N° 0853

LORGNETTE PHILOSOPHIQUE (1785)

Titre(s)

Lorgnette philosophique, trouvée par un R.P. Capucin sous les arcades du Palais-Royal, et présentée au Public par un célibataire.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Deux volumes publiés en 1785, de 168 p. chacun.

Description de la collection

«Nous avons préféré de l'imprimer dans le format petit in-12, tant pour la satisfaction du public (qui paraît donner aujourd'hui la préférence aux éditions lilliputiennes) qu'afin de pouvoir l'établir au prix modique de 2 livres. 8 s. les 2 volumes brochés».

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Londres, et se trouve à Paris chez l'auteur, sur les Champs Elysées».

Noms des libraires chez lesquels on trouve également le présent ouvrage: Veuve Duchesne, Bailly, Mérigot, Veuve Esprit, Belin, Brunet, Guillot, Petit, Cussac, Pichard».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

GRIMOD DE LA REYNIÈRE.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 2074-2081.

Second ouvrage de Grimod de La Reynière après les Réflexions philosophiques sur le plaisir par un célibataire publiées en 1783, la Lorgnette philosophique est destinée de la même façon à faire connaître son auteur et surtout ses extravagances d'amphitryon, dont la presse avait déjà beaucoup parlé: il revient ici, sous le nom de Damis, et en désignant Paris sous le nom romanesque de Sirap, sur son «fameux souper» de 1783, dont la mise en scène théâtrale avait intéressé le public, et il décrit ses «déjeuners philosophiques» du mercredi, qui réunissaient dix-sept convives lettrés. Celui qui s'était d'abord illustré comme critique dramatique dans le Journal des théâtres en 1777-1778, et dans le Journal de Neuchâtel en 1781-1782, invente ici ce style d'écriture gourmande (mélange savant et précieux de morale et de référence gastronomique) qui fera son succès sous l'Empire. Pour l'instant, il règle surtout des comptes littéraires avec Voltaire et loue de préférence ses amis Rétif et Mercier. Il a déjà son point de vue sur le journalisme, qui deviendra sa préoccupation principale ultérieurement, quand il tentera de fonder la presse gastronomique: «Il n'y a pas en littérature d'état qui exige plus de connaissances, de jugement et de goût, que celui de journaliste, et il n'y en a pas que l'on embrasse aussi légèrement. On monte aujourd'hui un journal, comme on établit un café. Beaucoup de morgue, suffisamment de pédanterie, le tout renforcé d'une triple dose d'impéritie, d'audace et d'impertinence, voilà de quoi faire un journaliste à la mode». Dans son Journal des gourmands et des belles, ou l'épicurien français, il donnera en 1806 une suite plus précisément journalistique à la Lorgnette philosophique.

Auteur

Jean-Claude BONNET

Ce dictionnaire est mis à disposition du public avec l'aimable autorisation de la Voltaire Foundation

Site mis en ligne par le IHRIM UMR 5317 et l'ISH USR 3385 - Mentions légales - Remerciements - Contacts - Se connecter - Créér un compte

IHRIM   ISH