LE VÉRITABLE COURRIER BORDELAIS

1263
1650

Titre(s)

Le veritable courrier bordelois, ou Nouvelle tres-asseurée de tout ce qui s'est passé tant à Bourg qu'à Bordeaux, depuis le vingt-deuxiesme septembre jusques au vingt-septiesme, touchant les Articles de la Paix.

Description de la collection

Feuille de 4 p. datée de 1650, 145 x 205, in-4°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«Paris, Chez Sebastien Martin, ruë Sainct Jacques, à l'Enseigne S. Jean l'Evangeliste, devant les Mathurins».

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Enoncé des différents articles de la paix, avec les mesures particulières concernant MM. de Bouillon et La Rochefoucauld.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée : B.M. Bordeaux, PF. 4751/6 Rés. Autre collection : B.N., 4° Lb37 1621.

Bibliographie

Moreau, t. I-III, n° 3928.

Historique

Si nous mentionnons ici cette Feuille qui relève des mazarinades, c'est qu'elle ne semble pas sans rapport, comme le titre le laisse supposer, avec le Courrier Bourdelois de 1650 dont elle constitue peut-être un courrier concurrent. On est tenté d'ailleurs de rapprocher de cette Feuille une autre Feuille, 4 p., in-4°, parue chez Pierre Du Pont («ruë des sept-Voyes, devant Sainct Hilaire»), datée de 1650, intitulée Le véritable courrier apportant les nouvelles certaines de tout ce qui s'est faite [sic] et passé à Bourg et à Bordeaux, depuis le 27 septembre jusques au 5 octobre, concernant la Paix asseurée, et qui, si l'on se reporte à la date des événements relatés, est très précisément postérieure (B.M. Bordeaux, P.F. 1593/69 Rés.).

Titre indexé

VÉRITABLE COURRIER BORDELAIS

Date indexée

1650

LE VENDANGEUR

1262
1749
1750

Titre(s)

Le Vendangeur ou Recueil Choisi d'Evénements Rares et Singuliers, d'Aventures Galantes, de Nouvelles Secrètes et Publiques, de Morale, de Politique et de Littérature. Avec des Réflexions Libres et Instructives, Badines et Sérieuses, Critiques et Amusantes sur chaque Sujet. Pour servir à l'Histoire de nos jours.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

5 novembre 1749 – 5 août 1750. Un tome. Périodicité annoncée et réelle: hebdomadaire (tous les mercredis). 40 livraisons. Volume daté de 1750.

Description de la collection

Le volume est composé de 40 lettres. 338 p. (Avertissement du libraire, p. 1-2; Lettres I-XL, p. 3-328; Ode sur l'anniversaire de la naissance de Mgr le comte de Buren, p. 329-334; Catalogue des livres ou feuilles périodiques qui se trouvent chez A. Van Dole, p. 335-338).

Cahiers de 16 p., in-8°, 95 x 150.

Devise: Omne tulit Punctum, qui miscuit utile dulci / Lectorem delectando, pariterque monendo. Horat. de Art. Poet.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A La Haye, Chez Antoine Van Dole et Compagnie, libraire à l'Enseigne de Hugo Grotius. Le périodique est distribué à Amsterdam, chez Fr. Changuion, E. Ledet et Cie, T. Crayenschot; à Utrecht, chez C. Kribber; à Gouda, chez A. Endenberg; à Rotterdam, chez J.D. Beman et E. Hebert; à Leyde, chez C. Haak et J. Luzac Junior; à Dordrecht, chez Van Braam; à Delft, chez Boitet. Le prix de la feuille est de 1 sol et demi.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: «les matières politiques et littéraires, sérieuses et badines, galantes et critiques seront les vignes que je vendangerai» (Lettre I, p. 3).

Contenu réel: «nouvellisme» politique; affaires du Nord (Suède et Russie) et du Midi (Italie), tableau général de la situation critique de l'Europe de 1749-1750 (négociations, alliances, préparatifs d'armements), l'imposition du vingtième sur le clergé de France; éléments d'un traité de gouvernement; jugements littéraires sur des œuvres récentes; découvertes scientifiques et observations curieuses; quelques traits de mœurs et faits divers, quelques anecdotes galantes et pièces de vers.

Principaux centres d'intérêt: la réflexion politique sur les parties fondamentales d'un bon gouvernement (références à l'Esprit des lois);le combat contre l'ignorance, les préjugés, la tyrannie de l'usage en faveur des lumières (nature, raison, justice, liberté, notamment liberté d'expression); l'éloge de Frédéric II, celui de l'Angleterre et des Provinces Unies.

Principaux auteurs étudiés ou cités: d'Argens, Bolingbroke, Buffon, Fontenelle, Fougeret de Montbron, Mlle de Lussan, Marmontel, Montesquieu, Piron, Voltaire.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 8° B.L. 34786.

Bibliographie

Mentions dans Amsterdam,14 nov. 1749 et 10 févr. 1750. – Couperus, p. 194. – Holbrook W.C., «An unnoticed periodical, Le Vendangeur (1749-1750)», French review, t. XXXIII, 1960, p. 558-562.

Historique

Auteur d'ouvrages d'histoire et de politique qu'il publie ou anonymes ou sous le nom d'écrivains connus (cependant, l'année même du Vendangeur, paraît sous son nom L'Etat général et particulier du royaume et de la ville d'Alger qui n'est qu'un plagiat de L'Histoire du royaume d'Alger, 1725, de Laugier de Tassy), auteur de poésies également – telle l'Ode éditée à la fin du volume –, L. Le Roy recourt au procédé commode de la lettre: deux correspondants, l'un en Hollande, l'autre en France, sont censés adresser les nouvelles des villes où ils séjournent (Utrecht et La Haye, Paris), au libraire qui, selon la formule d'usage, prétend les donner telles qu'il les reçoit (Lettre XI, p. 89). Qu'elles s'ordonnent autour d'un seul thème (de préférence politique) ou qu'elles mêlent divers sujets, les lettres, qui peuvent d'ailleurs s'ouvrir à des correspondants secondaires, révèlent un journaliste soucieux «d'être utile à la société» (Lettre XXXVII, p. 304) et de plaire par cette «variété instructive» ordinairement recherchée dans «la lecture des feuilles littéraires» (Lettre XXVII, p. 217). Si l'on en croit l'Avertissement du libraire, Le Vendangeur aurait reçu du public «un accueil assez favorable» – ce qui expliquerait la réunion des cahiers en volume: «Quoique la nouveauté fasse tout le prix des ouvrages périodiques, celui-ci ne sera pas de ceux qui vieillissent avec le temps, puisque l'agréable et l'utile, dont l'auteur a su mêler les nuances avec art, sont de tous les âges et de toutes les saisons». Outre que Le Vendangeur n'est peut-être pas totalement exempt de cette liberté d'expression – «la preuve la plus démonstrative d'une véritable liberté dans tous les états libres» (Lettre XIV, p. 113) – que L. Le Roy reconnaît comme le privilège distinctif «des papiers hebdomadaires anglais» et de ceux des Provinces Unies, par opposition aux journaux des autres nations, de la France notamment, que retient le «despotisme» (Lettre XXXVII, p. 297-298).

A la fin de l'Avertissement, le libraire déclare devoir se taire sur les raisons qui ont entraîné l'interruption du périodique à la quarantième lettre. Mais, ajoute-t-il, «le public peut les ignorer sans rien rabattre de son estime pour le volume que nous lui présentons».

Additif

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares: BnF RES P-Z-1308, BM Reims CARNEGIE FE MAGASIN P 15425

Auteur additif

Titre indexé

VENDANGEUR

Date indexée

1749
1750

VARIÉTÉS LITTÉRAIRES

1258
1768
1769

Titre(s)

Variétés littéraires, ou Recueil de Pieces tant originales que traduites, concernant la Philosophie, la Littérature et les Arts.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1768-1769: quatre tomes. Il s'agit d'une collection d'extraits de périodiques.

Privilège du 17 novembre 1768 registré le 25 novembre 1768. Approbation datée du 1er octobre 1768 et signée de Rémond de Sainte-Albine.

T. I-III: 1768; t. IV: 1769.

Description de la collection

Chaque tome est composé de différentes pièces dont le nombre varie de 17 à 31.

T. I: 560 p.; t. II: 536 p.; t. III: 579 p.; t. IV: 590 p. Cahier de 24 p., 100 x 170, in-12.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Paris, chez Lacombe, libraire, quai de Conti.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

François ARNAUD et Jean-Baptiste-Antoine SUARD.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: recueil d'«excellents morceaux de poésie, de littérature, d'arts et de sciences» (pièces françaises et pièces traduites d'auteurs étrangers les plus célèbres) épars dans le Journal étranger et la Gazette littéraire, retouchés et auxquels sont jointes des pièces nouvelles (Avertissement du libraire).

Contenu réel: conforme au contenu annoncé; qu'il s'agisse d'articles issus des deux périodiques ou de morceaux nouveaux, on trouve, sous la forme de traductions ou d'extraits raisonnés, des poèmes, des histoires et des contes, des lettres et des discours, des essais et des dissertations, des pensées et des réflexions, des observations, des mémoires qui renvoient aux lettres, aux arts et aux sciences tels qu'ils sont cultivés en Angleterre surtout, mais aussi en Italie, en Allemagne et dans les pays du Nord.

Principaux centres d'intérêt: sélection d'articles remarqués dans deux périodiques importants; panorama de la littérature européenne (anglaise notamment), de ses beautés et de ses lumières, et suggestion des rapports et échanges entre les langues et littératures étrangères; traduction de textes poétiques non négligeables (Ossian traduit par Turgot, Gray par Mme Necker, poésies perses traduites par Suard...) ou de textes anciens (Dialogues de Lucien traduits par Morellet); valeur de certains développements (Eloge de Richardson de Diderot, Lettres sur les animaux de Pierre Charles Leroy...).

Principaux auteurs évoqués: anglais (Blair, Bolingbroke, Gray, Hume, Macpherson, Richardson, Rowe, Smolett, Young), italiens (Algarotti, Cocchi, Lampredi, Orsei), allemands (Moses, Winckelmann).

Table des différentes pièces contenues dans chaque tome, paginée ou non en tête ou à la fin des tomes.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collections étudiées: t. I, B.M. Toulouse; t. II-IV: B.M. Bordeaux (D. 41.312). Autre collection: B.M. Lyon, 402683.

Bibliographie

F.L., B.H.C.

Rééditions: 1770, Paris, Le Jay, 4 t., in-12 (B.M. Bordeaux, B. 10109). 1804, nouvelle édition corrigée et augmentée, Paris, Xhrouet, an XII-1804, 4 t., in-8° (B.M. Bordeaux, B. 10111).

Mention dans Mercure de France, janv. 1769, p. 127-129; Journal des beaux-arts et des sciences, mai 1769, art. XV, t. 268-281.

Historique

Rédacteurs principaux d'abord du Journal étranger (15 janv. 1760 – sept. 1762) qu'avaient naguère composé Prévost, Fréron... et qui tentait d'établir des échanges entre les nations et, par là, d'«étendre le génie naturel et limité de chaque peuple» (Garat, Mémoires historiques sur la vie de M. Suard, sur ses écrits et sur le XVIIIe siècle, Paris, Belin, t. I, 1820, p. 151), puis de la Gazette littéraire de l'Europe qui succéda au Journal étranger du 7 mars 1764 à février 1766, Suard et Arnaud, dont la collaboration amicale fut toujours féconde, recueillent en quatre volumes quelques-uns des morceaux les plus notables (piquants, curieux ou profonds et savants) de ces deux périodiques, à la demande de «plusieurs personnes» si l'on en croit l'approbation. «Fort supérieur» aux recueils du même genre par «l'importance des objets» et le goût qui y préside (Mercure de France, art. cité), l'ouvrage des Variétés littéraires a l'intérêt (d'autant qu'il contient des pièces nouvelles) de prolonger le retentissement et l'influence des deux journaux trop rapidement disparus en dépit de leur importance. A son tour, il a connu un succès aussi prompt que durable, comme en témoignent les rééditions de 1770 et 1804.

Titre indexé

VARIÉTÉS LITTÉRAIRES

Date indexée

1768
1769

THÉÂTRE DU SIÈCLE

1250
1739

Titre(s)

Théâtre du Siècle ou Goût moderne.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mars ou avril 1739 –?. Périodicité annoncée: mensuelle (le 1er de chaque mois). Sans doute n'y a-t-il eu qu'une seule livraison, non retrouvée.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Amsterdam, chez Louis Foubert. L. Foubert aurait fait imprimer 1500 exemplaires dont il aurait mis à compte une centaine chez ses confrères. Prix: 6 s.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

SAINT-QUENTIN.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Ce périodique semble avoir été essentiellement consacré à la critique des Lettres juives et notamment de la manière dont est représenté d'Argens dans le portrait gravé de l'édition de 1738. P. Paupie, P. Coste et Maupertuis y auraient été également pris à partie.

Bibliographie

Mentions dans Amsterdam, 10 mars 1739, et Lettres chinoises, éd. 1739-1740, t. I, Préface.

Historique

Ce que l'on sait de ce périodique vient surtout de d'Argens. Car le Théâtre du siècle doit être replacé dans le cadre de la polémique qu'ont suscitée les Lettres juives et leur incontestable succès. Selon d'Argens, «un certain aventurier nommé St. Quenen», pressé par le besoin, aurait «fait croire» à L. Foubert qu'en se livrant à la critique des Lettres juives, il lui ferait «faire une plus grande fortune que celle de Paupie». Vaine prétention... et d'Argens, dans la Préface des Lettres chinoises, ne manque pas de railler l'inepte contenu de cette «fade» «rapsodie».

Titre indexé

THÉÂTRE DU SIÈCLE

Date indexée

1739

TABLETTES DRAMATIQUES

1248
1752
1758

Titre(s)

Tablettes Dramatiques, contenant l'Abrégé de l'Histoire du Théâtre François, l'Etablissement des Théâtres à Paris, un Dictionnaire des Pièces, et l'Abrégé de l'Histoire des Auteurs et des Acteurs.

Supplément [...] pour les Années 1753 et 1754 contenant les Pièces nouvelles jouées, les pièces remises, les Débutans, les Anecdotes du Théâtre depuis le dernier Supplément, les Ballets, et les Auteurs du Théâtre, morts en 1753.

Supplément [...] pour les Années 1754 et 1755 contenant les Pièces nouvelles, les pièces remises, les pièces imprimées, les Débutans, les Anecdotes du Théâtre depuis le dernier Supplément, les Ballets, les Auteurs et les Acteurs du Théâtre, morts en 1754 et 1755.

Supplément [...] depuis la rentrée du Théâtre jusqu'à la clôture. Pour les Années 1755 et 1756. Contenant les Pièces nouvelles, les pièces remises, les pièces imprimées, les Débutans, les Anecdotes du Théâtre depuis le dernier Supplément et les Ballets.

Supplément [...] depuis la rentrée du Théâtre jusqu'à la clôture. Pour les Années 1756 et 1757 [1757 et 1758].Contenant les Pièces nouvelles, les pièces remises, les pièces imprimées, les Débutans, les Ballets, les Anecdotes du Théâtre depuis le dernier Supplément, et les morts des Auteurs et des Acteurs.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Avril 1752–avril 1758. Un volume. Privilège du 20 mars 1752. Périodicité annoncée: annuelle (les Suppléments devant être distribués chaque année «dans la quinzaine après Pâques»). Volume daté de 1752 auquel sont reliés les Suppléments de 1753 à 1758. 

Description de la collection

Le volume comprend les Tablettes dramatiques de 1752 (dont le contenu est précisé dans le titre) et 6 Suppléments de 8 p. chacun.P. I-XXII (Titre + Epître + Préface + Abrégé de l'Histoire du Théâtre François + Etablissement des Théâtres à Paris) + 244 p. (Dictionnaire du Théâtre François + Avertissement) + 88 p. (Auteurs + Avertissement + Acteurs + Avis + Corrections et Additions) + 48 p. (Suppléments en numérotation continue).Cahier de 16 p., in-8°, 105 x 165.   

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Paris, chez Sebastien Jorry, quai des Augustins, près le pont Saint-Michel, aux Cigognes (1752).En 1753, deux adresses supplémentaires: la veuve Pissot, quai de Conti, et Duchesne, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût.En 1754, le nom de la veuve Pissot disparaît. Il est, dans les Suppléments de 1755 à 1758, remplacé par celui de Lambert, rue de la Comédie-Française, au Parnasse.Le prix du vol. de 1752 est de 6 livres broché. Les Suppléments sont délivrés gratis à tous ceux qui ont acheté les Tablettes dramatiques. Ils sont vendus 12 s. à ceux qui veulent les avoir séparément.Les Tablettes dramatiques ont été tirées à 2000 exemplaires (Abrégé de l'Histoire du Théâtre François depuis son origine jusqu'au 1erjuin 1780, 1780, t. I, Avertissement).     

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Charles de Fieux, chevalier de MOUHY.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: après avoir eu le dessein d'envisager «tout ce qui a rapport au Théâtre», l'auteur s'est déterminé à ne parler que de la Comédie-Française (Préface).

Contenu réel: abrégé très succinct de l'histoire du Théâtre-Français; essai chronologique de l'établissement des théâtres à Paris; liste alphabétique des pièces du Théâtre-Français jouées ou imprimées depuis Jodelle en 1552 jusqu'en 1758, sous forme de tableau en cinq colonnes avec indication des noms de la pièce et de l'auteur, de l'année des représentations, de leur nombre et de l'année de l'édition; liste des pièces remises de 1752 à 1758; histoire abrégée des auteurs dramatiques (ordre alphabétique) et liste chronologique des acteurs de 1583 à 1758; annonce des morts de comédiens et auteurs (1753-1757); dates des ouvertures et clôtures du théâtre (1753-1758).

Centre d'intérêt: tentative d'une présentation synthétique grâce à un «genre d'impression» «contraire à l'usage» (Préface): recours au tableau qui permet de rassembler le maximum de renseignements dans un minimum d'espace.

Auteurs qui font l'objet d'une mention plus particulière: Destouches, Fontenelle, Laffichard, Nivelle de La Chaussée, François Parfaict, Louis Riccoboni.

Volume de 1752: table intégrée.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Yf 1742 (1) et (2).

Bibliographie

D.P. 2, art. «Mouhy».

J. de Trévoux, mai 1752, p. 1140 et oct. 1752, 2e vol., p. 2488; Bibliothèque impartiale, juil. -août 1752, t. VI, 1, p. 346; Lettres sur quelques écrits de ce temps, t. VI, 1752, Lettre III, p. 43-54.

Historique

Abandonnant la fiction pour la vérité, l'histoire pour le roman, Mouhy donne ici, pour reprendre les expressions de Fréron (art. cit.), «le premier fruit de ses travaux utiles». Dans la Préface, il souligne lui-même qu'il n'a pas épargné ses soins et ses peines, puisqu'il s'est reporté aux auteurs qui se sont déjà distingués en la matière, a consulté les connaisseurs (gens du monde et comédiens) et dépouillé les registre de la Comédie-Française. En quelques mois, le volume de 1752 est épuisé, et la presse semble l'avoir favorablement accueilli, même si elle relève d'inévitables erreurs, inexactitudes, méprises ou omissions. D'ailleurs Mouhy le premier souhaite qu'on les lui fasse connaître (cf. Préface) au cas où il procéderait à une réédition. Cette réédition, il la prévoit seulement pour le début de 1757, car il veut enrichir son Dictionnaire de toutes les pièces qui ont été imprimées quelqu'ignorées qu'elles soient. En attendant, afin de conserver à l'ouvrage «les avantages de la nouveauté», il donne, «à la rentrée du Théâtre», et jusqu'en 1758, un Supplément que Le Monnier le jeune, relieur rue Saint-Jean-de-Beauvais, place sans frais à la fin du volume de 1752. Les deux premiers Suppléments sont si vite enlevés qu'une réimpression est nécessaire. Aussi le troisième est-il tiré en deux fois plus d'exemplaires. Et Mouhy d'inviter les acquéreurs des Tablettes dramatiques à venir chercher sans tarder leurs Suppléments...

Cependant, en 1753, et avant que ne paraisse le premier Supplément, il tire des Tablettes, «pièces pour pièces et lignes pour lignes», le Répertoire de toutes les pièces restées au Théâtre François... Cet extrait, qui témoigne du succès de l'ouvrage de 1752, doit, par son petit format et son prix modique (24 s. relié, 15 broché), convenir «à tous ceux qui suivent le Théâtre François».

En 1754, dans l'Avis du deuxième Supplément, Mouhy annonce qu'un second tome des Tablettes dramatiques, relatif au Théâtre-Italien (la Préface de 1752 en faisait déjà état), est prêt à être mis sous presse depuis six mois, mais qu'il en retarde l'impression par égard pour François Parfaict dont cinq des sept volumes du Dictionnaire des théâtres ont paru.

Après avoir donné, en 1758, le sixième Supplément, il songe à rééditer les Tablettes. Mais le maréchal duc de Belle-Isle, ministre de la Guerre, le charge des «affaires secrètes» de ce département et lui demande de s'en occuper exclusivement. Après la mort du duc (1761), qui le laisse sans emploi, il reprend l'idée d'une réédition des Tablettes dramatiques. Cependant, le comte de Pont-de-Veyle, à qui il déclare devoir le succès de cet ouvrage, l'incite à étendre ses recherches et à mettre au jour un «corps complet» de l'Histoire du Théâtre-Français. Mouhy y travaille pendant sept ans. Retardée par diverses difficultés, l'impression de l'Abrégé de l'Histoire du Théâtre François depuis son origine jusqu'au 1erjuin de l'année 1780 (3 vol.) a finalement lieu en 1780.

Titre indexé

TABLETTES DRAMATIQUES

Date indexée

1752
1753
1754
1755
1756
1757
1758

LA RENOMMÉE LITTÉRAIRE

1190
1762
1763

Titre(s)

La Renommée littéraire, Nouvel ouvrage périodique.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1er décembre 1762–1er avril 1763. Deux tomes. Périodicité annoncée et réelle: bimensuelle (le 1er et le 15 du mois). Neuf livraisons. Les tomes ne sont pas datés.

Description de la collection

Le t. I comprend les 5 premières livraisons, le t. II les 4 dernières. Chaque livraison de 72 p. est composée de plusieurs articles. T. I: 360 p. (Avertissement + articles I-XVIII + Table); t. II: 288 p. (Avertissement + articles I-XV). Cahiers de 24 p., in-12, 90 x 163.

Devise: «Je loüe avec plaisir, et blame avec courage. Pope». Frontispice: la Renommée ailée avec ses deux trompettes (souvenir des vers de La Pucelle de Voltaire: «La Renommée a toujours deux trompettes», etc.); de la «trompette honnête», sortent plusieurs légendes portant les titres: L'esprit des lois, Vert Vert, Histoire nature, Alzire, La Métromanie (le t. II ajoute Atrée); les légendes qui sortent de la «trompette inférieure» portent, elles, les titres: Pièce dérobé (sic), l'Année littéraire, Epître à Minette, les Jérémiades, Caliste (dans le frontispice du t. II, l'Année littéraire et Caliste sont maintenus, mais, à la place des autres titres, on lit: Polixène Oper, Mes dix-neuf ans, le Roi des Pradons, Journal des dames, Ode de Sabat).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Paris chez Laurent Prault libraire quai des Augustins (t. I et II) près la rue Gille Cœur (t. I) et chez tous les libraires (t. II). Le prix de chaque cahier est de 12 s. La souscription, ouverte seulement pour l'année entière (cahier du 15 déc. 1763 compris), est de 15 £ pour Paris et de 19 £ 16 s. pour la province (18 £, selon l'Avertissement du t. II). Les souscripteurs sont invités à s'adresser soit à M. Dudéré de La Borde, ancien officier des grenadiers de France, rue du Cherche-Midi, soit à L. Prault, libraire, à la Source des Sciences, quai des Augustins (l'Avertissement du t. II ajoute: au sieur Cailleau, libraire à Saint-André, rue Saint-Jacques, vis-à-vis la rue des Mathurins et au sieur Dessain junior, quai des Augustins).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Ponce-Denis ÉCOUCHARD LE BRUN et Jean-Etienne LE BRUN DE GRANVILLE.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: «publier les bons et les mauvais ouvrages et rendre à chacun d'eux la justice qui leur est due». Le périodique ne se veut qu'un recueil «des observations sur le goût par rapport aux écrits modernes» (t. I, art. I, p. 6-7).

Contenu réel: analyses précises et suivies d'ouvrages récents essentiellement relatifs à la poésie et au théâtre; lettres diverses et pièces de vers (odes, épigrammes...).

Principaux centres d'intérêt: la polémique avec Fréron; la qualité de certaines analyses (à propos de la Poétique de Marmontel, par exemple, t. II, p. 73-139, 145-207, 269-288).

Principaux auteurs attaqués: Baculard d'Arnaud, Colardeau, Dorat, Fréron. Principaux auteurs loués: Boileau, Crébillon, Crébillon fils, Ponce-Denis Ecouchard Le Brun. Principaux auteurs appréciés avec réserves: Desmahis, Marmontel, Palissot de Montenoy, Poinsinet de Sivry, A.L. Thomas. Place particulière de Voltaire loué et déchiré à la fois.

Table intégrée au t. I. Le t. II n'a pas de table.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 8° H 26574 (1-2); Ars., 8° H 26575 (t. I); B.N., Z Beuchot 901 (1) (t. I); Zz 4054 (les 2 numéros de décembre 1762 et le 2e numéro de janvier 1763).

Bibliographie

B.H.C., p. 49; H.P.L.P., t. III, p. 64-76.

Mentions dans le Mercure de France (mars 1763, art. 2, p. 98), Grimm, C.L. (t. V, p. 213), M.S. (t. I, Londres, 1777, p. 173, 189 et 223). – Couperus, p. 200.

Historique

Attribuée, comme L'Ane littéraire (1761), tantôt à Jean-Etienne Le Brun de Granville, tantôt à Ponce-Denis Ecouchard Le Brun, La Renommée littéraire est vraisemblablement, comme L'Ane littéraire,le fruit de la collaboration des deux frères. Quoiqu'ils se refusent aux «promesses fastueuses» qui accompagnent d'ordinaire le lancement d'un journal et qui sont si rarement remplies, c'est bien cependant dans le noble dessein de juger «avec impartialité» et à l'appui de «règles» «sûres» (t. I, art. I, p. 5-6) que les auteurs de La Renommée littéraire recourent à la forme périodique. Forme pour laquelle ils ne cachent pas leur profond mépris (ils parlent d'«un misérable genre d'écrire», t. I, p. 7), mais, remarquent-ils, c'est «avec leurs propres armes» qu'il faut combattre «les partisans de l'erreur». Allusion évidente à Fréron et à ses «croupiers» – pour reprendre un mot de Voltaire (Best. D9888) – qui, ici, comme dans l'Ane littéraire,sont les cibles privilégiées de ceux qui se veulent les arbitres du goût et de la vérité et ambitionnent de faire... «un ouvrage périodique qui ne mérite pas ce nom» (t. I, art. XII, p. 226; cf. p. 6).

Dès le 26 décembre 1762, Bachaumont signale dans ses Mémoires ce nouveau journal. Il en apprécie le frontispice – l'idée est «gaie» et «judicieuse» – le style – «plein et naturel» – mais décèle un jugement qui n'est pas encore assez mûr ni totalement dégagé de préjugés. Un mois plus tard, le 30 janvier 1763, il précise quels en sont les auteurs (car La Renommée littéraire paraît anonyme): il s'agit de «Mrs. Le Brun», connus pour leurs démêlés antérieurs avec Fréron. Déjà, le 12 janvier, d'Alembert, écrivant à Voltaire, attribuait la paternité de cette «nouvelle feuille périodique» à «un certain Le Brun» à qui, ajoutait-il, «vous avez eu la bonté d'écrire une lettre de remerciements sur une mauvaise Ode qu'il vous avait adressée» (Best. D10906). D'Alembert, d'ailleurs, s'indigne de voir dans les premières livraisons, qui contiennent la «Réponse à l'Eloge de M. de Crébillon», Voltaire «assez maltraité». Et celui-ci, de son côté, exprime son étonnement, le 24 janvier, à Damilaville à qui il demande de lui envoyer «la petite feuille»:«est-il possible que Le Brun qui m'adressait de si belles Odes pour m'engager à prendre Mlle Corneille [...] ne soit qu'un petit perfide?» (Best. D10943). Le 1er février, il confie au même correspondant: «c'est une aventure assez comique que j'ai eue avec Pindare Le Brun en vous envoyant un paquet pour lui dans le temps que vous me dépêchiez ses rabâchages contre moi» (Best. D10974).

Désigné comme l'auteur du périodique, P.D. Ecouchard Le Brun n'a pas manqué de protester. Dans une lettre à «MM. les auteurs de La Renommée littéraire», insérée dans le numéro du 15 février – et suivie d'une réplique de la... direction! – il déclare fermement n'avoir «aucune part à ce Journal» (t. I, art. XII, p. 218). Il renouvelle sa déclaration dans une lettre «à l'auteur du Mercure», qui paraît dans le numéro de mars. Mais ces désaveux ont, en fait, valeur d'aveu, si l'on remarque, notamment dans la lettre publiée par La Renommée littéraire, la façon dont Le Brun vante «les critiques si justes» de cet ouvrage, sa «littérature si saine», son «impartialité si courageuse», et aussi la façon dont il semble relier la satire présente aux satires antérieures contre Fréron, Baculard d'Arnaud, Colardeau...: «il est vrai que je m'amusai, il y a deux ou trois ans, à relever, soit dans les vers, soit dans la prose de ces illustres Messieurs, des traits fort plaisants qui sont devenus des exemples ou des proverbes du ridicule» (p. 219).

Cependant, par-delà la continuité de la veine polémique exercée contre «l'imbécile» et l'«ignare feuilliste» (t. II, art. II, p. 23 et 34) de «l'Année prétendue littéraire» (t. II, p. 41), La Renommée littéraire se révèle moins infidèle que L'Ane littéraire à l'idéal défini du journaliste qui a des connaissances, du goût, qui sait rendre compte de ses jugements, bref qui est animé par le seul intérêt de la littérature (t. I, art. I, p. 8 et t. II, art. XV, p. 288). Le périodique a dû avoir un certain succès – mérité par la valeur même de plusieurs de ses analyses. En tout cas, il n'a pas été sans susciter de vives animosités qui ont entraîné sa disparition. On lit, en effet, dans les Mémoires secrets,à la date du 11 avril 1763: «La Renommée littéraire offusquant les divers libellistes qui courent la même carrière, ces petits auteurs se sont remués et ont engagé Le Journal des Savants à faire arrêter cet enfant bâtard. Il faut savoir que tous les autres doivent un tribut de cent écus à ce père des journaux. Mrs. Le Brun n'avaient point payé, en conséquence on a fait saisie et arrêt entre les mains des imprimeurs».

Titre indexé

RENOMMÉE LITTÉRAIRE

Date indexée

1762
1763

LE PHILANTHROPE

1119
1738
1739

Titre(s)

Le Philantrope.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Mars 1738–mars 1739. Deux tomes. Périodicité annoncée et réelle : hebdomadaire (tous les mercredis). Cinquante et une livraisons. T. I : 1738 ; t. II : 1739.

Description de la collection

T. I : Avertissement du Traducteur, 2 p. non numérotées + n° 1-25, p. 17-412 (chaque numéro étant de 16 p. sauf le 25e qui est de 12 p.) ; t II : n° 26-51, p. 1-412 (chaque numéro étant de 16 p. sauf le 51e qui est de 12 p.) + Avertissement du Libraire, 2 p. non numérotées.

Cahiers de 24 p., in-12, 95 x 148.

Devises : t. I (Phaed.), Suspicione si quis errabit sua, / Et rapiet ad se quod erit commune omnium, / Stulte nudabit animi conscientiam;   t. II (Hor.), Invidus, iracundus, iners, vinosus, amator, / Nemo adeo ferus est, ut non mitescere possit, / Si modo culturae patientem commodet aurem.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A La Haye, Chés Jean Martin Husson».

On trouve les feuilles du Philanthrope à Amsterdam chez Ryckof fils, à Leyde chez Luzac (t. I, n° 5, p. 96) et à Rotterdam chez Johnson, à Utrecht chez Jean Broedelet et chez les libraires des autres villes (t. I, n° 7, p. 128), tant en Hollande qu'ailleurs (t. I, n° 11 et suivants).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Elie BERTRAND.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé : si l'on s'en tient à l'Avertissement du Traducteur placé en tête du t. I qui, en septembre 1738, réunit les 25 premières livraisons (nous n'avons ni prospectus ni préface), il s'agit de pièces reçues de Londres qui, lorsqu'elles paraîtront moins bonnes, seront remplacées par les meilleurs des Discours du Spectateur universel.

Contenu réel : qu'il s'agisse d'extraits traduits des journaux anglais, qu'il s'agisse des morceaux composés par l'auteur du Philanthrope et des lettres qui sont censées lui être adressées, ou qu'il s'agisse de pièces de vers insérées, les thèmes abordés sont de différents ordres : politique (différend Espagne-Angleterre, affaires de Corse), économique (commerce et luxe), social (les classes : riches et pauvres, noblesse, sang et mérite, oisiveté et étude ; les générations ; la condition de la femme ; le mariage et les rapports entre époux ; la famille et les rapports entre parents et enfants ; l'éducation ; les modes ; la politesse et l'art de la conversation), moral, religieux (la Bible ; la prédication ; la satire de l'Eglise romaine ; l'opposition d'une religion aimable et pure et d'une religion rigide et superstitieuse), littéraire enfin (le métier d'auteur ; les imitations ; la lecture).

Principaux centres d'intérêt : le combat mené contre les ridicules, les défauts, les extravagances et les superstitions : la défense de la cause du sens commun, de la raison et de la mesure.

Principaux auteurs cités ou évoqués : parmi les Anglais, Addison, Glover, Mandeville, Milton, Morus ; parmi les Français, Bayle, Boileau, Gresset, Jurieu, Voltaire.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée : Ars., 8° S 2984 (1-2).

Autres collections : Ars., 8° S 2985 (1-2) ; Opéra, Pi 192 (les deux tomes en un volume) ; B.M. Aix, 12593.

Dans toutes ces collections, manquent les p. 1-16.

Bibliographie

Mention dans Amsterdam des mardis 17 et 31 mars 1739 et dans Gazette d'Utrecht, 19 et 26 mars, 2 avril 1739 ; Lettres chinoises,éd. 1751 (Lettre aux éditeurs du Journal helvétique,1er déc. 1740, p. XXX).

Historique

Présenté sous un titre qui délibérément s'oppose au titre du périodique de Van Effen (plusieurs allusions – t. I, n° 6, t. II, n° 42 et 47 – sont d'ailleurs faites au Misanthrope, le périodique d'Elie Bertrand se veut, loin des «tours singuliers» et des «phrases embarrassées avec art» de son correspondant antithétique, l'ouvrage «d'un homme véritablement animé d'une tendresse particulière pour le genre humain» (t. I, n° 13, p. 213). Désireux de corriger les défauts et les vices des hommes et de leur inspirer l'amour de la vertu, l'auteur, qui a étudié la théologie, puise dans les périodiques qui ont repris en Angleterre le propos moraliste du Spectator d'Addison, notamment Old Common Sense (1737-1739), Common Sense (1737-1743) et Universal Spectator (1728-1746) (des noms de collaborateurs de ces deux derniers journaux sont donnés au t. II, n° 47, p. 343). Quant aux morceaux ajoutés et mêlés aux extraits traduits, ils accompagnent et prolongent la réflexion morale des sources anglaises.

Il n'est pas impossible, comme le laissent entendre les lettres prétendument reçues et fidèlement publiées, que Le Philanthrope ait été lu avec plaisir. Du t. I au t. II, on est sensible au désir manifesté de rendre, par le choix des extraits, l'ouvrage encore plus agréable et plus utile, tout à fait «digne de l'attention des personnes de goût» (Avertissement, t. II). E. Bertrand ne cache pas d'ailleurs sa reconnaissance envers les lecteurs qui l'ont encouragé dans son louable projet d'«ami du genre humain» (t. I, n° 13, p. 223). Cependant, après la 51e livraison, la publication s'interrompt. L'Avertissement du libraire qui ouvre le t. II fait état de l'attitude du public plus empressé de recevoir de telles pièces par volumes que par feuilles et avance l'exemple du Spectateur et du Mentor qui ont paru en français précisément par volumes. Aussi est-ce selon ce mode de parution qu'une suite pourra être donnée «ou sous le même titre, ou sous un autre plus convenable aux matières qui y seront traitées». Mais aucune suite ne verra le jour. Nommé pasteur d'un village en 1739, E. Bertrand se consacrera désormais à ses activités évangéliques, tout en cultivant son goût pour l'étude des sciences naturelles.

Additif

Élie Bertrand contribue au Philanthrope, mais c'est son frère Jean Bertrand (1708-1777) qui semble en être le fondateur et le rédacteur principal. On le déduit d'une biographie manuscrite d'Élie, préparée par Frédéric Samuel Ostervald (1713-1795) et relue par le principal intéressé: "Il [Élie Bertrand] avoit fourni aussi quelques Pieces pour le Philantrope [une note précise: feuille périodique, hebdomadaire], que son frere Jean le second de la famille faisoit imprimer a la Haye chés Husson en 1738." (Frédéric Samuel Ostervald, "Memoire sur la vie de Monsieur Elie Bertrand", Lausanne, Bibliothèque cantonale et universitaire, Ms. hist. 860, p. 4.) Les deux frères, Élie et Jean, ont souvent été confondus par les historiens et les auteurs de dictionnaires. Voir aussi Marc Weidmann, "Un pasteur naturaliste du XVIIIe siècle. Élie Bertrand (1713-1797)", Revue historique vaudoise, vol. 94, 1986, p. 63-108.

Auteur additif

Titre indexé

PHILANTHROPE

Date indexée

1738
1739

PETITE BIBLIOTHÈQUE DES THÉÂTRES

1117
1783
1788

Titre(s)

Petite Bibliothèque des Théatres; contenant un Recueil des meilleures Pièces du Théatre François, Tragique, Comique, Lyrique et Bouffon, depuis l'origine des Spectacles en France, jusqu'à nos jours.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Septembre 1783 – fin 1788. 63 tomes. Privilège en date du 10 octobre 1783. Prospectus (6 p.) en date du 22 novembre 1783.

Périodicité annoncée: 1 vol. par mois, 12 vol. par an. Des retards ont pu se produire dans la livraison effective des volumes (le Mercure de France signale encore dans les premiers mois de 1789 la parution de certains tomes); mais les dates des volumes sont conformes à la périodicité prévue: 12 tomes datés de 1783-1784, 12 de 1785, etc. Aux 60 tomes, il convient d'ajouter 3 tomes d'Essais historiques sur l'origine et les progrès de l'art dramatique en France. De la Tragédie, qui appartiennent respectivement aux trois premières années de la collection et sont datés de 1784, 1785 et 1786 (en fait, le 3e volume a paru dans le courant de 1787).

Description de la collection

La collection est divisée par genres: Théâtre Français, Tragédies (17 t.) et Comédies (24 t.), Théâtre de l'Opéra (4 t.), Théâtre Italien, Comédies (6 t.) et Comédies lyriques, Opéras comiques... (4 t.), Petits Théâtres (5 t.). Chaque tome comprend plusieurs pièces et compte de 250 à 300 p.

In-18, 73-80 x 120-133.

Portraits gravés d'auteurs dramatiques. Musique gravée des airs d'ariettes et vaudevilles les plus jolis de pièces lyriques.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Paris, Au Bureau, rue des Moulins, butte Saint-Roch, n° 11. Chez Belin, libraire, rue Saint-Jacques, près Saint-Yves; Brunet, Libraire, rue de Marivaux, place du Théâtre Italien.

En 1783, le Bureau est établi maison de M. Richard, marchand tapissier. En 1787, il est précisé que toute correspondance doit être adressée au Directeur, rue Neuve des Petits-Champs, près la rue Richelieu; en 1788, l'adresse est rue de la Sourdière, n° 14.

Imprimeur: Valade.

Prix: le Prospectus prévoit que les pièces se vendront séparément 1 £ 4 s. et les volumes 4 £. Mais l'inconvénient est tôt senti de «décompléter» la collection et il est décidé qu'aucune pièce ni aucun volume ne sera détaché (Avis, t. I). Souscription pour l'année entière: en 1784, 33 £ pour Paris, 36 £ pour la province et les pays étrangers (exemplaires en papier carré fin de la manufacture royale du Sieur Réveillon). En 1787, est annoncée une augmentation du prix: 48 £ pour Paris comme pour la province. Un tirage sur papier velin est proposé aux «amateurs de belles éditions»: le prix est successivement de 54, 75 et 96 £.

Aux souscripteurs, les Essais historiques sont délivrés gratis, de même qu'un treizième volume annuel sous le titre d'Etrennes de Polymnie (voir notice).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jean BAUDRAIS et Thomas-Nicolas LE PRINCE.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: selon le Prospectus, il s'agit de rassembler les «richesses dramatiques» de la France «dans tous les genres» à l'intention notamment des provinciaux et de ceux qui passent une partie de l'année à la campagne et lisent ou jouent des ouvrages de théâtre. Chaque tome comprendra au moins deux pièces en cinq actes ou trois pièces en trois actes (d'où une quarantaine de pièces par an) et chaque pièce sera précédée de ce qui s'y rapporte: Préface, Epître, Avertissement, notice de la vie de l'auteur, sommaire de la pièce, jugements, anecdotes et représentations. Pourront être données, après un choix sévère, des pièces qui n'ont été ni représentées ni imprimées ou qui, ayant été représentées, n'ont jamais été imprimées.

Contenu réel: textes des pièces assortis des développements liminaires annoncés et se rapportant aux différents genres, de la tragédie aux «simples esquisses des tréteaux du Boulevard et de la Foire» (Avis, t. III) en passant par le théâtre lyrique.

Principaux centres d'intérêt: vue d'ensemble de la production dramatique française dans son évolution jusqu'à son «point de perfectionnement»; diversité des pièces proposées et notamment place faite aux «Petits Théâtres» (Grands Danseurs du Roi, Ambigu-Comique, Variétés amusantes); éditions de pièces récentes parfois non encore imprimées; éléments documentaires des textes de présentation.

Principaux auteurs évoqués: la plupart des dramaturges célèbres et moins célèbres des XVIIe et XVIIIe siècles. Du XVIIIe siècle, citons Allainval, Beaunoir, Belloy, Boindin, Boissy, Collé, Destouches, Dumaniant, Gresset, Guillemain, Hèle, La Harpe, Le Franc de Pompignan, Maillé de Marencourt, Mayeur de Saint-Paul, Piron, Poinsinet, Saurin, Vadé.

Table générale contenue dans le t. 5 des Petits Théâtres.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Ars., 8° B.L. 13.600 (1-74) (manque vol. 67); B.N., Yf. 4891-5154. Collection partielle: B.M. Bordeaux, B.7.049 et Double 8.626.

Bibliographie

Mention dans: Journal de Guyenne (23 juil., 14 nov., 27 déc. 1785, 22 sept., 31 déc. 1786, 4 sept. 1787), Mercure de France (8 mars, 3 et 31 mai, 13 sept., 27 déc. 1788, 17 janv., 7 mars, 18 avril 1789), Le Journal encyclopédique, 15 déc. 1785.

Selon Brunet (Manuel du libraire), l'éditeur aurait fait reparaître, au moins en partie, la collection en 1791 sous le titre Chefs-d'œuvre dramatiques.

Historique

Quoiqu'elle tienne du genre de la simple collection, la Petite Bibliothèque des théâtres a aussi quelque chose du «journal» dans la mesure où elle ne se contente pas de reprendre les chefs-d'œuvre du passé, mais jette également un regard sur l'actualité, soit qu'elle évoque les représentations récentes des pièces anciennes, les ouvrages récemment composés sur un thème anciennement traité (à propos du Cid, par exemple, la Chimène, tragédie en trois actes de N.F. Guillard) soit qu'elle imprime, parfois pour la première fois, des œuvres nouvelles et des succès contemporains, tel le Coriolan de La Harpe, inséré dans un tome de 1784 et représenté à Paris le 2 mars de cette même année, «une nouveauté», affirment les rédacteurs, «susceptible à tous égards d'exciter la curiosité». C'est notamment dans le cadre des «Petits Théâtres» que sont proposées des pièces qui viennent d'être écrites ou jouées, comédies proverbes, comédies épisodiques, mélodrames comiques... D'autre part, et sans parler des portraits nouvellement gravés qui ornent certains volumes (portraits de Du Ryer, de Longepierre...), soulignons que les notices liminaires font état de jugements portés sur la pièce et, par là, tendent à une sorte de revue de presse, exploitant des extraits périodiques récents tirés du Mercure de France, du Journal de Paris, des Affiches de Paris, de L'Année littéraire,du Journal de Nancy,de L'Almanach musical,du Journal de Guienne... N'oublions pas enfin que la collection est, chaque année, complétée par les Etrennes de Polymnie distribuées gratuitement aux souscripteurs et qui regroupent des chansons, romances, vaudevilles... «les plus agréables et de la plus grande nouveauté» (Nouvel avis, t. III). Que d'ailleurs cette Bibliothèque ait été considérée par les contemporains comme un «journal», nous en avons une preuve avec le Musée de Bordeaux qui présente, dans son salon de lecture, la Petite Bibliothèque des théâtres au milieu des autres journaux (B.M. Bordeaux, archives du Musée de Bordeaux, 829 I-XXII).

Dès la parution du premier volume en septembre 1783, et avant même que ne soit publié le Prospectus postérieur de deux mois, l'entreprise, pour laquelle un privilège a été accordé à Th.N. Le Prince, «inspecteur de la librairie près la Chambre Royale et Syndicale de Paris», est favorablement accueillie, les lecteurs s'empressant de se procurer le recueil tandis que les journalistes en parlent avantageusement. Et le succès ne semble pas s'être démenti: en 1788, le Mercure de France souligne un succès «aussi constant que mérité» et loue les rédacteurs pour leurs recherches faites avec soin. Réunissant l'agrément et l'utilité (des pièces rares ou épuisées sont reproduites), joignant ce qui peut «flatter les yeux» (qualité du papier, netteté des caractères, belle exécution...) et ce qui peut «intéresser et piquer la curiosité» (choix de pièces corrigées sur les éditions originales et comparées avec les éditions ultérieures) (Avis, t. I), la Petite Bibliothèque des théâtres répond bien, dans la succession de ses pièces imprimées séparément (le souscripteur a ainsi la possibilité de les relier à sa guise, par genre, par auteur...), à la conception chère au siècle de la bibliothèque «portative».

Titre indexé

PETITE BIBLIOTHÈQUE DES THÉÂTRES

Date indexée

1783
1784
1785
1786
1787
1788

LE PETIT ALMANACH DE NOS GRANDS HOMMES *

1113
1788
1790

Titre(s)

Le Petit Almanach de nos Grands-hommes.

 

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1788-1790. 2 volumes. Périodicité annoncée: annuelle. En fait, le volume «Pour l'année 1790» (daté de 1790) est essentiellement une reproduction du volume de 1788.

Description de la collection

Suite de notices classées par ordre alphabétique d'auteurs. Volume «Pour l'année 1788»: calendrier (non paginé) + Epître (3-6) + Préface (I-XIV) + 207 p.. Les éditions consultées comprennent en outre un Supplément avec Avertissement (p. 208-233) et des Errata (p. 234-236). Volume «Pour l'année 1790»: Préface (III-XIV) + Avis sur cette nouvelle édition (I-VII) + Epître (VIII-XI) + Post-Scriptum (XII) + 236 p., avec Supplément, Avertissement et Errata (voir infra, rubrique 8).

Volume 1788: cahier de 24 p., 95 x 160, in-12.

Devise: «Questi chi son, c'hanno cotanta honzanza / Che dal modo degli altri diparte?» Dante. «Quelle est cette foule d'esprits que la gloire / Distingue des autres enfants des Hommes?» IV Ch. de l'Enfer. Le Supplément a, lui, pour devise: «Plus on en loue,plus il s'en présente. Volt. Pauvre diable».

Illustration page de titre: des flammes s'élèvent sur un autel sur lequel est gravée l'inscription: Dis ignotis («Aux Dieux inconnus»).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Sans lieu de publication ni nom d'éditeur, de libraire, d'imprimeur.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Antoine de RIVAROL et Louis-Pierre-Quentin de Richebourg, marquis de CHAMPCENETZ.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: «répertoire de tous les hommes qui pullulent» ignorés «dans notre littérature», auteurs de pièces fugitives, d'opuscules légers, d'impromptus et de chansons parus dans «les recueils les moins connus, les musées les plus cachés, les sociétés les plus obscures de Paris» ou les journaux et affiches de la capitale et de la province (Préface). Il s'agit en évoquant les «petits auteurs» voués à l'oubli de constituer les «glorieuses archives de la renommée» (p. 202).

Contenu réel: dans le cadre de notices de longueur variable (plus longue est la notice, plus obscur est l'auteur), des éloges à valeur d'antiphrase et un ton de gravité qui n'est que jeu. Nomenclature d'auteurs de deuxième, troisième, quatrième... rayons dont certains cependant se révéleront ultérieurement non négligeables.

Centres d'intérêt: panorama de la «petite littérature» du temps; qualités d'esprit et de malignité d'un ouvrage piquant.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collections étudiées: 1788, B.M. Bordeaux, D.U. 23.302; 1790: B.N., 8° Lc36 2.F. Autres collections: 1788: B.N., 8° Lc36 2; Rés. Lc36 2 (1).

Bibliographie

Rééditions: – 1788, 236 p., s.l.; les pièces liminaires sont précédées d'un «Avis sur cette nouvelle édition ou Lettre d'adieu à nos Amis et Lecteurs» (II-VII) et suivies d'un Post- Scriptum (XII), B.M. Bordeaux, H 19592 (ces deux pièces sont reprises en 1790). – 1788, «nouvelle édition revue, corrigée et augmentée», 273 p., s.l. (des notices du Supplément sont insérées dans le corps de l'ouvrage), B.M. Bordeaux, H 5848. – 1808, Le Petit Almanach de nos Grands-hommes pour l'année 1788, suivi d'un grand nombre de pièces inédites par M. de Rivarol, Paris, L. Collin, XII + XII + 360 p., B.N., 8° Lc36 2.A (2e éd.: 8° Lc36 2.B).

Mention dans Correspondance littéraire, philosophique et critique, t. XV, p. 214-216 (févr. 1788). – Barbier, col. 838-839 (énumération des brochures suscitées par Le Petit Almanach). – Brulé A., «Un exemplaire cartonné du Petit Almanach de nos Grands Hommes», R.H.L.F., t. XXXVII, 1930, p. 229-230.

Historique

Entendant se rattacher, comme le titre l'indique, au genre de l'almanach, l'ouvrage semble vouloir se définir plaisamment par rapport (et par opposition) à l'Almanach royal invoqué dès l'Epître. Si, en effet, l'Almanach royal, «seul livre où se trouve la vérité», «donne la plus haute idée des ressources d'un état», Le Petit Almanach feint, lui, de vouloir donner la plus haute idée de la foule des petits auteurs inconnus. Conçu et exécuté par Rivarol aidé pour une part difficile à déterminer par Champcenetz et aussi, si l'on en croit la Correspondance littéraire, par le marquis de Créquy, publié sous le voile de l'anonyme, puis avoué par l'auteur, assorti, dès 1788, d'un Supplément distribué séparément en faveur des acquéreurs de la première édition, réédité et augmenté l'année même de sa parution (avec possibilité de notices substituées). Le Petit Almanach a, par sa force satirique et son ton de gaieté, attiré l'attention, suscitant l'éloge («rien de plus original et de plus gai», affirme la Correspondance littéraire, «depuis les satires de Swift et de Pope»), mais aussi l'animosité, la rancœur et l'hostilité, si nombreux sont ceux dont il se moque tout en affectant de vouloir les tirer de l'obscurité. Qualifié par Rivarol de «saturnales de la littérature», source de maints épigrammes et pamphlets composés sous des formes diverses (chansons, lettres, dialogues...), l'ouvrage a d'ailleurs été arrêté par la police de la librairie (Dialogue entre Candide et M. L'abbé *** touchant Le Petit Almanach de nos grands hommes) et l'Avis qui ouvre la nouvelle édition de 1788 se présente comme une «Lettre d'adieu» adressée aux «amis et lecteurs» et déplorant que la France, livrée à la philosophie d'Angleterre, ne sache plus rire... En mars 1789, la Correspondance littéraire annonce la parution du Petit Almanach de nos grandes femmes accompagné de quelques prédictions pour l'année 1789 (Londres) qui offre le même cadre que Le Petit Almanach de nos grands hommes, mais non le même esprit ni la même gaieté. La verve mordante et la malice du polémiste se retrouveront dans le Petit Dictionnaire des Grands hommes de la Révolution, publié en 1790 sous un titre qui n'est pas sans rappeler celui de 1788.

Titre indexé

PETIT ALMANACH DE NOS GRANDS HOMMES *

Date indexée

1788
1789
1790

LE PERROQUET

1112
1741

Titre(s)

Le Perroquet, ou Mélanges de diverses pièces intéressantes pour l'esprit et pour le cœur.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier-décembre 1741. Deux tomes.

Périodicité annoncée et réelle: hebdomadaire (voir annonce du n° 27). Cinquante-deux livraisons.

Les deux tomes sont datés de 1742. Dans l'édition de Munich, page de titre bicolore datée de 1742.

Description de la collection

Chaque tome comprend 26 livraisons (chaque livraison étant de 16 p.). T. I: 418 p. (+ Préface); t. II: p. 419-834 (+ table des matières).

Cahiers de 16 p. in-8°, 95 x 160.

Frontispice: dans le cadre d'un jardin à la française avec arcades, bassin et jet d'eau, un petit Amour, carquois au dos; devant lui, un perroquet; du bec de celui-ci sort un fil que tient l'Amour. Au bas du frontispice, on lit: «Toujours Badin. Rosler Fec. Fr.» (Michael Rössler, graveur de Francfort).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Francfort-sur-le-Main» chez François Varrentrapp. Chaque livraison ajoute «et dans les bureaux des postes de chaque ville».

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: recueil de pièces variées «tant en prose qu'en vers», d'où ne sont pas exclus des «morceaux de la belle littérature ancienne et moderne» et dont la lecture doit amuser et délasser, mais aussi instruire, car au «badin» se mêle quelquefois le «sérieux» (Préface, t. I).

Contenu réel: pièces de vers–odes (bachiques, anacréontiques...), épîtres, fables, sonnets, stances et petits genres (épigrammes, épitaphes, rondeaux, ballades, madrigaux, maximes en comparaisons); vaudevilles de la comédie ou de l'opéra-comique, airs à boire; lettres, anecdotes, dialogues, histoires et contes; réflexions tirées d'ouvrages ou de discours et relatives au théâtre, à la poésie, à la peinture, à l'histoire; traductions (vraies ou supposées), imitations, explications d'historiettes ou de poèmes tirés de l'Antiquité (d'Hérodote et Pausanias à Horace et Ovide).

Principaux centres d'intérêt: Eros et Bacchus; satire des mœurs et de la société, des ridicules et de la superstition, de la franc-maçonnerie, le tout sur un ton de badinage parfois assez libre...

Poètes publiés, entre autres: La Motte, Diderot (voir De Booy et Dawson), poètes latins et grecs en traduction, chansons (sans musique gravée, voir Préface, p. 4).

Auteurs cités: L. Riccoboni, Saint-Foix, Rudbeck, Mmes Deshoulières et Du Châtelet, Servandoni.

Articles intéressants: t. I, n° 1, 3, 4, 6, anecdote scandaleuse à l'Opéra de Paris; n° 14, 22, description de Francfort par un Français; n° 19-20, satire des «wolffiens»; n° 24-26, «Parallèle de la poésie et de la peinture»; t. II, n° 32, réflexions sur la carrière poétique comparée à des activités utiles (militaires ou commerciales); n° 40, «Eloge d'Arlequin» (en vers, sur Thomassin); n° 41, sur la pantomime; n° 45-46, une promenade aux Tuileries.

Table à la fin du t. II.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Bayerische Staatsbibliothek, Munich, 8° P.O. gall. 1657 (basane aux armes de Bavière, avec ex-libris gravé monogramme C.F.: «Bibliotheca Palatina»); Ars., 8° B.L. 34872 (1-2); 8° B.L. 34873 (1-2); Opéra, Pi 212 (ex-libris imprimé: «P.C. Marchant, Doctoris Medici Bisontini», et sur le titre, cachet: «L.T. Simon D.T.»); B.N., Ye 12433-12434 (t. I: Préface + livraisons I-XXIX + table non intégrée; t. II: livraisons XXX-LII); Z 57400-57401 (manquent les n° LI-LII); B.U. Halle (inc.); B.U. Rostock.

Bibliographie

Kirchner 1931, n° 623; Kirchner 1969, n° 5211. — Strauss B., La Culture française à Francfort au XVIIIe siècle,Paris, 1914, p. 35, 122, 207, 245-246. — Van Roosbroeck, «Diderot's earliest publication», Modem language notes, t. XXIX, 1924, pp. 504-505. — Couperus, p. 191. — De Booy J.-Th., Denis Diderot. Ecrits inconnus de jeunesse, Studies on Voltaire, t. CXIX, 1974, p. 47-55. — Dawson R.L., Baculard d'Arnaud: life and prose fiction, Studies on Voltaire, t. CXLI, 1976, p. 38-39, note 9.

Historique

Ouvert sur un poème où le Perroquet s'adresse au public et où il définit son dessein, le périodique, composé de pièces fugitives et qui devait reproduire la musique des chansons publiées (mais la promesse ne sera pas tenue), semble avoir été assez bien accueilli. Dans la 27e livraison, au moment où il aborde le second semestre, le Perroquet, s'adressant de nouveau au public, observe:

«Parce qu'il vous a plu d'applaudir

Avec beaucoup de complaisance

Ma manière de divertir,

Pourrais-je m'imposer silence?»

Quand le Journal littéraire d'Allemagne signale à l'attention de ses lecteurs l'existence de cette publication hebdomadaire, il parle d'«un agréable mélange de pièces». C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les feuilles sont ensuite rassemblées en volumes: «comme il a plu en détail», lit-on dans la Préface (t. I), «nous espérons que [le recueil] ne plaira pas moins en gros». Un troisième tome est du reste envisagé, mais qui serait donné «tout à la fois dans six mois».

Qui s'intéresse aux statuts de l'Ordre de la Malice fondé par une Dame de province (t. I, n° 5), à la mode des robes à paniers (t. I, n° 6) ou à l'histoire allégorique de la galanterie (t. I) y trouvera sa pâture. Petits vers, parmi lesquels on compte une première production de Diderot (Van Roosbroeck, De Booy), délicat féminisme (t. II, n° 46: éloge des femmes savantes) d'un «Perroquet» qui privilégie le sexe comme interlocuteur, historiettes françaises donnent au Perroquet, qui y puise d'ailleurs largement, un ton de Mercure alambiqué pour la clientèle germanique. Il y a, comme toujours dans ce type de périodique, fort peu de nouvelles d'intérêt local ou régional: quelques flatteries poétiques à l'endroit du roi de Prusse, une satire des «wolffiens», une polémique contre L'Espion turc de Francheville (t. I, Préface, p. 2). Le débat idéologique, souvent assez curieusement mêlé au badinage dans les journaux de son concurrent James de La Cour, reste ici très secondaire; à peine notera-t-on une réfutation de la notion d'animal-machine (t. I, n° 10) et un parallèle de l'utilité sociale du poète, du marchand et du militaire qui se conclut en faveur des deux derniers. La durée du périodique ne témoigne pas évidemment du succès qu'il espérait.

Titre indexé

PERROQUET

Date indexée

1741