N° 0576

LA GAZETTE NOIRE * (1784)

Titre(s)

La Gazette noire par un homme qui n'est pas blanc ; ou œuvres posthumes du gazetier cuirassé.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Devise, empruntée à Boileau : «Nous autres Satyriques, / Propres à relever les sottises du tems, / Nous sommes un peu nés pour être mécontens».

Description de la collection

In-8°, II-292 p.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«Imprimé à cent lieues de la Bastille, à trois cent lieues des Présides, à cinq cent lieues des Cordons, à mille lieues de la Sibérie» [Londres], 1784.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Charles THÉVENEAU DE MORANDE.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Rés. 8° Lb39 328.

Historique

«L'un des plus violents et (des plus) virulents pamphlétaires» de la fin du XVIIIe siècle (R. Darnton, Bohème littéraire et révolution, Paris, Gallimard, 1983, p. 24), Morande continue dans la Gazette noire l'entreprise de destruction de l'ancien régime et de ses élites qu'il avait commencée avec le Gazetier cuirassé. Par son titre et par sa présentation, la Gazette noire rappelle la forme périodique, Morande reprenant la formule qui fit le succès de son premier pamphlet : «nouvelles», anecdotes, historiettes, sont mises bout à bout dans un pastiche des journaux et des «nouvelles à la main» de l'époque.

«Chronique scandaleuse» de la cour et de la ville, la Gazette noire dénonce l'arbitraire, la corruption, la dépravation qui régnent alors, selon elle, en France, s'attaquant particulièrement à la noblesse («Coup d'œil historique sur la généalogie des principaux pairs modernes de France», p. 130-145) et aux fermiers et receveurs généraux («Notices curieuses sur quelques-uns des plus renommés Plutus de France, morts ou vivants», p. 146-158), et présentant Paris comme un «immense tripot» dont elle répertorie les «nymphes», les «délices» et les plaisirs («Dialogues pittoresques entre le comte de Lauraguais et un Mylord au sujet des catins les plus célèbres de la capitale», p. 169-203 ; «Les délices et les plaisirs des boulevards», p. 204-240 ; «Histoire des tripots, des tripoteurs, des tripoteuses de Paris, pour l'instruction de la jeunesse française et étrangère», p. 204-240) après avoir rappelé l'histoire de la «première Abbesse», «surintendante et Grande Maîtresse des plaisirs de la Cour et de la Ville», Mme Gourdan (p. 81-129).

Auteur

Alain NABARRA

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