LE SPECTATEUR MODERNE

1224
1753

Titre(s)

Le Spectateur moderne.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Une brochure publiée en 1753 (peut-être février: approbation de Caperonnier, du 26 janvier 1753). Il ne parut, semble-t-il, qu'une livraison. 

Description de la collection

24 p. in-12 (texte: p. 3-22; approbation p. 23).   

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

[Paris]. Seule la date MDCCLIII figure sur la page de titre.     

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Aucun contenu annoncé dans la feuille parue en 1753. Une mère consulte le Spectateur, «son oracle». Son fils aîné a «consommé» avec des femmes «un patrimoine honnête», sans faire «d'actions basses». Doit-elle le faire emprisonner? S'en désintéresser totalement? Le déshériter? Le «ramener par la voie de la douceur»? Le Spectateur, qui s'est habilement lié avec le jeune homme, se propose de «l'admettre auprès de lui». Deux idées centrales: 1) l'idée que l'on se fait dans cette feuille de la profondeur psychologique (se rendre familier de l'être qu'on veut observer en devenant un «prothée»; «découvrir si ses défauts viennent du cœur ou de l'esprit; distinguer ce qui revient aux femmes aimées, ce qui continue de revenir à la mère; 2) la solution choisie par le Spectateur,«triomphe de la Religion, de la raison et de l'humanité sur le préjugé».         

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Rp2 655.                 

Auteur

Titre indexé

SPECTATEUR MODERNE

Date indexée

1753

LE SPECTATEUR LITTÉRAIRE 2

1223
1746

Titre(s)

Le Spectateur littéraire ou Réflexions désintéressées sur quelques ouvrages nouveaux adressés à M. le Président de *** En Province. Tome premier.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1 volume paru avant le 1er juin 1746. «On donnera une feuille régulièrement tous les mardis» (p. 76).

Une seule livraison.

Description de la collection

Essentiellement 7 lettres, de longueur très inégale. Les trois premières, p. 3-36, sont numérotées.

76 p. par volume, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Sans lieu [Paris] [Gissey].

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

François-Zacharie Pourroy de l'Auberivière de QUINSONAS, fondateur et principal auteur.

Collaborateur : Jean-Louis Favier.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«On n'a donné les Extraits dans ces premières lettres que des écrits nouveaux, les mois récents, et dont M. l'Abbé Desfontaines, ou l'auteur des Lettres de la Comtesse de *** n'avaient pas parlé. Dans les suivantes, si celles-ci sont bien reçues du public, on rendra compte de plusieurs ouvrages qui viennent de paraître, en tous genres, et surtout des pièces nouvelles qui occupent à présent les Théâtres» (Avis, p. 2).

Critique littéraire : idées sur les courants littéraires de l'époque et sur la critique ; roman et merveilleux, dans les «inconvénients» duquel «le premier et le plus fameux de nos romanciers (du moins dans le genre sérieux)» serait «tombé».

Principal auteur étudié : La Morlière, Angola (p. 49-69).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 48748.

Historique

Feuille de composition très éclectique, dans la tradition de Desfontaines et de Fréron. La première lettre précise l'objet du «Spectateur» en indiquant qu'il veut faire une «critique juste». Trois lettres sur des romans (Lycoris ou la courtisane grecque ; Histoire des trois fils d'Hali Sassa et des trois filles de Sirocco ; Angola, histoire indienne). Une sur Alzaïde, tragédie de Linant. Une autre présente un Essai de la rhétorique française à l'usage des jeunes. Une autre encore, attribuée à un «avocat de Rouen», est consacrée à «feu l'abbé Desfontaines». Pour finir, des «Vers à Frédéric le Grand, roi de Prusse».

On apprend, page 70, que cette feuille est l'«ouvrage d'un homme de condition, que de longs voyages et le service de la mer n'ont pu détourner de l'étude des Belles-Lettres», et que celui-ci «est dans un âge qui donne encore plus de grandes espérances pour l'avenir». Il s'agissait de Quinsonas, chevalier de Malte, alors âgé d'un peu moins de vingt-sept ans, qui a probablement eu comme collaborateur Jean-Louis Favier. Contenant un article sur l'Histoire des trois fils d'Hali Sassa publiée à Leyde en 1746, elle a probablement été rédigée au début du printemps de cette année. La permission ayant été refusée, elle fut néanmoins imprimée sans privilège ni permission tacite et mise en vente par Gissey (voir D.P. 2).

Page 69, l'auteur indiquait qu'il entendait parler du «Théâtre anglais de M. de la Place» et «d'un excellent ouvrage moral, philosophique et littéraire intitulé <La Connaissance de l'esprit humain >» (Essai sur l'origine des connaissances humaines de Condillac). Mais la publication n'eut pas de suite, malgré les termes ambigus d'une lettre de Voltaire à Vauvenargues (c. 1er juin 1746 ; Best. D3408) : «Nos amis [...] peuvent continuer leurs feuilles. M. de Boze fermera les yeux, mais il faut les fermer avec lui et ignorer qu'il veut ignorer cette contrebande de journal. Le chevalier de Quinsonas a abandonné son Spectateur. Il ne s'agit plus, pour les observateurs, que de trouver un libraire accommodant et honnête homme, ce qui est plus difficile que de faire un bon journal».

L'exemplaire de la B.N. comporte une très vive Réponse au soi-disant Spectateur littéraire au sujet de son avis désintéressé sur Angola, brochure de 36 p.

Auteur

Titre indexé

SPECTATEUR LITTÉRAIRE 2

Date indexée

1746

LE SPECTATEUR FRANÇAIS 1

1217
1721
1724

Titre(s)

Le Spectateur français. Continué par L'Indigent philosophe.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

juin 1721 – septembre 1724. Un volume. Date du privilège: 29 janvier 1722 («Permis d'imprimer» du jeudi 29 mai 1721, enregistré le 25 juin).

Périodicité annoncée: hebdomadaire (Le Libraire au lecteur, 1re feuille), puis bimensuelle (Le Libraire au lecteur, 2e feuille).

Description de la collection

12 feuilles en 1722, 10 en 1723, 3 en 1724. D'après la Bibliothèque française, 1723, t. II, p. 80-87, Antoine Gandouin offrait au printemps de 1723 une collection complète des douze feuilles «Année 1722». 25 feuilles dans la collection complète mise en vente par Pierre Prault en 1727. Différents tirages, où les feuilles comportent le plus souvent 16 p., mais parfois 14, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, Guillaume Cavelier, au Palais à l'Ecu de France. Libraires associés: Guillaume Cavelier fils, rue Saint-Jacques à la Fleur de Lys d'or. A partir de la 4e feuille; François Le Breton, à l'Aigle d'or, près la rue Guenegaud, et Noel Pissot, à la Croix d'or, quai des Augustins. Il est à peu près certain que les mêmes libraires ont continué d'éditer toutes les feuilles suivantes, mais la page de titre de la 25e feuille ne comporte que le nom d'un des deux: G. Cavelier, «au Palais, et rue Saint-Jacques» (Cavelier fils).

Il y eut au moins une autre série d'édition: 1) au printemps de 1723, Antoine Gandouin, quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, au nom de Jésus, publia une collection des douze premières feuilles, et ensuite les feuilles 13 à 16. La veuve Guillaume, même adresse, même enseigne, lui succéda pour les feuilles 17 à 19 (mai-juil. 1723); 2) à partir d'août 1723, nouvellement reçu libraire, François Flahault, «Quai des Augustins, au coin de la rue Pavée, au Roi de Portugal», reprit cette édition et publia les feuilles 20 à 23.

Dans le courant de l'automne de 1727, Pierre Prault, «Quai de Gesvres, au Paradis», publia Le Spectateur François par M. de Marivaux ou Recueil de tout ce qui a paru Imprimé sous ce titre. «Le prix est de 2 £ 10 s. relié». Un examen attentif du volume permet de conclure avec certitude que les feuilles 1 à 12 proviennent de l'édition Cavelier; les feuilles 13 et 14, de l'édition Flahault; la feuille 15, de l'édition Gandouin; les feuilles 16 à 19, de l'édition de la veuve Guillaume; les feuilles 20 à 23, de l'édition Flahault; enfin les feuilles 24 et 25, de l'édition Cavelier.

Imprimeur: on ne peut avoir de certitude que pour la 24e et la 25e feuille; leurs feuilles de titre portent en effet: «imprimé à Sens, chez André Jannot».

Certaines anomalies de pagination des exemplaires conservés à Rouen et à Agen révèlent qu'il y a eu plusieurs tirages, de certaines feuilles au moins, tant dans l'édition vendue par les Cavelier que dans l'édition François Flahault (voir M. Gilot, Les Journaux de Marivaux, t. I, p. 254).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Pierre Carlet de MARIVAUX.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Voir deux avis intitulés «Le libraire au lecteur» et parus dans la première et dans la deuxième feuille, mais surtout le texte de la première feuille.

«Ouvrage qui doit être curieux si le titre en est rempli avec génie [...]. La forme sous laquelle il paraîtra semble n'annoncer que du badinage: en effet on en trouvera souvent; mais un badinage de réflexion, que l'on a tâché de rendre aussi instructif que pourrait l'être le sérieux le plus déclaré» (Le Libraire au lecteur, 2e feuille).

«L'esprit humain, quand le hasard des objets ou l'occasion l'inspire, ne produirait-il pas des idées plus sensibles et moins étrangères à nous qu'il n'en produit dans cet exercice forcé qu'il se donne en composant? [...] Mon dessein n'est de penser ni bien ni mal, mais simplement de recueillir fidèlement ce qui me vient d'après le tour d'imagination que me donnent les choses que je vois ou que j'entends, et c'est de ce tour d'imagination, ou pour mieux dire de ce qu'il produit, que je voudrais que les hommes nous rendissent compte, quand les objets les frappent» (1re feuille).

Contenu réel: «Matières principales», d'après la table insérée dans l'édition de 1728, où l'on reconnaît la plume de Marivaux: Visage humain (3 rubriques); femmes et «filles» (13 rubriques); coquettes et coquetterie, «galants» (5 rubriques), amour (6 rubriques); famille: mariage, parents et enfants, «éducation» (8 rubriques); épreuves de la vie: «révolution de fortune», «adversité»... (4 rubriques); critique de la société: «riches» et «pauvres», «grands» et «petits», «honnêtes gens, leur destinée ordinaire», «habits, leur pouvoir» (une douzaine de rubriques). Catégories sociales: «dévotes et leurs directeurs», «marchand, ses manèges»... (4 rubriques sur les Juges). Portraits («Babillard rempli de soi-même», fainéants, femme avare, oisifs, savants) et réflexions morales («Disputes. Leur effet ordinaire», «orgueil», «vanité sotte»... : une douzaine de rubriques). Figures (Anacharsis, Misanthrope, Sage misanthrope, savetier philosophe). Métaphysique («Connaissance de soi-même», «conscience», «idées», «instinct et sentiment», «mémoire», «réflexions [des]); une dizaine de rubriques. Problèmes concrets de la littérature (6 rubriques: «Anciens et Modernes», «auteurs», «censeurs», «critiques», «feuilles volantes», «livres, livrets et brochures»). Critique littéraire (4 références). Scènes «plaisantes» (trois emplois du terme), piquantes («Jeunes gens inquiets pour leur chevelure», «Curiosité affligeante [...]», «Femme affligée d'être dérangée [...]»), ou extraordinaires («Aventure étrange [...]», «Visite singulière [...]»). Avis («Pour» les rois, les censeurs, les femmes...). Conduites avisées («Adresse d'un père [...]», «Adresse singulière d'une gouvernante [...]», «Conduite raisonnable d'une mère [...]», «Orgueilleux. Conduite qu'il est bon d'avoir avec eux [...]».

Ainsi se trouvent définis à la fois les principales orientations de Marivaux et les modes de lecture qu'il propose a posteriori au public du temps.

Principaux centres d'intérêt: 1) l'acclimatation en France d'une feuille de Spectateur et la transformation du genre de la «réflexion morale»; 2) la pensée subtile et généreuse de Marivaux; 3) face aux «savants» desquels dépendait encore le marché du livre, l'affirmation de ce qu'on a pris l'habitude depuis d'appeler «littérature».

Principaux auteurs étudiés: La Motte, Romulus (début de la 3e feuille), Inès de Castro (20e feuille); Montesquieu, Lettres persanes (8e feuille). Allusions à l'Iliade.

Apartir de 1728, tables intégrées.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Rouen, I. 1503; B.M. Agen, 2259: 23 premières feuilles; B.M. Nantes: 22 premières; B.M. Troyes, D 3262: 21 premières; B.N., R 20137. Recueil des 25 feuilles données par Prault en 1727; exemplaire de M.F. Deloffre: 24 premières feuilles.

Ex-libris: recueil de 1723 (ex. M.F. Deloffre): Bossin la Sone, puis «Virieu, au Cabinet de sa maîtresse»; recueil de 1727: «A M. de Sauvagnat, à Paris» (B.M. d'Agen); «N'est pas du goût de M. Pellier, commis des finances» (B.N.). Edition de 1728: Monsieur Silva, maître des requêtes (B.M. de Montpellier); Desroches, chanoine, puis: bibliothèque de l'église cathédrale de La Rochelle (B.M. de La Rochelle); Guérin, puis: Denis de Pange (1750), puis: M. Rebours, rue Meslée, puis: J. Vernesson, commerçant (1801, «A Paris le 7 may») (exemplaire Deloffre). Edition de 1752: Sallée-Duqueroy (B.M. d'Angoulême); Fiquet du Boccage, «ex dono D. de Marivault» (B.M. de Rouen). Edition de 1754: Lützelbourg d'Imling (B.M. de Colmar). Edition de 1755: Johannes Emmanuel de Guignard, «vice-comes sancti praejecti» (B.M. de Montpellier). Edition de 1761: Brunet de L'Argentière (B.U. de Grenoble); chevalier de Lambilly, «acheté le 19 juillet 1779» (B.M. de Rennes); Perrin d'Avressieux, «officier de campement», puis: Guy (B.M. de Chambéry).

Notes manuscrites, exemplaire de Lützelbourg d'Imling: A propos de La Motte comparé à Corneille et Racine (troisième feuille), «M. de Marivaux, ceci ne peut être sérieux; si c'etoit d'Inès que vous parliez encore vous le passeroit-on elle est si intéressante malgré ses Défauts». A propos du «livre que je lisais ce matin, et qui est intitulé les Lettres persanes» (8e feuille): «En avez-vous lu de meilleur?»

Différents passages marqués dans l'exemplaire Brunet de L' Argentière et dans l'exemplaire ayant appartenu à Guérin, D. de Pange et Vernesson.

Bibliographie

Rééditions: Le Spectateur François par M. de Marivaux ou Recueil de tout ce qui a paru imprimé sous ce titre. Nouvelle édition [...]Paris, Pierre Prault, 1728, in-8°. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 1-405.

Le Spectateur François par M. de Marivaux. Nouvelle Edition [...], Paris, Prault jeune, 1752. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 1-368. Même contenu, même disposition, même pagination, même titre dans les éditions procurées par Duchesne en 1754 et en 1755: Le Spectateur François, suivi du Cabinet du Philosophe, par M. de Marivaux de l'Académie Françoise, Troisième édition [...], Paris, Duchesne. Le texte du Spectateur français figure au t. I, p. 7-369.

Rééditions dans les Œuvres complètes de Marivaux, veuve Duchesne, 1781 (t. IX), puis dans l'édition Duviquet-Dupont (t. IX, 1830, chez Dauthereau); en 1921 (Paul Bonnefon, dans la collection des «Chefs d’œuvre méconnus», Paris, Bossard) et enfin en 1969, dans les Journaux et Œuvres diverses de Marivaux.

Contrefaçons: Le Spectateur françois ou Discours critique [sic] et moraux sur la Conduite des hommes [fleuron: une coupe de fruits]. Sur la Copie Imprimée. A Paris; 1723. Cette édition-pirate, lancée alors que le Spectateur français continuait à paraître, dut s'interrompre parce que le rédacteur ne pouvait plus être sûr que le journal de Marivaux continuerait à être publié à des dates prévisibles. Elle parut «tous les huit jours, à commencer le 29 avril 1723» (un vendredi), (Avis de l'imprimeur au lecteur) puis, à partir de la fin d'août, tous les quinze jours. 23 feuilles (dont 19 tirées du Spectateur français), jusqu'au 15 novembre, 276 p. in-12. Lieu de publication, probablement Genève. B.P.U. Genève, HF 1405; B.M. Bordeaux, S. 5037; première feuille à la B.M. de Grenoble (bibliothèque H. Gariel, P. 8226).

Mentions dans la presse du temps: Mercure de France,juin et juil. 1721, 1, p. 100-102; Mercure, janv. 1722, p. 60-61; Mémoires historiques et critiques, févr. 1722, p. 3-8; Mercure, févr. 1722, p. 87-88; Roderici Alexandri opus nullum, première feuille, p. 3; Mémoires sur divers genres de littérature et d'histoire, mars 1722, p. 53; Mercure, mars 1722, t. II, p. 86-87; mai 1722, p. 107-113; juil. 1722 (Lettre de Lyon, datée du 14 juin), p. 86; Journal des savants, 31 août 1722, p. 555-558; Bibliothèque française, t. I, 1, 1723, art. IX, p. 143; t. II, 1, art. VI, p. 80-87 (texte non cité dans l'édition des Journaux et œuvres diverses de Marivaux); Mercure,oct. 1723, p. 699-701; nov. 1723, vol. 1, p. 887-888 et p. 1017; oct. 1724, p. 2186-2187; Le Nouveau Spectateur français de Van Effen: 1re, 3e, 6e, 8e, 12e, 13e, 14e, 15e, 16e et 25e feuilles; Bibliothèque française, t. IV (1724), art. III, p. 37-38; Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire, t. III, 1, 1727, p. 180; Le Nouvelliste du Parnasse, t. I, 1731, p. 387-388; Mercure, oct. 1737, p. 2196-2202; L'Année littéraire, t. V, lettre 7 (datée du 18 août 1755), p. 145-162.

Articles et monographies:

Etudes de Fleury (1881), Gossot (1881), Larroumet (1882), Gaston Deschamps (1897), Baldwin (Publications of the Modem Language Association, n.s., t. XX, 1912, p. 168-187), P. Trahard (Les Maîtres de la sensibilité française, 1934, t. I p. 29-88), R.K. Jamieson (1941). – Gelobter H., «Le Spectateur» von Pierre Marivaux und die englischen moralischen Wochenschriften, dissert, de Francfort-sur-l'Oder, Limburg, 1936. – Roy C, Lire Marivaux, Les Cahiers du Rhône, avril 1947, Neuchâtel, Paris, p. 98-108. – Arland M., Marivaux, Paris, N.R.F., 1950, p. 214-227. – Deloffre F., Marivaux et le marivaudage, étude de langue et de style, Paris, Belles-Lettres, 1955; rééd. 1967. – Dédeyan Ch., «Marivaux à l'école d'Addison et de Steele», Annales de l'Université de Paris, t. XXV, n° 1, 1955, p. 5-17. – Fabre J., «Marivaux» dans l'Histoire des littératures de la Pléiade, t. III; 1959, p. 677-695.

– Matucci M., «Su alcuni temi di Marivaux», dans Studi in onore di Vittorio Lugli e Diego Valeri, Venezia, 1961, t. II, p. 645-654. – Idem, L'Opera narrativa di Marivaux, Napoli, Pironti, Napoli, 1962, p. 123-140. – Wrage W., A critical edition of «Le Spectateur français», thèse de l'Université du Wisconsin, 1964. – Greene E.J.H., Marivaux, Toronto, University of Toronto Press, 1965, p. 61-71. – Trapnell W.H., The Contribution of Marivaux's joumalistic Works to his theater and novels, thèse de l'Université de Pittsburgh, 1967 (Dissertation abstracts, t. XXVIII, 1968, p. 4611 A). – Haughan W.K., A Study of the social and moral ideas of Marivaux, thèse de l'Université de Manchester, 1968. – Deloffre F. et Gilot M., éd. Journaux et œuvres diverses de Marivaux, Paris, Garnier, 1969; réed 1988. – Guedj A., «La révision des valeurs sociales dans l'œuvre de Marivaux», Annales littéraires de l'Université de Besançon, t. CIX, 1970, p. 11-43.

– Mülhemann S., Ombres et lumières dans l'œuvre de Pierre Carlet Chamblain de Marivaux, Berne, Lang, 1970. – Lagrave H., Marivaux et sa fortune littéraire, Saint-Médard-en-Jalles, Ducros, 1970. – Swiderski M.L., «La pensée sociale de Marivaux», Revue de l'Université d'Ottawa, juil. – sept. 1971, p. 345-370. – Jacoebée W.P., «Encore Marivaux et Montaigne», Bulletin de la Société des amis de Montaigne,t. V, n° 1, janv. – mars 1972, p. 63-65. – Coulet H. et Gilot M., Marivaux. Un humanisme expérimental, Paris, Larousse, 1973.

– «Marivaux», dans les Cahiers de l'Association internationale des études françaises, n° 25, mai 1973, notamment H. Coulet, «Marivaux et Malebranche» (p. 141-160) et G. Bonaccorso, «Le dialogue de Marivaux avec ses lecteurs» (p. 209-223).

– Gilot M., Les Journaux de Marivaux, itinéraire moral et accomplissement esthétique, Paris, Champion, 1975.

– Jacoebée W.P., La persuasion de la charité. Thèmes, formes et structures dans les journaux et œuvres diverses de Marivaux, Amsterdam, Rodopi, 1976. – Gilot M., «Savants et caféistes sous la Régence. Les implications historiques d'une querelle littéraire», Beiträge zur Romanischen Philologie, t. XVI, n° 1, 1977, p. 27-32. – Spink J.S., «Marivaux: the mechanism of the passions and the metaphysic of sentiment», Modem language review, t. LXXIII, 1978, p. 278-290. – Mason H.T., «Women in Marivaux. Journalist to dramatist», Woman and Society in eighteenth century France, Essays in honour of John Stephenson Spink, London, Athlore Press, 1979, p. 42-54.

– Bennington G.P., «Les machines de l'opéra. Le jeu du signe dans le Spectateur français de Marivaux», French studies, t. XXVI, 1982, p. 154-170. – Collectif de Grenoble, «Le Journaliste masqué. Personnages et formes personnelles», dans Le Journalisme d'ancien régime, Lyon, P.U.L., 1982, p. 285-323.

Historique

Le Mercure de juin et juillet 1721 (approuvé le 4 août), annonçait, p. 100, le Spectateur français, «petite brochure de 15 pages d'impression qui vient de paraître tout nouvellement». L'éditeur était François Fournier, rue Saint-Jacques, et «l'imprimeur» promettait au «lecteur» de «lui donner chaque semaine une feuille si l'ouvrage lui agréait». On n'a pas retrouvé d'exemplaire de cette publication.

Marivaux qui s'était contenté d'un simple «permis d'imprimer» en 1721, obtint un privilège le 29 janvier 1722, et le Mercure de ce mois (approuvé le 7 février) présenta à nouveau le Spectateur français:«petite brochure de 15 pages, qui parut au mois de juillet dernier. On en débitera une feuille tous les quinze jours qu'on vendra dix sols».

Par recoupements (voir les Journaux de Marivaux, t. III, p. 993), on peut établir à quelques jours près la date de parution des premières feuilles dans cette nouvelle édition: première feuille, vers le samedi 31 janvier; deuxième, vers le samedi 7 février; troisième, vers le samedi 21 février; quatrième, vers le samedi 21 mars. Les feuilles 5 et 6 parurent dans le courant d'avril et de mai; mais Marivaux ne fit approuver la feuille 7 qu'en août, et ensuite il ne maintint pas le rythme de publication bimensuelle promis: feuille 8, approbation du 8 septembre; feuille 9, 27 septembre; feuille 10, 16 octobre; feuille 11, 10 novembre; feuille 12, 6 décembre; feuille 13, 30 décembre; feuille 14: 2 janvier.

De nouvelles interruptions assez longues: feuille 15, 14 mars; feuille 16, 27 mars; feuille 17, 12 mai; feuille 18, 8 juin; feuille 19, 16 juillet; feuille 20, 18 août; feuille 21, 5 octobre; feuille 22, 8 novembre, feuille 23, 8 janvier 1724.

Au début de la feuille 24, approuvée le 22 juillet seulement, Marivaux écrivait: «Je reprends enfin le Spectateur, interrompu quelques mois et je le reprends pour le continuer avec exactitude». En fait, il n'écrivit plus qu'une feuille, la 25e, approuvée le 31 août.

Le prix des feuilles, qui était à l'origine de 10 s., fut abaissé à 6 s., à partir de la troisième.

Le succès du Spectateur, indéniable à partir de la fin de 1722, grandit dans le courant de 1723, au point de susciter non seulement une édition-pirate, mais plusieurs imitations: Spectateur suisse, Spectateur inconnu, puis en Hollande, Le Nouveau Spectateur français de Van Effen qui publia d'ailleurs de nombreux extraits du texte de Marivaux. Prault acquit au printemps de 1727 un privilège de longue durée pour éditer Le Spectateur français, et publia dans le courant de l'automne de la même année le «Recueil de tout ce qui a paru imprimé sous ce titre», édition faite de feuilles dépareillées.

Auteur

Titre indexé

SPECTATEUR FRANÇAIS 1

Date indexée

1721
1722
1723
1724

LA REVUE DES FEUILLES *

1195
1756

Titre(s)

La Revue Des feuilles de Mr. Freron, «Des Académies d'Angers, de Montauban et de Nancy. Lettres à Madame De ***».

Modifié : Analyse de quelques bons ouvrages philosophiques, Précédée de Réflexions sur la critique. Seconde partie de la Revue des feuilles de M. Fréron, «des Académies d'Angers, de Montauban et de Nancy».

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Septembre 1756. Un volume.

Description de la collection

Deux parties (Lettres I-IV, puis V-X, suivies d'une «Lettre de M. le Comte de Tressan à M. d'Alembert», datée de «Commerci le 21 juillet 1754»). VIII + 406 p. numérotées (en fait 422). Cahiers de 24 p., 102 x 165, in-12.

Devise : Quam maledicendo voluntatem cepisti, eam vera audiendo amittas. Sallust.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Londres, lieu mentionné. Supposé : Paris ? Rouen ? Du moins les filigranes des exemplaires examinés, raisin, désignent une provenance française (voir notamment ex. B.M. Grenoble, E 20482, p. 48 : «De Rouen» ; p. 213 : «Dallncon»).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

François LE PRÉVOST D'EXMES et Alexandre DELEYRE.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé au début de la seconde partie : «Un homme qui n'est pas auteur [...] a lu les feuilles de M. F., a marqué ses fautes, a porté son jugement sur ses ouvrages [...] ; il a fait plus, il s'est mis à la place du Périodiste pour essayer s'il était possible de tomber dans un aussi grand nombre d'absurdités en rendant compte de quelques bons ouvrages [...]. Les deux parties de cette brochure sont d'un genre bien différent. La première n'est qu'un tissu de critique et d'ironie [...]. La seconde partie n'est que philosophie, politique et raisonnement» (Paradoxe).

Contenu réel : après une lettre d'introduction où une jeune Anglaise charmante sert à «démasquer» Fréron, les lettres de la première partie sont destinées à montrer tour à tour que «le périodiste» méconnaît les trois exigences «essentielles de la critique» : «le goût, le savoir et l'impartialité». D'après la table des matières, le «détail emphatique de sa réception à l'Académie de Nancy» (Lettre III) représente «sans doute ce qu'il y a de plus saillant dans cette partie». La seconde partie qui commence par de nouvelles «Réflexions sur la critique», plus originales, comporte essentiellement de longs «extraits» des «ouvrages qui depuis deux ans ont mérité les éloges et les empressements du public». Ces comptes rendus sont mis brièvement en relations avec les «pitoyables» jugements de Fréron.

Centres d'intérêt : des «extraits» modèles, dont l'un débouche sur un examen philosophique «du système de M. Rousseau» (Lettre VIII) ; des points de vue sur la critique (notamment au début de la Lettre V), des plaisanteries sur Fréron, «le hibou de la critique», dont on raille les humeurs, les foucades, les «petites fureurs».

Auteurs étudiés : les quatre «extraits» de la seconde partie concernent successivement : Diderot, Pensées sur l'interprétation de la nature (Lettre V) ; l'abbé Terrasson, La Philosophie applicable... (Lettre VI) ; Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité (Lettre VII et VIII) ; Condillac, Traité des sensations (Lettres IX et X). Dans un «post-scriptum» apparaît l'Analyse de la philosophie de Bacon, d'Alexandre Deleyre lui-même (p. 386-388). Dans la première partie défilent les auteurs détestés ou méconnus par Fréron : Lefranc de Pompignan, Roy, Mme de Graffigny (Lettre II) ; le peintre Vien, Mme du Boccage (Lettre III) ; Voltaire, Marmontel, les «Encyclopédistes», Rabener, le président Hénault (Lettre IV). Les mentions les plus intéressantes concernent Le Méchant de Gresset (II, p. 31), «les jolis romans de M. Crébillon fils» (II, p. 78), mais surtout le théâtre de Marivaux (IV, p. 134-135) et «M. Rousseau de Genève» (IV, p. 88, 136-137).

Table des matières contenues dans la première partie : p. 399-401 ; table des matières contenues dans la seconde partie : p. 401-404.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée : B.M. Grenoble, P 2171 et E 20482. Notes manuscrites : exemplaire de Grenoble E 20482. Sur la page précédant le faux titre : «Attribué par Laharpe à l'abbé de la Porte, mais dont l'auteur véritable paraît François le Prévost d'Exmes».

Historique

On peut sans doute considérer ce texte comme un journal en raison de sa nature et de son titre, mais aussi parce qu'il semble avoir été publié en deux livraisons au moins. C'est ce que tendent à montrer différentes anomalies des exemplaires examinés :

Les trois premières lettres représentent six cahiers, mais le dernier de ceux-ci (signature F) a été réduit à 20 p., ce qui peut permettre de supposer que ce premier ensemble a été publié séparément. D'autre part, dans un des exemplaires examinés (B.M. Grenoble, E 20482), le faux titre et le titre de la seconde partie sont glissés après la Lettre III, alors qu'ils auraient dû figurer après la quatrième. A la même place, l'autre exemplaire (P 1271) comporte quatre pages blanches. Enfin, au début de la Lettre IV, la numérotation reprend à 125 au lieu de 141, comme le signale une note de la table des matières : «Cette méprise ne saurait nuire dès qu'on est averti : il n'y a rien de double ni de supprimé». Le texte de quatre pages, intitulé «Paradoxe», qui annonce les deux parties, a probablement été ajouté après coup, pour la publication en volume, les signatures ne commençant qu'à la première page de la Lettre I (A III). Il est précédé par un Avertissement dont le rédacteur déclare : «J'apprends qu'on a fait jouer des ressorts honteux pour intercepter nos lettres».

La Revue des feuilles de M. Fréron parut, ou finit de paraître, vers le milieu de septembre 1756 : un compte rendu en figure dans le numéro du 1er octobre du Journal encyclopédique, et dans une lettre du même jour, Grimm soupçonne «M. Deleyre d'en être le commissaire» (C.L., t. III, p. 287, citée par Jean Balcou, Fréron contre les philosophes, p. 115). Cette publication est certainement liée à la bataille qui opposait alors les Encyclopédistes à l'auteur de L'Année littéraire :  le mois précédent, Deleyre venait de supplanter Fréron comme rédacteur du Journal étranger (Leigh 423 ; lettre du 17 août 1756). Le Journal encyclopédique note discrètement cette coïncidence en soulignant que la première partie, «raillerie [...] trop sanglante», vise un homme auquel «on ôte le Journal étranger», et dont on a suspendu les feuilles.

La tradition attribue la Revue des feuilles tantôt à Alexandre Deleyre, tantôt à François Le Prévost d'Exmes, parfois encore à l'abbé de La Porte ; d'après Quérard (t. II, p. 450) elle aurait été composée par Deleyre, «avec Prévost Saint-Lucien et autres». A peu près toute la seconde partie a certainement été rédigée par lui : on reconnaît aisément sa présence aux remarques sur le caractère «nécessairement républicain» du «gouvernement littéraire» (p. 177), «le fanatisme, cruel tyran de la religion» (p. 249) ou les «principes tout admirables» des Lumières (p. 255). Ses «extraits» avaient dû paraître indispensables pour donner du corps à l'ouvrage. Seuls les deux premiers sont annoncés au début de la seconde partie.

En revanche Deleyre, qui avait horreur de la «Satyre» (lettre du 23 septembre 1756 ; Leigh 444), semble étranger à l'esprit d'ironie papillonnante qui anime la première partie. Toute cette partie, comme l'Avertissement piquant qui figure au verso de la page de titre, porte, semble-t-il, la marque de François Le Prévost d'Exmes (transformation de Fréron en personnage comique ; «anecdote» du jeune Parisien de la rue Saint-Honoré face à la Madeleine de Marie Germain...). C'est lui qui a dû lancer La Revue des feuilles de M. Fréron. Quant à celui-ci, cette publication lui a permis de mettre en cause le parti des philosophes : «des gens, dit-il, qui ont répondu aux critiques que j'ai faites de leurs ouvrages par un gros volume d'injures qu'ils ont dictées à un quidam que personne ne connaît» (B.N., nouv. acq. fr. 22191, f° 141 ; texte cité par J. Balcou).

Auteur

Additif

Bibliographie: François Moureau a consacré à la Revue des feuilles de M. Fréron un chapitre de La Plume et le plomb («Censurer les censeurs. La polémique de presse», PUPS, 2006, p. 285-303), qui développe les fines analyses de Michel Gilot dans sa notice. F. Moureau rappelle les conditions de la permission tacite et de la tolérance attachée aux «brochures», et montre comment la revue de Le Prévost d’Exmes et de Deleyre attaque obliquement Fréron. La Revue des feuilles de M. Fréron, imprimée à Paris sous adresse de Londres, adopte la forme épistolaire pour suggérer une simple correspondance privée, mais prend la forme de la «dissimulation éclatante» pour accabler Fréron et faire l’éloge des collaborateurs de l’Encyclopédie. Si Le Prévost d’Exmes choisit le ton de la satire, Deleyre adopte celui de la réflexion, habile stratégie qui bénéficie, dans le cas présent, de la tolérance du pouvoir.

Auteur additif

Titre indexé

REVUE DES FEUILLES *

Date indexée

1756

RECUEIL DE PIÈCES

1171
1731
1741

Titre(s)

Recueil de pièces d'Histoire et de Littérature.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Fin novembre ou décembre 1731 – début 1741. Quatre volumes ; le privilège est daté du 26 octobre 1731 (pour 3 ans) ; puis 31 janvier 1738. Il ne paraît pas même un volume par an : t. I : 1731 ; t. II : 1732 ; t. III : 1738 ; t. IV : 1741.

Description de la collection

Chaque tome comporte une dizaine de pièces. Nombre de pages des volumes : t. I, XIV + 224 ; t. II, 246 (dont 234 numérotées) ; t. III, 230 (dont 224 numérotées) ; t. IV ; VIII + 236.

Cahier de 16 p., 105 x 180, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, Chaubert (Hugues-Daniel), à l'entrée du Quay des Augustins, du côté du pont Saint-Michel, à la Renommée et à la Prudence.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

François GRANET. Directeurs successifs : François Granet (t. I, II, IV) ; Pierre-Nicolas DESMOLETS (t. III).

François Granet écrit dans l'Avertissement placé en tête du dernier tome : «Le quatrième tome qu'on publie aujourd'hui, ainsi que les deux premiers, est de l'écrivain qui a eu l'idée de cette collection et qui a traduit ou composé la plupart des pièces qu'on y trouve». Dans ces tomes on peut lui attribuer la totalité des pièces historiques, critiques, traductions, sur lesquelles n'est donnée aucune indication particulière.

Collaborateurs occasionnels : J.J. Bel, t. II, p. 229-234 (contre le discours de La Motte sur la poésie dramatique) ; Ribaud de Rochefort, avocat de Gannat, t. III, p. 1-85 (trois «dissertations» historiques) ; le père Oudin, jésuite, t. IV, p. 1-38 (histoire) ; Milord Atterburi, t. IV, p. 105-128 (sept lettres en latin, au marquis de Caumont et à F. Granet) ; Boureau-Deslandes (discours à l'Académie de La Rochelle), t. IV, p. 198-205.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé : «Je souhaiterais que ce Recueil pût ressembler aux ouvrages si connus en Angleterre sous le nom d'Essais ou de Miscellanées. Ce sont d'excellentes collections où règne une utile et ingénieuse variété. On y trouve des points d'histoire curieusement traités, des allégories fines, qui cachent une morale judicieuse, des réflexions d'un tour libre et original, des critiques sensées d'ouvrages célèbres» (Préface).

Contenu réel : dans l'Avertissement du t. IV Granet se livre à une critique implicite du t. III ; il promet de n'insérer dans son recueil «que des écrits annoncés dans la préface du premier», et il insiste sur «le choix des pièces» contenues dans le nouveau tome, sans doute dignes, elles, «de la curiosité de divers genres de lecteurs». Il faut donc distinguer le t. III des autres, bien que dans tout le Recueil l'histoire prédomine très largement.

Recueil de Granet : Histoire 59%, dont Histoire de l'Eglise 19,5 %, Histoire critique des religions 14%, Histoire romaine (mœurs, hommes illustres) 17%, Histoire des Celtes 5,5%, Chronologie 3 % ; Littérature 41 %, dont Littérature française (textes et critiques) 19%, Ecrivains grecs (trad. d'Isocrate, vie de Plutarque) 18%, Actualité littéraire (discours académiques, lettres en latin) 4%.

Recueil de Desmolets : Histoire ; 56% (Histoire des Francs : 42% ; Histoire locale : 14%) ; Commentaire de textes canoniques : 22% ; Littérature (lettres et vers de célébrités du XVIIe siècle) : un peu moins de 10% ; Usages linguistiques : 9, 5% ; Sciences naturelles ou magie (vertus merveilleuses d'un fruit des Philippines) : 3,5 %. Principaux centres d'intérêt : publication de pages inédites du XVIe siècle ; Desmolets, dont c'était devenu la spécialité, fit paraître dans le t. III des textes ou des lettres de Sallo (p. 86-107), Christine de Suède et Pascal (p. 108-123), «Racine» (attribution inexacte) et «A. Vitart» (p. 124-128), du comte de Louvigny (p. 129-132). Mais de son côté Granet publia des pages de Saint-Réal (t. II, p. 1-30), Dryden (t. II, p. 1-97), Régnier Desmarais (t. IV, p. 129-156), Perrault (t. IV, p. 157-185) et surtout des «Réflexions nouvelles de M. de Lar***» (La Rochefoucauld), groupées en sept petits chapitres : De la Confiance, De la Différence des Esprits, des Goûts, De la Société, De la Conversation, du Faux, De l'Air et des Manières, t. I, p. 32-64, immédiatement vantées dans le Nouvelliste du Parnasse (t. I, Seizième lettre, p. 380 et suiv.), au détriment des Spectateurs, «Anglais, Français, Inconnus et Suisses».

L'état d'esprit nouveau dont fait preuve François Granet : il s'adresse délibérément à des «personnes polies qui, sans mépriser le savoir et sans courir après le frivole, estiment ce qui peut plaire à l'esprit, ou instruire sans causer de dégoût». Témoignant d'une profonde évolution du public aux lendemains de la Régence, sa préface sonne presque comme une déclaration de guerre à un certain type de lecteurs : non content d'éviter «d'arborer l'enseigne de savant», de se déclarer épouvanté par les «grands noms» des Mabillon, des d'Acherri, des Baluze, des Muratori, et de tant d'autres «compilateurs érudits», il affirme qu'on ne courra pas grand risque de trouver dans son recueil «beaucoup de pièces pleines de cette érudition sèche qui ne fait plaisir qu'aux savants de profession». Son modèle ? Les «Miscellanées» des Anglais, ces «heureux caprices de l'esprit humain», «où les réflexions politiques contrastent avec un ingénieux badinage, la fiction avec l'histoire». Son idéal ? Une lecture qui soit comme une «conversation» «avec autant de personnes du caractère exprimé dans [...] différents écrits». S'il se propose de publier de temps en temps des pièces traduites de l'anglais (quantitativement elles représentent près du 1/3 du Recueil)ce n'est pas seulement par souci de variété, mais parce qu'on y trouve «des idées singulières», parce qu'elles sont marquées par «un air étranger qui ne disparaît pas dans la traduction» et que «cet air étranger fait toujours plaisir».

Avec notre regard actuel, trop peu exercé, nous pouvons du moins constater que ses «dissertations» historiques sont rarement bardées de références savantes, qu'il aime particulièrement les réflexions critiques (articles sur «les faux prophètes et les vrais», «l'histoire de Sainte-Ursule et des 11 000 vierges», ramenée à une pieuse légende), qu'enfin et surtout il se donne le plaisir de confronter les jugements et les personnalités (Saint-Réal et un de ses contradicteurs ; Perrault et Boileau qui risque de sortir curieusement diminué d'une comparaison avec Chapelain). L'Avertissement du t. IV, conçu comme défense et illustration des pièces composant ce volume, est un modèle d'alacrité et de finesse.

Principaux auteurs étudiés : Saint-Réal, t. I (p. XI-XIV) et t. II (p. 208-228) ; La Motte, t. II (p. 229-234), Plutarque, t. II (p. 1-97) ; Saint-Augustin, t. III (p. 162-184).

Tables intégrées à la collection : I, p. X ; II, en tête, 2 p. non numérotées ; III, en tête, 2 p. non numérotées ; IV, p. VII et VIII. D'autre part on trouve, à la fin du t. II, une «Table alphabétique des Matières contenues dans les deux premières parties de ce recueil» (9 p. non numérotées).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Grenoble, E 13.964. La page de titre de l'exemplaire de la B.N., t. I (Z 23425), porte à l'encre l'indication du nom de l'auteur : «par le père Desmolets de l'Oratoire». Cette mention a été rayée et l'on a mis à la place le nom de «Granet».

Historique

Dans sa préface Granet déclare avoir «ramassé plusieurs pièces imprimées et manuscrites» sans annoncer aucune périodicité. On doit pourtant considérer ce Recueil publié par volumes irrégulièrement espacés, comme un journal, pour quatre raisons au moins : 1) Hanté par le souci d'éviter les redites, l'auteur se projette dans l'avenir en faisant état d'une entreprise de longue haleine : «Je m'attacherai à choisir ce qui peut offrir quelque chose de singulier et de nouveau [...]. Si le premier volume est favorablement reçu, il sera bientôt suivi d'un autre ; le succès produira de nouveaux efforts pour faire encore mieux». 2) Il prétend lancer une publication d'un type particulier, rivale des journaux ordinaires : «Au lieu de tant de journaux dont nous serons inondés, et où l'on trouve les extraits de livres connus, n'y aurait-il pas un plaisir et un avantage plus réel pour le public à donner des recueils faits avec soin ?». 3) Il fait appel à des collaborateurs : «Il serait à souhaiter que tant de bons esprits déjà célèbres par leurs ouvrages voulussent s'intéresser à la fortune de ce Recueil, en faisant part de leurs richesses. Le libraire qui le fait imprimer en userait avec toute l'honnêteté possible». 4) Dans l'Avertissement du t. IV, il promet de «[...] donner à l'avenir un nouveau tome tous les trois mois».

Ce journal eut une destinée laborieuse. Dans la Préface, Granet déclare avoir formé son «dessein depuis plusieurs années déjà». L'approbation du premier tome (10 oct. 1730) a précédé de plus d'un an l'acquisition du privilège par le libraire, H.D. Chaubert, dont le chiffre d'affaires était très modeste : entre 1730 et 1740 il n'a jamais payé plus de dix livres de capitation (mss. f. fr. 21857, passim) et en 1752, l'«Historique des libraires et imprimeurs de Paris» le définit en peu de mots : «Il vendait les œuvres de l'abbé Desfontaines. C'est un pauvre diable dont la fortune est bien bornée». Après la publication du t. II, un an après le premier, en décembre 1732 (approbation du 12 novembre), l'entreprise a pu sembler abandonnée. Cependant Chaubert acquit pour trois ans un nouveau privilège le 31 janvier 1738 et en juin Goujet pouvait écrire à Bouhier (ms. f. fr. 24411, f° 313) : «Peut-être savez-vous que le p. Des Moletz continue le recueil de ses Mémoires de Littérature et d'Histoire. Il y a quelques jours qu'il m'a envoyé le volume [...]. Chaubert s'est servi du privilège pour un recueil de l'abbé Granet [...] dont il n'a donné que deux petits volumes. Celui du père Desmolets fait le troisième et paraît sous le même titre [...]. On va commencer l'impression d'un quatrième». Cette lettre doit dater de la troisième semaine du mois, puisque le 16, Desmolets lui-même annonçait à Bouhier l'envoi de «deux exemplaires du recueil de pièces de littérature et d'histoire» (ms. f. fr. 24410, f° 455).

Chose curieuse, ce t. III porte comme date d'approbation le 18 décembre 1738 (au lieu de 1737 ?). Quoi qu'il en soit, le quatrième et dernier tome, approuvé seulement le 4 février 1740, ne parut qu'au début de 1741. Il contenait un Avertissement où, tout en proclamant l'inutilité d'indiquer les «raisons qui [avaient] retardé la continuation» de son journal, Granet laissait éclater en termes assez piquants son ressentiment vis-à-vis de Desmolets. «A l'égard du troisième [tome] les pièces qu'il renferme ont été amassées par un docte bibliothécaire qui, trompé sans doute par des personnes d'un goût peu délicat, a attribué au grand Racine des vers latins sur les agréments de la campagne qui ne sont qu'une mauvaise copie d'Abraham Remy, poète célèbre sous Louis XIII. C'est donc sans fondement qu'un nouvelliste de Paris, dans un journal de Hollande a associé M. l'abbé Desfontaines à ce Recueil».

Auteur

Titre indexé

RECUEIL DE PIÈCES

Date indexée

1731
1732
1733
1734
1735
1736
1737
1738
1739
1740
1741

LE POT-POURRI 1

1136
1727

Titre(s)

Le Pot Pourry. «Première Brochure (Le prix est de six sols)».

Modification : Le Pot Pourry Seconde Brochure contenant l'apologie du Philosophe marié Comédie Nouvelle par M. Néricault Destouches de l'Académie Française. «(Le prix est de six sols)».

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mars 1727. Deux brochures. Première brochure : permission (Hérault) du 7 mars. Seconde brochure, permission du 21 mars (Hérault). Périodicité annoncée : hebdomadaire (I, p. 20 ; II, p. 3). En fait, seulement deux livraisons parurent.

Description de la collection

Première brochure : 24 p., dont 18 de texte ; deuxième brochure : 16 p., in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, chez Jean-François Tabarie, quai de Conty, près de la rue Guénégaud (Corbeille de fruits). Pour la seconde brochure : chez la veuve Fuilleaume (sic) rue de Hurepoix, à l'entrée du pont Saint-Michel.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Philippe LE FEBVRE.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé : une aimable «variété». Le rédacteur déclare d'entrée de jeu : «Pour annoncer cet important ouvrage par une pièce qui puisse donner au lecteur une juste idée de l'érudition qui doit y tenir le premier rang, je vais lui faire part d'une déclaration d'amour...». Au début de la seconde feuille, il s'adresse à une «belle liseuse».

Contenu réel : en vrac, des vers galants (un «défi à la jalousie», une «déclaration d'amour», un «bouquet à Sylvandre») ; de piquantes révélations sur la personnalité du rédacteur ; deux lettres de Sénèque à Lucilius ; l'extrait d'une «lettre écrite à Muzala, homme de loi à Hispahan».

Centres d'intérêt : dans un texte papillonnant où les Français apparaissent comme «les images de la légèreté, de la vivacité et de l'inconstance», l'éloge du «vrai philosophe» de Destouches, «homme aisé, sans façon, et qui n'a jamais employé le langage odieux que la dissimulation a fait passer parmi nous pour le langage poli» (Destouches, Le Philosophe marié): 12 p. dans la seconde brochure.

Table des matières p. 21-22 dans la première brochure.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N. Z 57930.

Bibliographie

Bibliothèque française, t. IX, 1re partie, 1727, p. 156.

Historique

L'auteur du Pot-pourri déclarait à la fin de sa première brochure : «Je vous en promets autant dans huitaine, encore autant dans quinze jours, et d'encore en encore, je vous mènerai loin si vous prenez le parti de me suivre». Tout en s'interrogeant sur l'accueil du «public», il proclamait dans la seconde feuille son «désir de [se] procurer le plaisir de vous en dire davantage».

Son «dessein» était trop présomptueux. Malgré son échec, et dans sa légèreté même, ce petit journal nous fournit des renseignements non négligeables sur le nouveau public qui commençait à se manifester au printemps de 1727. Il n'est pas impossible qu'on en trouve des traces dans L'Indigent philosophe de Marivaux (voir Les Journaux de Marivaux, de M. Gilot, t. I, p. 503), bien qu'il n'ait été édité que par de tout petits libraires (la veuve Guillaume ne fut imposée que pour trois livres en 1722 et cinq en 1729).

Auteur

Titre indexé

POT-POURRI 1

Date indexée

1727

NOUVELLES LITTÉRAIRES 3

1041
1723
1724

Titre(s)

Nouvelles littéraires du [1er déc. 1723, 15 décembre 1723, etc.].

Continuation: de Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1er décembre 1723–1er mars 1724. Un volume. Privilège du 7 mai 1722.

Périodicité annoncée: bimensuelle. Périodicité réelle: Au total 7 livraisons: 1er décembre 1723 (approbation: 17 novembre); 15 décembre (approb.: 7 décembre); 1er janvier 1724 (approb.: 20 janvier); 15 février (approb.: 7 février); 1er mars (approb.: 20 février).

Description de la collection

1er déc. 1723: VI + 24 p. Suite des N.L. du 1er déc: p. 24-54; 15 déc, p. 55-84; 1er janv. 1724, p. 85-114; 15 janv., p. 115-144; 1er févr., p. 145-174; 15 févr., p. 175-218; 1er mars, p. 219-248. In-12.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris. Veuve Le Febvre, imprimeur-libraire. Dans la grande salle du Palais, vis-à-vis la Cour des Aydes, Au Soleil d'Or (Petite tête entourée de rayons). A partir du numéro du 15 janvier 1724: Alexis-Xavier Mesnier, même adresse, même fleuron.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteur: Pierre-Nicolas DESMOLETS, prêtre de l'Oratoire.

Collaborateur régulier: Claude-Pierre Goujet. Collaborateurs occasionnels: Ollivier, La Visclède (poème «marotique»), Du Marsais (répondant à des articles des Mémoires de Trévoux sur sa grammaire, p. 55 et suiv.), probablement Jean-Jacques Bel (notamment Nouvelles de Bordeaux, p. 132 et suiv.), peut-être Adrien Martel (Nouvelles littéraires d'Italie, particulièrement concernant la célèbre Académie des Ricovrati, p. 51 et suiv).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«Dessein», d'après l'Avis au lecteur: publier des nouvelles «littéraires», soit «des pays étrangers, soit des différentes provinces de France», grâce à la collaboration des «sçavants»; annoncer par avance les ouvrages nouveaux (appel aux «libraires de Paris qui voudront nous communiquer les livres qu'ils impriment»).

Contenu réel: nouvelles littéraires de France (une quinzaine de villes, particulièrement Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse) et de l'étranger (Hollande, Angleterre, Savoie, Lorraine, Prusse, mais surtout Italie et Allemagne). «Morts des savants», «Savants récompensés», «Académies», «bibliothèques».

Centres d'intérêt: tour d'horizon très complet de l'actualité culturelle entre novembre 1723 et mars 1724.

Auteurs étudiés: revue des «pièces» publiées «à l'occasion d'Inès de Castro de La Motte. Une attention particulière portée aux journaux (Mémoires de Trévoux; comptes rendus réguliers sur le Spectateur suisse et le Spectateur inconnu; présentation de la Bibliothèque française, t. III dans le numéro du 15 février 1724; du Journal des savants, avec sa nouvelle équipe de rédaction, dans le numéro du 15 janvier.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 56767; B.M. Grenoble, F 22.782.

Historique

Desmolets utilisa le privilège acquis par Adrien Martel qui avait interrompu ses Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes sitôt la première feuille parue, dans le courant de l'automne de 1723. Approuvées par Blanchard, les feuilles parurent vraisemblablement aux dates indiquées, c'est-à-dire les mercredis 1er et 15 décembre, les samedis 1er et 15 janvier, les mardis 1er et 15 février, enfin le mercredi 1er mars 1724; mais deux numéros eurent une suite: celui du 1er décembre 1723 (les «nouvelles» ont été si «abondantes» que l'auteur y a été obligé, «la plupart des nouvelles de Paris» provenant des «libraires mêmes», et celui du 15 février 1724: «Supplément» (de 14 p.) annoncé p. 204, «pour le 22 de ce mois».

Comme «imprimeur-libraire» des Nouvelles littéraires, Alexis Mesnier succéda à la veuve Le Febvre à partir du numéro du 15 janvier 1724: elle avait «abdiqué» en sa faveur, pour 24 550 £, le mois précédent (B.N., ms. f. fr. 21857, f° 8).

Les deux Avis au lecteur parus dans le numéro du 1er décembre 1723 et sa «suite» définissaient un projet remarquablement original à cette date: dispenser une information culturelle étendue («faire connaître autant que je pourrai tous les livres qui s'impriment»), très rapidement: ainsi les libraires pourront s'adresser au public «par cette voie», «aussi promptement que par les affiches et avec moins de dépense», et comme les journaux publient souvent «des dissertations entières», l'auteur promet d'en «avertir», «pour qu'on puisse les acheter aussitôt qu'ils paraissent».

Pour parvenir à cet objectif, quatre dispositions: – Un appel aux «savants», invités à «adresser leurs lettres» à la veuve Le Febvre, le journal dépendant «plus des autres que de l'auteur même». – L'engagement «ferme» de publier les Nouvelles littéraires «tous les quinze jours». – Un parti-pris de bienveillance: tout dire «sans invectives et sans aucunes railleries piquantes», «louer» plutôt que «blâmer». – Pas d'extraits en forme (l'auteur s'engage à faire insérer dans le Journal des savants ou les Mémoires de Trévoux les «extraits de leurs ouvrages» que «les savants» auront bien voulu leur envoyer).

Autant de paris qui ont été remarquablement tenus: du Nouveau Plan de Paris du Sr de Bailleul à la nouvelle édition du Dictionnaire des cas de conscience de Pontas, les Nouvelles littéraires mentionnent ou présentent effectivement un grand nombre de livres, sans le moindre mépris pour les feuilles légères, les «lettres badines» ou les petits romans, sans la moindre acrimonie à l'égard des jésuites, dont l'activité «littéraire» est alors particulièrement intense (Courbeville, Castel, Catrou...). Au détour d'une page, on voit apparaître un nom resté célèbre: dans le numéro de janvier 1724, «Epigramme sur la petite vérole de M. Arrouet de Voltaire et son rétablissement», compte rendu du Mémoire sur le mouvement lu à l'Académie de Bordeaux par M. de Montesquieu; dans le numéro du 15 février, annonce de «l'illustre Avanturier par M. de Marivaulx». Mais en une période où «l'on ne produit presque rien de nouveau» (15 févr.), ce qui fait le prix des Nouvelles littéraires, c'est un esprit d'universelle curiosité, une volonté constante de se tenir au plus près de l'actualité. Dans ses Mémoires historiques et littéraires, Goujet affirme qu'elles eurent trop de retentissement pour ne pas inquiéter le père de La Tour, supérieur de l'Oratoire, «homme trop politique»; il demanda à Pierre Desmolets d'en interrompre la publication.

Auteur

Titre indexé

NOUVELLES LITTÉRAIRES 3

Date indexée

1723
1724

NOUVELLES LITTÉRAIRES 2

1040
1723

Titre(s)

Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes. Continuation de Mémoires sur divers genres de littérature et d'histoire.

Continué par : Nouvelles littéraires (du père Desmolets).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Une brochure du début octobre 1723. Privilège du 7 mai 1722. Annonce de périodicité : «De quinze jours en quinze jours, et plus souvent si la nouveauté, l'abondance et le mérite des Mémoires que nous recevons l'exige» (Avertissement). Une seule livraison.

Description de la collection

«Nous nous sommes proposés de réduire nos Nouvelles littéraires à deux feuilles d'impression». En fait, 6 p. non numérotées + 39 p. (dont 3 pour l'Avertissement et 9 pour la Préface), imprimées en petits caractères. In-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, L. Sevestre, rue des Amandiers, vis-à-vis le Collège des Grassins. (Apollon monté sur Pégase). Imp. Louis Sevestre (probablement «Sevestre père», père d'Anne-Louise, Silvestre et Jean).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Adrien MARTEL (Epître dédicatoire, signée Martel) auteur, et abbé Seguin, collaborateur régulier.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé et réel : nouvelles littéraires.

Centre d'intérêt : perspectives et difficultés du journalisme littéraire sous la Régence.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 56766.

Bibliographie

Mention dans Nouvelles littéraires du 1er décembre 1723, p. VI.

Historique

«Adrien Martel, avocat», obtient le 7 mai 1722 un privilège général de six ans pour «un ouvrage de sa composition» : «Mémoires sur divers genres de littératures ou Recherches de Littérature et d'Histoire [...], Nouvelles littéraires ou exactes relations de tout ce qui est dans la République des Lettres pour mériter l'attention et la curiosité du public» (B.N., ms. f. fr. 21952). Les Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes sont approuvées par Blanchard le 24 juillet 1723 (N.L., p. 39). Elles paraissent vers le début d'octobre de la même année, puisqu'on peut lire dans la première feuille des Nouvelles littéraires du père Desmolets approuvée le 17 novembre : «Il parut il y a un mois ou six semaines un écrit sous ce titre : Nouvelles littéraires curieuses et intéressantes,t. I, chez Sevestre [...]. L'auteur invitait les savants à adresser leurs Mémoires chez M. l'abbé Seguin, demeurant à Paris, Cour de Sainte-Geneviève. Il a changé de dessein et a abandonné son projet» (p. VI). Martel était peut-être alors parti pour l'Italie (voir D.P. 2).

L'auteur avait pris la précaution de dédier son journal à la princesse de Conti, tout en lui faisant gloire de ne pas résider à la Cour : n'était-elle pas de ces «âmes héroïques» qui ont eu le courage de s'élever au-dessus des faiblesses de leur sexe pour vivre dans l'obscurité d'une condition privée ? Dans sa Préface il vantait «les fruits que produisent les nouvelles littéraires» en dispensant un «plaisir plus solide» que «celui de la simple curiosité». Son journal devait être composé de «Mémoires, qu'on imprimera de semblable grandeur, papier et caractères, pour la commodité de ceux qui en voudraient faire des recueils ou en former des volumes». Il était disposé à faire une assez grande place à la publicité, tant pour les libraires que pour les auteurs qui pourraient annoncer par avance la publication de leurs livres.

Les obstacles rencontrés par des entreprises comme la sienne ? Le manque de correspondants, et d'autre part, la «multitude de journaux qu'on a vu depuis un certain temps inonder la République littéraire». Ils ne le rebutaient «nullement» ; ayant «omis plusieurs articles de livres, même intéressants», il se proposait d'en «parler» dans des feuilles qui ne parurent jamais.

Auteur

Titre indexé

NOUVELLES LITTÉRAIRES 2

Date indexée

1723

NOUVEAUX MÉMOIRES D'HISTOIRE *

0998
1749
1756

Titre(s)

Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature. Par M. l'abbé d'Artigny.

 

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1749-1756. 7 volumes; privilège du t. I le 1er février 1749, du t. VII le 26 avril 1756.Datation approximative des volumes: t. I, mai 1749 (approbation, 8 janvier 1749); t. II, octobre 1749 (approb., 8 janvier 1749); t. III, octobre 1750 (approb., 1er mai 1750); t. IV, mai 1751 (approuvé le 1er avril 1751, alors que le Journal des savants de février, p. 379, avait annoncé la publication récente des t. III et IV.); t. V, mai 1752 (approb., 1er avril 1752); t. VI, mars 1753 (approb., 1er décembre 1752); t. VII, juillet 1756 (approb., 26 février 1756). 

Description de la collection

«Tout l'ouvrage consiste en articles séparés et indépendants les uns des autres» (lettre de d'Artigny à Calvet, 24 sept. 1764, B.M. d'Avignon, ms. 2352).T. I, art. I-XXXIV; t. II, art. XXXV-L; t. III, art. LI-LXIV; t. IV, art. LXV-LXXII; t. V, art. LXXIII-LXXXV; t. VI, art. LXXXVI-XCVII; t. VIII, art. I-XVII.Volumes de XII + 501 p. (t. I); XII + 498 (t. II); XXVIII + 499 p. (t. III); X + 370 p. (t. IV); VIII + 456 (t. V); V + 454 (t. VI); VII + 511p. (t. VII).Cahiers de 24 p. in-12, 100 x 170.   

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«Paris, Debure l'aîné, Quay des Augustins, à l'Image S. Paul».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Antoine d'ARTIGNY.

Les Nouveaux Mémoires comportent trois articles rédigés par des collaborateurs occasionnels: «Caractères des poètes grecs, latins et français» par l'abbé Le Mascrier (t. III, p. 407-460); Lettre de M. l'abbé Saas, membre associé de l'Académie de Rouen à M. l'abbé Goujet sur «Isotta, femme savante d'Italie» (t. V, p. 28-48); «Eloge historique de Muratori», par l'abbé Goujet (t. VI, p. 1-36). D'autre part, les «Additions et corrections» témoignent de différentes interventions extérieures. En bas de page dans le t. I, dans les interpolations du t. II et dans les «Additions» des t. III et IV, Lenglet-Dufresnoy se livre à des remarques incisives, parfois faites sans l'aveu de l'abbé d'Artigny. Au t. I, mises à part quelques précisions sur Nodot (p. 346) ou Huet (p. 404), il s'agit de confidences recueillies en 1707 auprès du libraire Moetjens et surtout de Jacques Basnage, précieux témoignages sur la mentalité qui régnait alors parmi les controversistes protestants (p. 166, 427), sur Jurieu (p. 430), mais tout particulièrement sur Pierre Bayle (p. 319, 324, 461). En revanche, d'Artigny semble toujours signaler les notes de l'abbé Le Mascrier (t. III, p. IX-X) et de l'abbé Goujet (t. III, p. XII, XXI, XXIV, XXVI). Au t. III, il cite et commente une longue lettre de Rousset de Missy sur les journalistes français de Hollande (p. 439-450). Au t. VII, plusieurs interventions de lecteurs tendent à prendre la forme d'un article: «Examen» de l'article «sur la Pucelle d'Orléans par M. Polluche, de la Société littéraire d'Orléans» (p. 37-67), «Lettre de l'abbé de Valory, Prévôt de Saint-Pierre de Lille» (p. 67-72).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le projet de l'abbé d'Artigny se précise d'un tome à l'autre. Il s'agit de présenter «des extraits, des analyses, des remarques» (Préface, t. I) en rassemblant «des restes écartés de la littérature qui feraient languir un ouvrage suivi» (Avertissement, t. II), des «matériaux abandonnés depuis longtemps, dispersés dans des ouvrages presque inconnus» (Préface, t. IV). L'auteur n'ose destiner aux savants «pareille compilation» (t. I); il lui «suffit de satisfaire les curieux qui sont bien aises de s'instruire et de s'amuser en même temps» (t. II). «L'histoire, surtout la moderne, a droit de plaire généralement» (t. II); on offrira «des choses nouvelles qu'on ne trouve pas dans le courant des lectures ordinaires», des «matières intéressantes par leur singularité» (t. I). Encouragé par le succès, d'Artigny avouera qu'il souhaite «rappeler le public à la lecture des bons livres», «inspirer le goût du bon, du beau, ou plutôt du vrai que tant d'écrivains frivoles, intéressés ou trop crédules semblent avoir pris à tâche de défigurer dans leurs productions» (Préface, t. V).

Les «extraits» sont rares, et une douzaine d'articles seulement prennent la forme de «mémoires»; on relève moins encore de «dissertations» exégétiques ou «littéraires». Le plus souvent, il s'agit d'«anecdotes», de «remarques détachées» sur l'histoire profane ou sacrée, de «mélanges curieux de faits historiques». Très souvent aussi d'Artigny livre des «pièces» à peu près brutes, minutes de procès religieux ou politiques, «lettres manuscrites de quelques savants» (t. V, p. 365 et suiv.) ou textes peu connus (t. II, III, «Apologie de Pibrac»; t. VII, «Satyre du temps à Théophile»). Il lui arrive de scruter les marges de la Bible; mais il s'intéresse surtout à l'histoire de France au XVIe et au début du XVIIe siècle. La «critique», naturellement présente partout, est plus particulièrement illustrée par des articles sur la sorcellerie (t. I, V), les songes (t. II), un étrange cas d'«abstinence» (t. III), différentes «apparitions» (t. III), le «détail» de «plusieurs faits douteux ou véritablement supposés» (t. IV). Quant aux articles touchant de près ou de loin aux Belles-Lettres, ils représentent moins du tiers au total; affaires de plagiat (t. V), figures de littérateurs (t. II, V, VI), etc. Plus ambitieux, un article sur Pierre Bayle (t. I), deux longues études sur les Ana (t. I) et les querelles littéraires (t. II, p. 154-277 et t. IV), une dissertation sur l'évolution du goût (t. III) et enfin deux grands morceaux d'une truculence naïve, véritables revues d'effectifs des lettres et des arts, la «Description du château de Delphes» (t. III) et la «Relation du Parnasse» dans une version revue et augmentée (t. VII).

Les Nouveaux Mémoires n'ont plus guère de vertu comme recueil érudit; mieux vaut y voir un témoignage sur un épigone des «savants» de la Régence, beaucoup moins puriste dans ses goûts littéraires qu'il ne voudrait le croire, chercheur indépendant qui manifeste un robuste bon sens et, sans jamais évoquer le mot ou la notion, un large esprit de tolérance (voir ses remarques sur Jeanne d'Arc, t. II; sur les Inquisiteurs, t. IV, p. 102; sur les excès des jansénistes ou les «beaux dehors de charité» de leurs adversaires, t. II, p. 186). Il aime les sujets brûlants (hérésie, sorcellerie), les figures pittoresques, les épisodes saisissants («Histoire du meurtre de Sébastien La Ruelle, bourgeois de Liège», t. II), les histoires à dormir debout (t. IV, art. I), les textes comiques tirés de sermons anciens. Ce qui assure le mérite de son journal, c'est son goût pour les «morceaux curieux» perdus dans la nuit des temps («Artus Désiré», le journal de Pierre de L'Estoille), qu'il tient à citer «sans rien changer au style des auteurs originaux» (t. IV, p. 157), les pièces d'archives, les faits, les paroles des gens.

Sommaires en début de chaque volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Grenoble, E 13958; B.N., Z 28794-28800; 8° Z 16168; B.M. Lyon, 303735- 303736, 390146, 810318; B.L., 1088 g 15-21; 121 b 20-26; G 12780-12786.

Bibliographie

D.P. 2, art. «Artigny».

Mentions dans la presse du temps: T. I: Journal des savants, 1749, juil., p. 1517; déc, t. I, p. 2374-2392; Mémoires de Trévoux, 1749, oct., p. 2137-2152; nov., p. 2416-2430. T. II: Mémoires de Trévoux, 1749, nov., p. 2416-2430; déc, p. 2465-2477; Journal des savants, 1750, mai, p. 791-807. T. III: Journal des savants, 1750, déc, t. I, p. 2482 et suiv.; Mémoires de Trévoux, 1751, avril, p. 822-841; mai, p. 1178-1189. T. IV: Journal des savants,1751, févr., p. 379; juin, t. I, p. 1148 et suiv.; Journal de Verdun,1751, sept., p. 249 et suiv.; Mémoires de Trévoux, 1751, déc, p. 2532-2537. T. V: Journal des savants, 1752, juin, t. II, p. 1340; août, p. 1567 et suiv.; Mémoires de Trévoux, août, p. 1761 et suiv.; Journal de Verdun, 1753, avril, p. 258 et suiv. T. VI: Journal des savants, 1753, août, p. 1675 et suiv.; Mémoires de Trévoux, 1754, févr., t. II, p. 390-408. T. VII: L'Année littéraire, juin 1756, t. V, lettre II, p. 24-25; Journal de Verdun, 1756, août, p. 91 et suiv.; Journal des savants, 1756, déc, t. I, p. 2410-2426.

Allusions et commentaires dans le Mercure de France, juin 1750, p. 21 et dans l'Année littéraire, 1754, I, lettre XIV, p. 313.

Historique

«A cent lieues de la capitale», n'ayant pratiquement jamais quitté Vienne et se désolant de n'y trouver «aucune ressource», «ni bibliothèque publique, ni manuscrit, ni même un seul libraire» (Avertissement, t. III), l'abbé d'Artigny avait passé sa vie à lire, à rêver de collectionner les médailles et à faire de la compilation. Ce n'est pas «sans répugnance» (Préface, t. I), qu'il osa enfin «se risquer à l'impression», après avoir reçu «l'approbation de plusieurs personnes éclairées» (parmi lesquelles probablement le père Boule et le père Goujet), et communiqué son manuscrit «à un curieux», l'abbé Lenglet-Dufresnoy... Cependant le libraire Jean de Bure semble avoir été tout heureux de saisir cette occasion, puisqu'il acquit un privilège de longue durée (neuf ans), pensant sans doute que le recueil de l'abbé d'Artigny pourrait prendre la suite de la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire du père Desmolets, d'ailleurs réédités par Nyon en 1749 (Calvet fait le rapprochement dans une lettre à d'Artigny, B.M. Avignon, ms. 1509, 15 janv. 1765). L'entreprise était favorisée par la collaboration de l'abbé Le Mascrier et de Lenglet-Dufresnoy: «Ils avoient l'œil sur l'ouvrage et dirigeoient les compositeurs mieux que je ne l'aurois fait moi-même» (lettre de d'Artigny à Calvet, 4 oct. 1767, B.M. Avignon, ms. 2352, f° 29).

Au milieu du XVIIIe siècle, il restait encore une place pour un journalisme érudit à l'ancienne mode, ou plutôt pour un journalisme curieux d'«anecdotes littéraires» et non pas de «bibliographie ancienne», de «diplomatique barbare» ou de «découvertes grammaticales» (Mémoires de Trévoux, déc. 1749, p. 2466). Consacré par les comptes rendus élogieux du Journal des savants, plus flatteurs encore des Mémoires de Trévoux, son recueil était devenu un périodique reconnu, comme le montre une lettre de Rousset de Missy publiée dans le t. IV des Nouveaux Mémoires. Pour élaborer ses articles, il mettait à profit les archives de l'archevêché de Vienne et pouvait compter sur «plusieurs savants de Paris» (Avertissement, t. III), qui lui fournissaient ouvrages et manuscrits anciens (cf. t. II, p. 276; t. III, p., 170 et 213).

Au printemps de 1751, le libraire «avertit le public que les t. III et IV se vendront séparément jusqu'à Pâques prochaines 1752», l'auteur «s'étant borné à ces quatre volumes». Deux autres tomes devaient pourtant suivre d'assez près; un 7e tome, «Supplément» tardif publié vers la fin du printemps de 1756 et formé en partie de corrections et de compléments, acheva la collection que Fréron, d'abord favorable, s'efforça de discréditer: il avait cru se reconnaître dans le «satyre odieux» qui «insultait à la douleur de Melpomène et de Clio» (cf. Nouveaux Mémoires, t. VII, p. 431). L'abbé d'Artigny voulut lui répondre, Goujet l'en dissuada (lettre à Calvet, 24 sept. 1764, B.M. Avignon, ms. 2352, f° 21). Jusqu'à la fin de sa vie, «pour ne pas perdre un assez grand nombre de matériaux qui [pouvaient] faire un juste volume», d'Artigny songea à une seconde édition soigneusement révisée (lettres à Calvet, 24 sept, et 28 déc. 1764, et 4 oct. 1767, B.M. Avignon, ms. 2352, f° 21-31). Il dut y renoncer, dégoûté par la cupidité de son libraire: «De Bure [...] m'a fait cent avanies pour éloigner le paiement des honoraires très modiques dont nous étions convenus; néanmoins il avouait que l'ouvrage se vendait bien [...]. Si l'on décide qu'il a des droits sur ma nouvelle édition, je resterai tranquille, ayant bien promis de n'avoir jamais d'affaire avec lui» (lettre du 4 octobre 1767). A l'en croire, la réputation des Nouveaux Mémoires avait passé les frontières: «Et bien plus, des gens de lettres m'ont assuré qu'il s'est fait depuis peu une édition des 7 vol. en Angleterre avec tous les ornements typographiques et qu'elle est excessivement chère» (lettre du 24 septembre 1764). La bibliothèque municipale de Dijon conserve parmi ses manuscrits (1149197) un projet de l'abbé Joly: «Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature pour servir à la continuation de M. l'abbé d'Artigny»...

Auteur

Titre indexé

NOUVEAUX MÉMOIRES D'HISTOIRE *

Date indexée

1749
1750
1751
1752
1753
1754
1755
1756

LE MESSAGER DE FONTAINEBLEAU

0955
1623

Titre(s)

Le Messager de Fontainebleau. Avec les nouvelles et les paquets de la Cour.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1623, une feuille. A la fin de sa feuille, Le Messager promet de donner à nouveau de ses nouvelles «d'ici à huit jours».

Description de la collection

Une feuille de 16 p., cahier de 8 p., 100 x 160, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Lieu supposé : Paris.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu réel : pourquoi les Parisiens sont «mélancoliques» ; la pillerie organisée par les partisans ; la prolifération des «précurseurs de Cour» ; la cherté «des offices et des charges» ; la corruption des juges ; l'usure («tout le monde prend à 10 pour 100») ; l'insécurité ; «tant et tant d'édits» et d'ordonnances appliquées quelques mois... «Tout est pesle-meslé» : «on ne connait point le marchand d'avec le noble ; on a défendu l'or ; mais chacun porte licencieusement la soie». On aspire au retour du Roi et à la paix, tandis que la Cour continue de faire ses «jours gras» à Fontainebleau, où circulent les bruits de guerre (rafle des «larrons», futur embarquement des Français à Calais).

Centres d'intérêt : propos des bourgeois de Paris regrettant «le vieux temps». Evocation pittoresque du présent (les «moustaches jurieuses» des laquais des magistrats, leurs «5 ou 6 filmatophores et caudataires qui les retroussent, peur des crottes»).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Grenoble, T 411.

Auteur

Titre indexé

MESSAGER DE FONTAINEBLEAU

Date indexée

1623