N° 0549

GAZETTE DES SAVANTS (1729-1730 ?)

Historique

Gazette des savants ou Relation des livres qui paraissent dans toute l'Europe : cette revue aurait paru à Anvers en 1729, puis aurait été continuée à La Haye en 1730, sous le titre de Supplément à la Gazette des savants. Hatin, à qui nous en devons le signalement (B.H.C., p. 42), ajoute: «Ce n'était proprement qu'une annonce des livres nouveaux, dont on exposait le sujet et le plan, mais sans aucun examen ni critique». Cioranescu donne cette revue dans les œuvres de Rousset de Missy (Cior 18, n° 57574). Aucun exemplaire n'en a été retrouvé.

Auteur

Anonyme

Additif

Titre(s) : La Gazette Des Savans.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s): 1er mars 1729 – 15 février 1730, sans interruption, tous les quinze jours. La revue paraissait le premier et le quinzième jour du mois. L’auteur termine le dernier numéro en disant qu’il a atteint le but qu’il s’était fixé en publiant «cette feuille». Il estime ses peines assez récompensées par deux mille écus. Il remercie le public d’avoir apprécié sa gazette. D’autres tâches empêchent l’auteur de continuer la Gazette, mais s’il se trouve quelqu’un qui voudrait reprendre le «plan» de la revue, libre à lui. Le fascicule 1 paraît pourvu d’un imprimatur délivré par Joannes Ludovicus de Carvajal, «Actum Antverpiae 17 februarii 1729». De Carvajal était «Librorum Censor» et chanoine appartenant au chapitre anversois. Cet imprimatur se retrouve sous les numéros 2, 3, 4 de la revue avec respectivement les datations «10 Martii», «20 [difficilement déchiffrable] Martii» et «11 Avrilis 1729». Pas d’imprimatur sous le numéro 5, ni sous le numéro 6, mais ici un «Avis» où la Gazette prend congé d’Anvers. Il y est fait mention d’une grandissante oppression de la liberté de la presse, «…la severité avec laquelle on exige en Brabant depuis quelques semaines des Signatures, que toutes les consciences ne sont pas prêtes à donner». Sur ordre de l’archiduchesse Maria Elisabeth on était obligé de signer des déclarations antijansénistes.

Description de la collection: Vingt-cinq fascicules datés et numerotés sans pagination. Format in-octavo. Fascicules de 8 pages. Le numéro 18 du 15 novembre 1729 s’accompagne un “Suplement” paginé de 15 pages. Le numéro 1 promet, comme il est d’usage, qu’après l’achèvement de «chaque volume» il sera mis à la disposition du lecteur une page de titre et un index, promesse non tenue.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s): Les numéros 1-4 mentionnent comme lieu et nom de l’éditeur «A Anvers Chez A. J. Du Caïu, Libraire près de la Bourse». Dans le numéro 5 il n’est pas fait mention du lieu de parution ni du nom de l’éditeur. A partir du numéro 3 on trouve à la fin de chaque numéro une liste de points de vente. D’abord c’est Caïu et à partir du numéro 6 c’est l’éditeur amstelodamois Desbordes qui occupe la première place, qu’il doit céder, à partir du numéro 10, à J. Vanden Kieboom de La Haye, qui relaie dans cette ville son collègue et concitoyen Scheurleer. Le nom de l’éditeur anversois Caïu se maintient dans la liste des points de vente jusqu’à l’arrêt de La Gazette, liste dans laquelle ne figure aucune autre adresse dans les Pays-Bas autrichiens. Dès la première liste des points de vente dans le numéro 3, la ville d’Utrecht est représentée par le nom de Stouw. A partir du numéro 6 paraît dans la liste l’annonce que la revue est en vente «en Allemagne aux Bureaux des Postes» . Pour ce qui est de l’Allemagne s’y ajoute à partir du numéro 10 la spécification : «à Hambourg chez Petit et du Moutier».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s): L’auteur de La Gazette est Jean Rousset de Missy (1686-1762), domicilié dans la République depuis 1710. Une bibliographie de sa main de 1754 mentionne la revue (Berkvens-Stevelinck et Vercruysse, p. 258). François Bruys confirme dans ses Mémoires (p. 160-161) cette paternité. Et il y a un certain nombre de concordances entre les numéros 10, 12, 18 de La Gazette et le sus-dit «Suplement», signé par «l’auteur de la Quintessence [des Nouvelles]» . Il s’agit bien de Rousset, vu les publications qu’il revendique dans ce «Suplement» et les données biographiques qu’il y mentionne. Dans le passé Rousset avait rédigé La Quintessence ; nous ignorons si en novembre 1729 il était à nouveau concerné dans cette revue. Surtout pour la phase initiale de La Gazette il est probable que Lambert Ignace Douxfils, originaire de Namur et domicilié à Bruxelles, a collaboré lui aussi à la revue. Il était «conseiller» du duc d’Arenberg, catholique aux sympathies jansénistes et donc adversaire des Jésuites. Douxfils formait avec Prosper Marchand et Rousset un petit cercle d’amis dont les membres entretenaient entre eux une correspondance fréquente (Berkvens-Stevelinck et Vercruysse). Dans une lettre de Douxfils à Marchand, écrite quelques jours après la naissance de la revue, Douxfils doute que «notre journal» puisse survivre vu les restrictions que les Jésuites imposent à «l’auteur» (Berkvens-Stevelinck et Vercruysse, p. 29). Or il ne s’agit pas ici du  Journal Littéraire de La Haye, ressuscité en 1729 : à La Haye on n’avait pas d’ordres à recevoir des Jésuites.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables: La Préface du premier numéro promet au public une information impartiale  sur des livres, c’est-à-dire : des renseignements sur leur contenu, leur format, si possible aussi sur l’histoire de publications ; ensuite des données sur des auteurs, la révélation de pseudonymes et des renseignements sur des auteurs anonymes. Une offre passablement conventionnelle. Ce qui frappe parce qu’inhabituel dans cette sorte de préfaces, c’est que La Gazette prétend à un rôle d’avertisseur : l’attention du public sera attirée sur des tromperies par des éditeurs. La Préface caractérise la revue comme une «Relation des Ouvrages des Savans». Le mot-entrée «Gazette» se justifie seulement du fait de la commodité du petit format. Rousset n’ignorait pas que le lecteur pourrait s’attendre de la part d’une «gazette» à y trouver des nouvelles sur «les Familles Illustres, la Politique, les intérets des Princes», comme dans la gazette de Renaudot (citée dans le n° 4). Cela ne l’empêche pas de lancer une «gazette savante». La République avait connu antérieurement une création  comparable avec les Nouvelles Littéraires d’Henri Du Sauzet pendant la première phase de cette revue. Mis à part leur style succinct, ces revues ont peu en commun avec une «gazette». Comparée à un «journal littéraire» la Gazette des Savans jouissait de l’avantage de l’actualité des informations. Le désavantage en revanche était le manque d’espace pour les textes. Il arrivait que les articles dans la Gazette se limitaient à peu près à mentionner des titres. Cela n’excluait cependant pas du tout des réactions passionnelles de l’auteur.

Le menu de la Gazette mentionne une surabondance de théologie et une  bonne quantité de «belles lettres», terme pris dans un sens large. La vraie science du droit n’y figure pas du tout et la mathématique est représentée par un seul titre. Une réimpression de la traduction française de l’Essay de Locke est le seul exemple de philosophie proprement dite. Les articles professent une aversion pour la censure, ils n’évitent pas les propos anticléricaux, pourvu qu’ils soient mesurés, ont une attitude rationaliste et s‘opposent à la prétention du beau monde parisien à détenir la norme absolue en matière de culture. Ce qui frappe, c’est l’attention apportée par la Gazette à la qualité du français dans les ouvrages dont elle fait la critique. La revue se comporte en inspectrice, par réaction envers la critique négative du français utilisé par les réfugiés dans la République (n° 13). Une autre caractéristique de la Gazette est le ton dur, parfois violemment accusateur, des articles, surtout quand il s’agit d’abus dans le monde de l’édition.

Une contribution intéressante par laquelle la jeune revue voulait rendre service à ses lecteurs est un aperçu des périodiques (n° 4, 5). Le gazetier se borne pratiquement à ce qui est proposé dans les Pays-Bas autrichiens et dans la République, il confronte les revues néerlandophones et francophones et y distingue trois catégories : les gazettes d’actualité, les revues d’information de plus large envergure («Journaux Politiques») et les «journaux» qui se consacrent à la littérature et à la science, du type Bibliothèque Raisonnée. Dans toutes les catégories la République avait une supériorité écrasante sur le sud de l’Europe. Dans la République le gazetier dénombre vingt gazettes, partie en néerlandais, partie en français et il distingue six «journaux» littéraires, catégorie dans laquelle il distingue  encore des sous-espèces, comme des feuilles écrites par une «société» garantissant l’anonymat et des feuilles se concentrant sur une aire culturelle, comme par exemple l’aire anglaise. Le gazetier ne craignait pas de porter des jugements négatifs. Il définissait par exemple La Clef du cabinet des Princes de l’Europe, originaire du Luxembourg, comme le travail d’un copieur opportuniste. La Bibliothèque Angloise contenait trop de théologie et était écrite par quelqu’un qui aurait gagné à être moins théologien et plus journaliste et la Bibliothèque Germanique comportait des fautes évidentes.

La théologie, domaine suivi avec beaucoup d’attention par la Gazette, y occupe une place représentative de cette époque. A côté de beaucoup d’autres éditions on y trouve la critique d’une oeuvre de Humphrey Ditton contre les déistes, d’une édition en néerlandais (n° 16), puis d’un traité de James Serces contre Samuel Clarke sur la manipulation des lois de la nature par des diables (n° 3), d’un exposé de Thomas Woolston niant les miracles du Christ – critique négative – (n° 3) et du livre humoristique de Daniel Defoe sur le diable (n° 5). L’hagiographie de Marguerite-Marie Alacoque par Jean-Joseph Languet, bourrée de miracles, est jugée nuisible à la foi et ridicule (n° 25). Avec respect mais aussi dans un esprit critique, la revue salue une nouvelle édition des lettres de Richard Simon (n° 25). L’histoire du peuple juif par Isaac Joseph Berruyer s.j. est du pur poison selon le critique (n° 20). Les pensées sur la validité des ordinations anglicanes par Pierre François Le Cour(r)ayer sont accueillies avec sympathie (n° 13). La théologie peu conventionnelle de Thomas Burnet sur la mort, la résurrection et la descente aux enfers, est appréciée par le critique tandis qu’un écrit orthodoxe contraire est l’objet d’une critique rationaliste (n° 12, 15). Une publication très peu orthodoxe sur la Trinité par le pasteur haguenois Paul Maty, est vue par le gazetier comme l’amorce de la n-ième querelle entre théologiens (n° 14), mais une réaction extrêmement intolérante par le concitoyen et confrère de Maty Armand Boisbeleau de la Chapelle est jugée encore plus déplaisante par le gazetier (n° 18). La Gazette fait une critique très admirative d’un traité de Jacques Saurin sur des événements dans l’Ancien et le Nouveau Testament (n° 7).

Le domaine des sciences exactes et annexes, domaine dans lequel le gazetier se montrait indéniablement un outsider, n’occupe dans la revue qu’une place marginale. On remarquera une oeuvre du newtonien Petrus van Musschenbroek sur des tables météorologiques (n° 9) et un traité de Jean-Baptiste Silva sur différentes sortes d’hémorragies (n° 12). Une seule fois la Gazette annonce un manuel d’art militaire (n° 13). La revue aime se moquer du charlatanisme (n° 15). Une étude sur la cochenille par Melchior de Ruuscher est refusée pour des raisons spécieuses (n° 6) et les notices sur la botanique ne sont que des cosses vides (n° 8, 15). La Gazette est pleine d’éloges sur la physico-théologie alors très à la mode de William Derham (n° 13) et Louis Bourguet (n° 10).

Considérable – plus de trente comptes rendus – est la présence de l’historiographie dans la Gazette.  Outre des biographies , on y trouve des mémoires, l’histoire nationale en plus de l’histoire universelle. Des rapports sur des révolutions et sur d’autres événements dignes d’intérêt ne manquent pas non plus. Invariablement la revue prend le parti des jansénistes et de l’Eglise vieille-catholique néerlandaise contre leurs ennemis. Ce qui est remarquable c’est la table des matières détaillée d’une «Histoire Universelle» à paraître à Londres (n° 23, 24).

Du point de vue quantitatif la rubrique géographie et voyages comportant environ treize comptes rendus n’est pas sans intérêt. La maison Vander Aa de Leyde, connue pour publier beaucoup de récits de voyage, est représentée dans la revue par plusieurs titres (par exemple dans le n° 7). La pédagogie aussi s’y trouve avec un ouvrage de Charles-Irénée Castel de Saint-Pierre (n° 2). Frappante est la critique élogieuse d’un roman à clef orientaliste de Jean-François Melon ; c’est de la politologie critique car des situations en France qui sont intolérables y sont critiquées vivement (n° 11). La science économique d’alors se trouve représentée par l’annonce d’une brochure sur les parités (n° 7).

Aux amateurs des «belles lettres» la revue cherche à contenter tous les goûts. L’attention du lecteur est attirée sur des traductions d’auteurs anciens comme Théocrite (n° 1) , Polybe (n° 13), Sophocle et Aristophane (n° 19). Egalement sur la poésie néo-latine (n° 19) et sur des éditions d’auteurs qu’on peut qualifier de classiques, comme l’Italien Arioste (n° 4) et l’Espagnol Baltasar Graciàn (n° 12), tous les deux en traduction française. Une édition annotée des «Satires» de Mathurin Régnier a attiré l’attention de la revue qui la loue pour sa teneur critique (n° 25).  La revue destine à une autre classe de lecteurs un article sur un recueil de pièces de théâtre jouées par le «Théâtre Italien» de Paris (n° 19). La revue apprécie les Mémoires et avantures d’un Homme de Qualité  d’Antoine Prévost comme un récit émouvant (n° 10). La Gazette accueille avec amusement une épigramme venimeuse contre «l’Henriade» de Voltaire (n° 12). Il va de soi que les romans orientalistes ( par ex. n° 12) et les recueils de fables (par ex. n° 25), alors très en vogue, peuvent compter sur des mentions dans la revue. L’édition controversée des lettres de Pierre Bayle  par Pierre Desmaizeaux s’attire de la part du critique une double réprobation: des lettres non destinées à la publication sont désormais connues et l’auteur a utilisé l’édition de Prosper Marchand  sans s’y référer (n° 9). La Gazette n’apprécie que modérément l’important «Examen Philosophique de la Poésie» de Toussaint Rémond de Saint-Mard (n° 11).

Tout comme le Journal Littéraire de La Haye, la Gazette s’occupe de temps en temps de publications en néerlandais. Beaucoup d’attention est donnée au livre de Jacob Campo Weyerman sur les artistes peintres néerlandais, tomes I – III, dont l’auteur est loué pour son «stile aisé et badin» (n° 3). On y trouve des critiques de deux traductions en néerlandais de l’épopée du Paradis de Milton avec une longue citation tirée de l’une d’elles ; on y parle également d’une traduction française de cette oeuvre (n° 21) : en fin de compte la Gazette s’adresse à un public de culture française. En outre la revue s’intéresse au théâtre néerlandophone (n° 22), à l’historiographie et aux ouvrages sur l’architecture urbaine (n° 17, 23) et, bien sûr, à la théologie (n° 15). L’existence de traductions du néerlandais en français n’échappe pas à l’attention de la revue, par exemple celle d’un célèbre roman picaresque de Nicolaas Heinsius (n° 2). Dans la perspective d’une traduction d’un ouvrage néerlandais en français la Gazette se bornait  généralement à la signaler brièvement avec la promesse d’y revenir après sa parution (n° 8). De cette revue il ressort clairement que le monde de l’édition dans la République fonctionnait comme un commerce de transit intellectuel. Le gazetier rapporte par exemple qu’un ouvrage anglais a été enrichi, dans sa traduction en néerlandais, d’annotations conservées dans l’édition française (n° 21).

La Gazette remplit pleinement le rôle dont elle s’est investie elle-même de critique des abus du monde de l’édition, mission partagée avec le Journal Littéraire de La Haye. Les remontrances, parfois en termes virulents, font toujours partie d’un compte-rendu et ne paraissent pas dans un cadre théorique universel. User d’un faux nom d’éditeur était aux yeux du gazetier le moindre mal, à condition toutefois que le vrai nom de l’entrepreneur soit connu dans un cercle large. À l’occasion d’une réédition il était permis de changer l’impression, mais modifier le titre était un délit. Le gazetier condamnait l’édition-pirate d’éditions octroyées, de même que la modification arbitraire du format d’une nouvelle publication présentée comme faisant partie d’une série. Egalement répréhensible : le lancement d’un même livre sous deux ou trois titres différents. Le gazetier fulminait contre la composition négligée, la traduction de qualité inférieure, la correction mal faite, le réemploi de cartes géographiques et de gravures, ces dernières parfois retouchées et adaptées maladroitement à une nouvelle destination. La Gazette blâmait comme étant  un vice courant, les illustrations superflues qui faisaient flamber les prix. Les éditeurs malhonnêtes le plus souvent cités dans la République – la Gazette cite aussi des éditeurs étrangers – sont L’Honoré à Amsterdam, Vander Aa à Leyde  et Moetjens et Van Duren à La Haye.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares : Le seul exemplaire complet de la Gazette des Savans conservé fut découvert par S. Lankhorst dans la National Library of Russia (anciennement Bibliothèque Saltykov-Shedrin) à Saint-Petersbourg, signature 16.70.8.5. La bibliothèque de l’Université Radboud  à Nimègue possède une photocopie de la revue, signature Tz c 24957. La bibliothèque de l’Université de Leyde possède le No 18 du 15 novembre 1729 et son annexe le «Suplement», signature March. 29 – 33 et 34 – 41.

Bibliographie : Au dix-huitième siècle il est question de la Gazette des Savans dans les Lettres sérieuses et badines (pages préliminaires des tomes I, II-1, III-1 et passim) et dans la Bibliothèque Germanique (17, Article VI). Dans des publications ultérieures on trouve des mentions dans : B.H.C., p. 42 - Christiane Berkvens-Stevelinck, Catalogue des manuscrits de la Collection Prosper Marchand, Leiden 1988, M. 29 – 33, 34 – 41 ; M 52, 206 – 207, 265 – 268 - Christiane Berkvens – Stevelinck et Jeroom Vercruysse,  Le Métier de journaliste au dix-huitième siècle. Correspondance entre Prosper Marchand, Jean Rousset de Missy et Lambert Ignace Douxfils,  Oxford 1993 - J.J.V.M. de Vet, Een dwerg met een scherpe tong [Un nain à la langue bien affilée] De Gazette des Savans (1729 – 1730), Nijmegen 1998 - Kees van Strien, Voltaire in Holland, 1736 – 1745, Louvain – Paris – Walpole MA, p. 536.

Historique : Dans la Gazette des Savans Rousset lutte contre l’éditeur haguenois Johannes van Duren chez qui paraissent les  Lettres Sérieuses et Badines. L’auteur de cette revue était Antoine La Barre de Beaumarchais assisté par Antoine Janiçon, les mercenaires de van Duren, que Rousset poursuivait obstinément. Il regardait van Duren, «Catholique Romain & de la secte des Jesuites» (Supplément du n° 18, p. 1) comme la tête d’une maffia d’éditeurs catholiques. L’hostilité de Rousset envers van Duren avait beau provenir de ses convictions, c’étaient surtout les tours joués par l’éditeur van Duren et dont Rousset était devenu la victime, qui lui inspiraient ses poursuites. Il soutenait l’éditeur  haguenois Hendrik Scheurleer dans un conflit  que celui-ci avait avec son collègue Adriaan Moetjens , également à La Haye, à propos de «calendriers». La Gazette publiait une lettre de Scheurleer datée du 10 novembre 1729 dans laquelle van Duren était appelé le mauvais génie de Moetjens. En annexe on trouve le jugement de la Cour de Hollande daté du 14 octobre 1729 contenant la condamnation de van Duren pour outrage à Scheurleer dans ses Lettres Sérieuses et Badines. La Gazette soutenait Marchand dans le conflit qui l’oppose à Des Maizeaux au sujet d’une réédition des lettres de Pierre Bayle.

Auteur additif

J.J.V.M. DE VET

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