N° 0242

CORRESPONDANCE POLITIQUE SUR LES AFFAIRES PRÉSENTES (1782)

Titre(s)

Correspondance politique sur les affaires présentes de la Hollande. Feuille périodique pour servir à l'histoire de ce siècle. T.I.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1782. Hebdomadaire, non daté; un volume couvrant 6 mois à partir du 15 octobre 1781 (Avis, p. 132).

Description de la collection

26 numéros à pagination continue; 430 p. 16 p. par cahier et par livraison, 177 x 199, in-8°.

Devise: «Je ne sers ni Baal ni le Dieu d'Israël».

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Amsterdam. Sans nom d'éditeur, 1782.

Abonnement de 10 florins pour 52 numéros en 2 vol., pris chez les principaux libraires hollandais, et à Emmerich, Francfort, Berlin, Hambourg, Vienne et «Maseyck».

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Journal de polémique assez vive, née des débats de la politique intérieure hollandaise et de ses ramifications internationales. A l'occasion, le rédacteur intitule cyniquement sa livraison: «Chevilles» (n° 4) ou «Remplissage» (n° 2).

Art. à relever sur les journalistes étrangers et la langue française (n° 5).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Bayerische Staatsbibliothek, Munich, 8° Belg. 51 (manquent p. 185-200 et 431-432); vol. relié aux armes de Bavière, tomé «I» au dos.

Bibliographie

Courrier du Bas-Rhin, 1781 (n° 94), 1782 (n° 1); Gazette d'Amsterdam, 7 déc. 1781. – Couperus, p. 207. – G.H., p. 208.

Historique

La Correspondance politique eut une existence difficile et semble avoir disparue après 26 numéros. Imprimée parfois en l'absence du rédacteur (n° 5-6, p. 100), retardée (n° 14), cette feuille fut censurée (n° 12 supprimé dans l'ex. de Munich): elle le méritait amplement. Dans cette correspondance fictive entre un Hollandais et un étranger, le rédacteur, favorable au Stadhouder, entretient, sur un ton animé et en maniant habilement la diffamation, des querelles extrêmement brutales avec ses ennemis politiques au premier rang desquels se trouvent les gazetiers pro-français, comme Cerisier (n° 5) qui lui réplique dans Le Politique hollandais, ou les rédacteurs des Lettres hollandaises (n° 1, biographie critique de leur rédacteur Derival). Il ménage un peu plus le rédacteur pro-prussien du Courier du Bas-RhinJean Manzon, à qui le lient une commune compassion pour «l'infortuné Linguet» (n° 9), une identique aversion pour «la célèbre et insipide Gazette de Cologne (n° 10) et les jésuites (n° 9), et la conception partagée d'un journalisme à la hussarde (n° 4). Il fait quelques passes d'armes contre le Journal historique et politique de Liège. Le seul périodique qui lui convienne totalement est le Journal politique, civil et littéraire, avatar des Annales de Linguet rédigé par l'un de ses amis (voir le n° de févr. 1781 de ce périodique).

La Correspondance politique prône l'union des Hollandais (n° 1, p. 6) par des moyens qui risquent d'en retarder la venue. On notera l'opposition que le rédacteur entretient contre les Etats-Unis, soupçonnés d'être des rivaux commerciaux de la Hollande (n° 17: «Réflexions sur les effets de la scission américaine»), le dégoût du militarisme et des régimes autoritaires: Frédéric II accusé d'être «un peu despote» et de gouverner «un peu à la Turque» (n° 25), publication d'un «Plan de pacification adressé aux puissances belligérantes» par un certain M.R., qui dit son «horreur pour les bouchers d'hommes» (n° 21). La Correspondance politique utilise les méthodes de la presse pré-révolutionnaire pour exprimer l'idéologie bourgeoise et commerçante du parti du Stadhouder.

Auteur

François MOUREAU

Additif

Titre(s): Il s’agit en fait du même journal que la Correspondance politique, civile et littéraire (Voir ce titre) mais réduit au premier volume.

Historique: Briatte semble avoir fait une première tentative de publication avec le Journal politique, civil et littéraire, qui n’eut qu’un numéro en janvier 1781. La Correspondance politique sur les affaires présentes plus ambitieuse, est hebdomadaire, et elle comporte de longues dissertations politiques, qui s’étendent parfois sur deux numéros ou «lettres». Elle a été publiée à Amsterdam du 15 octobre à la fin de l’année 1782, mais n’eut probablement pas de succès: Le «pauvre diable de rédacteur d’une feuille bafouée» confesse qu’il ne connaît pas le dessous des cartes (p. 90); il est souvent en retard sur l’événement: la 8e et dernière lettre est datée du 10 avril 1782. Un avis publié à la fin de la 4e lettre annonce toutefois que «la feuille paraît depuis le 15 octobre une fois par semaine et sera continuée avec le plus de régularité possible» (p. 132); un nouvel avis à la fin du volume confirme que la feuille «paraît toutes les semaines, avec autant de régularité et d’exactitude que le permet la distance des lieux où elle parvient» (p. 316). Le recours du journaliste à des «remplissages», à des «chevilles» et à de longs documents empruntés montre qu’il a du mal à gérer sa feuille. L’année suivante, il change d’éditeur et de lieu d’édition, mais il réédite intégralement son tome 1er.

Auteur additif

Jean SGARD

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