N° 0588

LE GLANEUR HISTORIQUE (1731-1733)

Titre(s)

Le Glaneur historique, moral, littéraire et galant. Ou recueil des principaux événements de cette année, accompagné de réflexions. On y trouve aussi les pièces fugitives les plus curieuses qui ont paru, tant en vers qu'en prose, sur toutes sortes de sujets et en particulier sur les affaires du temps. Pour l'année 1731, Tome I.

Modification du titre au t. II : Le Glaneur historique, moral, littéraire, galant et calottin. Ou Recueil des principaux événements arrivés dans le courant de cette année...

Modification au t. III : Le Glaneur historique, critique, politique, moral, littéraire, galant et calotin pour l'année 1733.

Continué par Le Secrétaire du public (1733).

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1er janvier 1731-8 juin 1733, 3 volumes. Paraît le lundi et le jeudi. La publication, plusieurs fois interrompue en 1731, est régulière à partir du 5 mars. T. I (1731) : 89 numéros au lieu de 104 ; t. II (1732) : 104 numéros ; t. III (1733) : 46 numéros pour 22 semaines.

Description de la collection

Chaque volume est composé de bulletins de nouvelles datés du jour et numérotés.

Le cahier compte 8 p. non chiffrées qui correspondent à deux numéros, 94 x 150, in-8°.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A La Haye. Imprimé pour l'Auteur ; et se trouve chés la veuve de M. Uytwerf, A. Moetjens, A. Van Dole et M. Roguet. A Amsterdam chés H. du Sauzet. A Leyde chés J.A. Langerak. A Rotterdam chés J.D. Beman. A Utrecht chés E. Néaulme et dans les autres villes chés les libraires» (page de titre du t. I). Les deux premiers numéros paraissent à Amsterdam ; du 5 mars au 5 novembre 1731, le Glaneur est édité à Utrecht ; du 8 au 19 novembre, puis définitivement à partir du 26 novembre 1731, il est publié à La Haye (Couperus 1971, p. 18-19, 22). Le journal est édité à compte d'auteur ; le diffuseur des premiers numéros est Desbordes, à Amsterdam. A partir de mars, un réseau de distributeurs est mis en place ; il sera complété progressivement, en fonction du succès du journal (Couperus 1971, p. 22-23). Ce succès est en outre attesté par la publication de 11 suppléments en 1733 (Couperus 1971, p. 29).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteur: Jean-Baptiste Le Villain de LA VARENNE (1689-1745). Collaborateurs occasionnels : Jean Rousset de Missy et Jeannette Vaucher (Couperus 1971, p. 24-25).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le programme est annoncé par le titre, que La Varenne explicite dans sa préface : le journal réunit des pièces en vers ou en prose, souvent envoyées par les lecteurs ; il rapporte des anecdotes, des intrigues, des historiettes galantes ; l'auteur «glane» ce que les journaux savants laissent tomber (Couperus, p. 16). Le Glaneur historique rassemble effectivement des anecdotes littéraires, des annonces, des comptes rendus d'ouvrages ou de débats récents, des échos de querelles religieuses ou politiques. Cette chronique littéraire présente l'avantage d'être datée avec précision. Principaux auteurs cités : Voltaire, Rousset de Missy, Chamillard, Desfontaines.

Index des noms de personnes, des titres d'ouvrages et des thèmes traités, dans Couperus 1971, p. 281-324.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée: B.N., Rés. Z Beuchot 1282 (t. I) ; Ars., 8° H 26632 (t. II-III). Coll. presque complète à la B.R. La Haye, 234 L9, 10, 11 (voir Couperus 1971, p. 21) ; coll. complète à la Sächsische Landesbibliothek, Dresde.

Bibliographie

D.P. 2, art. «La Varenne». – Couperus M.C., Un périodique français en Hollande « Le Glaneur historique» (1731-1733), La Haye et Paris, 1971 (bibliographie, p. 271-280).

Historique

J.B. Le Villain de La Varenne, bénédictin défroqué, établi en Hollande depuis peut-être 1720 (Couperus 1971, p. 47), se fait connaître par Le Glaneur qui attirera rapidement l'attention par la précision de son information, la malignité de ses attaques contre les jésuites et les jansénistes, l'indépendance de son esprit. Si la publication en est interrompue sitôt après le second numéro, c'est en raison d'un voyage de l'auteur à Paris, mais le succès est assuré dès la fin de l'année. Les t. I et II ont connu au moins deux éditions ; La Varenne parle de trois réimpressions (Couperus 1971, p. 21-22, 51). L'interruption du journal en mai 1733 est due à l'intervention du pouvoir. Bruys écrit dans ses Mémoires (cités par Couperus 1971, p. 49) : «Jean-Baptiste La Varenne est un petit homme taciturne et malin qui, trop livré à l'aigreur de la satire, s'est souvent fait de désagréables affaires par les traits envenimés qu'il lançait dans son Glaneur, ouvrage périodique contre lequel le gouvernement a marqué son indignation». Effectivement, l'ambassadeur des Pays-Bas à Paris, Van Hoeg transmet en juin 1733 les plaintes de la Cour de France. Il semble que les attaques de La Varenne contre le père Girard, puis contre le père Chamillard, et enfin des prises de parti en faveur des gallicans aient irrité le cardinal Fleury (Couperus 1971, p. 36-37). Cette irritation n'était pas sans fondement : en 1745 La Varenne publiera sous anonymat L'Examen de la religion ou «petit Burnet», l'un des grands traités d'impiété du XVIIIe siècle (Couperus I971, p. 66, 70, 221, 223). L'attribution de ce traité à La Varenne, clairement prouvée par M.C. Couperus, augmente l'importance du Glaneur ; elle donne aussi un nouveau sens à l'ironie de l'auteur, à sa désinvolture, à son indépendance d'esprit.

Auteur

Jean SGARD

Additif

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s) : Il existe deux livraisons qui complètent le t. III du périodique, le n° XLVII du jeudi 11 juin 1733 et le n° XLVIII du lundi 15 juin 1733.Dans le n° XLVII, La Varenne publie une «Lettre de M. de Marivaux sur le Temple du goût de Voltaire»: cette lettre très critique, dont l'attribution reste incertaine, est suivie dans le périodique par la «Réponse du Glaneur à M. L.B.C.D. au sujet de la lettre précédente de M. de Marivaux», où La Varenne prend ses distances avec une lettre qui «aurait sans doute porté un rude coup à Voltaire, si elle avait été traduite en langage naturel». Voir François Moureau, «Marivaux contre Voltaire : une lettre retrouvée», Langue, littérature du XVIIe et du XVIIIe siècle. Mélanges offerts à Frédéric Deloffre, Paris, SEDES, 1990, p. 405-413. (F. M.)

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables : Le Leidsen courant des 19 et 21 novembre 1731 atteste que la distribution se fit en feuilles volantes pendant toute l’année 1731 : «Du Sauzet, libraire à Amsterdam ; J.A. Langerak à Leiden ; et E. Neaulme, libraire à Utrecht, débitent régulièrement deux fois par semaine [...] cette petite feuille périodique qui est imprimée in-8° dans un format propre à en faire des recueils à la fin de chaque année ; se trouve aussi dans les autres villes chez les libraires et dans les pays étrangers aux bureaux des postes». Avis répétés les 23 et 28 novembre 1731 ; 7, 14, 19 décembre 1731. (KVS)

Auteur additif

Kees VAN STRIEN, François MOUREAU

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