OPUSCULES DE M. F... *

1097
1753

Titre(s)

Opuscules de M.F... «contenant des critiques de quelques ouvrages de littérature, une vie de La Fontaine, une vie de Pope et des poésies diverses avec quelques remarques de l'auteur».

T. II : Opuscules de M.F. «contenant les premières feuilles périodiques de l'auteur parues sous le titre de Lettres de Madame la Comtesse, augmentées de plusieurs lettres qui n'ont point encore paru».

T. III : Opuscules de M.F. «contenant un extrait chapitre par chapitre du livre de l'Esprit des lois, observations sur quelques endroits particuliers, etc.».

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Trois volumes in-12 publiés en 1753 ; Préface datée du 6 février 1753.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam [Paris], Arkstée et Merkus ; imprimé par Duchesne.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteur des t. I et II : Elie-Catherine FRÉRON. Collaborateurs pour le t. I : Desfontaines ? (p. 209-228), Mairault (p. 107-145) ; pour le t. II : Batteux (p. 242-327) ; pour le t. III, Véron de Forbonnais.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

L'éditeur a «fait imprimer ces Opuscules sans l'avis de l'auteur à cause du succès des Lettres sur quelques écrits de ce temps» (I, III).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaires utilisés : B.M. Quimper ; B.N., Z 29502-29504.

Bibliographie

Réimpression, Genève, Slatkine, 1967, 1 vol.

Mention dans les Lettres sur quelques écrits de ce temps, 30 juin 1753, t. IX, p. 351-354. – Cornou F., Elie Fréron, trente ans de luttes contre Voltaire et les philosophes du XVIIIe siècle, Champion, 1922, p. 29-68, 106-109. – Balcou J., Fréron contre les Philosophes, Droz, 1975, p 14-33, 43-44.

Historique

Les Opuscules ne sont pas à proprement parler un journal. Ils sont édités par Duchesne au début de 1753 à l'insu de Fréron, qui est alors à Nancy, et qui protestera (Lettres sur quelques écrits de ce temps, t. IX, 351-354). Le t. III est de Véron de Forbonnais ; le t. II reprend, dans un ordre différent, les Lettres XI à XIX des Lettres à Madame la Comtesse. Le premier tome reprend divers écrits de Fréron et restitue en gros son activité de journaliste de 1743 à 1746.

Auteur

Titre indexé

OPUSCULES DE M. F... *

Date indexée

1753

LETTRES SUR QUELQUES ÉCRITS DE CE TEMPS

0838
1749
1754

Titre(s)

Lettres sur quelques écrits de ce temps.

Continuation de: Lettres de Madame la Comtesse... sur quelques écrits modernes.

Continué par: L'Année littéraire.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

8 avril 1749 - 26 janvier 1754. 13 volumes; 62 livraisons. Bimensuel (Lettres, t. II, p. 216); paraît irrégulièrement en 1749-1752 (six interruptions). Moyenne annuelle: 12 livraisons; 2-3 volumes; datés de 1749, 1750, 1751, 1752 et 1753.

Description de la collection

5 livraisons par volume (2 livraisons seulement dans le treizième volume); 360 p. par volume; 72 p. par livraison; in-12, 95 x 162.Devise: Parcere personis, dicere de vitiis.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Genève, t. I et II (1749); Genève et Amsterdam, chez Pierre Mortier, t. III (1750); Genève et Paris chez la veuve Cailleau, t. IV (1750); Londres et Paris chez Duchesne (gendre de Cailleau) à partir du t. V (1751); Nancy à partir du t. VIII (1753). Imprimeur: Battard.Tirage: 2 500 (cf. lettre de Fréron à Malesherbes, 17 févr. 1751).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Elie-Catherine FRÉRON (1718-1776). Le nom de Fréron n'apparaît pour la première fois qu'en tête du t. IV. Collaborateurs: Duport Dutertre, Joseph de La Porte, à partir de 1752. Collaborateurs occasionnels: Déon de Beaumont (t. XII); Roy (t. I-II); le Baron Charles Frédéric Scheffer (t. VIII); Desormes (t. II, X); Daquin (t. VII, VIII).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Servir «le dieu du goût» (t. I, p. 183); «Rien qui puisse blesser la religion de l'Etat, le gouvernement, les bonnes mœurs ou l'honneur de qui que ce soit»; «...des remarques purement littéraires» (t. I, p. 288); «Avoir le courage de tenir pour les Anciens contre les vains efforts des modernes Pygmées» (t. I, p. 292). Mais: une critique polémique et personnelle contre Marmontel, Voltaire et Rousseau; une critique moins traditionnelle que prévue (cf. la défense du théâtre sérieux); une orientation du journal nettement antiphilosophique à partir de 1752, alors que s'émoussent les attaques contre Voltaire; une ambition de plus en plus encyclopédique: goût pour l'histoire et les sciences; goût pour les problèmes de la vie courante.

Principaux auteurs étudiés: Buffon (III, 3-28, 73-99, 325-376; IV, 73-99; XII, 108-120, 289-301); La Mettrie (X, 101-118); Marmontel (I, 30-68, 115-126; II, 289-353); Maupertuis (VIII, 145-168, 197-210); Montesquieu (IV, 145-157); Prévost (VIII, 211-237, 289-308; X, 205-210, XI, 73-84, 217-224; XII, 169-188; XIII, 130-135); Voltaire (I, 267-287; II, 48-59; III, 33-66; VI, 3-4; X, 180-188, 259-268; réédition de 1752, I, 356-366).

Table des matières à la fin de chaque tome à partir du 3e volume.

Benhamou P., Index des Lettres sur quelques écrits de ce temps, Genève, Slatkine, 1985.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 49196-49208. Réimpression, Genève, Slatkine, 1966, 2 vol.

Bibliographie

H.G.P., p. 162, 176, 203, 261, 262; H.P.L.P., t. II, p. 376 et suiv.

En 1752, réédition par Fréron (chez Duchesne) des deux premiers volumes (avec des variantes importantes). — Raynal, Nouvelles littéraires, t. I, p. 317, 749. — Tougard A., «Eclaircissements bibliographiques pour les Lettres sur quelques écrits de ce temps», Modern Language Quarterly, 1940, vol. I, p. 323-331. — Prator C.H., «Elie Catherine Fréron in the light of variants in the text of his Lettres sur quelques écrits de ce temps », Modern Language Quartely, 1940, vol. III, p. 105-108. — Balcou J., Fréron contre les Philosophes, Genève, Droz, 1975, p. 37-80.

Historique

Les Lettres sur quelques écrits de ce temps forment une collection de 62 cahiers de 72 p. chacun qui, lorsque Fréron les a lancées le 8 avril 1749, devaient sortir des presses tous les 12 jours environ. Mais les circonstances commanderont.

D'avril 1749 à décembre 1752, 27 numéros seulement auront paru, les 35 autres se débitant dans les quinze mois qui restent. La cause: 6 suspensions. La première: du 8 avril au 10 juillet sur plainte de Marmontel. La seconde: du 22 février au 9 novembre 1750 sur l'intervention de Voltaire. L'année suivante, une triple interruption, sans qu'on puisse en noter le motif exact; du 26 décembre 1750 au 4 juin 1751, du 4 juin 1751 au 2 septembre 1751 et du 2 septembre au 27 décembre 1751. La longue suspension de 1752, du 14 avril au 25 octobre, est encore due à Voltaire. Dernière alerte en décembre pour un article sur Bolingbroke.

C'est précisément en 1752 que Fréron va trouver le clan qui le protégera: celui de Stanislas de Pologne, de la Reine, du Dauphin. Désormais, Fréron s'efforcera de ménager Voltaire (lequel, du reste, intervient pour que les feuilles reparaissent) pour concentrer ses attaques sur les Philosophes qui commencent à s'organiser en un parti dangereux. Il exploitera donc à merveille l'affaire des Bouffons pour en faire une campagne de presse contre cette cabale d'étrangers menée par Grimm et Jean-Jacques Rousseau.

Les Lettres sur quelques écrits se gardent pourtant de tout cléricalisme. Ce qui compte, en effet, pour leur directeur, c'est la vie intellectuelle et artistique de son temps. Formé par les grands maîtres, ouvert sur le monde, il se présente comme un homme d'ordre et un esthète bourgeois. C'est pourquoi il est le premier à prôner le grand sérieux au théâtre (t. IV, p. 3-21). Et il ne s'en prend guère à l'Encyclopédie puisqu'il aspire au même but. D'où maints articles sur les voyages et l'histoire, les sciences et les arts, les découvertes et les curiosités du jour. Cet ensemble de Lettres dirigé par un voltairien qui déteste Voltaire est, du point de vue chronologique, esthétique et politique, la nécessaire introduction à L'Année littéraire.

Auteur

Titre indexé

LETTRES SUR QUELQUES ÉCRITS DE CE TEMPS

Date indexée

1749
1750
1751
1752
1753
1754

LETTRES DE MADAME LA COMTESSE

0810
1745
1746

Titre(s)

Lettres de Madame la Comtesse sur quelques écrits modernes.

Continué par: Lettres sur quelques écrits de ce temps (1749-1754).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1er septembre 1745 – 12 janvier 1746. Un volume. Permission tacite. Le prospectus paraît dans la première lettre datée du 1er septembre 1745. La périodicité est inégale. On peut compter quatre numéros par mois. Le volume est daté de 1746.

Description de la collection

Un volume de 300 p., in-12. 19 lettres de longueur inégale.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Genève est mentionné comme lieu de publication, chez les frères Philibert. Le lieu supposé est Paris, chez Prault.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Elie-Catherine FRÉRON est le fondateur, l'auteur et le directeur. Le poète Roy ou Roi collabore: Lettre XIII, p. 128-194, XVII, p. 241-248; Lettre XIX, article sur Bernis, Pension donnée (cf. lettre de Fréron à Palissot, 8 janv. 1758).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«Ecrire librement [...] traiter la littérature comme les plaisirs: l'effleurer sans jamais l'approfondir» (Lettre I, p. 11). «Je prétends me fonder un petit état indépendant» (Lettre X, p. 121). Evénements (nécrologie, élections académiques). Politique: la manière de lever la taille (un seul texte de ce genre). Intérêts pour les mœurs et la littérature anglaises. Attaques personnelles, surtout contre Voltaire et l'Académie.

Principaux auteurs étudiés: Voltaire, Poème de Fontenoy (II, p. 18-25); Temple de la gloire (XIV, p. 195-207). Piron, La Louisiade (III, p. 28-43). Le Blanc, Lettres d'un Français (XIX, p. 280-295). Shakespeare, trad. de La Place (IX, p. 126-129, XII, p. 165-177. XVIII, p. 255-279).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 49195; B.M. Quimper (édition tronquée).

Bibliographie

Réédition en 1753, Opuscules, Amsterdam, Arkstée et Merkus, 3 vol. in-12, t. II (mais avec des changements importants des lettres IX-XIX, concernant dates, transposition, texte même); B.M. Nantes, s.l.n.d., in-4°, n° 27493.

Mention dans Desfontaines, Jugements, t. X, p. 288. – Cornou F., Elie Fréron, Champion, 1922, p. 44-66. – Balcou J., Fréron contre les philosophes,Droz, 1975, p. 29-33. – Balcou J., Le dossier Fréron,Droz, 1975, p. 16-23.

Historique

Les Lettres de Madame la Comtesse sur quelques écrits modernes, 19 lettres en tout, sont le premier journal d'Elie Fréron. Auteur déjà coté de quelques feuilles volantes, mais surtout principal collaborateur de Desfontaines, il a alors 27 ans. Comme son maître est sur le point de mourir, il se décide à voler de ses propres ailes. Il obtient l'aval de Saint-Florentin (Arch. de la Bastille, 11593, f° 410) et d'Argenson, le directeur de la Librairie (cf. L'Année littéraire, 1765, t. I, p. 259). Le premier numéro sort le 1er septembre 1745 et l'ensemble sera relié en un volume au début de 1746. Sous le couvert d'une imaginaire «Comtesse», le journaliste envoie les nouvelles de la capitale à une prétendue correspondante de province. D'un style preste et agréable, volontiers badin ou agressif, ces «Lettres» avaient tout pour plaire et agacer. Déjà Fréron y montre la variété de son registre: des articles sur Voltaire voisinent avec des réflexions sur l'opéra ou même sur la manière de lever la taille. Il y exprime aussi son intérêt pour la littérature étrangère. Mais le succès vient surtout des attaques personnelles contre Fontenelle, Voltaire, Piron, les académiciens. S'étant permis d'ironiser sur l'abbé de Bernis et Madame de Pompadour qui le protégeait, il vit ses Lettres supprimées le 12 janvier 1746; il est lui-même emprisonné à Vincennes avant d'être exilé à Bar-sur-Aube.

En 1753, les Lettres de Madame la Comtesse sont rééditées dans le t. II des Opuscules. Mais ce volume n'est qu'une compilation assez informe. Ainsi la XIXe lettre, complètement transformée, est datée du 25 juillet 1746; on a droit à tout un développement sur l'élection de Voltaire à l'Académie; la lettre XVI devient le «Parallèle du Lutrin et de la Henriade» de l'abbé Boiteux... C'est pourquoi les Lettres de Madame la Comtesse sont à consulter dans leur édition de 1746 et non dans cette compilation de 1753.

Auteur

Titre indexé

LETTRES DE MADAME LA COMTESSE

Date indexée

1745
1746

L'ANNÉE LITTÉRAIRE 2

0119
1776
1791

Titre(s)

L'Année littéraire.

Devient en 1790: L'Année littéraire et politique.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mars 1776 - juillet 1791. 117 volumes. Privilège d'août 1770, donné à Elie Catherine Fréron, supprimé en mars 1776 et rétabli aussitôt en faveur de sa veuve; une longue bataille de succession opposera Stanislas Fréron à Royou de 1776 à 1790.

Un cahier tous les dix jours, 40 cahiers par an, formant 8 volumes datés par année; publication irrégulière en 1790 (4 vol. seulement à la B.N.).

Description de la collection

Chaque volume, composé de 5 cahiers de 72 p., format in-12, compte 360 p., sauf en 1790-1791, où le nombre de pages se réduit progressivement.

Devise: Parcere personis, dicere de vitiis. Nombreux culs-de-lampe à la fin des articles.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Publié à Paris chez Le Jay (Mérigot le Jeune) jusqu'en 1789, puis chez Crapart de 1790 à 1791. Imprimé par Knappen, imprimeur de la Cour des Aides à partir de 1780. Indications concernant la diffusion du journal: à la fin de 1779, un appel aux souscripteurs en raison de la diminution du nombre des lecteurs et malgré le débit assuré (t. VIII, p. 137-140); en 1780, Fréron promet des articles moins longs et plus variés (t. II, p. 207); en 1781, protestations de Mme Royou contre les calomnies de Stanislas Fréron (t. VIII, p. 40). Stanislas, devenu simple collaborateur à partir de 1781, touchait 55 £ par 32 p. Le bénéfice moyen du journal était de 2 400 £ (cf. contrat signé le 26 févr. 1784 entre Mme Royou et Stanislas Fréron, A.N., T 546).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteurs : de 1776 à 1779, Louis-M. Stanislas FRÉRON et l'abbé GROSIER. De 1779 à 1781 (t. IV), Louis-M. S. Fréron, évincé en raison d'un article contre les comédiens (t. II, p. 217-257). En 1781-1790, Mme Royou, veuve Fréron. En 1790-1791, un nouveau rédacteur, anonyme, signalé en 1790 (t. V, p. 97).

Collaborateurs : Stanislas Fréron pour la partie littéraire ; l'abbé Mercier de Saint-Léger ; l'abbé Grosier ; Geoffroy pour la partie philosophique et les études anciennes ; un anonyme chargé de faire l'analyse des ouvrages ? ou de réduire les articles ? polyglotte (1778, t. VIII, p. 137) ; l'abbé Thomas Royou pour la partie polémique. De 1780 à 1784, les principaux articles sont signés.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé : «Le seul journal désormais où les bons principes en tout genre seront défendus» (déc. 1779, t. VIII, p. 139), particulièrement contre le «mauvais goût» et la «fausse philosophie» ; «le seul journal vraiment littéraire où les ouvrages de goût soient étudiés solidement» (1781, t. VIII, p. 141) ; «patriotisme et impartialité» (1789, t. VI, p. 98) ; «combattre ce philosophisme pervers qui a détruit tous les liens de la société» (1791, p. 199).

Centres d'intérêts : 1) une part prépondérante accordée à la littérature (plus que dans l'ancienne Année littéraire) :défense de l'idéal classique, gréco-latin, et du XVIIe siècle, refus de Shakespeare. À partir de 1784, nombreux faits divers, anecdotes, articles empruntés aux Affiches de province. 2) Arts et techniques ; Salons de 1781, 1782, 1785 ; à partir de 1784, deux thèmes nouveaux, l'électricité et le magnétisme, les ballons de Montgolfier. 3) Politique : défense du christianisme contre le philosophisme ; après le départ de S. Fréron, hostilité à l'égard de J. J. Rousseau, constamment cité de 1789 à 1791 ; réflexions sur les événements d'Amérique ; de 1789 à 1791, comptes rendus des séances de l'Assemblée nationale. Principaux auteurs étudiés : Voltaire, attaques de S. Fréron en 1776 ; 30 mars 1778, III, 338-342 ; Irène, 1779, IV, 289-318 ; Olympie, 1787, III, 223-233 ; Rousseau, Confessions, 1782, IV, 145-175 ; sa mort, 1778, V, 205-211 ; Diderot, Sénèque, 1779, 1, 36-70, 104-136 ; 1782, 217-252 ; sa mort, 1784, VI, 283-287 ; Beaumarchais, 1778, III, 217-246, 289-331 ; 1784, 1V, 3-35 ; Laclos, 1782, III, 145-163.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée : B.N., Z 40663-40779; Rés. Z 3786 (volume dépareillé de 1791, 391 p.).

Bibliographie

Voir L'Année littéraire 1. – Arnaud R., Journaliste, sans-culotte et thermidorien, le fils de Fréron (1734-1802), Paris, Perrin, 1909.

Auteur

Titre indexé

ANNÉE LITTÉRAIRE 2

Date indexée

1776
1777
1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785
1786
1787
1788
1789
1790
1791

L'ANNÉE LITTÉRAIRE

0118
1754
1776

Titre(s)

L'Année littéraire.

Continuation de : Lettres sur quelques écrits de ce temps (l749-1754).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

L'ensemble des 168 volumes qui sont publiés sous la direction d'Elie Catherine Fréron se distingue de la collection dirigée par Stanislas Fréron, qui sera étudiée à part. E. C. Fréron obtient une permission tacite au début de 1754 ; un privilège lui sera accordé le 8 août 1770, renouvelé en mars 1775, mais sera supprimé en mars 1776.

Le journal paraît régulièrement tous les dix jours (Avertissement, 1754, t. I), sauf incidents ; chaque année comporte 8 volumes, à l'exception de la première année, qui n'en comporte que 7 ; ces volumes correspondent à 40 cahiers par an, sauf en 1754 où il n'y en eut que 35. Sous la direction d'E. C. Fréron, les cahiers sont régulièrement datés ; après sa mort, seule l'année du volume est indiquée.

Description de la collection

Chaque volume de 300 p. (avec table des matières) est constitué de 5 fascicules de 72 p. comprenant 3 lettres à un lecteur fictif.

Cahier de 24 p., in-12.

Devise : Parcere personis, dicere de vitiis (Martial).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

De 1754 à 1764, le journal est publié par Lambert, de 1764 à 1766 par Panckoucke, de 1766 à 1769 par Lacombe, de 1769 à 1772 par Delalain, de 1772 à 1778 par Le Jay.

Prix : 12 s. le numéro, puis 15 s. à partir de 1772 (24 £ pour 40 cahiers à Paris). Voir dans A.L., 1755, t. I, la liste des villes où sont déposés les numéros. Le journal connut, selon Voltaire, un «  cours prodigieux » (Best. D16316). Par calcul approximatif, on peut évaluer à 10000 le nombre des lecteurs, mais ce nombre avait sensiblement diminué dès avant la mort de l'auteur. De nombreux incidents ont perturbé la vie du journal : juillet-août 1754, suspension pour un article sur Les Heureux orphelins de Crébillon ; janvier 1755, suspension pour un article sur le discours de réception de d'Alembert ; février 1757, Fréron à la Bastille pour un article sur l'Espagne ; juillet 1760, représentation de L'Ecossaise à la Comédie-Française ; décembre 1760, Fréron à Fort-l'Evêque pour un article sur la folie d'un seigneur ; décembre 1763, Fréron à Fort-l'Evêque pour un article sur l'inhumanité de l'administration ; 1766-1770, L'Année littéraire soumise à la censure philosophique ; avril 1767 et fin 1769, deux suspensions de courte durée ; 1770, Anecdotes sur Fréron et Mémoire Royou (Voltaire) ; obtention du privilège ; mars 1776, suppression du privilège, pour des raisons financières, et mort de Fréron ; sa veuve, Mme Royou et son fils Stanislas prennent la direction du journal.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Elie-Catherine FRÉRON ; jusqu'en 1758, l'abbé J. de LA PORTE est le bras droit de Fréron. Bien qu'aucun article ne soit signé (sauf le courrier des lecteurs, relativement important), on peut mentionner parmi les collaborateurs occasionnels de Fréron, Duhamel Du Monceau (pour l'agriculture), Déon de Beaumont (pour les finances), Rivery (pour la médecine), Colardeau (pour la poésie), de Caux (pour la tragédie), Palissot (pour la comédie, jusqu'en 1761), Baculard d'Arnaud (pour le roman), l'abbé d'Arnaud (article sur Helvétius), Clément (après 1770), les abbés Verteuil et Fontenay (après 1770), Patte, Blondel (pour l'architecture), Macmahon et Garrick (pour la littérature anglaise). Fréron déclare lui-même faire appel à des «  connaisseurs » quand il le faut.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé et intentions : «  un recueil de principes et de remarques sur les beautés et les défauts »..., une défense des «  droits du goût » (1755, t. I, p. 10) ; mais Fréron déclare en outre : «  Ces puissances philosophiques ont conclu entre elles une ligue offensive et défensive » (1754, t. I, p. 14). En 1758-1759, Fréron lance les mots «  philosophisme », «  philosophistes ». «  Vous avez ces deux manières de nous éclairer : d'une main vous arrachez ces fleurs ambitieuses dont nos modernes aiment souvent à se parer, de l'autre, vous nous découvrez ces sources cachées où ils puisent sans honte et sans remords » (un lecteur, 1763, t. VII, p. 1). En 1766, il lance le mot «  philosophante ». Le préambule de 1768 se déclare pour «  la religion, la morale et les lois ». Fréron écrit en x773 (t. II p. 27) : «  J'ai été le premier et longtemps le seul à résister au torrent de la philosophie régnante et au mauvais goût ».

Première période (1754-1766).

Principaux auteurs étudiés : Montesquieu, 1756,I, 101-181 ; Diderot, Pensées sur l'interprétation de la nature, 1754, I, 1-14 ; Le Fils naturel, 1757, IV, 145-173, 289-300 ; Le Père de famille, 1761, III, 289-318 ; Entretiens, 1761, IV, 289-312 ; V, 3-24 ; Encyclopédie, 1760, IV, 243-268 ; Affaires des planches, 1759, VII, 1760, 1, VI, VIII ; 1761, II, V ; 1762, 1 ; J. J. Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité, 1755, VII, 140-166 ; 1759, VII, 43-52 ; La Nouvelle Héloïse, 1761, II, 289-330 ; affaire Rousseau-Hume, 1766, II, 140-143, 187-195 ; VII, 39-57, 314-320 ; Voltaire, Candide, 1759, II, 203-216 ; La Femme qui a raison, 1759, VIII, 3-25 ; 1760, IV, 7-18 ; L'Ecossaise, 1760, IV, 73-116 ; V, 209-215 ; Tancrède, 1761, I, 289-308 ; Annales de l'Empire, 1760, VIII, 335-349 ; «  L'autre jour, au fond d'un vallon », 1763, I, 287-288 ; Contes de Guillaume Vadé, 1764, IV, 289-314 ; Dictionnaire philosophique, 1764, VIII, 65-68 ; affaire Calas, 1765, III, 145-163 ; IV, 67-70 ; Lettres du docteur Pansophe, 1766, VII, 175-185 ; VIII, 122-131, 218-252 ; Moreau, Les Cacouacs, 1758, 1, 3-32.

Parmi les autres centres d'intérêt pour cette première période, on peut relever : les Salons (1757, V, 333-353 ; 1759, V, 217-232 ; 1761, VI, 3-11, 209-212 ; 1765, VI, 145-174), l'inoculation (1755, V et VI, 1756, II ; 1758, VIII ; 1763, V ; 1765, III et VI ; 1766, II), l'agriculture (1754, VII, 73-83 ; 1756, VII, 3-19), et dans chaque volume de 1761 à 1763, le commerce (1754, II, 92-109, 167-184, 217-316 ; 1755, V ; I756. LIV ; 1758, VI).

Au cours de la seconde période (1766-1776), les tendances et intérêts changent notablement.

Principaux auteurs étudiés : Voltaire, Les Guèbres, 1766, VI, 3-22 ; Zadig, 1767, I, 30-50 ; Les Scythes, 1767, VIII, 145-167 ; ABC, 1771, 111, 217-249 ; Le Dépositaire, 1772, IV, 144-156 ; Epitre à Horace, 1772, VII, 278-286 ; Le Taureau blanc, 1774, IV, 289-331 ; Discours de Me Belleguier, 1774, III, 61-70 ; Commentaire sur la Henriade, 1775, 111, 289-332 ; 217-239 ; VIII, 217-250 ; Diatribe à l'auteur des Ephémérides, 1775, VI, 46-64 ; Diderot, 1772, VI, 1-28 ; 1774, VII, 120-122, 299-337 ; JJ. Rousseau, 1768, VIII, 1-27 ; 1772, IV, 209-215 ; Marmontel, Bélisaire, 1768, I, 3-26 ; VIII, 289-299 ; 1769, 1, 193-202 ; Raynal, 1775, III, 233-250 ; d'Holbach, 1770, IV, 171-181 ; VIII, 313-331 ; 1772, VII, 303-317 ; 1774, VIII, 43-60.

Parmi les principaux auteurs antiphilosophiques, on citera : Bergier, 1767, V, 272-286 ; 1768, VII, 217-232 ; 1770, VIII, 313-331 ; Guénée, 1767 ; 1769, III, 26-40 ; Larcher, 1769, III, 145-159 ; Nonotte, 1770, VI, 145-162 ; Gérard, Le Comte de Valmont, 1774, III, 177-205 ; Vernes, Confidence philosophique, 1771, IV, 194-209 ; Gauchat, Le Philosophe du Valais, 1772, IV, 318-339.

Parmi les centres d'intérêt de cette seconde période, on peut citer : le drame philosophique (1767, VIII, 289-331 ; 1770, VI, 73-98 ; 1773, III, 42-48 ; VII, 3-14, 73-98), la littérature anglaise (1769, III, 217-231 ; 1772, II, 286-320 ; V, 289-330 ; 1769, 217-228 ; VI, 341-345 ; 1770, VII, 73-94 ; 1771, III, 249-263 ; 1772, III, 28-39), les techniques et découvertes, la publicité, l'économie politique, les sciences de la nature et de la vie, l'agriculture et le commerce, l'éducation, les finances, la situation dans les colonies, l'urbanisme et l'architecture, etc., avec quelques temps forts comme le problème de la Compagnie des Indes (1769, IV et V), le problème de la circulation des blés (1767, V, 73-114 ; 1768, III, 241-264 ; 1770, I, 289-304 ; 1775, VI, 46-64).

D'une façon générale, le périodique de Fréron, dont le préambule de 1766 donne une idée d'ensemble, est consacré à la critique littéraire et artistique, à la littérature étrangère, à la polémique antiphilosophique contre Voltaire, Diderot, les encyclopédistes, les athées de 1770 (beaucoup moins contre Rousseau, en particulier après la Nouvelle Héloïse) ; mais il est marqué aussi d'esprit «  encyclopédique » : intérêt pour les problèmes socio-économiques et particulièrement l'agriculture, le commerce, l'urbanisme et la médecine.

Tables à la fin de chaque volume ; tables générales manuscrites à la Bibliothèque des jésuites de Chantilly, fonds Jersey (tables-recollection).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaires étudiés : B.M. Quimper ; B.N. Z 40487-40787.

Bibliographie

H.P.L.P., t. II ; H.G.P.,. I, p. 262-267.

Réimpression Genève, Slatkine, 1966, collection complète en 37 vol.

Historique

Mentions importantes dans la presse du temps : Correspondance littéraire de Grimm (passim), L'Observateur littéraire de La Porte, de 1758 à 1762 (voir 1760, t. II, p. 267-285, 346-351 ; t. III, p. 286-288), La Renommée littéraire de Le Brun (1763, t. III, p. 279), Mercure de France (janv., avril et juin 1760), La Revue des feuilles de M. Fréron de Deleyre (1756), Contrepoison des feuilles de La Morlière (1754), Annales politiques de Linguet (t. IV), Journal de politique et de littérature (1776, n°  8), Affiches, annonces et avis divers (12e feuille), l'Espion anglais (t. III), Correspondance littéraire de La Harpe (t. I, p. 289-330, lettre XLIII).

Cornou F., Elle Fréron, trente années de luttes contre Voltaire et les philosophes du XVIIIe siècle, Paris, Champion, 1922. – Van Tieghem P., L'Année littéraire comme intermédiaire en France des littératures étrangères, 1907. – Balcou J., Fréron contre les philosophes, Droz, 1975. – Briard-Millerioux J., L'Esthétique d'Elie-Catherine Fréron, 1739-1776, P.U.F., 1985. – Lénardon D., Index de «  L'Année littéraire », Genève, Slatkine, 1979.

L'Année littéraire est assurément le plus important, le plus intéressant périodique du XVIIIe siècle. D'abord par la personnalité de son directeur, le Breton Elie Catherine Fréron (1718-1776) qui le dirigea pendant 22 ans (1754-1776) avant que son fils et sa veuve prennent le relais (1776-1790). Ensuite par son contenu, car que de sujets abordés ! par son succès enfin que lecteurs et adversaires contribuèrent à consacrer.

Ce journal est essentiellement celui de Fréron. Ce dernier, qui s'était fait la main chez Desfontaines venait de s'affirmer par les Lettres sur quelques écrits de ce temps. Il connaît les règles pour triompher : un cahier de 72 p. à paraître tous les 10 jours ; au prix modique de 12 s. et dès 1772, de 15 ; un bon imprimeur-éditeur (le premier sera Lambert) ; un bon réseau de distribution (voir l'Avertissement de 1755) tant en France qu'aux quatre coins de l'Europe ; une bonne équipe de «  nègres » et, pour la technicité, de «  connaisseurs » ; des protections solides et efficaces (d'Argenson, Stanislas, le Dauphin, Choiseul [?], d'Aiguillon) ; et par-dessus tout, du style. Sans doute n'est-il pas toujours aisé de distinguer la part personnelle de Fréron dans cette œuvre collective où les articles ne sont généralement pas signés. La critique interne, les références biographiques, les accusations à la Librairie aident à s'y retrouver. De toute façon, Fréron est le patron, le maître d'œuvre, le responsable. Non seulement il sait affronter la tempête, mais aussi la provoque. Il résiste vaille que vaille à tous les mauvais coups, à la haute surveillance de la censure et des philosophes eux-mêmes. Et de s'en vanter : «  Dès l'instant qu'ils se flattaient d'être délivrés d'un Aristarque incommode, je reparaissais sur l'arène avec l'ardeur d'un athlète dont quelques blessures que des lâches lui ont faites en trahison raniment le courage au lieu de l'abattre » (1772, t. I, p. 4). Les nombreuses lettres qu'il reçoit et qu'il publie l'encouragent. Mais il n'aurait pas tenu s'il n'avait été doué d'un rare talent de polémiste, d'une évidente solidité de jugement. Ce siècle qui déifia l'ironie, c'est également dans le journal de Fréron qu'il se plaisait à la chercher. Tout n'y est certes pas du même rythme : on ne peut avoir de l'esprit à jet continu, il y a tant de matières à traiter et l'ensemble dépasse les 50000 pages où quelque 10000 sujets sont analysés.

N'en restons pas, en effet, au simple titre. Bien que L'Année littéraire soit d'abord, et pour l'essentiel, le domaine de la «  belle et saine littérature » et que l'auteur se croie investi de la mission sacrée d'y défendre les droits d'un goût sans cesse menacé, ce qui ne l'empêche pas de prôner, dès 1750, le drame, et de contribuer à la diffusion de l'art étranger, il est bien obligé de prendre en compte les aspirations les plus variées de son temps. Certes les auteurs, grands et petits, sont passés au crible. Selon la méthode éprouvée : impression générale, résumé, analyse du fond et de la forme, brève conclusion. Mais bientôt c'est toute l'activité du siècle, intellectuelle et scientifique, qui envahit le journal. Les principaux problèmes qui agitent l'opinion sont naturellement débattus. Ainsi, faut-il libéraliser le commerce des grains ? Comment réorganiser la fiscalité ? La noblesse peut-elle travailler ? Pourquoi tant d'obstacles à l'inoculation ? Quelle place doit revenir aux artisans et aux paysans dans la cité ? Comment développer l'économie, améliorer en particulier l'agriculture ? Et l'éducation ? Et l'urbanisme ? ... Thèmes qui voisinent avec toutes sortes de réclames. La publicité, déjà. Notons aussi la part importante réservée aux comptes rendus des séances des Académies de province. C'est pourquoi L'Année littéraire est par sa masse, sa permanence, sa diversité, un document de premier choix. On sera peut-être étonné d'une telle ouverture d'esprit qui permet d'inscrire, à juste titre, Elie Catherine Fréron dans la mouvance des Lumières.

Et c'est aussi pour ces raisons que L'Année littéraire en imposa. S'il est impossible d'en dénombrer les lecteurs, on peut du moins consulter les papiers de la Librairie, les témoignages des contemporains pour s'en faire une idée. Si dès le début Fréron gagnait dans les 20000 livres et l'éditeur le double (B.N., nouv. acq. fr. 3532, f° 90-92), vers la fin, alors que la situation n'était guère brillante, il arrivait encore, d'après La Harpe (Correspondance littéraire, t. I, p. 389), à 7000 livres. Entre la stupeur de Voltaire et l'envie de La Harpe, se situe, en effet, une aventure étonnante. Celle d'un périodique qui réussit parce qu'il illustre son temps tout en combattant sans relâche sa doctrine antireligieuse. Et c'est surtout pour cet aspect polémique qu'il a marqué l'histoire. La haine des philosophes se comprend, qui ne purent jamais user de cette arme qu'était un grand journal. Ce que sut faire Fréron, inaugurant ainsi le redoutable pouvoir de la presse. Voltaire en fut inconsolable, dont «  la main, à ce qu'on dit (Mémoires secrets, 4 déc. 1776), tremblait en la lisant ». Mais par ses réactions automatiques il faisait tout ce qu'il fallait pour le consacrer. Comment, devant le duel entre Fréron et Voltaire, résister à la malignité de L'Année littéraire ? En réalité, aucun philosophe n'était épargné, sauf Montesquieu, Buffon, Mably et Jean-Jacques Rousseau après la conversion de la Nouvelle Héloïse. D'Alembert, Marmontel, La Harpe, étaient particulièrement visés. D'ailleurs ils ne s'en remirent jamais. Mais frapper juste et pour faire rire ne suffisait plus. D'où le désarroi et l'âpreté mordante de Fréron face à Diderot et aux idéologues de la philosophie naturelle. Mais l'ennemi capital restait toujours Voltaire, tout était de sa faute, il incarnait vraiment le mauvais génie du siècle. Un beau et bon siècle, malgré tout.

Le profond intérêt manifesté tout du long par l'opinion pour L'Année littéraire vient peut-être, en définitive, de ceci : que, séduite par le dynamisme et l'esprit des Lumières, mais obscurément inquiète de la réalité révolutionnaire qu'elles portaient, elle y retrouvait son propre dilemme.

Auteur

Titre indexé

ANNÉE LITTÉRAIRE

Date indexée

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