N° 0263

LE COURRIER D'AVIGNON 3 (1775-1793)

Titre(s)

Le Courrier.

Devient à partir du vendredi 4 avril 1788: Courrier d'Avignon.

Continuation du Courrier de Monaco continué par le Journal politique d'Avignon en janvier-février 1790, puis de nouveau Le Courrier.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

4 juillet 1775 – 1793, deux fois par semaine. Privilège et prospectus de 1775.

Description de la collection

Un volume par an, de 400 à 500 p. Cahiers de 185 x 235, in-4°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Avignon. Imprimeur: J.J. Niel de 1775 à 1782, A. Aubanel de 1782 à 1790.

Abonnement: 12 £ à Avignon, 18 £ dans le reste de la France. 2000 abonnés en 1775, 4000 en 1778, 3100 en 1784, 2850 en 1787, près de 6000 en 1789.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Propriétaire du privilège: Joachim Le Blanc (mort en 1782), puis sa veuve. Directeurs successifs: l'abbé ROUBAUD en 1775; ARTAUD de 1775 à 1784, Sabin TOURNAL de 1784 à 1793.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Informations générales et politique internationale. Pas de rubrique littéraire.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Avignon, 4° 3704 (jusqu'en 1789), puis 4° 4852 et 4° 4853 (période révolutionnaire).

Bibliographie

Mentions dans la presse et bibliographie: voir Le Courrier d'Avignon 1.

Historique

Après une interruption de sept ans, pendant laquelle il a été remplacé par Le Courrier de Monaco, le Courrier dit d'Avignon ressuscite en 1775. Mais si le titre est le même, il s'agit en fait d'un nouveau journal car ni le propriétaire, ni le rédacteur, ni l'imprimeur ne sont ceux de 1768.

En 1774, après six ans d'occupation française, Avignon avait été restituée au Pape. Un certain Joachim Le Blanc ou Leblanc, sujet du roi mais directeur des postes à Avignon, sollicita du Saint-Siège l'autorisation de reprendre à Avignon la publication d'une feuille sous le titre célèbre de Le Courrier. Cette permission exclusive lui fut accordée dans un bail signé le 23 mars 1775, pour neuf ans, moyennant une redevance annuelle de 4000 £.

La concurrence du Courrier de Monaco qui continuait à paraître fut éliminée facilement par la suppression des avantages consentis à cette feuille par les postes françaises. Il cessa sa publication à la fin d'août 1775 alors que le Courrier dit d'Avignon avait commencé sa nouvelle carrière le 4 juillet et bénéficiait des mêmes conditions de diffusion que son prédécesseur.

Très rapidement le nouveau Courrier retrouva une large audience. Dès janvier 1776 il dépassait un tirage de 3000 exemplaires. Son rédacteur en fut d'abord l'abbé Roubaud, un ex-jésuite, puis Artaud jusqu'en 1784.

Leblanc, pour conserver son privilège fort convoité fut obligé, en 1779, d'accepter de porter la redevance annuelle à 6200 £, par un nouveau bail signé par anticipation. Un désaccord entre le propriétaire et son imprimeur Niel provoqua un procès et aboutit, en 1781, au remplacement de Niel par Aubanel. En novembre 1782, la mort de Leblanc fut suivie d'une véritable ruée de compétiteurs qui sollicitaient tous l'attribution à leur profit du bail du Courrier mais la veuve de Leblanc obtint finalement de conserver le bénéfice de ce privilège jusqu'à l'expiration du bail prévue pour 1793.

Celui qui rédigeait le Courrier depuis 1775, Artaud, fut renvoyé à l'expiration de son contrat en 1784 et remplacé par Sabin Tournai qui devint en même temps directeur des postes à Avignon comme suppléant du titulaire, la demoiselle Leblanc dont il était aussi le fondé de pouvoir. Un nouveau bail signé à Avignon, par anticipation, en janvier 1788, pour la période 1793-1802, porta la redevance à 9300 £ par an.

La fin de la guerre d'indépendance américaine avait porté un coup sensible à la prospérité du Courrier qui, comme son prédécesseur, tenait ses lecteurs informés essentiellement sur les relations internationales, les nouvelles des cours, les traités et les guerres. Depuis la paix de 1783, son tirage était en baisse sensible. La disparition de tout contrôle et la quasi-liberté de la presse qui accompagnèrent, en 1788, l'annonce de la réunion prochaine des Etats généraux lui firent encore plus de tort. Les feuilles d'information se multipliaient et l'avantage que sa situation de gazette étrangère avait donné au Courrier d'Avignon était remplacé par l'inconvénient d'être désormais très éloigné du foyer principal d'intérêt: Versailles et Paris.

Le journal se maintint cependant. Il avait porté sa périodicité à trois fois par semaine depuis juillet 1789 et, en janvier 1790, en changeant son nom pour celui de Journal politique d'Avignon, il annonçait qu'il paraîtrait désormais six fois par semaine. Mais dès la fin du mois de février, il reprenait son ancien nom à la demande de ses lecteurs qui tenaient au titre traditionnel.

Son rédacteur, Sabin Tournai, se lança avec la plus grande ardeur dans la politique locale et devint un des leaders du parti révolutionnaire. En mars 1790, il obtint de la municipalité «patriote» d'Avignon, un arrêté qui lui accordait la propriété du titre au détriment de l'ancienne détentrice du privilège, la demoiselle Leblanc.

Lorsque, un peu plus tard, au printemps de 1791, une scission se produisit entre le parti révolutionnaire avancé, dont Tournai était le porte-parole, et la municipalité modérée, la demoiselle Leblanc se fit rendre le droit d'utiliser de nouveau le titre de Courrier d'Avignon. Il y eut ainsi, de juillet à novembre 1791, deux Courrier d'Avignon concurrents: celui de Tournai Courrieret celui de la demoiselle Leblanc CourierEn novembre 1791, en raison de l'arrestation de Tournai, à la suite des massacres de la Glacière où il est inculpé, le premier s'interrompt avec le numéro 226 du jeudi 10 novembre 1791.

Celui de la demoiselle Leblanc disparaît à son tour en août 1792, mais Tournai relance le sien en septembre. Il en sera le rédacteur jusqu'en juillet 1793, date de l'occupation d'Avignon par les «fédéralistes» marseillais.

Après une interruption, le titre est repris par d'autres en septembre 1793.

Auteur

René MOULINAS

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