N° 0267

LE COURRIER DE L'ESCAUT (1784-1789)

Titre(s)

Le Courier de l'Escaut.

Devient de 1790 à 1795: Courier de Belgique; puis de nouveau de 1796 à 1798: Courier de l'Escaut; puis en 1799: Courier des départements réunis; de 1800 à 1810: Gazette de Malines; en 1814: Le Courier Belgique; en 1819: Courrier impartial.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

16 décembre 1784 – 22 décembre 1789 (B.H.C., p. 288). Bihebdomadaire, paraissant le lundi et le jeudi. D'après la pagination (continue au cours de l'année) et la numérotation (104 ou 105 numéros par an), la périodicité semble avoir été respectée.

Description de la collection

La B.N. garde un cahier de 6 p. pour 1786; le volume M 9929-9930 va du n° 27 au n° 105 de 1787 (p. 161-662) et du n° 1 au n° 84 de 1789 (p. 1-524), avec erreurs de pagination après la p. 470. Regroupés par année, les tomes devaient comporter 662 p. pour 1787, 634 p. pour 1788, 600 p. pour 1789.

Livraisons de 6, exceptionnellement de 4 ou 8 p.; cahiers de 4 p. in-4°, 197 x 235.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Berg-op-Zoom, de l'Imprimerie du Courier de l'Escaut». Probablement à Malines, chez l'imprimeur P.J.

Hanicq, qui donne la liste de ses publications dans le numéro du 30 avril 1787, p. 220; mais on note que les lettres devaient être adressées au rédacteur du Courier de l'Escaut par Bruxelles (28 avril 1788).

L'abonnement est pris par souscription à la demi-année, payée d'avance chez M. Horgnies, distributeur des gazettes étrangères à Bruxelles, au prix de 15 £ de France.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jean-François BARET.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le Courier de l'Escaut donne des nouvelles de l'Europe et des pays lointains, de Turquie, Russie, Allemagne, Italie, France et Pays-Bas. Il s'agit essentiellement de nouvelles militaires, diplomatiques, économiques, et de faits divers. A partir du 16 juillet 1789 (post-scriptum sur le renvoi de Necker et sur l'approche d'une guerre civile), la politique française passe au premier plan (voir par ex. les nouvelles extraordinaires de Versailles, Paris et Lyon dans le numéro du 27 juillet).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., M 9928 (5 janv. 1786), M 9929-9930, M 9931-9932 (complète pour 1787 à partir du 2 avril, pour 1788 de janvier à décembre, pour 1789 de janvier au 19 octobre; pour novembre-décembre ne subsistent que 3 numéros).

Bibliographie

B.H.C., p. 288-289; D.B.F. («Maret»); Biographie universelle de Feller et Weiss (1847).

Historique

Jean-François Baret, né près de Boulogne-sur-Mer, venait de se faire connaître à Malines par des vers en faveur de l'archevêque quand il lança le Courier de l'Escaut. La publication semble avoir été irrégulière pendant la première année. D'abord hostile à la Révolution, Baret se rallia lorsque Dumouriez envahit la Belgique; il devait devenir député au Conseil des Anciens en l'an VIII. Il semble qu'il ait été responsable de la suite du Courier de l'Escaut, le Courier de Belgique.

Le Courier de l'Escaut, journal bien informé, présente l'intérêt d'être dirigé par un journaliste français, d'abord prudent et conformiste, mais gagné peu à peu par l'effervescence révolutionnaire. Hésitant, souvent ambigu dans ses jugements jusqu'à la fin de 1788, évitant de juger clairement Beaumarchais, Mirabeau ou Necker, il rend compte de plus en plus fidèlement des réactions populaires à l'annonce de la convocation des Etats généraux, relate les événements de Grenoble et de Vizille, intervient dans des sortes d'éditoriaux (distingués de l'information par un caractère plus petit), parfois avec une certaine véhémence: «il ne faut qu'une seule autorité devant qui disparaissent les rangs, les distinctions frivoles, et qui songe que le malheureux journalier est plus utile et plus respectable, que l'automate efféminé qui n'a d'autre mérite que la soie de ses habits et l'or que lui ont laissé ses pères» (8 déc. 1788, n° 98, p. 595). En juin 1789, il déplore les préjugés qui divisent la société et empêchent que la Nation soit unie (1er juin, n° 44, p. 266); en juillet, il donne des commentaires plutôt favorables à la prise de la Bastille (23 juil., n° 59). Premier journal publié par Baret, le Courier de l'Escaut nous donne un témoignage précis sur l'éveil d'une conscience politique pendant les mois qui précèdent la Révolution.

Auteur

Annette GRANIER

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