RECUEIL POUR L'ESPRIT ET POUR LE CŒUR

1180
1764
1772

Titre(s)

Recueil pour l'Esprit et pour le Cœur.

Devient en 1766: Nouveau Recueil pour l'Esprit et le Cœur.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Deux volumes publiés en 1764 et 1765, puis onze de 1766 à 1772. Le projet de souscription, publié en tête du premier volume, est daté du 29 octobre 1763 et annonce la publication du journal pour janvier 1764: «Il paraîtra régulièrement toutes les semaines une feuille de ce recueil». Il était sans doute prévu de publier chaque année 4 parties, composées de 13 livraisons hebdomadaires, soit 52 livraisons par an. En fait, il n'a paru en 1764 que 3 parties, de 13 ou 14 livraisons; un avis à la fin de la 1re partie du t. II ouvre la souscription pour la 4e partie (jusqu'au 20 septembre).Datation des volumes: 1764, t. 1 et t. 2, I; 1765, t. 2, II; 1766, t. 1 et 2; 1767, t. 3 et 4; 1768, t. 5 et 6; 1769, t. 7; 1770, t. 8 et 9; 1771, t. 10; 1772, t. 11. 

Description de la collection

Le t. 1 comprend 2 parties de 192 et 208 p. (1764); le t. 2 comprend 2 parties de 204 p., l'une de 1764 et l'autre de 1765. La 1re partie comporte en outre le projet de souscription et une préface (24 p. non pag.). Les onze tomes suivants comptent de 384 à 416 p. Chaque cahier de 16 p. in-8°, 95 x 160, correspond à une livraison.Devise: Ego apis matinae more modoque. Horat. Page de titre avec encadrement de rocaille et titre dessiné en scriptes, comme pour le Nouveau Recueil.   

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Zelle [Celle], chez George Conrad Gsellius, Libraire du Roi» (1764-1765), puis chez «J.J. Schultze, Imprimeur de la Cour» (1766-1772).La liste des souscripteurs, publiée en tête du premier volume, comporte 88 noms, dont la reine de Grande-Bretagne, 66 membres de la noblesse de robe (armée, administration et justice) et de la noblesse de cour de l'électorat de Hanovre (entre autres les maisons ducales de Mecklenbourg-Strelitz et de Brunswick-Lunebourg), 21 magistrats roturiers, avocats et négociants. 

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jacques Emmanuel ROQUES DE MAUMONT.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

La préface annonce «le plus joli des recueils», sur le modèle du Choix littéraire de J. Vernes (1755-1760): «Parmi le grand nombre des brochures qu'on publie tous les jours, il y en a de fort estimables qui disparoissent et se perdent, comme on l'a souvent remarqué, pour n'être pas assez volumineuses». Le recueil sera donc composé de rééditions d’œuvres anglaises et de publications régionales allemandes, sans indication de sources: odes, fables, contes (surtout orientaux), réflexions morales sur la lecture, la mort, le vrai bien, l'ennui, la vieillesse, l'éducation, etc. On y trouve entre autres des extraits du «voyage sentimental» de Sterne (t. 9), une satire de Butler, L'Eléphant dans la lune (t. 6), des extraits du Messie de Klopstock, deux pièces de Voltaire («A l'Impératrice de Russie, t. 1, et «Epître à Boileau, ou mon testament», t. 10). La revue offre également de temps à autre «les nouvelles littéraires les plus importantes», en fait quelques rares annonces et comptes rendus. Sont exclus les articles trop spécialisés, «qui exigent de la part du lecteur des connoissances fort rares, ou dont bien peu de gens sont susceptibles» (projet de souscription, t. I), ainsi que les satires personnelles.

Sommaire en tête de chaque partie.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 8° BL 84792 1-2; Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel, Lm 4256 pour les t. 1-2; Niedersächsische Landes-bibliothek, Hanovre, P-A 1266 pour les t. 3-11.

Historique

Bien que le fondateur du Recueil ait signé la préface du premier tome de 1766 du seul nom de «Roques», on peut l'identifier comme étant le pasteur huguenot Jacques Emmanuel Roques de Maumont (voir D.P. 2). Le Recueil, conçu à l'origine comme l'organe des «sociétés civiles et religieuses» huguenotes, fut entièrement pris en charge par Roques. Le journal fut suspendu en 1765. Les vives attaques de Roques, en tête du tome de 1766, contre «des gens ridiculement sévères, qui imaginent qu'un ecclésiastique ne doit publier que des sermons ou des traités de théologie», laissent entendre qu'il fut contesté par sa communauté religieuse.Le Recueil se compose pour une part d'articles écrits par Roques, et pour le reste, comme il le remarque dans la préface du tome de 1766, d'articles empruntés. Roques est peut-être l'auteur des articles de philosophie morale. Il est assurément celui de la «Lettre à Monsieur le Baron de Bulow» sur une représentation de Zaïde donnée à Celle (t. 1, p. 145-152), lettre signée «R». Quelques articles portent l'indication de leur source: le «Mémoire concernant la famille des Fleuriot» est du comte de Tressan (cf. note, t. 1, p. 65); le texte intitulé «Les solitudes du baron de Cronegk. Chant I» est donné à «Mr. d'Yverdun» [Georges Deyverdun?]. De nombreux textes témoignent du lien que Roques tenait à garder avec la Suisse et avec le Hanovre: pièces tirées des actes d'une société littéraire de Suisse (t. 8, p. 257), idylle publiée par un conseiller de la cour de Hanovre (t. 7, p. 379). On note d'autre part un vif intérêt pour les questions de droit et de justice, et un éloge des membres de la cour d'appel de Celle (t. 7, p. 385).Le Recueil reflète assez nettement des préoccupations calvinistes. Les vertus fondamentales y sont opposées aux mœurs contemporaines, entre autres à propos de projets éducatifs (t. 3, p. 385), ou des formes de la pratique religieuse («Réflexions sur le luxe dans les funérailles», t. 1 de 1766, p. 257). La question de l'incrédulité est souvent abordée, pour conclure à une critique de la philosophie des Lumières (t. 2, p. 369; t. 3, p. 1). Voltaire est très vivement pris à partie à propos d'une pièce intitulée Repentir ou confession publique de Monsieur de Voltaire (t. 11, p. 33). L'exercice de l'autorité souveraine, sous le contrôle de la religion, y est constamment défendu (cf. en particulier le Dialogue entre le Prince de *** et son confident, t. 7, p. 289, ou Le Roi patriote, t. 1 de 1764, p. 49). Mais on trouve, à côté de l'éloge du roi de Prusse, favorable aux protestants, une glorification de la politique culturelle de Louis XIV (t. 2, p. 323), et une défense de la politique commerciale de l'Angleterre, en vue d'un équilibre économique de l'Europe (t. 8, p. 281). La partie littéraire de la revue est moins fournie et porte surtout sur la littérature du XVIIe siècle; mais un article sur la Bibliothèque des dames (t. 3, p. 65) est l'occasion pour l'auteur de présenter une liste des ouvrages français à conseiller à ses lecteurs.

Auteur

Titre indexé

RECUEIL POUR L'ESPRIT ET POUR LE CŒUR

Date indexée

1764
1765
1766
1767
1768
1769
1770
1771
1772

JOURNAL DE KIRN

0649
1785

Titre(s)

Journal de Kirn, dédié à Son Altesse Sérénissime Mgr. le Prince Régnant de Salm-Kirbourg. Titre de départ: «Journal de Kirn, ou Mélanges allemands, français et italiens».

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Livraison unique, septembre 1785. Date du prospectus: août 1785. Périodicité mensuelle.

Description de la collection

Un volume de 228 p., cahiers de 16 p., 123 x 185, in-8°. Page de titre gravée avec buste du Prince régnant; page de dédicace; gravure en frontispice représentant le duc Léopold de Brunswick lors de l'épisode du débordement de l'Oder: «Le cri de la nature et m'appelle et me nomme; / Comme vous, à sa voix, un Prince n'est qu'un homme».

Une partition de «couplets», p. 26.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Adresse mentionnée: A Kirn. Adresse à Paris: «rue St. Martin, chez Sr. Lettré de Saint-Jore» (copropriétaire du journal). Libraire associé: Regnault, Paris, rue Saint-Jacques. Nombre des abonnés (août-nov. 1785): 12 (une lettre d'abonné – docteur en médecine à Montpellier – p. 219). Tirage: 600.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Fondateurs: Jean-Pierre Antoine, comte de Béhague, Sr Lettre de Saint-Jore, Mr Garden.

Les pièces diverses sont signées de Lagrange, Bérenger, Alix, le Méteyer, Faure, Boisjolin, Notaris, d'Arnaud, pour la plupart jeunes poètes parisiens; les extraits sont signés d'initiales (S..., le comte de B... [Behague]).

Collaborateurs: l'abbé de Favre; M. Faure (du Havre).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu: «Poésies fugitives et pièces diverses» (p. 1); contes et nouvelles, extraits, spectacles de Paris, articles consacrés aux sciences naturelles.

Centres d'intérêt: quelques traductions de contes allemands, une réédition partielle de la lettre de Frédéric II: «De la littérature allemande...» (p. 71-99).

Table des matières en fin de volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaires étudiés: coll. J.D. Candaux; B.N., Z 51164; Ars., Jo 20532.

Bibliographie

Mention dans la presse du temps: Journal de la librairie, 19 nov. 1785. – Emig J., Frédéric III de Salm-Kirbourg (1745-1794), chapitre consacré au Journal de Kirn, thèse allemande à paraître.

Historique

Dédié au prince Frédéric III de Salm-Kirbourg (1745-1794), qui tenait résidence à Paris, le Journal de Kirn a fait partie d'un projet plus vaste conçu par les fondateurs en septembre 1785 et qui avait pour but l'établissement d'une imprimerie et d'une papeterie à Kirn, chef-lieu de la principauté de Salm-Kirbourg en Allemagne, au moyen des privilèges et concessions accordés par le prince Frédéric. A l'origine étaient prévues deux éditions du journal, en langue française et allemande, toutes les deux imprimées à Kirn. De fait seul le journal français parut. Commanditée à Paris, rédigée par des auteurs parisiens, la publication ne dut sans doute rien à cette minuscule principauté. En tête de volume se trouve l'Eloge du prince Léopold de Brunswick (mort en 1785) par l'abbé de Favre, membre de la Société littéraire du Musée de Paris. L'Eloge, prononcé le 14 juillet 1785 à la société du Musée, est accompagné de la correspondance entre Favre, Frédéric II (lettre de remerciement datée du 12 août) et Henri de Prusse (lettre de remerciement du 12 août). Il est permis de supposer que le Prince de Salm, «protecteur des Sciences et des Lettres» et mécène du Journal, fait ainsi sa cour au Roi de Prusse. L'abbé de Favre ne fait qu'un, semble-t-il, avec l'auteur de Daphnis et Chloé, conte allégorique (1777) et des Quatre heures de la toilette des dames (1779), qu'il signe «M. de Favre, de la société littéraire de Metz»; le Journal de Kirn donne une large place aux poésies anacréontiques et aux contes allégoriques. L'intérêt de cette publication, intérêt d'ailleurs limité, vient de ce qu'elle s'efforce de faire connaître la littérature allemande; mais la rédaction accueille aussi bien des traductions de l'italien, des pièces diverses et des extraits rédigés par les auteurs eux-mêmes. Quoique très bien présenté et imprimé, le Journal de Kirn n'a eu aucun succès. Par suite du nombre insuffisant des abonnés et des exemplaires vendus (18), mais aussi en raison des problèmes d'administration, l'entreprise du journal a dû cesser à la fin de l'année 1785 sans l'apparition d'un deuxième volume (annoncé p. 99).

Titre indexé

JOURNAL DE KIRN

Date indexée

1785