N° 1027

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES (1728-1803)

Titre(s)

Nouvelles ecclésiastiques.

Le t. I, qui se présente comme une récapitulation de nouvelles antérieures, porte le titre suivant: Nouvelles ecclésiastiques depuis l'arrivée de la Constitution en France jusqu'au vingt-trois Février mil sept cens vingt-huit, que les dites Nouvelles Ecclésiastiques ont commencé d'être imprimées.

A partir de mai 1728, chaque numéro porte le titre: Suite des Nouvelles ecclésiastiques; à partir du 1er janvier 1730, les pages de titre des volumes portent: Nouvelles ecclésiastiques ou Mémoires pour servir à l'histoire de la Constitution, mais chaque numéro continue d'être titré Suite des Nouvelles ecclésiastiques. Désigné souvent sous le titre de Gazette ecclésiastique.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

23 février 1728-juin 1803. Hebdomadaire. La périodicité est irrégulière pendant les premières années: on peut trouver en février 1729 4 numéros en une semaine (15, 18, 20, 22), ou un seul numéro de 24 p. pour mars; mais à partir de 1730, la périodicité tend à devenir hebdomadaire. Le journal est interdit et paraît clandestinement. Les numéros sont réunis en tomes annuels pourvus d'une page de frontispice et d'un discours introductif. La collection complète comprend 76 tomes annuels de pagination continue (généralement ajoutée après coup).

Description de la collection

Le t. I de 1728 est composé de plusieurs recueils de pagination distincte, relatant la persécution des jansénistes depuis 1713: Preuves de la liberté de l'Eglise de France dans l'acceptation de la Constitution Unigenitus (Amsterdam, Potgietter, 1726, 232 p.); Supplément du Recueil des Ordres [...] (suite pour 1726, publiée en 1727, 20 p.); Nouveau Supplément [...] (pour 1726-1727, publié en 1727, 35 p.); Troisième Supplément [...] (pour 1727, publié en 1728, 77 p.); après ces textes introductifs, qui peuvent varier d'une collection à l'autre, viennent les Nouvelles ecclésiastiques proprement dites, «depuis l'arrivée de la Constitution» en 1713 jusqu'au 23 février 1728, en un abrégé chronologique, année par année, de 240 p.; vient enfin la Suite des Nouvelles ecclésiastiques, recueil des numéros parus de mai à décembre: l'ouvrage se présente comme une histoire journalière, continuellement mise à jour. Les tomes suivants sont composés d'un nombre variable de numéros et de suppléments.

Cahiers de 4, 8, 16 p. in-4°, imprimés sur deux colonnes, 185 x 252. Les rééditions sont certainement très nombreuses, les numéros parisiens étant réimprimés en province; aussi trouve-t-on de nombreuses typographies, et des pages qui comportent 46, 48, 56 ou 59 lignes. Il semble en outre que les «suites» aient été réimprimées par groupes de 6 ou 10 ou 20 et plus, ayant chacune leur pagination indépendante. D'où une extrême variété dans la présentation des tomes. A partir de 1731, le nombre de pages des tomes tend cependant à s'établir autour de 220 à 250 p.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Aucune adresse, aucun nom d'imprimeur. Les N.E. sont imprimées à Paris et réimprimées dans de nombreuses villes de province. Il y eut certainement à Auxerre, sous la protection de Mgr. de Caylus, un centre d'impression important: F. Fournier fut recherché, à la date tardive de 1759, comme imprimeur des N.E., grâce à une vignette au perroquet identifiée par la police (H. Ribière, Essais sur l'histoire de l'imprimerie dans l'Yonne, Auxerre, Perriquet, 1858, p. 57 et suiv.). A partir de 1793, les N.E. furent imprimées à Utrecht, mais on trouve une «3e édition» imprimée à Utrecht, aux dépens de la Compagnie dès 1735 (cf. R. Granderoute, Catalogue des périodiques anciens (1600-1789) conservés à la bibliothèque municipale de Bordeaux, Bordeaux, Société des bibliophiles de Guyenne, 1987, n° 238); les années 1728 à 1768 au moins ont été rééditées (B.M. Grenoble, ex. C 3290, 1728-1768). L'organigramme de diffusion a été schématisé par les auteurs des N.E. vers 1731 (voir J. Sgard, «La presse militante au XVIIIe siècle»). Le tirage total a été évalué à 5000 (J. Sgard, art. cité) ou 6000 (F. Bontoux, «Paris janséniste au XVIIIe siècle»), de façon naturellement très approximative.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Les principaux auteurs furent, de 1727 à 1732: Philippe et Elie BOUCHER, Marc-Antoine et Jean-Baptiste DESESSARTS, Louis TROYA D'ASSIGNY, François JOUBERT, Philippe BOURSIER, Pierre VAILLANT; de 1729 à 1761, Jacques FONTAINE DE LA ROCHE; de 1761 à 1793, Marc-Claude GUENIN DE SAINT-MARC, Louis GUIDI, Pierre-Etienne GOURLIN, Noël CASTERA DE LARRIÈRE, Jean HAUTEFAGE, avec qui collaborèrent les théologiens Maultrot, Mey, Jabineau, Blonde; de 1793 à 1803, Jean-Baptiste MOUTON (voir D.P. 2).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Les N.E. se proposent de faire l'histoire des persécutions subies par les jansénistes de France depuis la promulgation de la bulle Unigenitus en 1713. Elles se composent d'abord de témoignages des fidèles persécutés, des martyrs de la foi; chaque suite est généralement faite de plusieurs lettres particulières, souvent regroupées autour d'un thème, d'un événement, d'un livre. Elles imitent en cela, comme l'avaient fait les Suppléments à la Gazette d'Hollande imprimés par les jésuites, la forme traditionnelle des gazettes. De plus en plus, sous l'influence de Fontaine de La Roche, elles se rapprochent d'une revue ecclésiastique; les comptes rendus d'ouvrages et d'assemblées, la controverse sur des points de dogme y tiennent une place grandissante. L'imitation des Provinciales de Pascal, qui était assez nette dans les premiers numéros (oct. 1728, 24 févr. 1731, p. 38), disparaît au profit de l'argumentation doctrinale.

Une première Table des noms et matières contenues dans les Nouvelles ecclésiastiques a paru en 1734 en 2 vol. (B.N., 4° Lc3 3). Excellente Table raisonnée et alphabétique des Nouvelles ecclésiastiques depuis 1728 jusqu'en 1760 inclusivement, s.l., 1767, 2 vol.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collections étudiées: B.U. Grenoble, 9004 (ex. du Grand Séminaire); B.M. Grenoble, D 875 (1728-1803 en 19 vol.) et

C 3290 (éd. d'Utrecht, 1728-1768); B.M. Lyon, 128 618; B.N., 4° Lc2 2 et 4° LC3 2B (éd. d'Utrecht, 1728-1737); Ars., 4° H 8898-8904; Institut Catholique, 9861-9862.

Bibliographie

Nombreuses rééditions partielles, difficiles à identifier; la mention de 3e éd. figure sur différentes collections; la mention de 2e éd. ne figure que sur des exemplaires des premiers tomes. – Gazier A., Histoire générale du mouvement janséniste depuis ses origines jusqu'à nos jours, Paris, 1922. – Préclin E., Les Jansénistes du XVIIIe siècle et la Constitution civile du clergé, Paris, Vrin, 1929. – Bontoux F., «Paris janséniste au XVIIIe siècle: les Nouvelles ecclésiastiques», Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Ile-de-France, vol. 7, 1955, p. 205-220. – Maire CL., Les Convulsionnaires de Saint-Médard: miracles, convulsions et prophéties à Paris au XVIIIe siècle, Archives Gallimard-Julliard, 1985. – Sgard J. (sous la dir. de), Lumières et lueurs du XVIIIe siècle, Paris, L'Arbre Verdoyant, 1986, ch. 4. – Idem, «La presse militante au XVIIIe siècle: les gazettes ecclésiastiques», Cahiers de textologie, Paris, Minard, 1990, n° 3, p. 7-34.

Historique

Le premier tome des N.E. rassemble un certain nombre de lettres qui ont circulé en manuscrit dès 1713, ou ont été publiées dans les gazettes d'Amsterdam, Rotterdam ou Utrecht, dans le Journal littéraire de La Haye, La Quintessence ou le Journal de Verdun. Ces lettres semblent également avoir été rassemblées dans divers recueils: la Gazette d'Amsterdam du 15 oct. 1728 (citée dans N.E., 14 déc. 1728) affirme qu'il en a paru deux volumes cette année-là sous le titre de Mémoires historiques et d'Histoires des réflexions morales. La forme de l'«extrait de quelques lettres» est donc habituelle aux jansénistes. Toutefois c'est le Supplément à la Gazette d'Hollande (1718-1723), journal jésuite conçu pour répondre aux gazettes protestantes de Hollande, qui semble leur avoir servi de modèle. Dans le t. I des N.E., ils ne se cachent pas de procéder à une contre-offensive (voir les numéros du 4 août 1719, 30 mai et 3 juin 1721, et 30 avril 1722). Les résumés donnés dans le t. I pour les années 1720 à 1727 attestent qu'un réseau d'informateurs provinciaux avait été mis en place, d'abord autour de Paris (Beauvais, Reims, Auxerre, etc.), puis dans des villes plus éloignées (Aix, Besançon, Dijon, Lyon, etc.). La décision d'imprimer les lettres fut prise à la fin de 1727: «On sait que le Conciliabule d'Embrun fut l'occasion de ces feuilles périodiques. L'ardeur des amis de la vérité pour être instruits des circonstances et des suites d'un événement si extraordinaire, obligea d'en faire des relations manuscrites, dont les copies furent tellement multipliées que bientôt après on jugea plus commmode de les faire imprimer» (N.E., 13 juin 1770, p. 95). Les premiers numéros furent rédigés par Philippe Boucher (1691-1768), Philippe Boursier (1693-1768), Louis Troya (1687?-1763?) et Jacques Fontaine de La Roche (1688-1761), qui se réunissaient chez les frères Desessarts. Cependant les premières feuilles furent jugées anecdotiques et «informes». Plusieurs conférences réunirent chez l'abbé Duguet à la fin de 1728 les principaux théologiens jansénistes; le «plan» et les «règles» du journal furent précisés; une place plus grande fut donnée à la théologie et à la controverse religieuse (N.E., 13 juin 1770, p. 95; 27 mars 1771, p. 49-50). Fontaine de La Roche prit dès lors une place grandissante dans la rédaction.

A la fin de 1728, le journal, qui paraissait sans privilège et sans adresse, commença à inquiéter le gouvernement. Le lieutenant-général de police Hérault entreprit une série de perquisitions et d'arrestations. Les auteurs supposés sont arrêtés ou bannis: Philippe Boucher en 1728, Louis Troya en octobre 1728, Elie-Marcoul Boucher en décembre 1730, François Joubert en novembre 1730; la maison Desessarts est investie le 19 juin 1730, sans que la perquisition produise de résultats. Les imprimeurs suspects font également l'objet de descentes de police: de Bats en 1727 (cf. N.E., 4 avril 1729), Thiboust le 19 juin 1730, Baudrier en février 1730, Marie Dagobert Ysabeau (N.E., 24 févr. 1731), mais toujours sans résultats. Equipés de presses portatives et parfaitement informés par leurs partisans au sein même de la police, les auteurs et les imprimeurs ne purent jamais être pris en flagrant délit. Les N.E. ne se privent jamais de donner le signalement des espions qui tentent de s'infiltrer dans leurs rangs, ou dans les communautés religieuses qui les abritent, comme la communauté Saint-Hilaire ou les paroisses de Saint-Etienne-du-Mont et de Saint-Jacques-le-Haut-Pas, sur la Montagne Sainte-Geneviève, où ils trouvèrent toujours asile. Le 9 février 1731, le Parlement de Paris condamnait à la «brûlure» les cinq feuilles de janvier, en présence de leur imprimeur supposé, Marie Dagobert Ysabeau; rien ne changea dans la présentation et dans la périodicité du journal. Le 13 mars, le chanoine Grillot et l'imprimeur Patron furent condamnés au carcan, mais leur châtiment se transforma en glorieux martyre (N.E., 9 avril 1731). Dès cette époque, le tirage est certainement considérable; le 10 mai, une femme est arrêtée avec 500 exemplaires du numéro du 25 avril, sans que la distribution en soit perturbée (N.E., 29 mai 1731).

En 1731-1732, les miracles sur la tombe du diacre Paris puis les scènes de convulsions accroissent le succès du journal; les relations de miracles se multiplient (cf. N.E., 27 juin, 14 juil., 26 août 1731), cependant que l'affaire du père Girard et de La Cadière discrédite les jésuites; la «gazette infernale» semble triompher (9 sept. 1731). Cependant, de sourdes luttes d'influence se manifestent au sein de la rédaction: l'abbé Duguet, très réticent à l'égard des convulsionnaires, tente de maintenir la ligne fixée en 1728 et favorise d'abord Fontaine de La Roche; celui-ci est contrecarré par Philippe Boursier, nettement plus activiste et aidé par la propre nièce de Fontaine, Mme Mol, qui réussit à entraîner Duguet (voir l'Eloge de Fontaine de La Roche, N.E., 27 mars 1771). On trouvera un résumé de ces querelles dans le Supplément des Nouvelles ecclésiastiques de Patouillet (15 sept, et 22 nov. 1735). Après la condamnation du journal par l'archevêque de Paris le 27 avril 1732, Fontaine se tourne vers Soanen, qui lui accorde sa caution et lui permet de s'imposer à la tête de la rédaction. La direction de Fontaine se maintiendra jusqu'à sa mort en 1761. Contre les excès des convulsionnaires, des «figuristes» ou des «vaillantistes», il réussit à garder une ligne modérée, directement inspirée par les principes de Quesnel. La théologie reprend une place importante dans le journal. A partir de 1740, ébranlé peut-être par la condamnation en Cour de Rome (décret du 15 avril 1740), ou persuadé que les polémiques sur les convulsions et les anecdotes sur les miracles ont fait le jeu des philosophes déistes ou matérialistes, il oriente le journal vers la critique des «vrais adversaires» de la religion, tout en maintenant la pression à l'encontre des jésuites. En octobre 1749, il publie une Critique de l'Esprit des Lois qui fait du bruit et pousse Montesquieu à publier une Défense. Il tente en même temps de ménager les parlementaires gallicans, dont il partage le légalisme. A la fin de 1751, les N.E. prennent vigoureusement parti contre les thèses de l'abbé de Prades, dont la Sorbonne avait ignoré les propositions hérétiques, et Fontaine lance une offensive en règle contre les encyclopédistes, tout particulièrement contre Montesquieu, d'Alembert, Voltaire, puis Buffon et Helvétius. En avril 1759, les N.E. applaudiront à la suspension du privilège de l'Encyclopédie et citeront longuement le réquisitoire de Joly de Fleury (3 avril 1759). En 1761, elles se tournent contre les jésuites, à l'occasion du procès du père La Valette; de janvier 1757, époque de l'attentat de Damiens, jusqu'en 1762, elles ne cessent de dresser le Parlement contre la Société de Jésus. Le plaidoyer de La Chalotais au Parlement de Rennes est couvert d'éloges (29 mai 1762); les jansénistes pourront avoir l'impression d'avoir largement contribué à la suppression de la S.J. en 1762.

Le successeur de Fontaine, Louis Guidi (1710-1780), resta fidèle à la ligne du journal et fit preuve de pugnacité, à la fois contre le clergé officiel et contre les matérialistes. L'intérêt pour la controverse théologique s'accrut encore avec l'arrivée à la rédaction de Marc Claude Guénin, abbé de «Saint-Marc» (1730-1807) et de Pierre Etienne Gourlin (1695-1775); mais, comme l'ont montré E. Préclin et A. Gazier, l'histoire du mouvement pendant la seconde moitié du siècle est celle d'une lente décadence. Tandis que les jansénistes intransigeants d'Utrecht lancent en 1751 une édition hollandaise des N.E., nettement marquée de richérisme, les théologiens de Paris se cantonnent dans la critique des thèses, des sermons, des mandements ou dans l'éloge des ouvrages de leurs fidèles. La disparition de Fontaine de La Roche ne fait qu'accuser un déclin déjà commencé: après l'affaire des billets de confession, la suppression du privilège de l'Encyclopédie, l'expulsion des jésuites, et au lendemain de la guerre de Sept Ans, les N.E. n'intéressent plus autant leur public. Leurs auteurs, Guénin de Saint-Marc, Castera de Larrière, Mey, Maultrot, écartés de l'état ecclésiastique, sont en fait des laïcs sans prise sur le mouvement. L'inaction des N.E. à l'approche de la Révolution est un signe évident de ce déclin; les jansénistes ne semblent rien espérer d'un bouleversement politique. Préoccupés, comme au siècle passé, de la question de la grâce efficace ou de la fréquente communion, ils n'accordent pratiquement aucune place aux cahiers de doléances ou au mouvement du bas-clergé, pourtant lié très souvent au richérisme. La controverse qui oppose à partir de 1790 les partisans de la Constitution civile du clergé aux réfractaires consomme la ruine idéologique du journal. Guénin de Saint-Marc et Larrière, favorables à la Constitution civile, ne parviennent pas à éviter le schisme. Le 15 septembre 1791, Jabineau, abbé réfractaire, lance les Nouvelles ecclésiastiques, «ou Mémoires pour servir à l'Histoire de la Constitution prétendue civile du clergé», sorte de «supplément» directement dirigé contre les N.E., qui persistent dans leur légalisme (Gazier, t. II, p. 142). Sous la Terreur, leur position devient intenable. Guénin de Saint-Marc est remplacé, le 1er janvier 1794, par J.B. Mouton (1740?-1803), qui transporte les N.E. à Utrecht; resté seul directeur du journal, il le publie, désormais tous les quinze jours, jusqu'à sa mort, survenue le 13 juin 1803. Personne ne prendra sa succession, et la communauté des appelants d'Utrecht se dispersera. Les constitutionnels de Paris, sous la direction de E.M. Desbois de Rochefort, avaient fondé en 1795 les Annales de la religion, qui disparurent, elles aussi, en 1803.

Auteur

Jean SGARD

Additif

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s): La Gazette d’Amsterdam annonce, le 15 mai 1753, la publication, chaque semaine, des Nouvelles ecclésiastiques, réimprimées sur l’édition de Paris, J.F. Jolly, Amsterdam, chaque feuille à 1 sol et demi.

Leydse Courant, 7 mars 1759: «On a commencé cette année 1759 à imprimer et débiter chez G. van der Weyde, libraire à Utrecht, Les Nouvelles ecclésiastiques telles qu’on les débite en France, c’est à dire sans aucune note, et on les aura plus promptement qu’on ne les a eues ci-devant et au même prix. Ces Nouvelles devenues plus intéressantes que jamais, par des détails exacts sur les affaires de Portugal et des Jésuites, se trouvent aussi chez C. Potgieter, libraire à Amsterdam, et chez E. de Haen, libraire à La Haye.»

Ces deux éditions concurrentes témoignent du succès des N.E. dans les Provinces unies.

 

Historique : De 1688 à 1698 au moins, paraissent des nouvelles à la main jansénistes animées par Louis Foucquet, évêque d'Agde,   sous le titre de "Nouvelles ecclésiastiques", mais, dès 1675, Foucquet avait fourni des copies manuscrites de "Mémoires historiques", première gazette bimensuelle janséniste. De 1719 à 1726, parut une nouvelle collection de "Nouvelles ecclésiastiques" manuscrites, dont les éléments furent en partie repris dans la publication imprimée de 1728 (François Moureau, Répertoire des Nouvelles à la main. Dictionnaire de la presse manuscrite clandestine. XVIe-XVIIIe siècle, Oxford, Voltaire Foundation, 1999, p. XXII, 35-37, 54-55). Correction: Lors de la "brûlure" des 5 numéros de janvier 1731, Ysabeau n'était pas l'un des imprimeurs supposés, mais le premier commis de la Grande Chambre du Parlement chargé de l'exécution de la décision de justice. [F. M.]

 

Bibliographie: le Nécrologe des appelants et opposants à la bulle Unigenitus de l’un et l’autre sexe. Avec des pratiques et des prières à chaque article, s.l., 1755, compilation anonyme du P. Labelle de l'Oratoire, s’affiche comme un prolongement, une quintessence du contenu des Nouvelles ecclésiastiques, et reprend les articles relatifs à l’affaire. (H.D.)


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