N° 0338

LE DÉJEUNER (1787)

Titre(s)

Le Déjeuné ou l'Asile, ouvrage périodique non censuré, consacré à la liberté et à la vérité.

Le Déjeuné ou The French Magazine, jusqu'au n°  du 26 juin. Le Déjeuné ou l'Asile, à partir du 3 juillet.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

6 mars 1787 – 28 novembre 1787 ; 3 volumes.

Périodicité : le mardi de chaque semaine. Hebdomadaire.

Description de la collection

3 volumes de chacun 13 numéros. T. I : 666 p. ; t. II : 624 p. ; t. III : 636 p. ; 110 x 190, in-12.

Devise : Mores et studia dicam.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Londres, G. Kearsley, at Doctor Johnson's Head, 46 Fleet Street ; Impr. : T. Spilsbury, 57 Snowhill.

Prix du numéro : 6 pences (en Angleterre). Abonnement : 48 £.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

SERRES DE LA TOUR, «ancien rédacteur du Courier de l'Europe».

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé : «Traiter toutes sortes de sujets en forme de conversation» : affaires politiques et matières «d'agrément» (Avis, 27 mars, t. I, p. 146-147). Recueil de pièces censurées dans les «feuilles publiques du continent» (26 juin, t. II, p. 144-145).

Contenu réel : «Journal politique» (distribué par pays) ; «Extraits» ; «Variétés» ; lettres «Au rédacteur» ; «Journal des tribunaux» ; «Spectacles» ; «Finances, économie, agriculture».

Table des matières principales, en tête des t. I et II (2 p.).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Coll. Particulière.

Historique

L'extrême rareté du journal justifie quelques précisions sur l'évolution de la forme qu'il revêt et de la manière dont il est écrit.

La collection consultée ne contient pas le Prospectus qui a paru séparé, et auquel l'auteur se réfère. Mais il explique à plusieurs reprises et ses intentions et ses changements de plan.

Jusqu'au numéro du 26 juin, le titre Le Déjeuné ou the French Magazine, désigne une chronique sous forme de dialogue entre des interlocuteurs dont les «noms et caractères» sont donnés au revers de la couverture bleue (qui devait accompagner chaque numéro et n'est présente qu'en tête du 1er vol.) : un baronnet, Sir Edmond Seymour, sa femme, son gendre, ses deux frères, son fils et sa fille. Les sujets sont traités de façon souvent contradictoire, avec un constant souci de variété ; le dialogue est encadré dans des passages narratifs (vie de la maison, domestiques, promenades dans Londres) qui ont pour but d'évoquer l'existence d'une famille anglaise noble. Par une construction «en abyme», le journal est supposé être lu par les personnages, qui en débitent des extraits, citent et commentent les Avis du rédacteur (27 mars, t. I, p. 146-147 ; 22 mai, t. I, p. 617-618).

Dans ce dernier Avis, l'auteur annonce qu'il abandonnera le dialogue, forme qui déplaît à ses lecteurs parce qu'elle «embrouille les idées» : «les affaires sérieuses seront traitées en forme de lecture. Le dialogue sera réservé pour les sujets légers» ; il annonce aussi une extension des correspondances étrangères (t. I, p. 618). A ce point, l'auteur entendait encore continuer en partie la fiction du dialogue familial, mais en variant les scènes, «maisons de campagne», «scènes champêtres», «endroits célèbres par leurs eaux» (t. I, p. 665).

Le plan est rempli au début du t. II, mais l'Avis du numéro du 26 juin annonce un changement décisif : le journal se répand sur le continent, on adresse au rédacteur des «articles» à insérer, il abandonnera le dialogue et les interlocuteurs, il divisera les matières sous des titres différents, et choisira le nouveau sous-titre Asile pour désigner ainsi la liberté qu'il donnera de paraître à des pièces refusées dans les feuilles à privilège du continent (t. II, p. 143-146). Le Mercure de France et Panckoucke sont désormais attaqués à plusieurs reprises comme représentants de la presse la plus servile.

On voit apparaître dès lors les rubriques (voir 6). La chronique politique porte surtout sur la situation internationale, et sur les affaires intérieures de France (par ex. l'affaire du Collier ; l'auteur insère de nombreux extraits des procédures secrètes, d'après un des très rares exemplaires non détruits, qui lui est parvenu). Il rappelle son expérience de journaliste du Courrier de l'Europe, et la censure à laquelle il était soumis (21 nov., t. III, p. 543). Les nouvelles sont traitées en général sous forme de discours suivi, de ton parfois très personnel, surtout dans les derniers mois, à propos du ministère Loménie de Brienne et de la monarchie française.

Les tables succinctes en tête des volumes rendent très mal compte du contenu. On notera quelques textes curieux : des «fables politiques en prose» (t. I, p. 609-612 ; t. III, p. 9-13), des fictions de dialogues entre des hommes politiques (III, 115-124), des utopies ou prophéties politiques (t. II, p. 225-229 ; t. III, p. 314-321).

Necker et Calonne sont mentionnés comme souscripteurs du journal (t. II, p. 490 ; t. III, p. 536).

Auteur

Pierre RÉTAT

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