N° 0090

L'AMI DES ENFANTS (1782-1783)

Titre(s)

L'Ami des enfants. Morale [en sous-titre]. Continué par L'Ami de l'adolescence.

Revue mensuelle, janvier 1782 - décembre 1783. Privilège du 7 septembre 1782, Prospectus de janvier 1782. Les numéros sont numérotés et datés.

Description de la collection

Les livraisons mensuelles sont reliées par deux; il y a donc eu 6 volumes pour 1782, 6 pour 1783, et au total, 24 numéros; chaque volume compte 288 p., un seul en compte 320. Cahiers de 12 p., format in-12, 85 x 130.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris, Pissot et Th. Barrois, libraires, quai des Augustins, de janvier à mai 1782; puis, de juin à septembre 1782, Pissot, quai des Augustins, et Barrois, rue de Hurepoix; en octobre le nom des libraires disparaît. L'adresse est au Bureau du journal, rue de l'Université, à l'angle de la rue du Bac. Imprimerie de la veuve Thiboust.

«La souscription est de 13 £ 4 sous pour Paris, et de 16 £ 4 sous pour la province. Les professeurs des collèges, les maîtres et maîtresses de pension et les libraires de Paris ou de la province qui prendront 12 souscriptions auront, outre la remise d'1 £ 4 sous par souscription, la 13e gratis».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Arnaud BERQUIN. A partir de novembre 1782, quand le nom des éditeurs disparaît, M. LE PRINCE est mentionné comme directeur.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

«Cet ouvrage a le double objet d'amuser les Enfans, et de les porter naturellement à la vertu, en ne l'offrant jamais à leurs yeux que sous les traits les plus aimables. Au lieu de ces fictions extravagantes et de ce merveilleux bizarre dans lesquels on a si long tems égaré leur imagination, on ne leur présente ici que des aventures dont ils peuvent être témoins chaque jour dans leur famille. Les sentimens qu'on cherche à leur inspirer ne sont point au-dessus des forces de leur âme: on ne les met en scène qu'avec eux-mêmes, leurs parens, les compagnons de leurs jeux, les domestiques qui les entourent, les animaux dont la vue leur est familière. C'est dans leur langage simple et naïf qu'ils s'expriment. [...] Il y aura dans tous les Volumes un petit Drame, dont les principaux personnages seront les Enfans, afin de pouvoir leur faire acquérir de bonne heure une contenance assurée, des grâces dans leurs gestes et dans leur maintien, et une manière aisée de s'énoncer en Public ... «(Prospectus inséré en janvier 1782).

On trouve dans l'Ami des enfants des histoires morales, des dialogues, des drames en un, deux ou trois actes, des poèmes, l'objectif étant toujours l'éducation enfantine. L'auteur le plus utilisé est Weisse: «II a paru sous le même titre un ouvrage de M. Weisse, l'un des plus célèbres Poètes de l'Allemagne. On en tirera des morceaux choisis, ainsi que des ouvrages de MM. Campe et Salzman» (Prospectus); le nom de Schummel est également cité.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Réserve, p. R. 984 (relié aux armes de Marie-Antoinette). La B.N. possède de très nombreuses rééditions de l'Ami des enfants, ainsi que des abrégés, des recueils de contes tirés du journal et des traductions, qui attestent l'immense succès de la revue de Berquin.

Bibliographie

Caspard-Karydis P. et Chambon A., La Presse d'éducation et d'enseignement, XVIIIe siècle - 1940, Paris, C.N.R.S., 1981, t. 1. – Carrière J. M., «Berquin's adaptation from English periodical literature», Philological quarterly, 1934, p. 248-260. – «Berquin's adaptations from German dramatic literature», Studies in philology, 1935, p. 608-617; – «A French adaptation of Thomas Day's Sanford and Merton», Modem language notes, 1935, p. 238-242; – «Notes on A. Berquin's adaptations from English poetry», Romanic review, t. XXVI, 1935, p. 335-340: – «An unpublished letter of Arnaud Berquin», Modem language notes, 1943, p. 200-202. – Martin A., «Notes sur L'Ami des enfants de Berquin et la littérature enfantine en France aux alentours de 1780», Dix- huitième siècle, t. VI, 1974, p. 299-308. – Escarpit D., Arnaud Berquin. 1747-1791. Bicentenaire de l'Ami des enfants, Pessac, 1983. – Genton F., «Arnaud Berquin (1747-1791) et l'influence des auteurs de langue allemande sur la littérature enfantine française à la fin du XVIIIe siècle», Révolution, Restauration et les jeunes. 1789-1848. Ecrits et images, colloque de Metz (5-7 décembre 1986), Paris, Didier Erudition, 1989, p. 47-73.

Historique

Arnaud Berquin avait derrière lui une longue carrière de traducteur et d'adaptateur quand il entreprit L'Ami des enfants. Cet ouvrage était présenté dès le Prospectus comme un recueil de traductions, et le titre de la publication était lui-même inspiré du Kinderfreund de Weisse (24 vol. publiés de 1776 à 1782). Comme Weisse et ses prédécesseurs, notamment Pfeffel, auteur des Dramatische Kinderspiele (1769), Berquin donne la primauté aux ouvrages dramatiques pour enfants. Ces pièces historiques tirées de l'histoire grecque, latine ou anglaise, ainsi que ces petites comédies morales et ces proverbes étaient considérés traditionnellement comme le plus efficace des moyens pédagogiques. L'Ami des enfants est donc en premier lieu une entreprise de traduction et d'adaptation. Berquin fréquente un cercle de lecture allemand de la rue Saint-Jacques, dirigé par A.-C. Friedel, lecteur de la reine Marie-Antoinette et éditeur en France du Nouveau Théâtre allemand (12 vol. publiés de 1782 à 1785); il emploie au Bureau de l'Ami des enfants Nicolas de Bonneville, collaborateur de Friedel. II commande les textes originaux à Strasbourg ou directement aux éditeurs allemands. Selon les principes habituels de la traduction en France, il adapte les textes allemands ou anglais au bon goût et à la politesse des salons français, il en atténue la sévérité, il leur donne un caractère plus «éclairé». Cette entreprise connut un succès immédiat: dès le début de 1783, Berquin pouvait installer sa propre maison d'édition, le Bureau de l'Ami des Enfants. Berquin ne fut certainement pas le premier des écrivains à se préoccuper des enfants, mais il fut le plus célèbre, au point d'éclipser la gloire de ceux qu'il avait traduits. Devenu au XIXe siècle, par le fait de la réaction impériale et de la Restauration, le maître à penser des familles bourgeoises, L'Ami des enfants connut un très grand nombre de rééditions et apparut comme une parfaite représentation de la vie familiale sous l'ancien régime (renseignements transmis par Gisela et François Genton).

Auteur

Pénélope CASPARD-KARYDIS

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