N° 0261

LE COURRIER D'AVIGNON 1 (1733-1768)

Titre(s)

Le Courrier Historique, Politique, Littéraire, Galant et Moral. Devient à partir du n°  31 du 2 octobre 1733 : Le Courrier. Continué par Le Courrier de Monaco puis par Le Courrier, d'Avignon (1775-1793).

Bien qu'il fût partout connu sous le nom de Courrier d'Avignon, ce titre n'apparut pas sur sa première page avant 1788.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

2 janvier 1733 – 15 juillet 1768. Hebdomadaire, puis bihebdomadaire à partir du 7 novembre 1733. Le privilège n'a été accordé qu'en 1747. La collection comprend 36 volumes annuels.

Description de la collection

La collection d'Avignon regroupe à la suite Le Courrier [d'Avignon] jusqu'en 1768, Le Courrier [de Monaco] de 1768 à 1775, puis Le Courrier [d'Avignon] de 1775 à 1789.

Volumes de 400 à 500 p., cahiers de 185 x 235, in-4°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Avignon, chez Giroud. Imprimeur : Fr. Girard, puis, à partir de décembre 1733, Charles Giroud (mort en 1746), puis son frère Alexandre.

Abonnement à 6 £ par an en 1733, à 18 £ à partir de 1748.

Tirage prévu au départ : 1300 ex. ; le tirage s'élève ensuite peut-être jusqu'à 6000 ou 8000 ex. vers 1758-1760, au minimum 2800.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

François MORÉNAS jusqu'en novembre 1742, puis de 1750 à 1768 ; auteur inconnu entre 1742 et 1749 ; FALCONET DE LA BELLONIE en 1749.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Histoire, politique internationale, informations générales, littérature (parution des livres nouveaux) et morale.

Tables imprimées à la fin du dernier numéro de l'année pour les années 1750-1759.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Avignon, 4° 3704.

Bibliographie

B.H.C, p.  58 et 106 ; H.P.L.P., t. III p.  309-310 ; H.G.P., t. I, p.  330, 347, 348, 355, 397. – Moulinas R., L'Imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au XVIIIe siècle, P.U.G., 1974.

Historique

Morénas s'était entendu au départ avec l'imprimeur François Girard mais, lorsque, à partir de la fin de 1733, la feuille se révéla comme une excellente affaire financière, le libraire et imprimeur Charles Giroud qui jouissait déjà d'un privilège pour la réimpression des gazettes étrangères et qui avait l'appui des autorités locales, obligea Morénas à rompre avec Girard pour passer un contrat d'association avec lui le 11 décembre 1733. Giroud se chargeait de tout ce qui concernait l'impression, la diffusion et la gestion commerciale de la feuille ; Morénas fournirait la copie.

La prospérité du Courrier fut mise en péril vers 1738 ou 1739 Par les plaintes du libraire Valfray qui avait le privilège de la réimpression de La Gazette à Lyon et s'opposait à l'entrée en France du Courrier qui lui faisait concurrence. Mais, en 1740, Giroud obtint de la direction des Postes la signature d'un traité avantageux qui lui permit d'étendre sa diffusion en envoyant sa feuille franco de port dans les trois provinces de Dauphiné, Provence et Languedoc. En 1750, ces facilités furent étendues à l'ensemble du royaume.

A la fin de novembre 1742, Morénas avait quitté Avignon pour des raisons personnelles. Son absence permit à Giroud de rompre le contrat et de se faire attribuer à lui seul la propriété du journal qu'il fit rédiger par d'autres.

En 1747, des libraires avignonnais, éditeurs d'une feuille concurrente, tentèrent de se faire attribuer le privilège exclusif de l'impression d'une gazette à Avignon. Cela obligea Alexandre Giroud, demi-frère et successeur de Charles à surenchérir sur l'offre et à payer 4000 £ par an à la Révérende Chambre (c'est-à-dire au fisc du Pape) pour jouir d'un privilège dont il avait bénéficié gratuitement jusque-là.

En 1750, Morénas, réconcilié avec Giroud, reprit en charge la rédaction du Courrier mais comme simple salarié et non comme associé. En 1760, la possession du privilège par Giroud fut remise en cause par l'abbé Dufour qui contestait la façon quasi clandestine dont s'était faite la concession d'un nouveau bail de neuf ans à Giroud en 1755 et qui offrait de payer une redevance deux fois plus élevée si on lui donnait la préférence. Après une vive controverse dans laquelle Giroud fut soutenu par ses confrères d'Avignon, l'abbé Dufour vit sa demande finalement rejetée et le privilège de Giroud lui fut reconduit à nouveau aux mêmes conditions en 1766.

Mais, en 1768, Louis XV, en conflit avec le Pape, décidait de faire occuper Avignon et le Comtat par ses troupes et le Parlement d'Aix en prenait possession. Puisque Avignon était devenue française, le privilège de la Gazette devait y avoir cours et le Courrier ne pouvait plus subsister. Le dernier numéro du Courrier parut à Avignon le 15 juillet 1768. Mais il eut presque aussitôt un successeur : le Courrier dit de Monaco. Morénas, répondant à une offre qui lui avait été faite, se transporta dans la principauté dès le mois de janvier 1769. Une imprimerie y avait été montée et le premier numéro de la nouvelle feuille qui se présentait ostensiblement comme la suite du Courrier d'Avignon parut le 8 février 1769. C'est à Monaco que Morénas devait achever son existence en 1774.

Auteur

René MOULINAS

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