LETTRES HISTORIQUES

0822
1692
1728

Titre(s)

Lettres historiques contenant ce qui se passe de plus important en Europe, et les réflexions nécessaires sur ce sujet.

Plus tard le sous-titre est modifié en: ... et les réflexions convenables à ce sujet.

Continué par les Mémoires historiques pour le siècle courant (1728-1742).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier 1692 – juin 1728. 73 volumes. Mensuel paraissant le 16 du mois d'après «Le libraire au lecteur».

Description de la collection

Chaque numéro est composé de 5 cahiers de 24 p., soit 120 p. au total. Volumes de 700 p. in-12, 70 x 135; un volume comporte six numéros mensuels à pagination continue. Plus tard, la répartition des livraisons peut être plus variable, allant de 100 à 148 p.

Devise (de l'éditeur Moetjens): Amat libraria curam.

Hors-texte pliants assez fréquents au début, figurant surtout des plans, flottes, etc., relatifs aux campagnes militaires.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

La Haye, Adrien Moetjens, marchand libraire près la Cour, à la Librairie française (1692-1711); puis à Amsterdam, chez Jacques Desbordes (juil. 1715), et ensuite chez la veuve de Jacques Desbordes (avril 1718).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

L'auteur initial, qui se déclare protestant et «Hollandais par inclination et par devoir, s'[il ne l'est] pas par naissance», n'a pas été identifié avec certitude. Barbier attribue le périodique à Basnage, J. Bernard, J. Dumont, et autres. Jean DUMONT (1666?-1727) aurait été, selon Lenglet-Dufresnoy, l'un des principaux rédacteurs de 1692 à 1710; cependant il n'est venu en Hollande qu'en août 1692 alors que les Lettres historiques débutent en janvier. Jacques BERNARD (1658-1718), théologien et pasteur né à Nyons et établi en Hollande, qui a travaillé à la Bibliothèque universelle et aux Nouvelles de la République des Lettres, n'aurait écrit que les vol. VII à XIV de 1695 à 1698. Henri Basnage de Beauval (1657-1710) affirme en février 1694 ne pas savoir l'identité de l'auteur «qui se cache avec grand soin» (Bots, p. 41), mais en décembre 1695, il déclare au contraire: «C'est M. Bernard qui est auteur des lettres historiques qu'on donne tous les mois à ce qu'on assure» (Bots, p. 108). Jean-Biaise DESROCHES-PARTHENAY (1690-1766), en lançant les Mémoires historiques pour le siècle courant, se donne sur la page de titre pour «l'auteur qui a ci-devant fait les Lettres Historiques»; il est «sans doute le seul auteur des derniers volumes, sans qu'on puisse dire où commence sa contribution» (D.P. 2).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

L'auteur annonce des nouvelles des «événements considérables» dans toute l'Europe, avec ses réflexions et celles qu'il recueille; des «pièces volantes qui regardent l'histoire» (traités de paix, déclarations de guerre, lettres d'ambassadeurs); les mariages, naissances et morts de «personnes distinguées»; batailles circonstanciées avec plans. Par contre, il s'occupera peu de la nature, des sciences, et des lettres, tous domaines déjà bien traités par d'autres. Chaque lettre traitera d'un seul pays à la fois et les sujets seront suivis de mois en mois. Avec le temps, le journal comporte de plus en plus de documents politiques.

L'auteur promet de la discrétion: «Toutes vérités ne sont pas bonnes à dire; il faut en supprimer quelques-unes tout à fait, et se contenter d'en faire sentir d'autres à demi-mot; tant pis pour ceux qui ne pénètrent pas» (vol. II, Avertissement). Tout en se réclamant d'un désintéressement exemplaire il rejette une neutralité affectée et se déclare partisan de deux valeurs primordiales: le patriotisme hollandais et le protestantisme. Cependant il promet de «parler avec respect de toutes les puissances de la terre, amies et ennemies», de même que des religions (vol. I, Dessein de l'auteur).

Le journal prend la forme de correspondances politiques et militaires: cinq à dix lettres sur des pays différents dans chaque livraison; mais au début le correspondant dans chaque cas est le même et toutes, au début, sont datées de L** (La Haye?). Plus tard, la revue prend l'aspect d'annales par correspondance.

Index alphabétique des matières à la fin de chaque volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., G 16188-16260. L'erreur attribuée à Barbier selon qui il existerait une collection en 111 vol. semble être due à Hatin; en fait il s'agit d'un ajout à la main fait dans un exemplaire de Barbier. On ne parviendrait à un tel chiffre (d'ailleurs inexact) qu'en comptant les volumes des Mémoires historiques qui en sont la continuation.

Bibliographie

B.H.C., p. 55; H.G.P., t. I, p. 149. – Bots H. et Van Lieshout L., Contribution à la connaissance des résaux d'information au début du XVIIIe siècle; Henri Basnage de Beauval et sa correspondance, Amsterdam et Maarssen, APA-Holland University Press, 1984, p. 41 et 108.

Titre indexé

LETTRES HISTORIQUES

Date indexée

1692
1693
1694
1695
1696
1697
1698
1699
1700
1701
1702
1703
1704
1705
1706
1707
1708
1709
1710
1711
1712
1713
1714
1715
1716
1717
1718
1719
1720
1721
1722
1723
1724
1725
1726
1727
1728

LETTRES HEBDOMADAIRES SUR LES MINÉRAUX

0821
1770

Titre(s)

Lettres hebdomadaires sur l'utilité des minéraux dans la société civile. Pour servir de suite aux Lettres sur les Animaux et les Végétaux.

Continué par: La Nature considérée sous ses différents aspects ou Lettres sur les animaux, les végétaux et les minéraux (1771-1778).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

6 janvier – 25 décembre 1770. Une lettre par semaine, tous les mardi, de 16 p. environ, et à pagination continue. Avec approbation datée du 30 janvier 1770 et privilège: celui-ci renvoie aux Lettres périodiques, curieuses... (voir cet article).

Description de la collection

52 lettres, formant deux tomes in-8° de 413 et 410 p.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, chez Durand neveu, rue Saint-Jacques, Il est indiqué à la fin du t. II que les souscriptions sont à renouveler chez Costard, libraire, rue Saint-Jean de Beauvais, qui est «chargé pour cette année [1771] et les suivantes de leur distribution».

Souscription: 14 £ l'année à Paris franc de port, 16 £ en province; et 10 £ 8 s. pour ceux qui le prendront chez l'imprimeur.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Pierre-Joseph BUCHOZ.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«Nous traitions dans ces lettres de ce qui peut avoir rapport à la minéralogie et à l'hydrologie, et des avantages qui résultent de l'une et de l'autre de ces sciences» (La Nature considérée, «Anecdotes de ce journal», 1780). Chaque lettre traite d'un sujet différent dans le domaine minéral: argiles et porcelaines, éléments chimiques, sels et fontaines, phénomènes géologiques. Elles consistent souvent en l'exposé sérieux mais non trop détaillé des conclusions générales d'un ouvrage scientifique dûment reconnu, plus ou moins dans la tradition de l'Encyclopédie.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., S 19977-19978.

Bibliographie

B.H.C., p. 37; D.P. 2, art. «Buchoz».

Historique

Comme l'indique le titre, ces Lettres hebdomadaires constituent une continuation des Lettres sur les végétaux, et sur les animaux, mais elles sont spécifiquement entées sur le privilège de celles-ci. Dès la lettre XLVII, on trouve cette notice: «Ces lettres périodiques sur les animaux, les végétaux et les minéraux, qui se continueront toujours chez Durand, libraire, rue S. Jacques, jusqu'au mois de janvier prochain, se trouveront réunies, pour le même temps, dans un seul et même corps d'ouvrage, sous le titre de La Nature considérée sous ses différents aspects. On souscrira chez Costard, libraire, rue S. Jean-de-Beauvais». L'année suivante, en effet, Buchoz réunira les trois entreprises sous le titre annoncé, pour composer une sorte d'encyclopédie de la nature qui sera rééditée sous des formes diverses.

Titre indexé

LETTRES HEBDOMADAIRES SUR LES MINÉRAUX

Date indexée

1770

LE JOURNAL FRANÇAIS

0734
1777
1778

Titre(s)

Le Journal Français, par Messieurs Palissot et Clément.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

15 janvier 1777 - 30 avril 1778; 4 volumes; bimensuel. Avec privilège (sans le texte). Prospectus en décembre 1776. Selon l'Avis du premier numéro, chaque numéro sera «composé d'un cahier de trois feuilles d'impression ordinaire», c'est-à-dire de 48 p., à paraître le 15 et le 30 de chaque mois. L'Avis annonce aussi un supplément tous les deux mois, qui fera connaître «la notice des édits, déclarations, lettres patentes, arrêts du conseil, etc.», fonction reprise au Journal de Verdun disparu en 1776.

Description de la collection

Quatre volumes trimestriels dont chacun contient 348 p., à savoir 8 numéros de 48 p., à pagination continue, format in-8°, 125 x 200. Vol. I-III (1777), n° 1-24; vol. I (1778), n° 1-8.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, Moutard, imprimeur-libraire de la Reine, de Madame et de Mme la comtesse d'Artois, rue des Mathurins, à l'Hôtel de Cluni. Souscription à 24 £ françaises; les numéros ne se vendent pas séparément (Avis, n° 24). La souscription aurait été de 900 environ la première année, puis serait tombée à 200 en 1778 (Mettra, t. VI, p. 198, 4 mai 1778).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Charles PALISSOT et Jean-Marie-Bernard CLÉMENT.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Lettres aux éditeurs, comptes rendus (souvent de longs résumés avec extraits), nouvelles et annonces littéraires. Le texte manifeste à maintes reprises l'obsession de Voltaire (la réputation de celui-ci étant plutôt ménagée) et des encyclopédistes. Une place importante est réservée aux œuvres sortant des presses de Moutard. Une feuille contenant la table et un catalogue des livres nouveaux parus chez Moutard, sans pagination, est ajoutée à chaque numéro.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 52121-52123 (1777); Z 52125 (1778): manque n° 3, et tous les suppléments bimensuels.

Bibliographie

Mettra, Correspondance secrète, politique et littéraire, Londres, John Adamson, 1787, t. IV, p. 57-58 et t. VI, p. 198); La Harpe, Correspondance littéraire,Paris, Migneret et Dupont, 1801, t. II, p. 40-41; Grimm, C.L., t. XI, p. 383-384; L'Année littéraire, 1776, t. VIII, p. 215-216; M.S., 12 déc. 1776. — Balcou J., Le Dossier Fréron, Saint-Brieuc, Presses Universitaires de Bretagne, 1975, p. 389-390. — Balcou J., Fréron contre les philosophes, Genève, Droz, 1975, p. 459. — Delafarge D., Vie et œuvres de Palissot, Hachette, 1912, p. 386-392.

Historique

Le 12 décembre 1776, Bachaumont annonce le nouveau périodique dans ces termes: «On répand encore le prospectus d'un Journal Français, par messieurs Palissot et Clément, qui, à les en croire, s'en sont trouvés chargés au moment où ils y pensaient le moins. Ce qui n'est pas plus aisé à persuader, c'est que la décence et l'impartialité en seront la base. Ils ne prennent point la plume pour critiquer, mais au contraire, pour venger les auteurs qui auront à se plaindre; nouveaux Ajax, ils offrent leur bouclier à quiconque voudra s'en couvrir. La fin de tout cela, c'est qu'ennemis jurés de la philosophie et des philosophes, ces messieurs se proposent de faire la contrepartie du successeur de Me Linguet; et comme celui-ci est absolument vendu au parti encyclopédique, ils en contrecarreront tous les jugements, ils en détruiront toutes les idoles. Tous deux ont du talent, et un assez grand fonds de méchanceté pour en bien nourrir leur journal; mais aucun n'a cette gaieté, cet art de l'ironie, que possédait si supérieurement Fréron.» Mettra suit les termes du prospectus: «Ils annoncent [...] que le gouvernement les avait invités à se charger de la rédaction de ce Journal qui avait pour titre, le Journal Français. Il s'élèvera sur les ruines du Journal de Verdun qui est supprimé» (C.S., t. IV, p. 57-58, 27 déc. 1776). Palissot confirme qu'il a été chargé de ce travail «par ordre du magistrat de la librairie» (Delafarge, p. 386). La Correspondance littéraire n'a pas non plus d'illusions sur le but de l'entreprise: «Ces messieurs ont assuré le public, dans leur prospectus, que la décence et l'impartialité présideraient à toutes leurs critiques. Le public en a de trop sûrs garants dans la comédie des Philosophes et dans les Lettres à M. de Voltaire, pour avoir aucun doute là-dessus; ainsi la bonhommie de ces messieurs n'a rien à craindre d'un engagement dont la sévérité eût peut-être écarté, dans toute autre circonstance, un grand nombre de souscripteurs» (t. XI, p. 383-384). La Harpe, qui est lui-même à partir de 1776 «le successeur de Linguet au Journal de Bruxelles » [le Journal de politique et de littérature], confirme que, selon le prospectus, le nouveau journal devait succéder au Journal de Verdun ;il souligne en même temps la collaboration malaisée qui semble s'annoncer entre les deux auteurs: «Il y a pourtant, dit-on, de grandes difficultés, parce que ces deux critiques sont absolument opposés l'un à l'autre sur plusieurs points essentiels, entre autres sur M. de Voltaire dont Palissot a toujours été l'admirateur, et que Clément fait profession de mépriser. Il en est de même de plusieurs autres écrivains sur lesquels ils ne s'accordent pas; mais on dit que ces deux messieurs travaillent ensemble comme Octave et Antoine sur les victimes qu'ils s'abandonneront réciproquement, et qu'ils dressent la table des proscriptions» (C.L., t. II, p. 40-41). Stanislas Fréron exprime la même défiance (A.L., 1776, t. VIII, p. 215-216). En effet, les préoccupations principales des deux rédacteurs semblent souvent se heurter. Clément par exemple manifeste à maintes reprises son hostilité à l'égard de Voltaire, que Palissot voudrait ménager, et celui-ci la sienne à l'égard de Marmontel, Dorat et surtout Fréron. Un «Précis historique de la vie de Fréron» suscite dès le début une riposte de son fils dans L'Année littéraire (1776, t. VII, p. 343-354), suivie peu après d'une autre contre-attaque (1776, t. VIII, p. 192-216); Palissot y répond en son propre nom (t. I, p. 169-86). «On dirait», dit Fréron, que les auteurs «se sont moins proposé pour objet l'examen des livres nouveaux, que la critique de L'Année littéraire» (1776, t. VIII, p. 192). Clément pour sa part attaque sans relâche «l'arrogante ostentation de certains philosophes charlatans» (t. III, p. 205), surtout dans le «Projet de réquisitoire ou de règlement sur la manière dont on pourrait traiter à l'avenir les esprit forts, soi-disant philosophes» où il dénonce «ce virus de la fausse philosophie» (t. I, p. 19). Palissot, qui s'efforçait peut-être de «ménager leur puissance et de rentrer en grâce auprès d'eux» (Delafarge, p. 391), dira que les critiques de Clément sont «sévères, et souvent exprimées d'une manière trop dure» (Œuvres, 1809, t. IV, p. 169).

«Faute d'une direction ferme, le Journal français n'éveilla que peu d'intérêt. Les comptes rendus de livres et les articles d'histoire y occupaient une place démesurée. Palissot notamment débita en petites tranches des études critiques sur les historiens du XVIe siècle qui fatiguèrent vite son public. [...] Egalement suspect aux partis adverses, le Journal français ne pouvait même pas compter sur l'appui des lettrés» (Delafarge, p. 386-387). Les difficultés de la revue sont avérées par un avis publié à la fin de la première année; il fait état des rumeurs qui courent sur sa cessation, répandues par «quelques écrivains que ce journal importune», et qui lui ont suscité «une foule de tracasseries obscures». Stanislas Fréron, sachant dès le 24 février suivant que le journal est menacé («Le journal de Palissot tombe de jour en jour»), s'en délecte et cite l'épigramme qu'il a lui-même faite en son honneur (Balcou, Dossier, p. 389). En effet les renouvellements ne viennent pas, selon Métra, qui écrit le 4 mai: «Le Journal français dont on attendait des merveilles à cause de la réputation des deux auteurs, Mrs. Palissot et Clément, qui sont très connus par leur critique sévère et maligne, n'a pu se soutenir malgré tous les efforts que ces aristarques ont faits pour être méchants. Il n'a plus que 200 souscripteurs, de 900 qu'il avait l'année dernière. Le Public est malin; il aime les méchancetés: mais il veut qu'on l'instruise, et le Journal français n'était rien moins qu'instructif. M. l'abbé Grosier, un des coopérateurs des feuilles de l'Année littéraire, entreprend de donner une nouvelle vie au défunt Journal français. Il sera seul chargé de sa rédaction, et le public espère que tout ce qui regarde l'histoire y sera bien traité: mais est-il bien propre à rendre compte des ouvrages de littérature et de poésie?» (C.S., t. VI, p. 198). Cela explique peut-être qu'aucune annonce spéciale n'accompagne le 8e et dernier numéro de 1778. Que cette tentative de sauvetage ait été pratiquée avant ou après ce moment précis, elle n'a en tout cas abouti à rien. Suite à la faillite de Lacombe au Mercure, Panckoucke réunira ces deux privilèges à ceux du Journal de littérature et de politique et du Journal des dames de Dorat, pour créer le nouveau Mercure de France (La Harpe, Corr. litt., t. II, p. 250-251).

Titre indexé

JOURNAL FRANÇAIS

Date indexée

1777
1778

HISTOIRE JOURNALIÈRE 1

0610
1652

Titre(s)

Histoire Journalière.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Trois numéros: n° 1, 5 – 8 sept. 1652; n° 2, 19 sept. – 2 oct. 1652; n° 3, 3 – 11 oct. 1652.«Ayant eu ordre de donner des avis au public de ce qui se passe, selon la vérité, qui depuis quelque temps ne paraît plus que déguisée, suivant la fantaisie de ceux qui la débitent, je tâcherai désormais d'y satisfaire toutes les semaines le plus exactement qu'il me sera possible.»

Description de la collection

« L'Histoire journalière se compose de trois pièces, toutes trois imprimées ou réimprimées à Pontoise, par Julien Courant; la première en 16 p., les deux autres en 8 p. chacune» (Moreau). Dans l'édition de Pontoise, toujours selon Moreau, le titre de la première partie est: Histoire journalière de ce qui s'est passé tant dedans que dehors le royaume, et celui de la troisième: Suite de l'Histoire journalière, contenant l'éloignement des troupes de monsieur le Prince des environs de la ville, ensemble le rétablissement de monsieur le maréchal de Lhospital, gouverneur de la ville de Paris. Il y aurait également de la première partie une édition de Paris «sur l'imprimé à Compiègne».

On ne possède qu'un seul numéro de l'édition de Compiègne, de 12 p. in-4°, 175 x 230 sans page de titre; il est daté du 5 septembre 1652.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Compiègne, par l'Imprimeur ordinaire du Roi.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Charles ROBINET DE SAINT-JEAN (env. 1608-1698). D'après Moreau, Robinet «n'a été toute sa vie qu'un gazetier»; le Mercure à sa mort l'a qualifié de conseiller historiographique du Roi.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Journal officiel né des conflits de 1652 et représentant la position du Roi, qui réside à Compiègne. Il s'agit de l'interdiction du Parlement de Paris, de sa translation à Pontoise, et des pourparlers menés par Condé, le duc d'Orléans, le duc d'Anville: conditions de cessation et de renvoi des troupes, d'amnistie, demande de passeports pour les représentants du Parlement et autres pour se rendre auprès du Roi, raisons du refus du Roi. Condé en particulier est accusé de vouloir à tout prix faire la guerre, si besoin est en s'alliant avec l'Angleterre et l'Espagne, en dépit de ses protestations de soumission. Le journaliste célèbre l'adresse, les qualités d'esprit et d'étude du jeune roi.

Nouvelles de Paris et de nombreuses autres villes françaises, ainsi que de Lisbonne, Venise, Vienne, Stockholm.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Lb37 3050 (un seul numéro sans page de titre).

Bibliographie

D.P. 2, art. «Robinet de Saint-Jean». – B.H.C.p. 16. – Moreau, t. II, p. 55-56.

Titre indexé

HISTOIRE JOURNALIÈRE 1

Date indexée

1652

GAZETTE LITTÉRAIRE DE L'EUROPE 2

0573
1764
1784

Titre(s)

Gazette Littéraire de l'Europe.

De 1764 à 1766, elle ne serait d'après Hatin qu'une réédition augmentée de la Gazette littéraire de l'Europe d'Arnaud et Suard (voir ce titre).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mars 1764 - mars 1784, une livraison de 240 p. par mois.

Description de la collection

120 vol., chacun comportant deux numéros mensuels de pagination continue. Chaque numéro comporte 240 p., 80 x 140 (15 cahiers de 16 p.) sans page de titre séparée.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam, E. Van Harrevelt, libraire dans le Kalverstraat, près le Diefjes-Steeg.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu du n° XCI (le seul que possède la B.N.): catalogue de livres nouveaux qui se trouvent chez E. Van Harrevelt, nécrologies, comptes rendus, relations de séances des Académies des sciences et de belles-lettres de Paris, mélanges: traductions, nouvelles anglaises et littéraires. Les numéros conservés à Philadelphie, d'après les indications données dans le National Union Catalog, témoignent du grand rôle joué par le débat sur l'Amérique dans les premières années suivant la discontinuation de la Gazette littéraire de Suard et Arnaud. Ils contiennent des extraits de nombreux ouvrages relatifs à l'Amérique: sur le gouvernement des Incas, l'histoire naturelle et politique de la Pennsylvanie, la description de Paraguay, l'histoire naturelle de la Guyane; les Recherches sur les Américains (de Cornélius de Pauw) occupent une partie de six numéros (août 1769 - janv. 1770); Lettre d'un fermier de Pennsylvanie (anonyme), Dissertation sur l'Amérique et les Américains (de Pernety), Expériences sur l'électricité par M. Franklin, l'Histoire générale de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique (anonyme), Voyages faits dans l'Amérique septentrionale (anonyme).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

La B.N. ne possède qu'un seul numéro, Z 49418 (t. XCI, n° 5, mai 1779). La British Library possède les vol. LXXXIX-CXVIII (1779-1783). La Philadelphia Public Library, d'après le National Union Catalog, possède une vingtaine de numéros datant de 1767 à 1771, contenant des extraits d'ouvrages qui traitent des colonies américaines et de la Pennsylvanie en particulier. Hatin mentionne une collection de 85 vol. à la bibliothèque d'Anvers (B.H.C., index, p. 627). Voir la notice précédente.

Bibliographie

B.H.C., p. 48; National union catalogue.

Historique

«La Gazette littéraire fut immédiatement contrefaite à Amsterdam. Une société de gens de lettres y commença dès 1764, sous le même titre, un recueil «contenant l'analyse et l'annonce de ce qu'offrent de plus pittoresque et de plus piquant les littératures française, anglaise, et allemande, avec les faits et anecdotes les plus intéressants». Cette publication n'était à l'origine que la réimpression du journal de Suard et Arnaud, augmentée cependant de plusieurs articles qui ne se trouvaient pas dans l'édition originale; mais elle s'est continuée jusqu'en 1784, et forme 120 vol. in-12» (B.H.C., p. 48). La Gazette littéraire de l'Europe de Suard fut en effet suspendue en mars 1766 au n° 30 (vol. VIII): l'organisation par volumes de la collection hollandaise n'était déjà plus la même, car la livraison de janvier 1767 en est alors au volume XVII. En fait la Gazette littéraire d'Amsterdam, à la différence de celle de Paris, ne compte que deux livraisons (mensuelles) par volume, le «n°» porté chaque fois ne correspondant qu'au mois de l'année (janvier étant toujours un «n° 1» et décembre un «n° 12»).

Additif

Historique: D’abord simple réimpression hollandaise de la Gazette littéraire de l’Europe parisienne, ce bimensuel s’en distingue à partir de 1766. Cette gazette, dont il existe une collection complète en 130 volumes à la Bibliothèque royale d’Amsterdam, a continué jusqu’en 1785.

Auteur additif

Titre indexé

GAZETTE LITTÉRAIRE DE L'EUROPE 2

Date indexée

1764
1765
1766
1767
1768
1769
1770
1771
1772
1773
1774
1775
1776
1777
1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785

GAZETTE DE LA HAYE

0512
1744
1790 ?

Titre(s)

Gazette de La Haye.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Trois livraisons par semaine, le lundi, le mercredi et le vendredi 156 ou 157 numéros par an. Numéros conservés pour le 24 mars 1744, pour les années 1745-1748, 1751, 1752, 1753, 1760, 1761, 1765, 1771-1778, 1785-1787.

Description de la collection

Chaque livraison est de 4 p. in-4°, 150 x 200. Des suppléments facultatifs de 2 p. s'en distinguent par un cadre typographique différent (impression sur longue ligne et non sur deux colonnes comme pour les numéros ordinaires).

Chaque numéro ordinaire porte en tête un emblème: deux lions flanquant un écu surmonté d'une couronne; l'écusson figure un héron ou une grue tenant dans son bec une anguille ou une salamandre.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A La Haye, par Anthoni de Groot à partir de 1755: par Stephanus de Groot; à partir de 1770: par Pierre Gosse junior et Pierre Gosse junior et fils.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Courrier politique, militaire, quelquefois économique, de toute l'Europe; documents officiels; annonces, surtout commerciales. Le supplément, fréquent en 1785-1787, est voué surtout aux documents, et divisé selon le besoin en plusieurs articles numérotés.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., M 10912-10915 (années 1772, 1785-1787); B.P.U. Genève, Gd 522; B.R. La Haye, 24 avril 1744, 25 oct. 1751, 9 nov. 1753, 2 avril 1745 – 30 déc. 1748 (série presque complète), 2 janv. 1771 – 30 déc. 1778 (série presque complète), B.U. Amsterdam, 4 févr. 1752, 27 avril 1761; A.M. La Haye, quelques numéros de 1751;  Musée de la Presse Néerlandaise à Amsterdam, 18 nov. 1748, 25 oct. 1751, 4 févr. 1752, 18 févr. 1760, 29 nov. 1765, 16 déc. 1765, 18 déc. 1772.

Bibliographie

B.H.C., p. 89; G.H., p. 166-168.

Historique

Dès le 1er mars 1744, Anthoni de Groot éditait à La Haye une gazette française. A la même époque, selon Hatin, les Du Breuil tentaient vainement de faire valoir leur privilège, qu'ils prétendaient exclusif, pour l'impression d'une gazette en langue française dans la province. Anthoni de Groot, puis Stephanus de Groot publiaient en même temps une gazette en langue néerlandaise, De 's-Gravenhaagsche Courant, dont le contenu n'est pas toujours identique à celui de la version française (renseignements fournis par O. Lankhorst).

Additif

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables: Une étude très minutieuse de Otto S. Lankhorst parue en 1992, «La Gazette de La Haye (1744-1790), cadette des premières gazettes néerlandaises», permet de confirmer et de compléter la notice de Philip Stewart. La ville de La Haye a connu dès 1667 une première gazette en langue française, publiée par Johannes Rammazeyn et parallèle à une édition en langue néerlandaise; il en subsiste un numéro, du 14 juillet 1667. Elle est suivie par l’Histoire journalière et véritable publiée en 1687 par Jean-François Du Four, puis de 1691 à 1711 (?) par Paul Acéré et Du Four (voir la notice de D.P. 1, n° 611 par H. Bots); la ville de La Haye possède en même temps un courantier attitré, Jacobus de Jongh, qui publie une gazette en langue néerlandaise, le ‘s Gravenhaegsche courant. Antoine de Groot, qui lui succède, publie parallèlement les deux gazettes, la gazette néerlandaise et la Gazette de La Haye, qui paraît à partir du 2 mars 1744: «Ce jour vient de paraître pour la première fois aussi bien en dedans qu’en dehors de la contrée où notre journal peut être acheté, une gazette haguenoise de langue française en grand quarto, laquelle sera distribuée régulièrement trois fois la semaine, le lundi, le mercredi et le vendredi» (‘s-Gravenhaegsche courant du 2 mars, trad. de O. Lankhorst). Le privilège de courantier est confirmé à Anthony (ou Antoine) de Groot le 30 septembre 1744, puis à son fils Étienne, qui en hérite en 1755 et qui l’exploite jusqu’à sa mort en 1770. Le privilège passe alors à Pierre Gosse et à son fils, Pierre Frédéric. Charles Milon rachète le privilège en 1788, mais sa gazette est suspendue le 1er juin 1790; elle n’a sans doute pas reparu. La Gazette de La Haye est contrôlée par les États de Hollande, qui font respecter l’obligation de respecter les souverains et les hauts personnages. La gazette française paraît en même temps que la gazette néerlandaise; les deux gazettes n’ont sans doute qu’un même bureau d’informations, et elles publient en partie les mêmes annonces; en 1745, Antoine de Groot recrute un journaliste capable d’écrire en néerlandais et en français. Les enquêtes de O. Lankhorst et de P. Rétat (voir R.G.E., p. 37-38) ont permis de repérer un ensemble de collections importantes: notamment les années 1772 et 1785-1787 (BnF), 1745-1748 et 1771-1778 (B.R. de La Haye), 1789-1790 (B. Palatine de Parme).

Bibliographie: Lankhorst, O.S., «La Gazette de La Haye (1744-1790), cadette des premières gazettes néerlandaises» dans Les Gazettes européennes de langue française (XVIe-XVIIe siècles), textes réunis par H. Duranton, C. Labrosse et P. Rétat, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1992, p. 51-64.

Auteur additif

Titre indexé

GAZETTE DE LA HAYE

Date indexée

1744
1745
1746
1747
1748
1749
1750
1751
1752
1753
1754
1755
1756
1757
1758
1759
1760
1761
1762
1763
1764
1765
1766
1767
1768
1769
1770
1771
1772
1773
1774
1775
1776
1777
1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785
1786
1787
1788
1789
1790

COURRIER DE LA PAIX

0276
1731
1732

Titre(s)

Courier de la Paix, Passetems utile et agréable.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1er janvier 1731-29 décembre 1732. Paraît les lundis et les jeudis.

Description de la collection

2 vol. de 103 et 105 numéros pour les années 1731 et 1732. Cahiers de 4 p. in-4°, 135 x 180

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

La Haye, A. Van Dolen ou Van Dole; puis (à partir du 9 juin 1732) chez H. Scheurleer, Nic. Zoon, demeurant dans le Vlamingstraat.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

J. de CŒUR.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

L'auteur cherche manifestement plus à divertir qu'à instruire, malgré des réflexions (toujours générales) sur de grandes questions d'Etat. Son Courrier tient de la «petite gazette» par les anecdotes, commentaires, vers (logogriphes, épitaphes plaisantes, madrigaux) et variétés amusantes (énigmes et questions). Rubriques: nouvelles, remarques curieuses, maximes militaires, petite gazette, avertissements.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Inst., 8°AA 304A.

Bibliographie

D.P. 2, art. «Cœur»; G.H., 188-189.

Historique

L'auteur, qui avait quitté la Quintessence en 1726, laisse entendre, dans les vers liminaires de son premier numéro de 1731, que ce Courrier avait connu une existence antérieure: «J'annonce pour chasser la tristesse et l'ennui, / Que ma défunte Courier ressuscite aujourd'hui».

La «paix» de 1730 est toute relative; pour la France, la naissance du dauphin en 1729 y contribuait quelque peu, mais beaucoup de tensions liées à des questions de succession ne seront réglées, et partiellement, qu'à Vienne en mars 1731. Cœur hésite d'ailleurs à trop miser sur la paix, et commentant son titre, définit ainsi le ton de ses réflexions: «J'avais résolu cette année de le changer [mon titre] en mettant le Courier de la Guerre au lieu de celui de la Paix, à cause de la situation critique des affaires; mais, comme depuis le Congrès de Cambrai, la manutention des traités a donné lieu à la fermentation que nous voyons dans les affaires d'aujourd'hui, j'ai eu lieu d'espérer que les choses changeraient encore de face; outre que ce n'est pas à moi à déclarer la guerre, lorsque tout est encore tranquille.»

Additif

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares: Exemplaires: La Haye, Koninklijke bibliotheek possède aussi les numéros 1-48 (1 janvier-15 juin) de l’année 1733 (3191 F 7).

Une traduction du Courrier de la paix a paru sus le titre de Vreedecourier ’s-Gravenhage, H. Scheurleer Nic. zoon, 23 septembre 1732 (n° 1) – 2 juin 1733 (n° 73). Sa publication le 1er mai fut annoncée pour la première fois le 14 avril 1732 dans le Courrier; entre le 5 mai et le 15 mai, un des articles du Courrier était un texte en néerlandais intitulé «Voorlooper van de Vreede Courier» [précurseur du Courier de la paix].

Auteur additif

Titre indexé

COURRIER DE LA PAIX

Date indexée

1731
1732

AVIS DIVERS

0134
1777
1778

Titre(s)

Avis divers.

A fait partie précédemment des Annonces, affiches et avis divers. Par la suite (22 déc. 1778), se fond dans les Annonces, affiches et avis divers (voir Affiches de Paris 3).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Tous les mardis et samedis, 4 janvier 1777 – décembre 1778. Le premier article sert de prospectus et annonce la forme et les conditions d'abonnement du journal.

Description de la collection

100 numéros par an, de pagination continue; chaque numéro compte 16 p. in-8°, 120 x 200. Présentation identique à celle des Annonces, affiches et avis divers.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris. Le Bureau des Affiches.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jean-Louis AUBERT (1731-1814).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Les «avis divers», jadis simple catégorie des Annonces, affiches et avis divers,forment pour un temps un journal autonome. Rubriques: agriculture, commerce (foires, prix des denrées, avis, navires et chargements, navires sous charge), sciences diverses (médecine, botanique, jurisprudence, histoire naturelle, physique, prix académiques, etc.), arts libéraux (poésie, roman, architecture, sculpture, spectacles, fêtes et cérémonies religieuses, etc.), arts mécaniques (inventions nouvelles, constructions), paiement des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris, cours des changes et effets commerçables.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., V 28577-28581.

Bibliographie

B.H.C., p. 19.

Historique

La création de ce journal, qui resta autonome moins de deux ans, fut provoquée par l'apparition du Journal de Paris et d'autres périodiques aux titres «usurpés»; le but était de «remplir en totalité l'objet du privilège» pour retirer toute légitimité au concurrent (qui fut effectivement suspendu provisoirement du 23 au 28 janvier 1777). «Ces considérations, qui ont été senties par le ministère, ont engagé le propriétaire du privilège des Annonces, affiches et avis divers à prendre son agrément pour mettre en activité tous les droits que renferme ce privilège». D'où l'expansion du journal, sa division en deux bihebdomadaires de 16 p. chacun. Comme l'abonnement se fait séparément, on insiste sur l'avantage, pour le lecteur, d'obtenir plus de pages pour le même prix; mais il ne recevra qu'un des deux journaux, à moins de s'abonner aux deux. Pendant ce temps, le nom se raccourcit en Annonces et affiches; mais l'expérience ne satisfait pas les nouveaux propriétaires, et les deux feuilles sont de nouveaux confondues à partir du 22 décembre.

Titre indexé

AVIS DIVERS

Date indexée

1777
1778

L'AVANT-COUREUR DES JOURNAUX

0131
1707

Titre(s)

L avantcoureur des Journaux Historiques et Politiques.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

On ne connaît de ce journal qu'un seul numéro, daté du mardi 21 juin 1707. Mais comme il porte le n° 49, on peut supposer qu'il datait du début de l'année, s'il paraissait deux fois par semaine comme c'est le cas de plusieurs gazettes hollandaises contemporaines.

Description de la collection

Format petit in-folio, une seule colonne de 110 mm sur une feuille 120 x 330.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Ce numéro contient le texte d'un accord concernant les privilèges à Genève (document «promis»), plus des nouvelles de Paris, de Londres, de Lisbonne et d'autres endroits, et une annonce d'un baume pharmaceutique.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., G 4296.

Titre indexé

AVANT-COUREUR DES JOURNAUX

Date indexée

1707

ANNALES POLITIQUES [DE MALLET DU PAN]

0115
1781
1783

Titre(s)

Annales politiques, civiles et littéraires du dix-huitième siècle ; ouvrage périodique, pour servir de suite aux Annales de M. Linguet.

Dès le début de 1782 le titre s'arrête à : «  ouvrage périodique ».

Devient en 1783 Mémoires historiques, politiques et littéraires sur l'état présent de l'Europe (15 mars 1783).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

30 avril 1781 - 30 août 1783. Bimensuel paraissant le 15 et le 30 de chaque mois (avec un hiatus de 4 mois, d'avril à août 1782).

La couverture en papier bleu-gris servant de page de titre est faite pour être enlevée à la reliure, car le titre courant enchaîne sans couture de numéro en numéro.

Description de la collection

6 vol. trimestriels de 514 à 546 p., format in-8°, 145 x 215, contenant chacun 8 numéros, chacun de 64 p. «  L'année complète est composée de vingt-quatre numéros franc de port, de quatre feuilles d'impression chacune » (couverture). Tables alphabétiques à la fin des t. II et III.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«  Londres » ou s. l., sans doute à Lausanne par la Société typographique ; parmi les adresses données sur la couverture figurent celle de Mallet Du Pan lui-même à Genève, la S.T. à Lausanne, ainsi que d'autres à Bâle, Turin, Paris, Hambourg, etc. Devise : Nec temerè, nec timide.

Souscription : 27 £ en Suisse, 30 £ pour les autres pays. Les numéros intitulés Mémoires ... portent «  Londres », sans devise.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jacques MALLET DU PAN.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«  C'est un Recueil vraiment libre, consacré à développer l'Histoire générale du siècle, dans sa Politique, la Législation et la Littérature, avec des réflexions. Tout ce qui peut caractériser les Moeurs, les Usages, l'Esprit, les Lois et les Evénements de notre Epoque, y sera consigné avec autant de franchise que d'impartialité ».

«  Au moyen des précautions qu'on a prises, et des Correspondances scrupuleuses, dont on a fait choix, la vérité trouvera dans cet ouvrage un asile fermé aux nouvelles infidèles ou douteuses, à la calomnie comme à la flatterie, et à toutes les personnalités » (couverture servant de prospectus).

Le journal donne d'ordinaire des nouvelles de différents pays (mais peu sur la France), avec quelques comptes rendus littéraires : «  Commentaire d'actualité politique et militaire des divers pays de l'Europe et de l'Amérique ; examen critique de problèmes législatifs, juridiques et judiciaires, financiers et commerciaux, ecclésiastiques et religieux, voire scientifiques, artistiques et techniques ; comptes rendus, parfois polémiques, d'ouvrages littéraires et historiques » (Candaux, p. 131-132).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., 8° Lc2 86 (manquent les 15 premiers numéros du t. I, tout le t. V et d'autres numéros) ; B.P.U. Genève, Gg 577 (manquent n°  13 et 23). Selon le National Union Catalogue (U.S.A.), des collections complètes existent à la Library of Congress, à l'University of Chicago et à Harvard University.

Bibliographie

H.G.P., t. I, p. 280, D.P. 2, art. «  Mallet Du Pan », «  Morsan ».

Le n°  25 (30 août 1782) fait allusion à une traduction faite à Florence, ainsi qu'à deux contrefaçons à Nantes et à Yverdun (p. 3-4). Les pages sur la Révolution genevoise de 1782 ont été rééditées en volume séparé sous le titre de : Tableau historique et politique de la dernière révolution de Genève (Candaux, p. 132). – Acomb F., Mallet Du Pan (1749-1800) : a career in political journalism, Durham, Duke University Press, 1973. – Candaux J. D., «  Les gazettes helvétiques », dans Couperus, p. 130-132.

Historique

Mallet Du Pan, genevois, collaborait comme Durey de Morsan aux Annales politiques, civiles et littéraires de Linguet, étant chargé en particulier de l'édition de Lausanne. En fonction de son accord avec Linguet (1778), il se supposait le droit de le remplacer s'il quittait le journal. Après l'embastillement de Linguet (27 sept. 1780), il annonce une continuation ou supplément, quitte à céder la place à Linguet au moment de sa libération : «  par respect pour ce célèbre écrivain, on ne fait aucun alliage de sa collection avec celle-ci, afin qu'un jour, il reprenne, si cela lui convient, son ouvrage au point où il l'a laissé » (t. I, p. 65). La couverture annonce : «  Cet ouvrage périodique est un Supplément plutôt qu'une continuation du célèbre Journal du même titre. Dans l'impuissance de le remplacer, on ne cherche qu'à occuper, sans se flatter de le remplir, l'intervalle de sa cessation ». Si Mallet laisse entendre l'autorisation au moins tacite de Linguet, il ne l'atteste pas non plus, et l'on ne peut guère dire si son procédé constitue une fraude ou non. Seul son premier numéro, dit explicitement Mallet Du Pan, est une version corrigée et augmentée du n°  72 suspendu de Linguet (t. I, p. 65). Toutefois, dès le début de 1782, il ôte de son titre l'expression : «  pour servir de suite aux Annales de M. Linguet ».

Bachaumont le traite d'usurpateur : «  Il y a toujours des gens habiles à succéder non seulement aux morts, mais même aux vivants, lorsqu'ils peuvent le faire avec impunité et sans réclamation. C'est ainsi qu'on voit à Genève MM. Mallet et Durey de Morsan continuer les Annales de Me Linguet. Ils se sont flattés sans doute que ce prisonnier ne paraîtrait pas de sitôt ; car, malgré les éloges qu'ils lui prodiguent, on ne croit pas qu'il se vît de bon œil remplacé par ces messieurs. [...] Cependant le sieur le Quesne désavoue cette entreprise au nom de son maître, et le nouveau journal de ces messieurs n'entre que furtivement en France » (Mémoires secrets, 20 août 1781). Mallet à son tour attaque Bachaumont dans le n°  9 des Annales (30 août 1782).

Malgré la disgrâce qui a provoqué son arrestation, Linguet avait joui d'une libre distribution de son journal par la poste de France. Espérant que, débarrassé de Linguet, il serait encore mieux accueilli, Mallet entreprend sans succès plusieurs démarches auprès de Vergennes. Il est d'autant plus contrarié que certains des associés de Linguet (comme Gosse et Lequesne) s'y opposent activement (Acomb, p. 130). On sent le dépit dans son Avis aux souscripteurs du n°  25 (t. IV, p. 3) : «  Cet ouvrage périodique, contrarié à sa naissance et dans son cours, interdit à Paris, librement distribué et accueilli dans les autres Etats de l'Europe où l'on s'est préservé de la licence et de la bassesse, et dont vingt-quatre Numéros ont attesté l'impartialité et la franchise, se continue dans le même esprit, mais avec une régularité et des secours vainement recherchés par l'Auteur au milieu des troubles de sa patrie. [...] On espère avoir donné jusqu'à ce jour l'exemple de la vérité poussée jusqu'au scrupule, et du courage à ne faire aucune acception de pays, de doctrines, de partis et de personnes. Rien ne fera départir l'Auteur de ces principes, sans lesquels on doit renoncer à peindre aux hommes le tableau de leurs faiblesses, de leurs malheurs, et de leurs opinions ».

Les «  troubles de sa patrie » interrompront la publication de son journal lors de l'occupation française de Genève (t. III, p. 408, 30 mars 1782). «  Rien n'étant changé depuis un mois dans la situation de Genève, et par conséquent dans celle de l'auteur », il continue d'écrire en promettant de finir le volume annuel, dont l'échéance est fin mars, avant le 15 juin, «  si néanmoins il me reste encore un Imprimeur » (t. III, p. 472, 15 avril) ; les n°  25-26 retardés donnent au lecteur son analyse de la situation genevoise. La remise des numéros complétant la souscription au 30 août sera «  la seule et dernière inexactude qu'il y aura dans les livraisons » (t. IV, p. 4).

Il est évident que Mallet tient à garder, et éventuellement à s'attacher les souscripteurs de Linguet. Il se montre dans ses pages moins flamboyant et personnel que Linguet, dont il évite l'antiphilosophisme strident. Antirévolutionnaire en général, il s'oppose à la faction républicaine à Genève et semble sympathiser avec les royalistes en Amérique. Il juge sévèrement les politiciens et généraux anglais, et critique longuement Hilliard d'Auberteuil (n°  27) pour ses trop enthousiastes Essais historiques et politiques sur la révolution de l'Amérique septentrionale (1782). Naturellement, il souhaite continuer à exploiter son legs avec la bénédiction de Linguet après l'élargissement de celui-ci (18 mars 1782) : «  En attendant qu'un changement dans ses intentions ou dans les circonstances permettent à mon éloquent prédécesseur de reprendre une lance dont le poids m'accable, je poursuivrai le cours de cette Histoire politique et littéraire du siècle, sans interruption. Trop heureux, si, pour m'en faire pardonner la faiblesse, je puis déterminer M. Linguet à glisser quelques-uns de ses diamants dans le magasin de mes guenilles » (t. II, p. 538, ajout daté du 10 juillet). Linguet de son côté espère sans doute pouvoir renouveler leur collaboration dans le sens inverse. Bachaumont s'en scandalise : «  M. Mallet Du Pan [...] avait entrepris de continuer les annales de M. Linguet durant sa détention ; même depuis son élargissement le successeur n'a point interrompu ; il a seulement annoncé avec emphase l'événement, en disant qu'il continuerait jusqu'à ce qu'il plût à l'auteur de reprendre ; et qu'au cas où M. Linguet renoncerait, il se flattait qu'il voudrait bien enrichir les feuilles du continuateur de quelques fragments précieux. Jusqu'à présent le premier journaliste n'a point réclamé, n'a rien dit, et sans doute M. Mallet prend ce silence pour une approbation, puisqu'il a publié des numéros même cette année, et depuis l'annonce de la gazette de Clèves [Courrier du Bas-Rhin] déjà citée et ancienne, étant du premier janvier 1783 » (Mémoires secrets, 8 févr. 1783).

Linguet reprend à Londres avec son t. X en février. Le 15 mars, Mallet abandonne le titre qu'il avait emprunté et intitule son journal : Mémoires historiques, politiques et littéraires sur l'état présent de l'Europe ; la page de titre dit tout simplement «  Londres », sans nom d'éditeur ni devise. En guise de justification, Mallet y donne un résumé de leurs rapports (t. V, p. 257 -259), affirmant qu'il a même offert de discontinuer. Ce qu'il fait, quelle qu'en soit la raison précise, à la fin de l'année de souscription ; il sera embauché par Panckoucke et ira travailler à Paris à la section politique du Mercure.

Titre indexé

ANNALES POLITIQUES [DE MALLET DU PAN]

Date indexée

1781
1782
1783