N° 0506a

GAZETTE DE COPENHAGUE (1719-1728)

Titre(s)

Copenhague. Avec privilège de Sa Majesté le Roi de Danemarc et de Norvègue. A partir de janvier 1720, la gazette prend le titre de Nouvelles de divers endroits.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Le premier numéro connu est daté du lundi 9 octobre 1719 et porte le n° III, ce qui donne à penser que le premier numéro de cette gazette a paru le lundi 2 octobre 1719. La gazette paraît le lundi et le vendredi. Elle s’accompagne d’une Suite des Nouvelles de Copenhague, attestée dès le 9 octobre, mais la plupart des «suites» n’ont pas été conservées ; une Suite datée du 8 juin 1720 signale que ce supplément, promis dans l’abonnement, n’a pas toujours paru : «Voilà tout ce que les nouvelles nous ont fourni de propre à être inséré dans la Suite, on s’est plaint que nous avons quelquefois oublié de donner à la fin de la semaine la Suite, à laquelle nous sommes obligés». Le dernier numéro conservé est daté du 27 septembre 1728.

Description de la collection

Cahiers de 4 pages, format in-4°, imprimés sur deux colonnes. L’écusson en tête de chaque feuille représente un cor de postillon dans un médaillon, avec la devise : «Pour servir le public». En janvier 1720, la gazette change de titre, mais non de présentation. A partir de janvier 1723, la gazette paraît sur 8 pages, imprimées sur une seule colonne.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Copenhague, chez Wieland, S.D.R., au Marché d’Amac ou à l’Amager Torg.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Aucun auteur mentionné. Selon toute vraisemblance, la gazette était française et rédigée par un ou plusieurs Français. On observe, à partir de janvier 1723, un effort pour rendre le style plus vivant, parfois dialogué, orné d’anecdotes et de faits divers.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Bulletins en provenance de Paris, de Hambourg, Cassel et Berlin, de Londres, de Rome, Gênes et Florence, de Madrid, de La Haye et Amsterdam, avec un intérêt marqué pour les pays du Nord (Suède, Finlande, Russie). La gazette se clôt sur les nouvelles de Copenhague, qui concernent pour l’essentiel les nominations officielles et les cérémonies de la cour. Parfois apparaissent en fin du numéro des annonces immobilières. Le modèle est celui de la Gazette d’Amsterdam.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

La collection de la Bibliothèque royale de Copenhague (60193.4) est la seule collection connue. Voir P. Rétat, R.G.E., p. 37. Cette collection est lacunaire : certaines années ne comptent que quelques numéros (1721, 1722, 1724, 1726, 1727) ; au total, la collection compte 125 numéros pour dix années.

Bibliographie

Rétat P., Les Gazettes européennes de langue française. Répertoire, Bibliothèque nationale de France, 2002, p. 37.

La gazette française de Danemark dut sans doute l’existence à un journaliste français émigré, peut-être formé aux Pays-Bas. Ce n’est pas un néophyte : son journal est bien fait, bien écrit, riche en informations politiques, diplomatiques, commerciales. Son réseau d’informateurs est dense et bien réparti, particulièrement en Allemagne (Hambourg, Cassel, puis Berlin, Ratisbonne) ; les nouvelles parviennent de leurs différentes sources dans des délais raisonnables : dix à quinze jours pour la France ou l’Angleterre, une semaine pour les Pays-Bas, dix jours pour Hambourg, ville par laquelle transitent souvent les nouvelles du Nord. La gazette paraît surtout destinée à la noblesse de cour, préoccupée par la guerre et la diplomatie ; ce sont naturellement les détails de la fin de la guerre contre Charles XII qui font l’objet des informations les plus précises ; on s’intéresse également à la jeunesse du tsarévitch, Pierre ; mais on note aussi un vif intérêt pour la crise du Système de Law en France, pour l’effondrement de la monnaie et pour les émeutes parisiennes. La gazette touche aussi une bourgeoisie cultivée, qui épouse visiblement la cause luthérienne contre les catholiques, et particulièrement les jésuites, qui s’intéresse au commerce, à la médecine. Les faits divers se multiplient à partir de 1723 : événement de la baleine échouée dans le Tage, anecdotes parisiennes et parfois même histoires plaisantes, annoncées avec enjouement : «Voici une petite histoire toute récente arrivée ici…» (2 avril 1723, nouvelles de La Haye). Cette multiplicité d’intérêts et cette variété de tons donnent à la gazette de Copenhague un caractère original, en avance sur son temps ; mais elle ne dut guère sortir des murs de Copenhague et ne semble pas avoir créé d’émules.

Auteur

Jean SGARD

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