LE JOURNAL UNIVERSEL 2

Numéro

0787

Titre(s)

Le Journal universel ou Mémoires Pour servir à l'Histoire Civile, Politique, Ecclésiastique et Littéraire Du XVIIIe siècle.

1743
1748

Titre indexé

JOURNAL UNIVERSEL 2

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier 1743 - décembre 1748. 16 volumes.

6 mois par tome en 1743; ensuite 4 mois par tome, sauf pour le t. XVI.

Description de la collection

Recueil à pagination continue par tome. — 1743: t. I, ex. Ars., 742 p.; ex. Munich, 8-744 p.; t. II, ex. Ars., 744 p.; ex. Munich, 730 p. — 1744: t. III, 604 p.; t. IV, ex. Ars., 600 p.; ex. Munich, 600-[24] p.; t. V, ex. Ars., 566-[24]-8 p.; ex. Munich, 566-[16] p. — 1745: t. VI, 584-[14] p.; t. VII, 557-[23] p.; t. VIII, 636 p. — 1746: t. IX, ex. Ars., 612 p.; ex. Munich, 287 p. (mois de janvier et février seulement); t. X, 575-[1] p.; t. XI, 576 p. — 1747: t. XII, ex. Ars., 576 p.; ex. Munich, 584 p.; t. XIII, 568 p.; t. XIV, 576 p. — 1748: t. XV, 600 p. (janv.-mai).; t. XVI, 708 p. (juil.-déc).

24 p. par cahier, 73 x 130, in-12 (ex. Ars).

Sur le titre, devise latine renouvelée à chaque tome.

Vignette gravée au titre représentant la Victoire assise sur un écu monogramme. T. I à VIII (ex. Ars.); t. IX à IX (ex. Munich).

Marque à la sphère. T. X-XI. Déjà sur la page de titre d'avril 1746 dans l'ex. Ars., t. IX.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

La Haye. L[aurent] Berkoske le fils. Ex. Ars., t. I-VIII, janv. 1743 - déc. 1745. Ex. Munich, t. I-IX, janv. 1743 – févr. 1746. Ajout au t. I (févr. 1743): on le trouve aussi à Liège chez de Lorme de La Tour. Ex. Munich. Ajout au t. IX (févr. 1746): et se trouve aussi chez N. Wilkens, libraire dans le Jong. Poulof-steeg à Amsterdam.

Amsterdam. Au verso du titre, t. IX (janv. 1746): signature autographe de l'éditeur.

Prix du numéro augmenté à 6 s. en janvier 1744 à cause d'une sixième feuille d'impression supplémentaire (Avert.). Berkoske fit faillite en 1746 (Kossman, p. 25).

Utrecht, Arn. Lobedanius. Ex. Ars.: t. IX-XI, 1746; ex. Munich: t. X-XI, mai-déc. 1746. A la fin du n° de mai 1746: catalogue de l'éditeur.

Amsterdam. Gerrit de Groot et J. Ryckhoff junior, t. XII-XIV. Annonce du changement de libraire, par un «accident imprévu» (Avertissement, janv. 1747).

Amsterdam. J. Ryckhoff junior, t. XV-XVI. 5 s. et demi le numéro en mars 1748 (Vrai Patriote, avec liste des diffuseurs).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Rédacteur: Pierre QUESNEL, sous le pseudonyme de Pierre Bénard (G.H., p. 100; Kossman, p. 25; Kleerkooper, t. I, p. 465; Feller; B.Un.; D.P. 2)

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

T. I, Préface: «notre intention n'est pas de n'y insérer rien qui ne soit absolument nouveau ou qu'on ne trouve nulle part ailleurs» (p. 3). «Hé! quel temps fut jamais en effet plus fécond en événements curieux et en révolutions intéressantes» (p. 10). Les belles-lettres «fourniront de quoi divertir l'attention de mes lecteurs, réflexions affligeantes que la lecture des deux premiers articles [politique et ecclésiastique] pourrait leur faire naître» (p. 12).

Contenu réel: 1) «Histoire civile et politique» classée géographiquement; 2) «Histoire ecclésiastique» classée par pays; 3) «Histoire littéraire. Mémoires et nouvelles littéraires et académiques». Ordre de 1) et 2) interverti à partir de février 1744. Art. 2 et 3 regroupés en «Histoire ecclésiastique et littéraire» à compter de février 1746.

Centres d'intérêt: politique, jansénisme, littérature.

Principaux auteurs: (t. I) Marivaux, Rousset de Missy, Voltaire (Lettre, Best. D2723), Bignon, Fréron, Prévost, Saint-Pierre, Lenglet-Dufresnoy; (t. II) Lenglet-Dufresnoy, Quesnay, Bruzen de La Martinière, Saint-Martin de Chassonville, P. du Halde, Voltaire, Moncrif, Reinbech; (t. III) Guyot Desfontaines, d'Argens, Chorier; (t. IV) Celsius, Barbeyrac, Bossuet, Hobbes, P. Etienne Souciet, Francheville, Pope; (t. V) Richer, Fréron, Hermilly, Massillon, Rousset de Missy, Spinoza; (t. VI) Moncrif, Fréron, Charlevoix, d'Argens, Hermilly, Maupertuis, Rousset de Missy, Voltaire; (t. VII) Pecquet, Duclos, Maffei; (t. VIII) Chaulieu, Voltaire, d'Argens, Nollet; (t. X) Voltaire, Hatzfeld, Cervantès, Ch. Coypel, Picart le Romain, Bossuet, Mme du Châtelet; (t. XI) abbé Rousseau, Prévost, Fr. Parfaict; (t. XII) Voltaire, J.-B. Rousseau, Duclos, Batteux, P. Lafitau, La Chesnaye-Desbois, Réaumur; (t. XIII) Nollet, Bouhier.

Rapports avec d'autres périodiques: juin 1745, polémique avec une «gazette française qui se débite en Allemagne» (peut-être la Gazette de Cologne novembre 1745: compte rendu de La Critique du siècle (La Haye, hebdo).

En fin de tome, errata et tables spécialisées par section du périodique.

Historique

Jusqu'à présent, l'auteur de ce périodique était resté mystérieux, bien que Hatin en citât incidemment le pseudonyme (G.H., p. 100): Pierre Quesnel, alias P. Bénard, résidant en Hollande et plus précisément à Vianen au printemps 1746, appartenait à l'émigration janséniste française; il est connu par de rares ouvrages dont une Histoire de la Compagnie de Jésus mais il semble avoir volontiers prêté sa plume à des entreprises d'édition (voir sa lettre à Jean Néaulme, Kleerkooper), dont peut-être L'Eloge de l'Enfer et, sûrement mais jamais signalé, aux Principales Aventures de l'admirable Don Quichotte (de Hondt, 1746: voir J.U., août 1746, p. 457). Il dirigea de bout en bout Le Journal universel, malgré des difficultés notables: faillite en 1746 de son premier éditeur Berkoske (Kossman, p. 25), fonds (300 florins) dont celui-ci lui resta redevable (Kleerkooper, p. 465), tentative que fit Berkoske de le remplacer par Jean d'Agneaux (Kossman, p. 25), nécessité pour Quesnel de trouver un nouveau libraire à Utrecht (Kossman corrige G.H., p. 203). Diverses plaintes dont celles de l'ambassadeur de Russie, comte Polofkine (pour le numéro d'octobre 1745) (Kossman, p. 25; G.H., p. 100) expliquent en partie la vie assez mouvementée de ce périodique édité successivement à La Haye, Utrecht et Amsterdam (Quesnel accuse les libraires hollandais de ne pas savoir travailler: août 1744, errata.Les collections relativement importantes en sont rares.

Le J.U. est une excellente publication, élégamment écrite et fort bien informée. Bien que se disant las des «guerres civiles» religieuses, ce périodique est fondamentalement janséniste, tout en se méfiant du courant mystique des «énergumènes de Saint-Médard» (août 1743). Souvent, le J.U. est une version abrégée des Nouvelles ecclésiastiques: polémiques religieuses, particulièrement dans le sud de la France et dans les Pays-Bas autrichiens. Politiquement, bien que se défendant d'être anti-français, le J.U. est fasciné par l'Angleterre et son «amour de la liberté et du bien public» (mai 1746). Les nouvelles proprement littéraires sont peu nombreuses; Quesnel y voit pourtant un utile contrepoids aux lassantes affaires politiques et religieuses (janv. 1743, Préface). Il exprime pourtant ses antipathies, pour Voltaire (mars, nov., déc. 1743), et ses amitiés, pour Prévost (mai 1743), Lenglet-Dufresnoy (juin-juil. 1743) ou d'Argens (févr. 1743, nov. 1745).

Quesnel a le sentiment que la littérature est en décadence depuis le XVIIe siècle (janv. 1743). Il suit pourtant avec un esprit critique toujours éveillé les productions de la Compagnie de Jésus dont il se fait l'historien minutieux, et à l'occasion nuancé.

Le J.U. n'exprime pas le sec manichéisme habituel aux ouvrages jansénistes: il ne recule pas devant les grâces de l'expression, l'humour et même la possibilité concédée à l'adversaire de ne pas avoir toujours tort.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Sächsische Landesbibliothek, Dresde, H. univ. B. 822 (16 t., manque juin 1748; «e Bibliotheca Böttigeri»: Karl August Böttiger, 1760-1835, archéologue et directeur du Musée de sculpture de Dresde); Ars., 8° H 26346 (13 t. en 14 vol. jusqu'à août 1747; annotations ms., Paulmy?); Bayerische Staatsbibliothek, Munich, 8° Eph. pol. 51 (t. I-XIII, manque t. VI; anciennement un t. XIV, sept. 1747, sous la cote: 8° eph. lit. 125). Autres exemplaires: B.R. La Haye (t. I-VIII); B.U. Halle (t. II, V-VII, IX-XVI).

Bibliographie

B.H.C., 59, 90; H.G.P., t. I, 287, 295; G.H., p. 203-204. Mentions dans la presse hollandaise (cf. Kossman, p. 25); L'Avocat pour et contre (Rousset de Missy), 1746, t. II, n° III, 1er août, p. 20 (polémique autour du numéro de juin); Le Vrai Patriote hollandais (Rousset de Missy), 1748, t. II, p. 47 (le même auteur poursuit le Journal chez Ryckhoff). — Kleerkooper M.M., et Stockom W.P. von, De Boekhandel te Amsterdam, La Haye, 1914, t. I, p. 464-467 (Lettre de «Pierre Benard» à Jean Néaulme, du 4 avril 1746). — Kossman E.F., De Boekhandel te 'S-Gravenhage, La Haye, p. 25-26. — Mattauch H., Die literarische Kritik der frühen französischen Zeitschriften (1665-1748), Munich, 1968, p. 319. — Couperus, p. 191.

Additif

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s): Le Leidse courant publie, en date du 4 et du 9 janvier 1743, l’annonce suivante:

«Arnaut Lobedanius à Utregt ayant pris toutes les mesures pour avoir des nouvelles sûres, fraiches et intéressantes, de tout ce qui se passe en Europe, donne avis qu’il imprime une gazette française d’Utregt, qui paraitra régulièrement deux fois par semaine, savoir le lundi et le jeudi, et le supplément le mardi et le vendredi. La première se débite actuellement; ceux qui désirent de se la procurer pourront le faire à un prix raisonnable. Ledit libraire s’en rapporte au public éclairé afin de décider de la [sic] mérite de sa gazette, il supplie simplement de lui faire la grâce de la lire avec un esprit impartial et de bien examiner les nouvelles qu’elle renferme; alors il ose se flatter d’avoir son approbation. Cette gazette se trouve chez les libraires, à Amsterdam chez Ryckhoff le fils, à La Haye chez N. Blommendal, à Rotterdam chez Smithoff, à Leide chez J. van Abcoude, et chez Mrs les directeurs du bureau général des postes de toutes les principales villes de l’Europe. Le prix des avertissements sera très raisonnable».

Cette annonce belliqueuse désigne probablement un Journal universel destiné à faire pièce à celui de Berkoske (D.P. 1, n°787). Cette revue, annoncée dans le Leidse courant du 4 février 1743, devait paraître régulièrement le premier de chaque mois jusqu’en 1748. Son auteur, Pierre Quesnel, pouvait même se flatter de son succès en février 1744, et annoncer des suppléments. Pourtant, il entra en conflit avec son éditeur, Berkoske, à la fin de 1745; c’est alors qu’il confia son journal à Lobedianus (voir F. Moureau, D.P. 2, n° 662, «Quesnel, Pierre»). Cette trahison devait mettre en fureur Berkoske, qui dénonce son rival dans le Leidse courant du 9 mars 1746:

«L. Berkoske fils, libraire à La Haye, ayant vu que le nommé Lobedanius, libraire à Utrecht, a annoncé dans la GAZETTE D’UTRECHT contre tout droit et toute honnêteté, qu’il distribuera à l’avenir, régulièrement le premier de chaque mois, le JOURNAL UNIVERSEL, ledit L. Berkoske se trouve dans l’obligation d’avertir le public qu’il ne reconnait aucun JOURNAL UNIVERSEL véritable, que celui qui a été imprimé et distribué par lui, depuis janvier 1743 jusqu’à présent; et afin d’empêcher le public de s’en [laisser] imposer par cette CONTREFACTION, ledit Berkoske avertit de plus que le VERITABLE JOURNAL UNIVERSEL qu’il est en possession depuis trois ans d’imprimer et de distribuer, sera désormais signé de sa propre main, et qu’on pourra d’ailleurs le reconnaître à la vignette du titre, qui représente une Renommée, assise sur une nue, sonnant de la trompette qu’elle tient de la main droite et en avant de la gauche sur un écusson».

C’est pourtant bien chez Lobedianus, devenu le «véritable auteur», que paraît le Journal universel de mai 1746: «A. Lobedanius, libraire à Utrecht, imprime et débite actuellement LE JOURNAL UNIVERSEL, pour servir à l’Histoire civile, politique, ecclésiastique et littéraire du XVIII siècle pour le mois d’avril. Cet ouvrage étant du véritable auteur, paraitra régulièrement, comme depuis trois ans, les premiers jours de chaque mois; on le trouve à La Haye chez Blommendaal, à Rotterdam Smithoff et Burgvliet, à Middelbourg Meerkamp, à Dord van Braam, à Amsterdam la veuve de Coup, Kuyper et Esveldt, à Leide chez les frères Verbeek et B. van der Aa etc.». L’année suivante, la revue est transférée à Amsterdam, chez de Groot et Ryckhoff jeune, sans qu’on sache la raison de cette dernière négociation.

Auteur additif

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