MERCURE DE FRANCE 2

0925
1778
1791

Titre(s)

Mercure de France dédié au Roi, par une Société de gens de lettres, «contenant le Journal Politique des principaux événements de toutes les cours, les pièces fugitives nouvelles en vers et en prose; l'Annonce et l'Analyse des ouvrages nouveaux; les Inventions et Découvertes dans les Sciences et les Arts; les Spectacles; les causes célèbres, les Académies de Paris et des provinces; la Notice des Edits, Arrêts, les Avis particuliers, etc. etc.».

Devient en 1792: Mercure français, politique, historique et littéraire.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Privilège daté du 12 juin 1778, avec effet depuis le 1er juin, pour 25 ans et 1 mois. Prospectus de juillet 1778 ( Journal des savants, p. 503-505). Périodicité décadaire de juin 1778 à juin 1779: les 5, 15 et 25 de chaque mois (jusqu'en décembre 1792), puis hebdomadaire de juillet 1779 à octobre 1791.

Description de la collection

A partir de 1778, le M.F. comprend deux parties: la partie littéraire traditionnelle et la partie politique, paginée séparément (de même que celle du Journal de Bruxelles) et intitulée successivement: Journal politique de Bruxelles (juin 1778-nov. 1789), Mercure historique et politique de Bruxelles (déc. 1789-oct. 1790) puis Mercure historique et politique.

En 1782, le Journal de la librairie est incorporé au M.F. et imprimé sur la couverture. A une date inconnue est incorporée la Gazette des tribunaux. Divers Suppléments au M.F. ont paru: – en janvier 1780, Supplément aux nouvelles de Londres, paginé séparément à la fin du journal politique; – en novembre 1781, Journal des opérations de l'armée de Rochambeau, paginé séparément de 1 à 12 à la fin du journal politique; – en 1786, Prospectus et avis de la librairie (en fait, il s'agit de nouvelles publicitaires payantes).

De 1778 à 1791, le format du M.F. reste in-12; chaque numéro compte entre 4 et 6 feuilles. En 1778-1779, lorsqu'il paraît tous les 10 jours, la pagination est continue pour la partie littéraire et la partie politique; chaque numéro a sa table, qui paraît au revers de la page de titre. De 1779 à 1791, lorsqu'il est hebdomadaire, chaque numéro a 48 p. et la table est à la fin de la partie littéraire; la table des matières du mois écoulé paraît au revers de la page de titre du premier numéro du mois suivant.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Imprimeurs successifs: de juin 1778 à octobre 1783, Michel Lambert, rue de la Harpe, près Saint-Côme, associé à J.F. Baudoin de septembre 1782 à sept. 1784. D'octobre 1787 à juillet 1789, Moutard, rue des Mathurins, Hôtel de Cluny. De juillet 1789 à mai 1790, Stoupe, rue de la Harpe. De 1790 à 1794, Moutard.Bureau de souscription: à l'Hôtel de Thou, rue des Poitevins à Paris. Le directeur de Bureau est Guth. Quelques variantes s'ajoutent à cette adresse immuable: en 1779, on signale la possibilité de souscrire chez les principaux libraires, auprès des directeurs des Postes. En 1793 apparaîtront les bureaux de souscription à l'étranger et en province. Prix des souscriptions: en 1778, 24 £ pour Paris, 32 £ pour la province; en 1779, 30 £ pour Paris, 32 £ pour la province; en 1789, 30 £ pour Paris, 33 £ pour la province; en 1791, 30 £ pour Paris, 36 £ pour les départements.Nombre des souscripteurs: 1800 en juin 1778; 6500 en juillet 1778; 7000 en 1779; 20 000 en 1783; 11 000 en 1788; 15 000 en 1789; 8500 en 1792.    

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Charles-Joseph PANCKOUCKE.

Auteurs de juin 1778 à août 1792: une équipe permanente composée par DUBOIS-FONTANELLE et son successeur MALLET DU PAN pour la partie politique, puis LA HARPE, IMBERT, DORAT, BERQUIN, DAUBENTON, BUCQUET, MACQUER, RÉMY, GUYOT, BAUDEAU, SUARD. Apparaissent aussi: Garat, Marmontel, Lalande, Chamfort, Lacretelle, Framery, Naigeon, Condorcet, Rabaud Saint-Etienne, Genêt, chacun ayant des attributions précises.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Désormais, le M.F. est mixte, politique et littéraire. La partie littéraire traditionnelle est maintenue avec «les pièces fugitives, les nouvelles en vers et en prose; l'annonce et l'analyse des ouvrages nouveaux; les inventions et découvertes dans les Sciences et dans les Arts; les spectacles, les causes célèbres, les Académies de Paris et de province; les notices des Edits, Arrêts; les Avis particuliers etc... etc...». Il faut ajouter à ces rubriques générales d'autres rubriques telles que: almanachs, géographie, bienfaisance, variétés, inventions utiles, établissements nouveaux, anecdotes, tables. Une partie politique est ajoutée par Panckoucke; elle est identique au Journal de Bruxelles et comporte essentiellement le résumé des gazettes étrangères, mais aussi «plusieurs faits inédits», grâce à des correspondances particulières. Panckoucke se vante d'insérer «sous l'article de Bruxelles, les nouvelles les plus piquantes et les plus fraîches», sans parler, une fois l'an, du tableau rétrospectif de politique européenne.

Si la partie littéraire se met au goût du jour, elle le fait beaucoup plus en manifestant son intérêt pour les matières à la mode: législation, finances, pédagogie, histoire naturelle et agriculture, découverte géographique du monde, qu'en combattant pour la défense des Lumières voltairiennes ou rousseauistes. La partie politique passe du fait divers et de l'anecdote avec Dubois-Fontanelle, à l'information et à la critique des relations internationales, étayées par des informations d'ordre scientifique avec Mallet Du Pan. Les «nouvelles de Londres» sont fournies par Genêt.

En 1789, il s'agit de présenter de front les arguments contraires, chaque citoyen devant consulter sa raison et non celle du journaliste; la mission du journaliste est d'abord d'informer. La partie politique rend compte des débats des assemblées (Assemblée nationale puis Convention), donnant à la politique française la primauté; elle offre son tableau annuel de politique européenne et rapporte les discussions sur l'organisation constitutionnelle. Durant la Révolution, la partie littéraire est réduite, parce que jugée moins importante en ces années difficiles; demeurent cependant les pièces fugitives, le conte moral, les charades, énigmes et logogryphes, les annonces de livres, les spectacles. On observe alors une divergence entre la partie politique et la partie littéraire. Au point de vue politique, avec Mallet Du Pan, le M.F. est monarchien; il dénonce les excès du gouvernement représentatif en France; il est contre les factions plus que contre la guerre extérieure, il est contre l'œuvre institutionnelle des assemblées (Déclaration des Droits, liberté de la presse), il est contre Brissot, Cloots, Condorcet. La partie littéraire est beaucoup moins conservatrice. Les sujets abordés sont en grande majorité d'ordre politique; ils traitent de la souveraineté du peuple, de la liberté, mais aussi de l'éducation, de la presse, du divorce; des poésies célèbrent La Fayette et Necker.

 

Bibliographie

H.G.P., p. 215 et suiv.; H.P.L.P.; t. I, p. 431; D.P. 2, art. «Panckoucke».

Journal des savants, juil. 1778, p. 503-504; Mercure de France, 28 août 1779, p. 71-72 et 185; 5 déc. 1789, p. 61-66; Moniteur universel, 14 oct. 1876. – Courcel G. de, «Mémoire historique sur le Mercure de France Bulletin du bibliophile, 1902, 1903. – Daspit de Saint Amand, «Le Mercure de France sous la direction de Panckoucke», Moniteur du bibliophile, t. II, 1879. – Tucoo-Chala S., Charles-Joseph Panckoucke et la Librairie française, 1736-1798, Pau, Marrimpouey et Paris, Touzot, 1975.

Historique

En mai 1778, Panckoucke devient propriétaire du privilège du Mercure de France dédié au Roi. En juin 1778, Vergennes, ministre des Affaires étrangères, concède pour 25 ans à C.J. Panckoucke «le privilège exclusif et les Brevets des journaux politiques». Désormais, sous la surveillance de l'Etat et des censeurs, Panckoucke monopolise toutes les nouvelles politiques et les autres journaux politiques lui doivent redevance. Sont réunis successivement au Mercure: en 1778, le Journal de politique et de littérature, le Journal des dames, le Journal de Bruxelles (qui devient, dans le M.F. le Journal politique de Bruxelles qui, paraissant tous les dix jours, correspond à la partie politique du M.F.), le Journal français, le Journal des théâtres, le «Journal» des Affaires d'Angleterre et d'Amérique (qui devient dans le M.F. le «précis des gazettes anglaises»); en 1782, le Journal de la librairie; à une date inconnue, la Gazette des tribunaux; en 1784, le Journal historique et politique de Genève, qui devient semblable au Journal politique de Bruxelles déjà inséré dans le M.F. En 1786 est inséré un Supplément contenant les Prospectus et avis particuliers de la librairie.

Titre indexé

MERCURE DE FRANCE 2

Date indexée

1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785
1786
1787
1788
1789
1790
1791

JOURNAL HISTORIQUE ET POLITIQUE 3

0754
1772
1792

Titre(s)

Journal historique et politique des principaux événements des différentes Cours de l'Europe (1772-1784, mais déjà en 1777, dans un Avertissement, il est appelé Journal historique et politique de Genève).

Devient de 1784 à 1789: Journal historique et politique par M. Mallet Du Pan l'aîné (mais en janvier 1784 et octobre 1784, il porte le titre de Journal historique et politique de Genève).

Puis de 1789 à 1792: Journal de Genève.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

10 octobre 1772-29 décembre 1792. 79 volumes selon Hatin (B.H.C.), 83 selon A. Martin et G. Walter.

Privilège: 1er juillet 1772, donné à Ch. J. PANCKOUCKE par le duc d'Aiguillon. Date du Prospectus: août 1772.

Périodicité annoncée correspondant à la période réelle; 1772-1778: 3 fois par mois, le 10, 20 et 30 de chaque mois; 1778: hebdomadaire.

Le Journal de Genève paye une redevance au gouvernement. Il est sous la surveillance du Directeur général de la Gazette de France.

Description de la collection

Le format est le plus souvent in-12, parfois in-16. Les prospectus de 1773, puis de 1777 annoncent que le Journal de Genève est composé de 36 cahiers par an, chacun de 60 p. (2 feuilles 1/2). En 1779 il ne comporte que 2 feuilles, mais, à partir de 1784, époque où est incorporée la Gazette de littérature, des sciences et des arts, il est augmenté d'une demi-feuille. En août 1789, cette rubrique disparaît et les numéros ne comportent qu'une cinquantaine de pages auxquelles s'ajoutent (paginés séparément) des Suppléments contenant les Prospectus et Avis de la librairie, le «Supplément à l'article de Paris et aux Nouvelles étrangères». En 1790, les numéros comportent 70 p. environ. En 1772, la pagination est renouvelée à chaque numéro et, en 1774, elle est continue pour chaque volume.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Lieu de publication mentionné: Genève, mais en fait le journal est rédigé et imprimé à Paris. Si le nom de l'éditeur n'apparaît pas, il s'agit en fait de Ch. J. Panckoucke.

Jusqu'en 1778, le bureau de souscription se trouve chez Lacombe, rue Christine à Paris, et par la suite, rue de Tournon près le Luxembourg.

L'abonnement à partir de 1778 se fait, pour la France, chez Michel Lambert, rue de la Harpe, chez les directeurs des Postes et libraires de France; pour la Suisse, chez Barthélémi Chirol, libraire à Genève.

Le bureau de correspondance du journal, de 1784 à 1788 se trouve chez Mallet Du Pan, 3 rue de Tournon à Paris.

L'impression du journal est à la charge de Panckoucke ainsi que la diffusion. A partir de 1778 elle est à celle de Michel Lambert. L'envoi du journal se fait, en 1779, tous les samedis.

Le nombre des abonnés passe de 4800 en 1780 à 8550 en 1783.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Le fondateur du Journal de Genève est Ch. J. PANCKOUCKE qui demeure gestionnaire jusqu'en 1778. Le 28 août 1776, Panckoucke et J. Lacombe signent une convention avec Jean ROUSSEAU, «rédacteur» du journal, afin de l'associer au bénéfice produit par les souscriptions; des modifications sont apportées à cette convention le 5 septembre 1778 et le 30 novembre 1780 (voir D.P. 2, art. Rousseau). On ne sait quand Rousseau entra dans la rédaction ni quand il en sortit.

Les censeurs ont été: Hénin, Rayneval, Suard.

Collaborateurs réguliers: de 1778 à 1784 Jean-Gaspard Dubois-Fontanelle pour la partie politique et littéraire; de 1789 à 1792 Jacques Peuchet rédige la partie politique seulement.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: dès 1772, le journal se veut le rapporteur du «Spectacle des événements publics» et des faits, grâce à une «correspondance sûre [...] les rectifier souvent, éclairer les bruits encore douteux, supprimer ceux que l'événement aura démentis et suppléer aux omissions». Le but du fondateur étant de «former avec le temps une espèce d'histoire générale [...] de toutes les puissances de l'Europe». Le Journal de Genève se veut encore «La Gazette générale la plus complète [...] Les mémoires les plus détaillés du temps présent».

Lorsqu'en 1784, Panckoucke introduit une partie littéraire, celle-ci est divisée en 6 parties: «La première comprendra un article de sciences, arts et industries. La seconde, sous le titre de nouvelles littéraires, comprendra l'extrait, l'analyse des livres nouveaux. La troisième division traitera des spectacles et des pièces nouvelles qui auront eu du succès... La quatrième comprendra l'extrait des papiers étrangers de différentes langues... La cinquième sera composée d'un article des causes célèbres... La sixième renfermera une notice des livres nouveaux, de la musique, des estampes, etc.» (n° 1, 1er juil. 1785).

Contenu réel: outre les nouvelles politiques générales, le journal comprend, une fois par an, une analyse de la situation politique européenne résumée dans un tableau qui reflète l'évolution du journalisme au XVIIIe siècle.

Il faut noter l'augmentation sensible des nouvelles françaises à partir de l'année 1789, l'introduction d'un Journal de l'Assemblée nationale. En 1789, la partie littéraire comporte des poésies, des nouvelles littéraires, des variétés, des annonces.

En mars 1784, la partie politique du Journal de Genève devient semblable au Journal politique de Bruxelles, déjà identique à la partie politique du Mercure de France depuis 1778.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., 8° Lc2 74-76; Ste G., HJj 44 (12°); AE J 8° 1925-1929; Triangle 8° 66 902; Inst, 8° S.425; Ic: 10 745; cf: 180 665 et 181 129.

Bibliographie

H.P.L.P., p. 296-297; H.G.P., p. 219, 296-297; D.P. 2, art. «Panckoucke».

Journal des savants, 2 déc. 1772, p. 879; Mercure de France, janv. 1774, p. 124; janv. 1776, p. 140; sept. 1776, p. 142; 25 nov. 1778. – Birn R., «Le Journal encyclopédique et l'ancien régime», Studies on Voltaire, t. XXIV, 1963, p. 219 et suiv. – Martin A. et Walter G., Catalogue de l'histoire de la Révolution française, t. V, p. 347. – Tucoo-Chala S., Ch. J. Panckoucke et la librairie française, 1736-1799, Pau et Paris, 1975.

Titre indexé

JOURNAL HISTORIQUE ET POLITIQUE 3

Date indexée

1772
1773
1774
1775
1776
1777
1778
1779
1780
1781
1782
1783
1784
1785
1786
1787
1788
1789
1790
1791
1792