NOUVELLE BIBLIOTHÈQUE BELGIQUE

Numéro

1001a

Titre(s)

Nouvelle Bibliothèque Belgique.

1781
1784

Titre indexé

NOUVELLE BIBLIOTHÈQUE BELGIQUE

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Juillet-septembre 1781–avril-juin 1784. Trimestriel. Douze parties en six tomes. Prospectus dans L’Esprit des journaux, français et étrangers, X, xi (novembre 1781), p. 403-408. Indication de la publication réelle dans les comptes du libraire Samuel Luchtmans de Leiden avec Christiaan Plaat (Amsterdam, BU, Luchtmansarchief, boekverkopers, 1781-1787; disponible sur microfiches), et dans les annonces des ’s-Gravenhaagsche Courant, Rotterdamsche Courant et Leydse Courant. Luchtmans commande d’abord 12 exemplaires (I-i, I-ii, II-i), puis 3 (II-ii et III-i) et ensuite jusqu’à la fin, 4, à raison de 15 stuivers (sols) par livraison.

I-i, Luchtmans, 8-10-1781; sGC, 10/12-10-1781; LC, 17-10-1781

I-ii, Luchtmans, 29-12-1781; sGC, 9/16-1-1782; RC, 31-1-1782; LC, 1-2-1782

II-i, Luchtmans, 15-4 1782; sGC, 17-4-1782; RC, 27-4-1782; LC, 29-4-1782

II-ii, Luchtmans, 24-7-1782; sGC, 26/31-7-1782

III-i, Luchtmans, 21-10-1782; sGC, 1-11-1782

III-ii, Luchtmans, 5-2-1783

IV-i, Luchtmans, 2-8-1783; sGC, 11-8-1783

IV-ii, Luchtmans, 21-10-1783; sGC, 3-11-1783; LC, 7/10-11-1783

V-i, Luchtmans, 16-12-1783; sGC, 17/22-12-1783

V-ii, Luchtmans, 16-2-1784

VI-i, Luchtmans, 11-6-1784; sGC, LC, 21/25-6-1784

VI-ii, Luchtmans, 24-12-1784

Des retards de publication sont souvent mentionnés dans les Avis du libraire ou les Avertissements. La partie II-ii a quinze jours de retard (Avis, p. ii), III-ii un mois et demi et IV-i plus de quatre mois. A la publication de IV-i, la prochaine livraison est promise «dans peu de semaines»; ce furent deux mois. Dans le même Avis le libraire assure au public: «Les deux parties du tome V paraîtront exactement à leur temps, savoir à la fin des mois de septembre et décembre prochains.». Ce ne fut pas le cas. D’après l’Avis de V-ii «l’exacte publication de chaque trimestre» aurait été retardée par «des circonstances étrangères à nos lecteurs», et quand fin décembre 1784, VI-ii parut avec un retard de six mois, le «très petit nombre de nos lecteurs» furent priés «d’excuser toutes les irrégularités qui ont défiguré ce journal. En voilà donc un de moins en Europe! sur les six cents qui l’ennuient périodiquement.». Ces avis confirment que la Nouvelle Bibliothèque belgique est bien périodique (contrairement à ce qu’affirme la notice de S. L’Honoré, D.P. 2, n° 519).

Description de la collection

Chaque tome comprend deux livraisons ou parties. Le libraire promet 15 feuilles (Prospectus), «mais [...] selon l’importance des matières il les portera à 16 et même à 18 feuilles» (I-ii, Au lecteur). Les livraisons varient de 234 (V-i) à 324 (II-ii) pages: 236 (V-ii), 240 (5 fois), 256 (VI-ii), 288 (II-i), 272 (III-ii), 280 (IV-ii); cahiers de 16 p., format in-8°, 153 x 99. Chaque livraison a sa propre page de titre, mais la pagination est continue du début à la fin de chaque tome. Les tomes I et II sont suivis d’une table des matières.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A La Haye, chez C. Plaat, libraire dans le Hofstraat. Dans les annonces de janvier-février 1782, il est dit: «Ce journal [...] se trouve à Amsterdam chez Changuion, Guerin et Vlam, à Rotterdam Beman, Bennet et Hake et Bronkhorst, à Leide Luchtmans, Luzac et Van Damme et les frères Murray, à Dordrecht Blussé et Van Braam, à Haarlem Walré, à Utrecht Wild, Spruyt et A. van Paddenburg et généralement chez les principaux libraires des Provinces Unies». Le prospectus était aussi disponible chez De Groot à Delft, Palier à Bois-le-Duc, Oukoop à Breda, Nyhoff à Arnhem, Van Bulderen à Zutphen, Van Goor à Nimègue, Tresling et Cahais à Leeuwarden, Romar à Franeker, Huising et Dikema à Groningen, Boheemer à Middelburg, Dufour à Maastricht, Jacquez à Lille, veuve Somers à Gand, Grangé à Anvers, Philippart à Liège, Delalain l’aîné à Paris, Elmsly à Londres, A.F. Böhme à Leipzig, Van den Hoek à Göttingen, Virschaux et veuve Herold à Hambourg, Helwing à Duisburg et Röder à Wesel etc. etc. Les noms des libraires à Londres, Paris et en Allemagne figurent aussi sur les couvertures des six tomes. En juin 1784, les libraires d’Amsterdam étaient Harrevelt, Changuion, Guerin, veuve H. Merkus, Dusaulchoi et A. Mens; ceux de Rotterdam D. Vis, Bennet et Hake; pas de changements pour Leiden, Dordrecht et Utrecht.

Prix: Dans les annonces d’octobre 1781 et dans le prospectus, les lecteurs furent invités à souscrire pour un an (4 livraisons à 1 florin pièce). Si au mois de janvier 1782, il n’y avait pas assez de lecteurs, ce serait la fin du journal.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

«Nous nous sommes associés plusieurs gens de lettres, pour les diverses branches des arts et des sciences. Chacun de nous a, pour ainsi dire, son département» (Prospectus, p. 405-406). «Nous avons des correspondants dans chacune des Provinces-Unies, ce ne sont donc pas les gens de lettres de La Haye que l’on a voulu désigner exclusivement» (I-i, Avertissement, p. v-vi). Mme de La Fite, ancien rédacteur de la Bibliothèque des sciences et des beaux-arts (1754-1778), écrit le 31 août 1781 à Rijklof Michael van Goens, à propos du nouveau rédacteur: «On m’a prié, Monsieur, de mettre sous votre protection le journal dont voici le prospectus. Je m’intéresse à l’un des auteurs, c’est un jeune homme qui a de bons principes, des talents et de l’activité» (La Haye, Koninklijke Bibliotheek, 130 D 14, n° 54). Le 13 février (1782) Paul Henry Maty (1745-1787), bibliothécaire du British Museum et en 1782-1786 auteur du journal A New Review with literary curiosities and literary intelligence, écrit à Laurens van Santen, poète neo-latin dont les Carmina furent l’objet d’un long extrait (V-ii, p. 260-293): «Je vous avoue que je n’ai guère été content de la Nouvelle Bibliothèque Belgique, dont j’ai vu une échantillon; il faudrait que le jeune homme eût fait bien des progrès pour que je décidasse de voir son ouvrage». (Leiden, BU, BPL 244).

Il est donc fort possible que ce jeune homme ait été, comme l’affirme Quérard (La France littéraire, V, p. 294, Paris, 1833), Samuel-François L’Honoré (15 août 1756–14 janvier 1794), avocat à la Cour de Hollande et fils du pasteur wallon Henri-François L’Honoré et d’Anne Wilhelmine Caroline de Joncourt (1754-1831). En 1779 il publia La Hollande au dix-huitième siècle, dont le dernier chapitre a pour titre: «Réflections sur l’état des arts et des sciences en Hollande, et en particulier sur la poésie hollandaise». Dans l’Avertissement (p. xi) il écrit: «On ignore par exemple que la Hollande a produit des poètes dont le génie et la sublimité égalent souvent Corneille et les auteurs les plus fameux. Pour les faire connaître nous avons essayé de donner une idée de quelques-uns de leurs poèmes et d’en traduire quelques endroits». En avril 1780, il publia anonymement quelques livraisons de L’Observateur des spectacles, petite feuille hebdomadaire chez Plaat à La Haye (Amsterdam, BU, port. ton. 6-3, nos. 1-3). La N.B.B. serait donc une suite logique de ses activités littéraires.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

D’après le prospectus, le but du journal était de faire connaître «le mérite littéraire de nos compatriotes», handicapés par «l’idiome hollandais [qui] s’oppose à la célébrité que méritent nos bons auteurs». Le journal serait le premier à s’occuper exclusivement des livres publiés dans les Provinces-Unies, tant en hollandais qu’en français et latin, mais sous certaines limites. Comme le regretté auteur principal [Jean-Daniel de La Fite] de la Bibliothèque des sciences et des beaux-arts, qui avait peut-être songé à créer un journal comme la N.B.B., «nous ne parlerons jamais de ces ouvrages obscurs et licencieux, où l’on frappe les grands principes de la morale et de la révélation. [...] Nous ne parlerons des livres polémiques [...] que lorsqu’ils ne blesseront point le respect dû au souverain et les égards de la société. Nous ne prendrons parti dans aucune querelle, mais nous nous bornerons à en tracer un tableau fidèle».

Après la page de titre, on trouve parfois un Avertissement, Avis ou Au Lecteur suivi par une Table des articles, et ensuite les extraits de 8-13 livres, avec souvent quelques textes littéraires. Des 109 extraits dans les six tomes, 26 se rapportent à l’histoire, 19 à la théologie, et 14 aux mémoires de la plupart des sociétés savantes des Provinces-Unies. Ensuite il y a la médecine (10), la littérature (9), les sciences exactes (8), l’économie et la politique (7), l’histoire naturelle (5) et sujets divers (11).

Figurent aussi cinq extraits d’Antoine-Marie Cerisier, Tableau de l’Histoire générale des Provinces-Unies, 1777-1784, et deux extraits d’une Description d’un planétaire artificiel complet, inventé et construit par Eise Eisinga, par Jan Hendrik van Swinden, professeur de philosophie à Franeker. En ce qui concerne la littérature on trouve des commentaires sur Entretiens, drames et contes moraux de Madame de La Fite, et sur le célèbre roman de A. Deken et E. Wolff-Bekker: Histoire de Mlle Sara Francœur [Historie van mejuffrouw Sara Burgerhart, 1782]. On trouve aussi un extrait du roman sentimental Julia (1783) de Rhijnvis Feith et des Poésies latines [Carmina, 1780] de Laurens van Santen. Parmi les textes littéraires, il y a quelques poèmes en français, mais plus souvent des poésies latines, en grande partie signées J.H. Hoeufft, avocat à La Haye. La section Nouvelles littéraires, qui dans le tome II comporte 60-70 pages, est réduite à environ 30 pages dans chacun des tomes III-VI.

Fin juillet 1782 (II, ii) les journaux annonçent en détail le contenu de la N.B.B., qui comprenait aussi une «Lettre au rédacteur de ce journal sur quelques livres allemands nouveaux». «On attend les traductions [...] Je ne ferai donc ici qu’anticiper sur les extraits que nous donnerons dans le temps des traductions». La promesse de s’en tenir exclusivement aux publications parues dans les Provinces-Unies n’a donc pas été suivie à la lettre: une autre preuve en est l’inclusion du prospectus d’une publication envisagée à Paris, pour laquelle Christiaan Plaat recueillait les souscriptions en Hollande (III, i). Dans cette même livraison, le rédacteur annonçait plus de variété: «des pièces de vers, des anecdotes remarquables etc. etc. En un mot tout ce qui peut rendre un journal amusant et utile». Il y avait même un «problème algébrique».

En février 1783 (III-ii), on annonça qu’on allait réimprimer «les plus piquants articles du Journal Helvétique [et de] la Correspondance littéraire secrète, comme le faisait Marc-Michel Rey dans son édition du Mercure de France. [...] Le prix restera toujours à ƒ 4-0-0; ainsi pour cet argent on aura trois journaux dont le dernier seul coûte plus de douze florins aux abonnés». Il fut aussi question d’inclure une «liste des souscripteurs» (IV-i, Avis du libraire), mais on ne la trouve nulle part dans les séries étudiées. Les extraits du Journal Helvétique se terminent avec le tome V. Ceux de la Correspondance littéraire secrète continuent jusqu’à la fin du tome VI.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collections étudiées: Leiden, BU (660 E 11-16), La Haye, Koninklijke Bibliotheek (458 K 2), Gent [Gand], BU, en ligne. Autres collections: Utrecht, BU (A oct. 67-72), Leeuwarden, Tresoar (70 AW), Göttingen, BU, Erfurt, BU.

Bibliographie

Le prospectus dans L’Esprit des journaux et une seule allusion dans la Nieuwe Nederlandsche bibliotheek, IV, i (1784), p. 570, où on mentionne une lettre dans laquelle la voyelle A n’est pas utilisée (N.N.B., III-i, p. 179-180). Les correspondances contemporaines nous ont fourni une mention. Le 25 octobre 1782, le physicien Jan Hendrik van Swinden, assure à son correspondant Meuron de Neuchâtel au sujet des Suites des Œuvres de Charles Bonnet «J’ai envoyé le prospectus [...] aux auteurs de la Bibliothèque Belgique. Ils l’inséreront certainement dans leur journal» (Leiden, BU, BPL 755). En effet l’Avis de Samuel Fauche, libraire du roi de Prusse à Neuchâtel, daté le 1er janvier 1782, parut dans la N.B.B., II-ii, p. 506-508.

Date indexée

1781
1782
1783
1784