VARIÉTÉS AGRÉABLES

1257
1719

Titre(s)

Variétés agréables tirées de tout ce qui se passe de plus curieux dans les affaires du temps, de Critique, et de Galanterie. Avec un recueil choisi de toutes les Pièces qui peuvent avoir rapport à la Bizarrerie de ce mélange.

Continué apparemment par le Journal historique et politique tiré de tout ce qui se passe de plus curieux dans les affaires du temps (1720).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

On ne connaît de ce périodique que les deux numéros de novembre 1719, qui portent le nom du mois, suivi de la mention «Première [Seconde-] partie».

Le privilège («Konzession») a été accordé à l'imprimeur Samuel Küpfer par Leurs Excellences de Berne en date du 10 mai 1719 (voir Karl Müller, Die Geschichte der Zensur im alten Bern, Bern, 1904 [Diss. Phil.], p. 31 et 185-186). Aucun prospectus connu.

La périodicité s'avère bimensuelle et s'il est vrai que les Variétés agréables ont été remplacées dès janvier 1720 par le Journal historique et politique, le périodique ne doit avoir compté, de mai à décembre 1719, que 15 ou 16 numéros.

Description de la collection

L'un des deux numéros connus compte trois cahiers de 16 p. in-8°, signés Zz, Aaa, Bbb et paginés 701-746 ; l'autre compte trois cahiers et demi, signés Ccc, Ddd, Eee, Fff et paginés par erreur 769-821 au lieu de 749-801. On peut inférer de ces signatures que certains des premiers numéros avaient compté quatre cahiers et que le volume de 1719 devait atteindre de 898 à 930 p. 90-100 x 160.

Ni devise ni illustration.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

L'adresse : «A Berne, Chez Samuel Küpffer» est celle de l'imprimeur. Samuel Küpfer (1687-1765) ne semble avoir exercé le métier d'imprimeur que de 1716 à 1737 (voir Chronologie der Berner Buchdrucker, 1537-1831, Bern, Schweizerische Gutenbergstube, 1914, p. 22).

On ne connaît ni le chiffre du tirage ni le prix du numéro.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

L'anonymat du ou des auteurs du périodique n'a pas été levé.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Chaque numéro débute par des variétés littéraires (lettres sur un «Demon qui persecute un Eclesiastique», pièce de vers), puis donne, sans ordre protocolaire, les nouvelles politiques et militaires de l'étranger («d'Allemagne, du Nord, d'Angleterre, d'Italie, d'Espagne, de France»).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Seul exemplaire localisé : Burgerbibliothek, Bern, Mülinen Z. 54. a.

Bibliographie

Blaser F., Bibliographie der Schweizer Presse, Basel, Birkhäuser, 1958, t. II, p. 1050-1051. – Candaux J.-D., «Les gazettes helvétiques», dans Couperus, p. 169-170.

Titre indexé

VARIÉTÉS AGRÉABLES

Date indexée

1719

TABLETTES D'UN PHILOSOPHE

1247
1762

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

D'après un avis publié dans la «Gazette de Berne» du 26 juin 17621, cette feuille hebdomadaire devait paraître tous les jeudis, à partir du 1er juillet 1762, chez le libraire Sinnet, à Neuchâtel. Chaque numéro devait compter 32 p., in-8°, «soit 2 feuilles d'Impression et quelques fois plus selon l'exigence de la matière». Le prix de l'abonnement était de «2 Ecus neufs par année» et l'on pouvait souscrire «à Berne, chés Mrs de la Société Typographique et Littéraire ; à Lausanne, chés Mrs Masmejean et Fils ; à Genève, chés Mr. Ant. Philibert Libraire ; à Besançon, chés Mrs les Frères Charmet Libraires ; à Zurich, chés Mr Heideguer Libraire ; à Basle, chés Mr Emmanuel Tourneisen Libr. ; à Fribourg, chés Mr de Bosse Libraire, lesquels tous en fourniront des projets». La feuille devait contenir trois «sortes de productions, savoir Roman, Poésie et Morale,annonce de Livres nouveaux et plusieurs Avis utiles et intéressans». Mais il semble que le projet ait avorté. On ne conserve nulle part d'exemplaire des Tablettes d'un philosophe et le «projet» ou prospectus même de la feuille ne s'est pas retrouvé.

Notes

1. Nouvelles de divers endroits, samedi 26 juin 1762, n° LI, Supplément.

Titre indexé

TABLETTES D'UN PHILOSOPHE

Date indexée

1762

TABLEAU RAISONNÉ DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE

1246
1779
1783

Titre(s)

Tableau raisonné de l'histoire littéraire du dix-huitieme siecle. Rédigé par une Société de Gens de Lettres.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier 1779 – décembre 1783, avec interruption en 1780 et 1781. 36 volumes.

Aucun privilège, mais pour chaque volume mensuel une «Approbation» du censeur E[lie] Bertrand1, datée d'Yverdon le 30 du mois en 1779, le 15 du mois en 1782-17832, et dont le texte est régulièrement publié en fin de volume. Prospectus diffusé au début d'août 17783, et publié en substance dans la Gazette de Berne du 21 novembre 17784.

La périodicité mensuelle, annoncée dans le prospectus et dans l'avis liminaire de chaque livraison, semble avoir été parfaitement respectée. Chaque volume mensuel est daté de l'année et du mois sur sa page de titre.

Description de la collection

Le périodique a paru en 1779, 1782 et 1783. Les 12 vol. de 1779, composés chacun de 24 cahiers de 16 p. in-8°, comptent chacun 384 p.5. Malgré leur pagination autonome, ces 12 vol., si l'on en juge par leur page de titre, sont censés former 6 tomes divisés chacun en deux parties. Les 24 vol. de 1782 et 1783, composés chacun de 20 cahiers in-8°, comptent chacun 320 p.6. Pour ces deux années-là, l'éditeur a renoncé à toute tomaison. 120 x 210.

Aucune devise. Les planches gravées, placées en hors-texte à la fin d'une dizaine de volumes des années 1779 et 1782, reproduisent anonymement les planches originales du Journal de physique.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Pour l'adresse, le seul mot d'«Yverdon» figurant au bas des pages de titre suffit à désigner le célèbre imprimeur et éditeur napolitano-bernois Fortunato Bartolomeo De Felice7. D'après le prospectus, le prix de la souscription pour les 12 vol. de 1779 était de 48 £ de France «franco de port dans les principales villes de l'Europe». Ce prix, annoncé dans l'avis liminaire de chaque volume dès mars 1779, est resté le même jusqu'à la fin.

Toujours d'après le prospectus, on pouvait souscrire «en Suisse chez les Libraires suivans : à Basle chez Serini et Schweighauser ; à Berne chez la Société typograph. et Haller ; à Genève chez Badin ; à Lausanne chez Hen. Pott et Comp. ; à Neufchatel chez Fauche et à Yverdon chez De Felice».

Le périodique était distribué sous une couverture grise dont les quatre pages imprimées étaient remplies par une liste alphabétique d'«Articles dont on peut faire l'expédition avec le Journal8».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Le fondateur du périodique est ce même F.B. DE FELICE connu pour avoir lancé précédemment deux autres périodiques littéraires, l'un en latin, l'autre en italien9. La «Société de Gens de Lettres» mentionnée sur toutes les pages de titre doit être purement fictive puisque le périodique n'a pas à proprement parler d'activité rédactionnelle. Quant aux collaborateurs extérieurs et occasionnels, ils avaient été découragés d'emblée par l'éditeur, dans l'Avant-Propos du premier volume : «pour ne rien devoir à la reconnoissance, nous ne recevrons ni extraits, ni mémoires, ni en général pièce quelconque». L'Avertissement sera repris et renforcé dans l'avis liminaire de tous les volumes de 1782 et 1783 : «Comme les éditeurs de ce Journal veulent être libres sur le jugement qu'ils porteront des différens ouvrages littéraires, ils avertissent qu'ils ne recevront aucun extrait ni annonce littéraire quelconque ; tous les paquets qui parviendront au bureau des postes seront laissés au rebut». Dans un système où les frais de port étaient à la charge du destinataire, cette ultime allusion aux paquets postaux doit être considérée sans doute comme tout à fait explicite.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Par son contenu, le Tableau raisonné de l'histoire littéraire s'apparente au Journal des journaux, à l'Esprit des gazettes et à l'Esprit des journaux. Comme son prospectus l'annonçait, il offre en effet à ses lecteurs une sélection en trois volets des meilleurs articles publiés le mois précédent : 1) dans Le Journal encyclopédique ;  2) dans le Journal de physique10 et 3) dans le Mercure de France. A ces trois parties s'en ajoute une quatrième intitulée «Supplément». En 1783, le périodique est ramené à une division tripartite par la suppression de la partie réservée au Mercure de France ou plutôt par sa fusion dans le «Supplément».

Au demeurant, ce «Supplément» est composé d'une part de recensions d'ouvrages récents et d'autre part de brèves annonces de livres nouveaux regroupés par pays (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Nord, Italie, Espagne, Portugal, Suisse) sous la rubrique générale de «Nouvelles littéraires». On peut présumer que les unes et les autres étaient également reprises de périodiques publiés en français dans ces pays-là11. On trouve aussi dans cette partie de véritables prospectus donnés comme tels12, ainsi que des tracts d'éditeurs, notamment ceux de la Société typographique de Genève relatifs à son édition des Œuvres de J.J. Rousseau de 177913. A plusieurs reprises, mais sans abus, De Felice annonce dans le «Supplément» des livres édités par sa propre maison14.

D'autre part, malgré la volonté affirmée et réaffirmée de ne rien recevoir de l'extérieur, l'éditeur semble avoir accepté tout de même d'insérer quelques pièces inédites dans son périodique. Tel paraît être le cas, notamment, pour les «Observations météorologiques faites à Mulhouse en janvier et en juillet 178215», pour l'adaptation française des Kleine Reisen durch einige Schweizer-Cantone de Leonard Meister, Basel, 178216, pour d'autres textes encore17. Enfin, deux lettres de lecteurs ont réussi à surmonter les barrages éditoriaux, l'une, de Rome, à propos de la reprise du journal en 1782 (mars 1782, p. 272-273), l'autre «de M.L.K. [...] à l'occasion du livre intitulé : l'Esprit des esprits, servant de suite aux maximes de la Rochefoucauld, imprimé chez Virchaux, à Hambourg» (mars 1783, p. 276-281).

Table des articles à la fin de chaque volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaires localisés (et étudiés) : B.C.U. Riponne, Lausanne, I B 1566 (manquent février 1779 et mars 1782) ; B.M. Yverdon, 3604 (avec ex-dono ms. sur la garde des premiers tomes de 1779 et de 1782).

Bibliographie

Annonces dans la presse contemporaine : Nouvelles de divers endroits («Gazette de Berne»), 21 nov. 1778 ; 12 déc. 1778 ; 19 déc. 1781 ; 11 déc. 1782. – Haller G.E. von, Bibliothek der Schweizer-Geschichte, Bern, Haller, 1785, t. II, n° 307. – Perret J.-P., Les Imprimeries d'Yverdon au XVIIe et au XVIIIe siècle, Lausanne, F. Roth, 1945, p. 194-195. – Blaser F., Bibliographie der Schweizer Presse,Basel, Birkhäuser, 1958, t. II, p. 990. – Candaux J.-D., «Les gazettes helvétiques», dans Couperus, p. 168-169.

Notes

1. Voir à ce sujet J.-P. Perret, p. 85-86, note 2.

2. Avec quelques exceptions (10 janvier 1782, 9 février 1782, 30 avril 1782) et quelques inadvertances (30 avril pour 30 mai  1779, 15 juillet pour 15 août 1783, etc.).

3. De Felice l'adresse à la Société typographique de Neuchâtel par lettre du 1er août 1778 (B.P.U. Neuchâtel, ms. 1150, f° 261-262). A Neuchâtel, la lettre s'est conservée, mais non pas le prospectus, qu'il faut aller chercher à la Biblioteca Civica de Bassano.

4. Nouvelles de divers endroits, 1778, n° 93, Supplément.

5. Le vol. de décembre 1779 compte un demi-cahier de plus et a donc 392 p., mais la p. 392 est numérotée par erreur et osmose 384  !

6. Les trois premiers volumes de 1782 font cependant exception, car celui de janvier a 340 p., celui de février 351 et celui de mars 335.

7. Sur ce fabuleux personnage, voir en dernier lieu  : Fortunato Bartolomeo De Felice, editore illuminista, 1723-1789  : una mostra da Yverdon a Milano, Milano, Biblioteca Nazionale Braidense, 1983, 63 p., portr., fac-sim.

8. Cette couverture imprimée est conservée sur les volumes de juin, juillet et août 1783 dans l'exemplaire de Lausanne, B.C.U. Riponne.

9. Excerptum totius Italicae nec non Helveticae Literaturae, 1758-1762  ; Estratto della letteratura europea, 1758-1768 (cf. Haller, t. II, n° 298 et 299  ; Blaser, t. I, p. 356 et 359).

10. Il s'agit naturellement des Observations sur la physique, sur l'histoire naturelle et sur les arts de l'abbé Rozier, que De Felice appelle d'abord Journal de physique, comme tout le monde, puis, plus curieusement, Journal d'histoire naturelle (dès janvier 1783).

11. Il faudrait une vaste enquête pour les identifier tous. J'ai pu vérifier que la recension du Catalogue raisonné des manuscrits de la Bibliothèque de Genève, de Jean Senebier (mai 1779, p. 359-366) provenait du Nouveau Journal helvétique de Neuchâtel (janv. 1779, p. 15-26).

12. Ainsi, en juillet 1779 (p. 352-353), celui de l'édition des Mémoires et plaidoyers de Loyseau de Mauléon publiée par la Société typographique de Genève.

13. Mai 1779, p. 366-374. Cette publication a échappé à R.A. Leigh (Correspondance complète de Jean-Jacques Rousseau, Oxford, Voltaire Foundation, 1984, t. XLIII).

14. En 1779, le Dictionnaire universel raisonné de justice naturelle et civile (Yverdon, 1778-1779, 13 vol. in-4°) donne lieu à la publication de trois extraits (sept., p. 337-352  ; oct, p. 327-353  ; déc, p. 309-343). D'autres ouvrages sont recensés en janvier 1782 (p. 315-319), en février de la même année (p. 297-310)  ; d'autres encore sont brièvement annoncés dans ce même vol. de février 1782 (p. 344-346).

15. Déc. 1782, p. 251-266  ; mai 1783, p. 250-280 (cf. Haller, t. I, n° 1158). Dans le vol. de mai 1782 (p. 310-316) avait été publié d'autre part le «Plan d'une académie préparatoire au commerce, établie à Mulhausen, République alliée des Suisses ».

16. Juil. 1782, p. 289-309  ; sept. 1782, p. 251-273  ; juin 1783, p. 209-222  ; juil. 1783, p. 236-245  ; août 1783, p. 222-238  ; et sept. 1783, p. 224-240 (cf. Haller, t. I, n° 1009).

17. Parmi lesquels on pourrait peut-être ranger l'«Apologie des sauvages. Morceau traduit de l'allemand » (nov. 1779, p. 335-350), les «Lettres sur les physionomies » écrites à propos de l'ouvrage de Lavater par un certain E.B. qui pourrait bien être Elie Bertrand (janv. 1782, p. 295-315), la «Lettre sur M. d'Anville et ses ouvrages » (déc. 1782, p. 201-210), etc.

Titre indexé

TABLEAU RAISONNÉ DE L'HISTOIRE LITTÉRAIRE

Date indexée

1779
1780
1781
1782
1783

SOIRÉES AMUSANTES

1211
1773
1774

Titre(s)

Soirées amusantes avec des réflexions morales.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

La collection compte 2 volumes, mais n'a qu'un titre général, daté de 1773. Aucun des 24 numéros n'est daté et la périodicité n'est annoncée nulle part. Mais si l'on observe que le n° 6 renferme deux poèmes d'«Etrennes» et de «Nouvel An», que le n° 18 célèbre le jour anniversaire (8 mars) de la naissance du prince Guillaume V d'Orange, que les n° 4, 7 et 10 contiennent des lettres respectivement datées des 8 décembre 1773, 19 décembre 1773 et 12 janvier 1774, on peut en déduire que le périodique a paru durant la saison d'hiver, de la fin de novembre 1773 au début d'avril 1774, au rythme d'un numéro par semaine, exceptionnellement de deux.

Imprimé «avec approbation» spécifie la page de titre.

Description de la collection

La collection complète se compose de 24 numéros inégalement répartis en 2 volumes. Le premier volume compte en effet 13 numéros et 208 p., le second 11 numéros et 176 p. La numérotation des feuilles est continue (de 1 à 24, la 24e étant annoncée comme «dernière feuille»), tandis que la pagination est propre à chaque volume. Chaque feuille compte 16 p. in-8°, 120 x 185, non rogné.

Le périodique est «dédié au duc Ferdinand de Brunswic etc.», soit à Charles-Guillaume-Ferdinand de Brunswick-Lunebourg (1735-1806), qui allait succéder à son père en 1780.

Devise en tête des n° 1-13: Labor improbus omnia vincit. Supprimée dès le n° 14, pour complaire à «plusieurs aimables et jolies Femmes» qui ne la comprenaient pas (t. II, p. 1). Aucune illustration.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«Imprimée [sic] à Aix-la-Chapelle», dit simplement la page de titre. Cette adresse ne paraît pas fictive (cf. t. I, p. 15, 143, 153, etc.) et l'abondance des ornements typographiques devrait permettre un jour d'identifier l'imprimeur.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

«Par l'auteur du Livre de la Guerre» annonce la page de titre. Trompeuse élucidation: les bibliographies militaires ne connaissent aucun ouvrage de ce titre, ni d'un titre approchant. Il est certain en revanche que l'unique auteur du périodique est un officier, et même un officier chevronné: il se targue d'avoir fait «15 Campagnes au service de France» (t. II, p. 74). Grand courtisan des princes de Prusse, de Brunswick, d'Orange-Nassau et de Nassau-Weilbourg (t. II, p. 75), il compte aussi parmi les admirateurs de Joseph II (t. I, p. 206).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Entremêlé de vers et de prose, chaque numéro compte six à douze pièces, souvent fort brèves, toujours anonymes. Côté prose, on ne sort guère des réflexions morales et l'on traite successivement de la raison humaine, de la réputation, du mérite, de l'ostentation, de l'amour, de la jeunesse, de la vieillesse, de l'ambition, de l'avarice, de l'éducation d'un prince, des richesses, des enfants illégitimes, de la satire, du théâtre, de la complaisance, de l'âge viril, de l'innocence. A noter un beau texte intitulé «Les Tombeaux» (t. I, p. 177-187) et quelques morceaux de politique et d'histoire, tels le projet de «Fondation d'un peuple sage» (t. II, p. 17-26), l'«Idée de la Hollande, et de sa bonne Discipline Militaire» (t. II, p. 65-74), ainsi que les deux textes intitulés «Ma pensée sur un Projet Politique de Pierre le Grand» et «Idée Générale des Turcs» (t. II, p. 145-157). Dans les pièces de vers, l'unité du ton, léger, badin, galant, spirituel, contraste avec la variété des formes: fables, sonnets, odes, stances, bouts rimés, épigrammes et énigmes alternent avec l'épître, l'élégie, l'idylle, l'églogue, le madrigal, le rondeau, le quatrain.

A relever enfin deux lettres (fictives?), l'une d'une baronne de Liège (t. I, p. 56), l'autre d'un «ami» de Mannheim (t. I, p. 104-108), ainsi qu'une très littéraire «Déclaration d'Amour à Mad.lle de S*** par le Chev.er de B*** à Mastrecht» suivie de la réponse de la demoiselle (t. II, p. 107-108).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

La présente notice a été faite d'après l'exemplaire appartenant à l'auteur.

Bibliographie

Cf. Kirchner 1969, n° 5430.

Titre indexé

SOIRÉES AMUSANTES

Date indexée

1773
1774

LE RÉSIDENT TURC

1192
1753

Titre(s)

Le Résident Turc, ou Lettres d'Hali-Pacha aux Ministres de la Porte Otomane et à ses Amis, depuis l'An 1742, jusqu'en 1749.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

On ne connaît ce périodique que par l'annonce suivante, parue dans le Journal helvétique de février 1753, p. 223-224. «Lausanne. On vient de doner l'Echantillon d'une Feuille périodique, que le Sr. Verney, libraire, fait imprimer ici, et qui paroitra chaque Semaine. Elle est intitulée : Le Résident Turc [etc.]. On promet la continuation de cet Ouvrage, au moins pendant 2. Ans, ce qui formera une Collection de 6. Volumes. Le prix, pour ceux qui souscriront, sera de £. 6. ou 60. bz. Argent de Berne. L'essai que l'on a fait distribuer parait être d'une bonne Plume, et l'on y rend d'une façon assés heureuse le Génie et les Expressions des Orientaux».

A défaut de prospectus, il paraît donc certain qu'il avait paru du moins, au début de 1753, un spécimen du périodique.

Description de la collection

Comme on vient de le voir, la périodicité annoncée était hebdomadaire et le périodique aurait dû former une collection de 6 volumes quadrimestriels. Mais rien ne semble avoir paru en dehors de «l'échantillon» signalé par le Journal helvétique.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«Le Sr. Verney», libraire à Lausanne, se nommait en réalité Pierre Assada et tenait boutique à la rue du Pont dès 17521.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Pierre Assada semble avoir entretenu des contacts assez étroits avec Jean-Henri Maubert de Gouvest, ce «Candide journaliste2» qui trouva refuge à Lausanne en 1753 précisément et qui pourrait bien avoir conçu le projet de ce périodique au goût du jour.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

D'après son titre, Le Résident turc se rattachait au genre lancé par le fameux Espion turc de G.P. Marana et illustré par les Lettres persanes de Montesquieu3.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Malgré une recherche approfondie, aucun exemplaire du Résident turc n'a pu être localisé dans les bibliothèques suisses.

Notes

1. Réfugié et bourgeois de Prilly, Pierre Assada alias Verney devait décéder à l'âge de 59 ans, le 25 janvier 1770. Il avait épousé Marie Chevallier. (Je dois tous ces renseignements à l'érudition de Silvio Corsini, de la B.C.U. de Lausanne, que je remercie ici très vivement).

2. Selon le mot de Jérôme Vercruysse, auquel on doit plusieurs travaux sur Maubert de Gouvest, ainsi que le précieux article de D.P. 2.

3. Voir G.L. Van Roosbroeck, Persian Letters before Montesquieu, New York, Institute of French Studies, 1932.

Titre indexé

RÉSIDENT TURC

Date indexée

1753

RECUEIL DE MÉMOIRES CONCERNANT L'ÉCONOMIE RURALE *

1169
1760
1761

Titre(s)

Recueil de memoires concernants l'œconomie rurale par une Societé etablie à Berne en Suisse. Le t. II/4 porte concernant.

Continué par les Mémoires et observations recueillies par la Société œconomique de Berne (1762-1773).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Le périodique a paru simultanément en deux versions, l'une française (seule étudiée ici), l'autre allemande, intitulée Der Schweitzerischen Gesellschaft in Bern Sammlungen von Landwirthschaftlichen Dingen1.1760-1761. 8 volumes in-8°. Périodicité trimestrielle. Les 4 premiers volumes sont datés de 1760, les 4 derniers de 17612.

Description de la collection

Le Recueil ne compte en fait que deux tomes: t. I, de 940 p. pour 1760 et t. II, de 964 p., pour 1761. Mais chaque tome est divisé en 4 «parties», pourvues chacune de leur page de titre et pouvant donc être reliées séparément en 4 vol. malgré la pagination continue. 140 x 215 non rogné.

Illustrations: une planche h.-t. dépl. au t. I/1, une planche h.-t. au t. I/4, une planche h.-t. dépl. (en allemand) au t. II/1, quatre planches h.-t. dépl. au t. II/2 et une planche h.-t. dépl. au t. II/3.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

L'adresse des trois premières parties du t. I: «Zuric[h] / Chez Heidegguer et Compagnie» est complétée aux t. I/4, II/1 et II/2 par la mention «Et se vend à Paris, / Chez Humblot, Libraire, rue Saint-Jacques, / vis-à-vis l'Eglise des Jésuites» et aux t. II/3 et II/4 par celle-ci: «Et se vend à Paris, / Chez Brocas et Humblot, Libraires, rue / Saint-Jacques au chef Saint-Jean». Prix de l'abonnement annuel: 30 batz argent de Berne.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Le Recueil est publié par la Société économique de Berne3, sous la direction de son secrétaire pour la langue française, le pasteur de l'Eglise française de Berne Elie Bertrand4, qui a rédigé sans doute l'Avertissement du 22 janvier 1760, publié en tête du t. I/1. La plupart des contributions sont signées d'initiales ou de noms en clair.

Dans l'ordre alphabétique, les principaux auteurs sont: Elie Bertrand; son frère Jean Bertrand, pasteur à Orbe; Samuel Engel (S.E.); Giauque, «laboureur de Prêle (montagne de Diesse)»; Théophile-Sigismond Grouner [Gottlieb Sigmund Gruner]; le marquis de Mirabeau; André Naville; Johann Jakob Ott (J.J.O.); [Abraham] Pagan, chancelier de Nidau; Seigneux de Correvon; Albert [Albrecht] Stapfer; Sturler de Cottens; Niklaus Emanuel Tscharner (N.T.); Johann Rudolf Tschiffeli; le marquis de Turbilly.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le Recueil contient 56 mémoires agronomiques distingués par la Société ou composés par l'un de ses membres. Il est complété régulièrement à partir du t. I/2 par les «Tables météorologiques de Berne». On y trouve également la liste des membres de la Société (t. II/1, p. 3-10 et t. II/2, p. 469-470).

Table des mémoires en fin de volume (sauf au t. I/1 où elle est en tête). Tables alphabétiques générales par matières et par noms d'auteurs, intégrées à celles des trois premières années des Mémoires et observations (voir à ce titre).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Localisations: B.N.S. Berne, Q 2490; B.P.U. Genève, Oc 31; B.C.U. Lausanne, B 340; B.N., S 19692-19699; Inst., 8° AA 750; Museum, Pr. 4302; B.N.U. Strasbourg, G. 117306; B.P. Vevey, B 21.

Bibliographie

Haller G.E. von, Bibliothek der Schweizer-Geschichte, Bern, 1785, t. I, p. 323-332, n° 1068. – Lang C.L., Die Zeitschriften der deutschen Schweiz bis zum Ausgang des 18. Jahrhunderts (1694-1798), Leipzig, 1939, p. 62-64, n° 30-31. – Blaser F., Bibliographie der Schweizer Presse, Basel, 1958, t. II, p. 818 et 870. – Candaux J.-D., «Les gazettes helvétiques», dans Couperus, p. 166-167.

Notes

1. C'est à tort que Fritz Blaser donne la version française pour une traduction de l'allemande. Il suffit de parcourir la liste des auteurs pour s'apercevoir que la plupart des mémoires publiés ici ont été écrits en français. La mention «Traduit de l'Allemand» n'apparaît d'ailleurs que rarement (voir t. I/1, p. 53 ; t. I/3, p. 642 ; t. III/1, p. 11).

2. Les troisième et quatrième parties du t. II ont dû paraître en même temps au début de 1762, car la troisième partie contient les tables météorologiques pour les mois de juillet à décembre 1761 et sa table est imprimée au tome suivant, avec celle de la quatrième partie.

3. Emil Erne, Die Schweizerischen Sozietäten, Lexikalische Darstellung der Reformgesellschaften des 18. Jahrhunderts in der Schweiz,Zürich, Chronos, 1988, p. 188-204, fait le point sur la Société économique de Berne et donne une excellente bibliographie analytique des travaux qui lui ont été consacrés. Le plus important reste celui de Conrad Bäschlin, Die Blütezeit der Ökonomischen Gesellschaft in Bern, 1759-1766, Laupen, 1917 (t. I seul paru).

4. Sur lequel on peut consulter Hans Rudolf Rytz, Geistliche des alten Bern zwischen Merkantilismus und Physiokratie, Basel-Stuttgart, Helbing et Lichtenhahn, 1971, p. 30-57 ; et plus récemment Marc Weidmann, «Un pasteur-naturaliste du XVIIIe siècle, Elie Bertrand (1713-1797)», Revue historique vaudoise, 1986, t. 94, p. 63-108.

Titre indexé

RECUEIL DE MÉMOIRES CONCERNANT L'ÉCONOMIE RURALE *

Date indexée

1760
1761

RECHERCHES NOUVELLES ET CURIEUSES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

1158
1731

Titre(s)

Recherches nouvelles et curieuses d'histoire et de litterature.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Avril-novembre 1731. 3 volumes. Permission accordée au libraire Assiotti par le Petit Conseil de Genève, en date du 28 février 17311.Prospectus soit «projet» mentionné dans la Préface (t. I, p. VII-VIII), mais non retrouvé. Périodicité mensuelle, apparemment respectée2. Chaque livraison porte la date d'un mois.

Description de la collection

La collection se compose de deux tomes complets et d'un troisième resté inachevé, à savoir: un premier tome dépourvu de toute indication de tomaison, contenant les livraisons d'avril, mai et juin 1731 et comptant XIV-296 p., avec 2 f. de table; un «tome second», de 308 p., pour les livraisons de juillet, août et septembre 1731; un «tome troisième», réduit aux deux numéros d'octobre et novembre 1731, comptant 193-[1] p. avec 1 f. de table. Exception faite du tout premier, les f. de titre des livraisons ne sont pas comptés dans la pagination. Le format est in-12, chaque numéro mensuel comportant quatre cahiers de 24 p., et parfois un cinquième cahier de 8 ou 12 p. 90-105 x 150-170.

Epigraphe, sur toutes les pages de titre: Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci. Horat. de Arte Poët.

Les deux devises Post tenebras lux et Sub umbra alarum tuarum entourant les armoiries de Genève apparaissent dans une vignette ornant la première page de titre de chaque tome. Aucune autre illustration, sinon une vignette armoriée au-dessus de la dédicace d'Assiotti au «comte de Cossell3».

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

L'adresse «A Geneve, Chez Assiotti et Compagnie.» est celle du libraire éditeur4. L'ouvrage a sans doute été imprimé à Genève, mais seule une étude minutieuse du matériel et des ornements typographiques pourrait permettre d'identifier l'imprimeur.

On ne possède aucun renseignement sur le prix du numéro ni sur le chiffre du tirage.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Il est désormais hors de doute que l'auteur unique de ce «petit ouvrage de mélanges littéraires» est Michel GUIRAN5, natif d'Aix-en-Provence, bachelier de Sorbonne, chanoine d'Albi puis aumônier de l'archevêque de Toulouse, reçu prosélyte à Genève en 1730, expulsé pour vol en 17346. Il était dans la septantième année de son âge quand il fonda ce périodique.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«Il y aura dans chaque Volume des Articles de Critique, d'Anecdotes, d'Histoire, de Personalités, de Gens de Lettres, de Poësie, etc.», déclare la Préface (t. I, p. X). En fait, le périodique est presque entièrement axé sur l'histoire littéraire, politique et religieuse. Des pages sont consacrées notamment à la ville de Leptis-magna (Lebida, en Tripolitaine), aux vertus guerrières des évêques de Strasbourg, au siège d'Ancône en 1172 (d'après Muratori), à Marie de Montpellier, reine d'Aragon, à Raymond Berenger, comte de Provence, au pape Benoît XII, au capitaine Arnaud de Cervola, au festin donné en mai 1488 par le maréchal Trivulce, aux courtisanes savantes (Louise Labé, Ninon de L'Enclos), au poète Jean Passerat, au «Sr. Ragot, promoteur d'Aleth», aux démêlés de Louis II Fouquet, évêque d'Agde, avec les Capucins, à François Lupazoli, consul de Venise à Smyrne, mort à 118 ans, au maréchal de Tourville, au cardinal de Jansson, à Charles Patin et à son factum de 1686, à Daniel de Cosnac, évêque de Valence puis archevêque d'Aix (d'après Choisy), à la fausse relique d'Albi, etc. L'ensemble est complété par des bons mots, des anecdotes littéraires, des fables allégoriques, des imitations d'Horace et des poèmes de circonstance, datant pour la plupart du siècle précédent: vers composés à l'occasion du siège de Candie (1667), vers sur l'abbé Cotin, sur les mœurs du temps (1687), dialogue en vers sur le général des jésuites (1693), etc. Seule la publication de quelques morceaux inspirés par le procès Girard-Cadière fait référence à l'actualité. L'auteur cite ses sources à plusieurs reprises (notamment t. I, p. 106 et t. II, p. 119, 128, 168, 269, 291). Il a de l'estime pour Bayle, qu'il ne craint pas cependant de critiquer (t. II, p. 61 et 181). Il attaque volontiers les religieux, tels les pères Daniel et Lobineau (t. I, p. 167 et 231).

Table des articles à la fin de chaque livraison (mais celle d'avril a paru avec celle de mai, et celle de juillet manque).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaires localisés: B.P.U. Genève, Gk 78 (avril-oct.7); Société de Lecture, Genève, Rc 85 (avril-août, nov.); Saint-Gall, Vadiana, Mise. G 366/12 (juin); Z.B. Zurich, AL 6593 (avril-sept.).

Bibliographie

Annoncé dans les Nouvelles de divers endroits (Gazette de Berne) des 9 et 12 mai 1731. – Candaux J.D., «Les gazettes helvétiques», dans Couperus, p. 165-166.

Notes

1. Archives d'Etat, Genève, Registres du Conseil, vol. 230, p. 93.

2. Non sans prendre un peu de retard cependant, puisqu'un Avis, inséré à la fin de la livraison d'avril, déclarait (t. I, p. 104) : «On donnera la suite au commencement de chaque Mois», et qu'un autre avis, imprimé au bas de la table du numéro de novembre (t. III, p. [194]), annonce qu'«On donnera le Mois de Décembre à la fin du mois».

3. Friedrich August Graf von Cosel (Cossel, Cossell) (1712-1770), fils de la comtesse Anna Constanze von Cosel, maîtresse en titre de l'électeur de Saxe et roi de Pologne Auguste le Fort (Allgemeine Deutsche Biographie, IV, 512).

4. Sur Assiotti, voir John R. Kleinschmidt, Les Imprimeurs et libraires de la République de Genève, 1700-1798, Genève, 1948, p. 57-58.

5. La mauvaise lecture d'une note manuscrite ayant fait croire à Ant.-Alex. Barbier (3e éd., Paris, 1879, t. IV, p. 24-25) que l'auteur était «un Provençal nommé l'abbé del Pairan», les Recherches nouvelles et curieuses figurent sous ce nom dans plusieurs catalogues. A noter même que dans le Catalogue de la Bibliothèque publique de Genève, Genève, 1877, t. II, p. 1253, l'abbé del Pairan est devenu l'abbé de Paira !

6. Voir sur ce curieux personnage la notice fondatrice de Françoise Weil dans D.P. 2.

7. Exemplaire fourni par le libraire Assiotti en date du 10 mars 1733 (B.P.U. Genève, Archives Dd4, p. 110).

Titre indexé

RECHERCHES NOUVELLES ET CURIEUSES D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE

Date indexée

1731

QUINZAINE POLITIQUE DE GENÈVE

1154
1778

Historique

Destiné à remplacer la réimpression genevoise du Courrier de l'Europe dès le début de 1778, ce bimensuel aurait dû offrir au lecteur un «tableau périodique» des nouvelles d'Amérique «parvenues à leur point de maturité» et «en général de toutes celles que présente le système politique de l'Europe». Combinée avec le Choix économique et moral des frères Téron, la Quinzaine politique de Genève aurait dû former le Journal économique et politique de Genève, mais la publication fut interdite par les autorités genevoises avant d'avoir débuté (voir l'article Journal économique et politique de Genève).

Titre indexé

QUINZAINE POLITIQUE DE GENÈVE

Date indexée

1778

LE POSTILLON DE LA LIBERTÉ

1132
1780

Titre(s)

Le Postillon de la liberté, ou le Courier americain.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Le seul numéro paru (n° 1) ne porte aucune date en tête, mais aux p. 5, 7 et 9, on relève les dates du «6 Mars», du «18 Mars» et du «8 Mars 1780». L'information pénale ouverte contre ce «libelle» par la Justice de Genève (Archives d'Etat, Genève, Procès criminels, 1re série, n° 13486) indique d'autre part que Le Postillon de la liberté parut le vendredi 24 mars 1780.

Description de la collection

15 p. in-8°, 110 x 180. Epigraphe: «A chacun le sien, c'est justice. Du catolicon d'Espagne». Aucune illustration.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Le Postillon de la liberté ne comporte aucune adresse non plus et, malgré des perquisitions approfondies chez tous les imprimeurs, libraires et colporteurs de Genève, l'auditeur [Guillaume] Cayla, chargé de l'information, n'est pas parvenu à la découvrir. Si les ornements typographiques de cette époque étaient mieux connus, le bandeau imprimé en tête de la première page pourrait faciliter sans doute l'identification de l'imprimeur.

Aucune indication sur le prix du numéro ni sur le chiffre du tirage.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

L'auteur du Postillon de la liberté n'a pas été découvert et son anonymat reste donc à dévoiler.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

En parodiant le style et la présentation d'une gazette de l'époque, où vers et prose s'entremêlent, l'auteur du Postillon de la liberté se livre à une satire des derniers événements de l'actualité genevoise, et notamment des avatars de la trop célèbre affaire Rilliet-Planta (voir Henri Béraldi, En marge du pyrénéisme, notes d'un bibliophile; l'affaire Rilliet-Planta, Paris, 1931, 160 p., in-8°). L'un des exemplaires conservés comporte d'ailleurs des annotations manuscrites contemporaines qui donnent la clef des allusions et le vrai nom des personnes en cause: Théodore Rilliet, Rigaud avocat, Saladin, Clavière, Vieusseux, Flournois, etc.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.P.U. Genève, Gf 315/25 (39); Gf 315/52 (1); Gf 315/127 (6) (avec annotations manuscrites); Gf 567/46 (3); Gf 567/197 (32). On trouve d'autres exemplaires encore dans la bibliothèque des Archives d'Etat de Genève et dans les collections de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève.

Bibliographie

Haller G.E. von, Bibliothek der Schweizer-Geschichte, Bern, 1787, t. VI, p. 226, sous le n° 1066. – Rivoire E., Bibliographie historique de Genève au XVIIIe siècle, Genève [etc.], 1897, t. I, p. 298, n° 1892.

Titre indexé

POSTILLON DE LA LIBERTÉ

Date indexée

1780

LE PETIT-MAÎTRE PHILOSOPHE

1114
1750

Titre(s)

Le Petit-Maître philosophe, ou Avantures philosophi-badines de Soalhat, chevalier de Mainvillers. Avec ses Etudes, ses Voyages pour perfectionner ses connaissances et son Système sur toutes choses. Ouvrage périodique.

 

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Le premier numéro, seul paru, porte la date de 1750 au bas de sa page de titre et il a dû sortir de presse le jeudi 29 janvier 1750, vraisemblablement. La publication ne bénéficiait d'aucun privilège et aucun prospectus, apparemment, ne l'avait annoncée.

La périodicité devait en être hebdomadaire: «La Suite de cet Ouvrage paroitra tous les Jeudis», lit-on à la fin du premier numéro. Or le mardi 3 février 1750, le Petit Conseil de Genève prenait la délibération suivante1 : «Sur le raport qui a eté fait qu'une personne qui s'apelle le chevalier de Mainvilliers est dans la Ville, hante le Caffé et y débite des maximes très pernicieuses, et donne une feuille à imprimer toutes les semaines au sr Gosse pr laquelle il s'est procuré plusieurs souscriptions, arrêté de lui ordonner de se retirer». Cette décision mit évidemment fin à la publication du périodique.

Description de la collection

Le seul numéro paru est imprimé en un cahier de 16 p. in-8°, 90 x 155. Ni devise, ni illustration.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Adresse mentionnée et réelle: «A Geneve, chez Henri-Albert Gosse, et Comp.2 ». Le prix de l'abonnement n'est pas connu, non plus que le chiffre du tirage.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Le fondateur et unique auteur du périodique est donc l'aventurier, publiciste et poète Genu Soalhat, chevalier de MAINVILLERS, âgé pour lors de 35 ans environ3.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le seul numéro paru est ainsi distribué: p. [1], titre; p. [3]-6, «Lettre de l'Auteur au Libraire»; p. [7]-16, «Le je ne sçai quoi de la mort. A la trez-respectable ombre, d'un oncle de cent et un an». Tout le numéro est un badinage sur la vie, la mort et l'au-delà. Chose curieuse, ces pages n'ont pas été reprises dans Le Petit-Maître philosophe: ou voyage et avantures de Genu Soalhat, chevalier de Mainvillers, dans les principales cours de l'Europe, ouvrage non périodique du même auteur, qui parut en 3 volumes en 1751 et qui fut réimprimé en 17524.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Seul exemplaire localisé: B.P.U. Genève, Gf 3460/19 Rés.

Bibliographie

Ce périodique est resté inconnu jusqu'à sa découverte récente par Françoise Weil.

Notes

1. Archives d'Etat, Genève, RC 250, p. 54.

2. Sur cet imprimeur-libraire, voir John R. Kleinschmidt, Les Imprimeurs et libraires de la République de Genève, 1700-1798, Genève, A. Jullien, 1948, p. 127-131.

3. Voir la belle notice de Françoise Weil dans D.P. 2.

4. Voir Angus Martin, Vivienne G. Mylne, Richard Frautschi, Bibliographie du genre romanesque français, 1751-1800,London, Mansell ; Paris, France Expansion, 1977, n° 51.36.

Titre indexé

PETIT-MAÎTRE PHILOSOPHE

Date indexée

1750