N° 0487

GAZETIN DU COMESTIBLE (1767)

Titre(s)

Gazetin du comestible.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier-décembre 1767; mensuel (1 supplément en janvier); 12 livraisons par an.Devait se poursuivre, en 1768, comme bimensuel (voir la lettre circulaire de la fin de 1767 et le reçu d'abonnement pour 1768 encarté dans la collection). 

Description de la collection

Une livraison par mois, numérotée en chiffres arabes, à pagination distincte. N° 1: 8 p.; Supplément: 5 p.; n° 2: 6 p.; n° 3: 7 p.; n° 4: 6 p.; n° 5: 8 p.; n° 6: 6 p.; n° 7: 7 p.; n° 8: 6 p.; n° 9: 6 p.; n° 10: 7 p.; n° 11: 8 p.; n° 12: 8 p.

Prospectus, in-4°, 4 p.; «Idée du Gazetin du comestible annoncée pour le 1er janvier 1767», in-12, un feuillet.

Dimensions du cahier: 199 x 260, in-4°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Paris. A partir du n° 8, imprimeur indiqué: «Chez Gueffier, rue de la Harpe, à la Liberté».

Abonnement de 6 £ par an.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

DURÉ, directeur du Bureau du Comestible, rue du Mail. A partir du n° 11 (nov.), VAUJOYE lui succède à la même adresse.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé, idées: «feuille périodique concernant le service de la table». «Les gazetins annonceront tout ce qu'il y a de plus renommé et de plus rare, en tout genre de comestibles, naturels et factices [...], avec le prix; et l'on fera la commission à ce Bureau». Prospectus: «Cette feuille devant suivre l'ordre physique et successif des choses et des saisons, elle n'annoncera que les objets de consommation actuelle».

Contenu réel: tableau mensuel, divisé en quatre colonnes: 1) denrées, par ordre alphabétique; 2) villes qui les produisent; 3) prix; 4) observations (qualité des denrées proposées). En bas de page ou en fin de livraison, des nota, parfois copieux, éclairent les observations.

Principaux centres d'intérêt: «généralement tout ce qui est comestibles»: (légumes, charcuterie, vin, etc.); arbustes d'agrément (n° 10 et 11). Petite pique contre l'Année littéraire (n° 11, p. 8).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaire étudié: Ars., 4° H. 8891 Rés. (avec Idées et Prospectus). Encarté: deux reçus d'abonnement, avis d'arrivée de marchandises, lettre circulaire à Sendras, rue de La Femme-sans-Tête à Paris; B.M. Grenoble, 24624 (Prospectus, 1766, in-4°).

Bibliographie

B.H.C.

Historique

Ce gazetin part d'une idée originale: supprimer les intermédiaires entre producteur et consommateur en présentant au lecteur-acheteur une liste vaste et précise de denrées livrables par le «Bureau du Comestible», qui est l'organe commercial de l'entreprise. Les intermédiaires «exigent un salaire qui [...] augmente considérablement le prix [des marchandises], d'où il résulte, nécessairement, une moindre consommation» (Idée). Comme il est d'usage dans les professions de foi de journaliste, le but de l'entreprise est philanthropique, on la place sous le patronage de Sully – l'Agriculture – et de Colbert – le Commerce –, et l'on a pour ambition de faire jouer «le concours libre et naturel de ces deux principes» (Prospectus). «La circulation des choses est le vrai thermomètre du Commerce, qui l'est, à son tour, de l'opulence et de la richesse d'un Etat» (Prospectus). Pour ce faire, les rédacteurs proposent aux producteurs de faire la publicité (rétribuée?) de leurs denrées et aux consommateurs de leur garantir la qualité et le bon marché de ce qu'ils acquièrent. Le Bureau du Comestible ne prend qu'une commission de 3% (n° 1, p. 8) sur les achats payés pour moitié à la commande, le reste à la livraison (Prospectus). Cet ancêtre de nos modernes catalogues de vente par correspondance était trop en avance sur son temps: les services de livraison de ces produits périssables suivirent mal; les producteurs, soupçonneux, craignirent que la publicité de leurs prix et de leurs stocks fût un «moyen d'apprécier leur commerce pour leur imposer des taxes» (n° 3, p. 7).

Ce périodique reste intéressant pour l'économiste, car il permet de mesurer sur une année les variations mensuelles de nombreuses denrées. On relèvera encore des notations météorologiques précises (par exemple: longue note, n° 7, p. 7) ou le compte rendu de la «fermentation» qui agite «les propriétaires des grands vignobles de Bourgogne», soucieux de se libérer de l'emprise des négociants et d'éviter les coupages... (n° 1, supplément; n° 5).

Auteur

François MOUREAU

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