N° 0451

FEUILLE D'AVIS DE NEUCHÂTEL 4 (1766-1789 ?)

Titre(s)

Feuille d'avis de Neuchâtel en Suisse.

Il n'est nullement démontré que cette feuille soit la continuation directe de celle de 1762. En revanche, la continuité est avérée entre cette feuille-ci et la Feuille d'avis de Neuchâtel qui continue de paraître quotidiennement à Neuchâtel sous le nom de L'Express1.

Nota-bene: seules les années 1766-1789 du périodique sont prises ici en considération.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

On ignore de quand date le lancement de cette quatrième Feuille d'avis de Neuchâtel. Le plus ancien numéro conservé est celui du jeudi 5 juin 1766, qui porte le n° XXIII (parce que ce jeudi-là était le vingt-troisième jeudi de l'année 1766). La feuille a donc débuté au plus tard le jeudi 2 janvier 1766, mais plus probablement au cours des années 1763, 1764 ou 1765.

Ainsi que le précise son en-tête, la feuille paraît «Avec Approbation du Magistrat», puis dès le jeudi 25 juillet 1771, «Avec Permission du Magistrat2».

Périodicité hebdomadaire (jusqu'au 15 févr. 1855).

Description de la collection

Chaque feuille comporte 4 (parfois 6) p. in-4º, sans aucune pagination, mais avec une numérotation des feuilles à l'année (n° I-LII ou LIII). Jusqu'au 3 août 1769, le texte est imprimé en pleine page; dès le 10 août 1769, suite au changement d'imprimeur, la feuille se présente sur deux colonnes. Environ 175 x 230.

Ni devise ni illustration, mais les armoiries de Neuchâtel en tête de chaque numéro.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Jusqu'au 3 août 1769, l'en-tête de tous les numéros retrouvés porte: «De l’Imprimerie du Journal Helvétique». Dès le 10 août 1769, cette adresse devient: «De l’Imprimerie de la Société Typographique» et à partir du 23 novembre de la même année, elle est rejetée en fin de numéro, où elle ne figure plus d'ailleurs qu'irrégulièrement. Il est certain, néanmoins, que la Société typographique de Neuchâtel, jusqu'à sa dissolution en 17893, a continué d'imprimer la Feuille d'avis de Neuchâtel.

Quant au «bureau» de la Feuille d'avis, il a déménagé deux fois: «Le public est averti, lit-on dans le numéro du 3 août 1769, que le Bureau de la présente feuille, qui a été jusques ici dans l'Imprimerie du Journal Helvétique, sera désormais dans la boutique de M. Fauche Libraire où l'on recevra tous les avis que l'on souhaitera d'y insérer [etc.]». Et dans le numéro du 30 août 1770: «On avertit le Public, que le Bureau de la présente feuille d'Avis sera dès maintenant dans la nouvelle Imprimerie de la Société Typographique, sur le Bassin4».

L'abonnement annuel coûtait «30 batz argent de Berne5».

Une recherche approfondie dans les archives de la Société typographique de Neuchâtel6 permettrait sans doute d'obtenir des précisions sur la diffusion de la Feuille d'avis et son chiffre de tirage.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

L'éditeur responsable de la Feuille d'avis, avant sa reprise par Louis Fauche-Borel, puis par la dynastie des Wolfrath, n'a pas été identifié avec certitude7.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le contenu est, à peu de chose près, celui d'une feuille d'annonces payantes et les rubriques sont sans surprise: «On offre à vendre», «On souhaite d'acheter», «On offre à louer», «On demande à louer», «Effets perdus», «Effets trouvés», «Effets volés», «Conditions demandées et offertes», «Remplacemens», «Discussions», etc. Il s'y ajoute la liste des décès, le tableau du prix des denrées à Berne, Neuchâtel et Cerlier, celui des cours du change à Genève. Très exceptionnellement paraissent des avis d'intérêt général (par exemple, le «Règlement pour le bureau des postes de Neuchâtel», en date du 16 mars 1769), voire de courtes notices relatant un accident spectaculaire ou une catastrophe naturelle, indiquant un remède éprouvé, traitant même de questions de physique ou d'agriculture.

Aucune table.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Les exemplaires localisés sont conservés aux Archives de l'Etat de Neuchâtel (A.E.N.), à la B.P.U. de Neuchâtel, sous la cote ZO 153 (B.P.U.N.), et dans les riches collections de la «Feuille d'avis de Neuchâtel» (F.A.N.). En voici le catalogue chronologique: 1766, 5 juin, 27nov.: F.A.N. 1767, 26 févr.: F.A.N. 1768, année complète à l'exception du numéro du 17 nov.: F.A.N. 1769, année complète: F.A.N. 1769, 7 déc: B.P.U.N. 1770, année complète: F.A.N. 1770, 20 déc: B.P.U.N. 1771, année complète: F.A.N. 1772, 13 févr. – 5 nov.: A.E.N. 1772, 20 août: F.A.N. 1773, 4 févr., 25 mars, 8 avril, 5 août, 4 nov.: F.A.N. 1780, 10 févr.: F.A.N. 1783, 30 oct.: F.A.N. 1785, 4 août: F.A.N. 1787, 12 juil.: F.A.N. 1788, 3 et 10 avril:

F.A.N.

Bibliographie

Guillaume L., «Les premières Feuilles d'avis à Neuchâtel», Musée neuchâtelois, 1877, t. XIV, p. 221-229, 250-258, 274-280 (avec fac-similé du numéro du 26 févr. 1767). – «Feuille d'avis de Neuchâtel et du Vignoble Neuchâtelois», dans Die Schweizer Presse La Presse suisse, publ. par la Société de la presse suisse, Berne, 1896, p. 397-399 (avec fac-similé du numéro du 27 sept. 1766). – Loseron J., «Histoire d'un journal, ou deux siècles d'existence», Feuille d'avis de Neuchâtel, 2 oct. 1938, numéro spécial, p. 5-10. – Blaser F., Bibliographie der Schweizer Presse, Bâle, 1956, t. I, p. 371-372. – Schlup M., Trésors de l'édition neuchâteloise, Hauterive, 1981, p. 51.

Notes

1. Qu'il me soit permis de remercier ici sa Direction et son Secrétariat, qui ont grandement facilité mes recherches.

2. Les registres du Conseil de Ville (Neuchâtel, Archives de la Ville, Manuels du Conseil, vol. 22-24) n’en ont gardé cependant aucune trace.

3. Voir à ce sujet Le Livre neuchâtelois, 1533-1983, catalogue ... établi par les soins de Michel Schlup et Pierre-Yves Tissot, Neuchâtel, 1983, p. 46-52.

4. C'est à dire sur le port (voir Jean Courvoisier, Les Monuments d'art et d'histoire du canton de Neuchâtel, I  : «La ville de Neuchâtel », Bâle, 1955, p. 53-54).

5. Du moins pour 1771, comme l'indique le numéro du 13 décembre 1770.

6. Conservées, comme on sait, à la B.P.U. de Neuchâtel (voir Jacques Rychner, «Les Archives de la Société typographique de Neuchâtel », Musée neuchâtelois, 1969, p. 99-122).

7. S'agirait-il du libraire-imprimeur Samuel Fauche, père de Louis Fauche-Borel, dont on a vu que la boutique avait hébergé durant quelque temps le bureau de la Feuille d'avis 

Auteur

Jean-Daniel CANDAUX

Additif

Edition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s): Dans sa contribution au «Recueil anniversaire J.D. Candaux», Michel Schlup répond à plusieurs des questions posées par Jean-Daniel Candaux dans sa notice de D.P. 1. Les archives de la Société typographique de Neuchâtel nous renseignent sur la F.A.N. depuis le mois d’août 1769, date de la cession du journal par la veuve Droz à la S.T.N. jusqu’à 1782; mais la revue a probablement duré aussi longtemps que la S.T.N., dissoute en 1789. L’imprimeur est Samuel Fauche, l’un des quatre associés de la S.T.N. Le nombre d’abonnés est réduit: une centaine en 1769, 89 en 1772, mais ce nombre réduit n’empêche pas le journal d’être rentable, surtout du fait des annonces. Le journal est cher et les annonces le sont encore plus, mais elles sont gratuites pour les abonnés; la F.A.N. répond à une nécessité, surtout pour l’administration locale et pour les commerçants. Le nombre des abonnés s’accroît notablement durant les années 70: 134 en 1777, 130 en 1782; cette augmentation est due au progrès de l’économie, notamment de l’industrie horlogère, et à celui des communications: une bonne partie des nouveaux abonnés se situe à l’extérieur de la ville de Neuchâtel. Le prix élevé du journal explique que les abonnés soient peu nombreux; mais le lectorat réel est beaucoup plus élevé: les aubergistes donnent le journal à lire à leurs clients; les lecteurs se groupent en petites sociétés afin de limiter les frais d’abonnement. M. Schlup ajoute à son étude une liste complète des abonnés en 1769, tirée du ms. 1234 de la S.T.N.

Bibliographie: Schlup M., «Un indicateur de la vie économique et sociale au XVIIIe siècle: la Feuille d’avis de Neuchâtel. 1769-1782, édition et diffusion», dans C’est la faute à Voltaire. C’est la faute à Rousseau recueil anniversaire pour Jean-Daniel Candaux, Droz, 1997, p.155-171.

 

Auteur additif

Jean SGARD

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