N° 0963

LE MONITEUR FRANÇAIS (1760)

Titre(s)

Le Moniteur Français.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier – juin 1760. Un volume. La périodicité annoncée est d'un cahier toutes les trois semaines.

Description de la collection

Ce volume est composé de deux tomes. Le t. I comporte 5 cahiers ou numéros, le t. II comporte 3 numéros. T. I, 358 p., t. II, 141 p. (499 p. en tout).

Cahier de 95 x 170, in-12.

Devise: Non odio adductus alicujus, sed spe salvandae et corrigendae civitatis. Cicero, ad Attic.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Avignon [Paris]. Desaint et Saillant, Rue Saint-Jean de Beauvais.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Fondé par Charles Saillant avec comme auteur, Jacob-Nicolas MOREAU. Collaborateur régulier: Le Clerc de Nangis.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé (Préface): «Une suite de discours ou politiques ou moraux qui auront pour but de combattre les erreurs populaires, et de faire la guerre aux préjugés qui sont souvent les ennemis les plus dangereux des lois».

Contenu réel: propagande anti-anglaise et anti-philosophique; histoire ancienne et moderne, défense de la monarchie; science politique; éloges; lettres.

Principaux centres d'intérêt: les principes des différents systèmes de gouvernement, les mœurs et la politique, individu et société, le patriotisme.

Le principal auteur étudié est Montesquieu.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Z 55434; Univ. of Illinois Library, 321.7 M 81 m.

Bibliographie

B.H.C.

Mentions dans la presse du temps: L'Année littéraire, 1760, t. IV, p. 50-61; Annonces, Affiches et Avis divers, 16 janv. 1760, p. 10, 25 juin 1760, p. 102; Journal de Trévoux, janv., t. II, 1760, p. 268.

Historique

Le Moniteur français fut lancé par l'imprimeur Charles Saillant avec l'appui du gouvernement pour combattre les progrès de l'esprit philosophique en France et «ramener à la vérité ceux qui par faiblesse ou par des sentiments erronés en fait de mœurs et de politique, égarent la plupart des citoyens ou se laissent égarer eux-mêmes» (A.L., 1760, t. IV, p. 51) et pour détruire les faux systèmes des ennemis de la religion et de la patrie.

Commencé au début de l'année 1760, pendant la guerre de Sept Ans et à une époque où la ligue anti-philosophique lançait sa grande offensive contre les philosophes, sur la scène avec Les Philosophes de Palissot et à l'Académie française avec le discours de réception de Lefranc de Pompignan, Le Moniteur français fut une entreprise collective consacrée «au bien et à la gloire de la patrie»; son principal collaborateur fut l'avocat J.N. Moreau.

Le Moniteur français reprendra dans une large mesure la propagande anti-anglaise et anti-philosophique du Nouveau Mémoire sur les Cacouacs et de l'Observateur hollandais, et aspirera à «opposer l'instruction aux préjugés que l'esprit philosophique veut mettre en vogue».

Cette réaction patriotique ne fut que de courte durée (6 mois), et ne semble pas avoir engendré l'enthousiasme populaire que les auteurs du Moniteur français avaient espéré. Fréron leur conseilla même avec raison «d'adoucir leur ton déclamatoire et de ne pas tant imiter le style sermonnaire» (A.L., 1760, t. IV, p. 61).

Auteur

Paul BENHAMOU

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