateur Cornand de La Croze (cf. t. IX, Avertissement). La relation entre les deux rédacteurs s'était tellement gâtée (Leclerc reprochait une trop grande partialité à son collègue) qu'à partir du t. X chacun assurerait son propre volume: le t. X fut rédigé par Leclerc et le t. XI par Cornand de La Croze seul. Ce dernier volume avait été dédié par Cornand d'une façon peu discrète (et à l'insu de Leclerc) à la princesse Marie Stuart, épouse du stathouder Guillaume III; la conduite extravagante de Cornand décida Leclerc à rompre définitivement avec ce rédacteur. Grâce aux notes autographes de l'exemplaire de la Bibliothèque universelle et historique ayant appartenu à John Locke et conservé aux Etats-Unis, il est possible de déterminer avec beaucoup de précision les pages qui ont été rédigées par Leclerc (cf. Bots, «Jean Leclerc», p. 83 et 140).

Cornand de La Croze fut remplacé en 1689 par Charles Le Cène, qui après le t. XII, rédigé par Leclerc seul, assura la rédaction du t. XIII (abstraction faite des articles 8 et 15). Mais Leclerc n'était pas très content de son nouveau collaborateur, de sorte qu'il rédigea tout seul les t. XIV-XIX. Ce «pénible travail de la Bibliothèque» fut arrêté par Leclerc en 1690; en cette année il poursuivit ses travaux d'exégèse biblique, car il était d'avis qu'il était temps «d'emploier un peu mieux [ses] études qu'à faire des extraits de livres».

Jacques Bernard fut responsable des cinq derniers volumes du journal; en cette période le journal perdit quelque peu de son grand prestige et Bernard se limita presque exclusivement aux ouvrages français et latins pour ses comptes rendus. Comme il n'avait aucune connaissance de l'anglais, les ouvrages écrits en cette langue ne sont plus guère recensés dans la Bibliothèque à partir de janvier 1691. Le journal cessa de paraître, après la mort de son dernier éditeur Abraham Wolfgang, au début de 1694, qui avait publié tout seul la Bibliothèqueà partir de 1690 (t. XVI). Remarquons encore que la Bibliothèque où l'on trouve notamment des comptes rendus d'ouvrages récemment publiés, contient aussi quelques dissertations et articles originaux. La publication de Essai philosophique concernant l'entendement, où l'on montre quelle est l'étendue de nos connaissances certaines et la manière dont nous y parvenons par John Locke dans le t. VIII du journal est le plus illustre exemple.

En outre, les journalistes se servaient de la Bibliothèque pour publier leurs propres écrits. Ainsi Leclerc publia-t-il parmi d'autres mémoires dans le t. XIV Mémoires pour servir à l'Histoire des controverses nées dans l'Église romaine sur la prédestination et sur la grâce depuis le concile de Trente Cornand de La Croze inséra dans le t. XI une dissertation intitulée: De la nécessité de la religion protestante, pour le repos des Princes et des peuples.

Auteur

Titre indexé

BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE ET HISTORIQUE

Date indexée

1686
1687
1688
1689
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1691
1692
1693