LETTRES DE MME LE HOC À M. LE HIC

0811
1775

Titre(s)

Lettre de Mme Le Hoc à M. le Hic.

Le titre de ce périodique, que l'auteur appela aussi Lettres sur les spectacles et les journalistes, changea plusieurs fois; on trouve donc dans le même volume: 1) Lettre de Mme Le Hoc à M. le Hic 2) Lettre au sujet d'Albert I et la Comédie Française 3) Les Nouvellistes. Dialogues entre un Gluckiste, un Gretriste et un Floquetiste 4) Lettre du Diable à M. Beaumarchais 5) Lettre d'une jeune actrice 6) Lettre du Célibataire de M. Dorat aux Courtisanes de M. Palissot 7) Lettre d'un colonien 8) Lettre d'un Arsénian. Un 9e numéro, Lettre de Philémon à Alexis, annoncé «sous presse», ne parut, semble-t-il, jamais.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Huit numéros publiés en 1775 et réunis en un volume de 339 p. La dernière lettre porte la date du 17 octobre 1775.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jean-Pierre LE FUEL DE MÉRICOURT.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Il s'agit, dans cette publication, de drames, ce nouveau genre théâtral, et de la presse frondeuse qui les soutient. On voit très clairement que l'auteur a beaucoup de sympathie pour Mercier et Beaumarchais, dramaturges jugés dangereux. Il admire aussi les théâtres des boulevards, lieux prétendus suspects. D'un autre côté, l'auteur n'aime pas La Harpe, ni Palissot, ni Pierre Rousseau. Ce dernier, éditeur du Journal encyclopédique, aurait encouragé «les siffleurs, moucheurs, cracheurs, tousseurs et perturbateurs» qui se déclaraient, au théâtre comme dans la presse, ennemis du drame et de toutes les expériences nouvelles.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 8° BL 32080.

Bibliographie

D.P. 2, art. «Mercier» et «Méricourt».

Ce périodique est souvent cité dans la presse du temps, notamment dans le Journal des dames de Mercier, le Journal de politique et de littérature de Linguet, le Journal de Verdun d'Ameilhon, les Affiches de Meunier de Querlon. Le Fuel de Méricourt raconte lui-même à plusieurs reprises l'histoire de cette publication dans sa Requête au Roi (1777), dans le Mémoire à consulter pour les souscripteurs du Journal des théâtres (1777) et dans ses deux autres journaux, le Journal des théâtres et le Journal français, italien et anglais . – Gelbart N., «Frondeur journalism in the 1770's: theater criticism and radical politics in the pre-Revolutionary French press», Eighteenth-century studies,vol. XVII, n° 4, 1984. – Idem, Feminine and opposition journalism in old régime France: «Le Journal des dames», 1759-1778, University of California Press, 1987.

Historique

On constate déjà dans ce premier des trois périodiques de Le Fuel de Méricourt, qu'il n'a aucune sympathie pour l'institution littéraire de Paris (Comédie-Française, presse protégée et ministres). Il voudrait être entendu comme les autres, mais les critiques en place auraient dit de lui: «Jean Pierre Le Hic était d'un petit vignoble nommé Méricourt, entre Mantes et Vernon; ses parents avaient des vignes qu'ils cultivaient eux-mêmes, et ils n'étaient pas riches. Et cet homme là ose écrire! Il ose parler. Il ose se faire voir» (Lettres, p. 155, note).

Le Journal des dames est le seul journal que Le Fuel ait admiré. Il était à cette époque dirigé par Mercier, qui, lui aussi, luttait contre les corps privilégiés de la capitale. Le Fuel écrivait de Mercier: «De jour en jour, son journal devient intéressant. Si on reproche à son Auteur d'avoir des idées singulières, on ne peut disconvenir qu'il a beaucoup de mérite, et plus que bien des gens qui sont sur le pinacle». Mercier est pour Le Fuel un auteur «peu commun»: «les Comédiens Français se repentiront de n'avoir pas assez ménagé un homme qui méritait toutes sortes d'égards» (Lettres, p. 221-222, note). Il se qualifie lui-même de «pauvre diable» (Requête, p. 24-27), victime d'ennemis redoutables comme le censeur Coqueley de Chaussepierre, qui lui a finalement volé son journal: le manuscrit du 9e numéro fut saisi par Coqueley et montré à Linguet, que Le Fuel, à cette époque, ménageait fort peu; ils décidèrent ensemble de faire arrêter la publication des Lettres. Le Fuel fit paraître ce numéro, un peu modifié, sous le titre de Didon heureuse. Parmi ses ennemis, il faut également compter Le Camus de Neville, nouveau directeur de la Librairie, plusieurs comédiens (dont Préville), le duc de Duras, premier gentilhomme de la Chambre du Roi. Parmi ses amis, on trouve les journalistes Mercier, Rutlidge, Du Coudray, Ameilhon, l'avocat Falconnet, des censeurs factieux et républicains comme Crébillon et Pidansat de Mairobert, tous les deux au service du duc de Chartres (futur Philippe Egalité). Pidansat, qui considérait Le Fuel comme un «bon patriote» et «romain», se montre son ami fidèle en racontant l'histoire de ses journaux persécutés dans ses Mémoires secrets (t. IX, p. 121, 220, etc.) et, de façon plus agressive et politique, dans son Espion anglais. En conclusion, on verra dans les Lettres de Le Fuel de Méricourt la première manifestation d'un esprit critique qui deviendra de plus en plus amer et violent au fur et à mesure de ses publications.

Auteur

Titre indexé

LETTRES DE MME LE HOC À M. LE HIC

Date indexée

1775

LA BIBLIOTHÈQUE DES DAMES

0157
1764

Titre(s)

La Bibliothèque des Dames ou Choix de pièces nouvelles, instructives et amusantes, en prose et en vers.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

2 janvier 1764 – 18 juin 1764. Un tome.Périodicité annoncée: les lundis, mais fort irrégulièrement. «Nous n'annonçons ni le plan ni le nombre des discours suivants; ainsi nous avons commencé cette Bibliothèque sans en donner de prospectus. Chaque chose viendra à sa place. Nous ne pouvons pas tout dire à la fois» (n° 5, 30 janv. 1764, p. 75).Périodicité réelle: hebdomadaire, mais souvent en retard (voir p. 32, 128).

Description de la collection

Le tome comprend deux parties. La première partie contient 13 numéros, la deuxième 12. Le tome entier comporte 353 p., in-16.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam, chez M. Magérus, libraire de Stilsteeg.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Anonyme.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: neuf Discours sur l'éducation du beau sexe.

Contenu réel: discours sur l'éducation du beau sexe, poèmes, plaisanteries, lettres, anecdotes historiques, tableaux, femmes célèbres dans l'art de la peinture, actions héroïques des Amazones, discours sur les Modes.

Centres d'intérêt: Rousseau (pour et contre), femmes fortes et courageuses, éducation des dames, conjectures sur la décadence de la République des Amazones, cérémonies nuptiales de tous les peuples du monde.

Auteurs cités: Rousseau, Formey, Plutarque, Mlle Mazarelli, Mlle Potar-Dulu.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., 8°Z 16159.

Bibliographie

Gay J., Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage (Paris, 1894-1896), t. 1, p. 389. – Gelbart N., Feminine and Opposition Journalism in Old Regime France: «Le Journal des Dames», 1759-1778, University of California Press, 1987.

Historique

Jules Gay est de l'avis que ce journal a été entrepris par Fanny de Beauharnais et par son amant Claude Joseph Dorat, pour imiter le Journal des dames de Mme de Maisonneuve à Paris. Mais mes recherches sur le Journal des dames n'ont rien relevé qui pourrait servir de preuve à cette hypothèse. Le Journal des dames jouissait à cette époque d'un regain d'intérêt, mais Dorat alors s'intéressait peu au journalisme. C'est beaucoup plus tard en 1777 que Fanny et Dorat sont devenus directeurs de ce journal.

L'auteur anonyme de la Bibliothèque des dames s'intéressait sérieusement à la question de l'éducation du beau sexe. Il utilise et critique à la fois les idées de Rousseau et il sollicite les réponses et réactions de ses lectrices sur la question de la femme. L'éducation du beau sexe, écrit un correspondant, consiste en «l'art d'imprimer dans leur esprit et leur cœur, les connaissances et les sentiments propres à former des épouses qui fassent le bonheur de leurs époux, des mères capables d'élever leurs enfants et des femmes qui soient l'ornement de la société encore plus par leurs vertus que par leurs talens et leurs grâces» (n° 5, 30 janv. 1764, p. 65). Quand un lecteur défend Rousseau et l'idée que les jeunes filles n'ont pas besoin d'apprendre des matières intellectuelles, l'éditeur de la Bibliothèque des dames invite les femmes à se défendre. «Nous nous dispensons de répondre à cette lettre pour en laisser le soin aux Dames, persuadés qu'elles s'empresseront de le faire et qu'elles s'en acquitteront mieux que nous» (n° 6, 6 févr. 1764, p. 82). En effet, les réponses arrivèrent. Deux «lettres sur la force et la bravoure des Dames» démolissent l'antiféminisme de Rousseau et se terminent en triomphe: «Je crois, Monsieur, que ceci suffit pour fermer la bouche à ceux qui nous reprochent injustement une faiblesse à laquelle ils nous ont eux-mêmes condamnées» (p. 213). Une autre lectrice critique un ouvrage de M. Formey de l'Académie de Prusse, et les éditeurs l'invitent à répondre, en lui offrant «avec la même impartialité la voie de notre Bibliothèque» (p. 120). En général, on constate ici un vrai effort pour obtenir des discours sérieux sur des questions importantes, mais à côté on trouve toujours l'inévitable frivolité qui caractérise la majorité des publications pour les dames à cette époque. Conséquence, peut-être, de cet universel désir d'être en même temps «instructif et amusant», ce journal s'achève sur un ton léger et inconséquent, avec un Fragment d'un philosophe persan sur les modes, une Dissertation sur le baiser, et un article sur des dames françaises en déshabillé (p. 273, 280, 353).

Auteur

Titre indexé

BIBLIOTHÈQUE DES DAMES

Date indexée

1764

AMUSEMENTS DE LA TOILETTE

0093
1755
1756

Titre(s)

Amusements de la toilette, ou Recueil des faits les plus singuliers tragiques et comiques de l'amour passés en Hollande, en Angleterre et en France. Mêlé de quelques dissertations littéraires.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Deux tomes en 1755-1756. Périodicité annoncée: d'abord bihebdomadaire (mardi et vendredi), puis hebdomadaire (mardi). Les numéros sont datés de 1755, mais la page de titre porte la date de 1756. Ils ne sont pas numérotés et ne portent pas de date de jour ni de mois.

Description de la collection

Chaque tome comprend plusieurs numéros d'environ 16 p. Le premier volume compte 217 p., le deuxième 200 p. Certains numéros sont doubles (vol. 1, p. 33 et 2, p. 169). 92 x 150, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

La Haye, de l'Imprimerie de H. Scheurleer, F. Z. Libraire sur le Plein. Prix: 2 s. le numéro puis 1 s. (à la fin de la table des matières, t. 1).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Anonyme («les très sincères adorateurs et très affectionnés serviteurs N.N.N.», t. 1, p. 12).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: «Nous savons que, dégagés du préjugé vulgaire qui semblait concentrer votre sexe dans les bornes étroites de l'économie du ménage, vous n'avez, Mesdames, nuls momens oisifs. La lecture solide, souvent même les sciences abstraites remplissent les vuides que laisse la bienséance. Tant d'occupations ou sérieuses ou galantes ne nous laissaient point d'intervalles. La Toilette nous a paru le seul tems favorable [...] Nous vous offrons une feuille périodique en forme de Lettres adressées à l'une d'entre vous qui [...] offrira une matière suffisante pour calmer les ennuis de la Toilette par des traits badins, amusants et souvent instructifs [...] Votre éducation nous permet de les rendre utiles en y insérant de tems à autre des dissertations littéraires que nous espérons rendre d'autant plus avantageuses qu'elles seront plus courtes» (Epître dédicatoire au beau sexe, t I). «A ces projets nous joindrons chaque mois un catalogue exact des Livres qui auront paru dans ces trois fertiles contrées pendant le cours du mois précédent [...] titres du livre [...] autant qu'il sera possible le nom véritable de l'auteur; le suffrage que les compatriotes ont porté de chaque ouvrage; quelquefois même le jugement que nous en formerons quand le goût national ne s'accordera pas avec celui du terroir; enfin les prix [...] Nous nous renfermerons dans les bornes de la modestie, sans ôter le sel de l'histoire [...] Nous en bannissons toute dissertation sur la religion et sur les affaires d'état. Ces points nous paraissent être de ceux dont parle Tacite, sur lesquels il est plus avantageux de garder un silence respectueux que de chercher à les pénétrer» (t. I, p. 9-10).

Contenu réel: quelques anecdotes au sujet du théâtre, de la cour, de la faiblesse du clergé («je ne puis toucher aux fautes que le clergé peut commettre sans sortir du respect dû aux Autels qu'ils desservent» (t. I, p. 217). On trouve très peu de nouvelles littéraires ou de comptes rendus de livres nouveaux. Les tables des matières montrent fidèlement le contenu frivole du journal, par exemple: t. 1, Femme anglaise qui oblige son époux à faire une pension à une de ses anciennes maîtresses (p. 69); Histoire hollandaise d'une fille qui, pour rompre ses fiançailles et épouser un autre, déclare qu'elle a eu un enfant (p. 81); Vengeance singulière d'une servante anglaise accusée par sa maîtresse d'un commerce avec son maître (p. 86); Histoire d'un Abbé mis en prison à Paris pour violence faite à une personne du sexe (p. 117); Dispense de Rome pour épouser une Tante (p. 212). T. II, Libations singulières faites à l'Amour sur un de ses autels publics (p. 110); Histoire française: effets funestes des divisions entre maris et femmes (p. 138); Avertissement par lequel l'Auteur apprend au public qu'il a trouvé le registre d'une matrone de La Haye, «contenant le nom de cent nonante filles enceintes qu'elle doit délivrer (p. 153)», etc.

Principaux auteurs cités: Boileau, Clément. Chaque tome comporte une table à la fin du volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Opéra, 718; B.L., PP 4410.

Bibliographie

Gelbart N., Féminine and Opposition Journalism in Old Régime France: «Le Journal des Dames», 1759-1778, Univ. of California Press, 1987.

Historique

Le but de ce journal paraît peu sérieux et son existence fut brève. «Un mot prononcé par vos belles bouches», écrivent les auteurs à leurs lectrices «en faveur ou contre nos productions, va en assurer ou renverser la fortune» (t. I, p. 8). Le premier tome est rempli de «lettres» qui nous montrent, soit que les auteurs se félicitaient eux-mêmes, soit que les lecteurs étaient vraiment contents au début. En effet ces «lettres» offrent des louanges assez indues: «Votre projet m'a paru révoltant [...] Quoi? me disais-je, un esprit hollandois à ma toilette? il prétend me raconter des nouvelles [...] et me forcer de convenir que la Hollande cultive les lettres et que ses sujets méritent une place dans le cercle des sçavants?» (t. I, p. 56). Une autre lectrice n'avait pas pris une assez bonne idée du journal; «lorsque vos feuilles en bannissant mes craintes, m'ont fait approuver votre projet [...] Oui, Monsieur, vous me paraissez un nouveau Spectateur, né pour l'utilité de la patrie» (t. I, p. 72). Et une autre lectrice encore remercie les auteurs pour un journal qui lui apprit «qu'une société de philosophes était réunie pour s'employer à notre instruction» (t. I, p. 77). Dans le deuxième tome on trouve un seul reproche: le journal n'a pas suffisamment de profondeur. L'auteur répond: «Oui, Madame, réjouissez-vous, nous nous disposons à remplir toutes les parties de notre premier plan. La frivolité ne sera plus l'unique aliment que nous vous présenterons. Le solide y suppléera, et nous tâcherons par la suite de mettre dans cet ouvrage une diversité en état de satisfaire à tous les goûts»; et «en particulier les historiettes seront précédées de dissertations littéraires et de remarques politiques» (t. II, p. 148-149). Malgré tant de promesses, les Amusements de la Toilette n'eurent qu'une existence brève.

Auteur

Titre indexé

AMUSEMENTS DE LA TOILETTE

Date indexée

1755
1756