N° 1077a

L’OBSERVATEUR HOLLANDAIS (1750-1751)

Titre(s)

L’Observateur hollandois. Où l’on traite de divers sujets qui ont rapport aux sciences, et particulièrement à la morale.

Sur les pages de titre: «Des Livres, Lecteur avisé, / Le Bon te doit être admirable, / Le Médiocre être louable, / Et le Mauvais être excusé».

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

La collection compte 100 livraisons numérotées, chacune de 8 pages de pagination continue, mais non datées. Pourtant une datation assez précise est possible. Le n° 2 traite des vœux de nouvel an et le n° 13 parut dans la semaine du «jeûne solennelle», qui en 1750 tomba le mercredi 25 mars (Voir N.C. Kist, Neêrland's bededagen en biddagsbrieven, Leiden, S. and J. Luchtmans, 1848-1849, II, p. 358-360). Le n° 1 parut donc dans la semaine du lundi 29 décembre 1749 au samedi 3 janvier 1750 et le dernier numéro en décembre 1751.

 

Description de la collection

Trois tomes: I, première partie (page de titre, table, nos 1-34, p. 1-272), I, seconde partie (page de titre, table, nos 35-68, p. 273-544) et nos 69-100 (p. 545-800; p. 800 marquée FIN). La collection de la BU d’Utrecht (sans tables) est brochée en 2 volumes. Le volume I, avec la page de titre du tome I, 1, comprend les nos 1-49 (p. 1-392); le volume II, avec la page de titre du tome I, 2, les nos 50-100 (p. 393-800). La collection de Leeuwarden est reliée en un volume.

Cahier de 8 p., 136-140 x 206-214, grand in-8° (Utrecht BU); 129-134 x 213 (Leeuwarden).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Publié à Leeuwaerde [Leeuwarden] chez Abraham Ferwerda (page de titre I, 1). «L’Observateur hollandois paraîtra régulièrement toutes les semaines et se trouvera chez les principaux libraires, dans toutes les villes des Provinces-Unies» (A la fin de la plupart des nos). Dans le n° 100 Ferwerda annonce la fin de L’Observateur hollandois. Pour fin février-début mars 1752, il espère publier une autre feuille en français et en hollandais, de 5 à 7 feuilles, qui paraîtra tous les deux ou trois mois et dont les articles seront en grande partie traduits de l’anglais. «Les éditeurs ou traducteurs de ce nouveau genre d’ouvrage périodique embrasseront toutes les sciences excepté la controverse théologique» (p. 799).

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

«Une société de gens de lettres, d’amateurs de la vertu et de bons patriotes» (p. 1). «Nous sommes tous de profession différente [...]. Que l’on ne se donne aucune peine pour connaître le lieu de notre séjour [p. 5]. Il y a parmi nous un théologien [...], un seigneur revêtu des premiers emplois [...], une dame d’une très grande naissance [p. 6], [...] un officier [...] un médecin et un avocat [...]. Il ne nous manque qu’un poète [p. 7]». Les avantages de l’anonymat des auteurs sont exposés à la page 152 (n° 19).

Il est possible que les collaborateurs aient été liés à la cour du stathouder, qui avant de déménager à La Haye en 1747 fut établie à Leeuwarden. Dans le n° 2, des vœux de nouvel an sont adressés au stathouder, à son épouse et à leur fille, et le n° 3 se termine par un portrait très élogieux de la Princesse d’Orange.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Plan de l’ouvrage, N.1, p. 1: «Un ouvrage qui tend à rendre plus universelle la connaissance des bons livres, à rectifier les mœurs de leurs semblables, en travaillant à perfectionner les leurs, et à intéresser un zèle éclairé et actif au bien de la religion et de la patrie». Ce journal ne sera pas «une espèce de Spectateur, de Vendangeur, de Bigarrure etc.». Les rédacteurs s’occuperont des Sept Provinces-Unies et des «mœurs de nos compatriotes», pas toujours sur un ton grave: «Notre société comprend deux originaux qui sont les images vivantes de Héraclite et Démocrite» (p. 4-5). «Notre feuille n’est point un journal; [...] l’esprit dans tous nos discours [...] est de faire aimer et pratiquer la vertu, de porter les hommes à se conduire par la raison, et de persuader que la religion est une raison perfectionnée, et qu’elle en renferme le plus excellent usage» (n° 31, p. 245).

Ce périodique s’adresse à un public cultivé, qui ne connaît pas seulement les auteurs français du 17e et 18e siècles, fréquemment cités (Jean-Baptiste Rousseau, Madame Deshoulières, Madame Du Boccage, Destouches, Boileau, Molière, Marmontel, Voltaire), mais aussi les auteurs latins, dont on trouve quelquefois des citations. Il se place dans la tradition des journaux de Justus van Effen, dont Le Misanthrope, La Bagatelle et Le Nouveau Spectateur français furent réimprimés en 1742. Parmi les sujets traités on trouve: Le faux dévôt (nos 15, 34, 61), Les premières années des études académiques (32, 56, 98, 99), La bienséance (37, 47, 71), La lecture (7, 19, 38, 49, 63, 92, 93, 95), La curiosité (53, 60, 68, 94) etc. Ces traités comportent aussi des commentaires sur quelques publications récentes (4: Examen impartial du pouvoir des princes et des peuples (texte hollandais); 9, 43: Jean-Bernard Le Blanc, Lettres d’un François, 1745; 31: Gabriel Dumont, Sermons, 1750; 74: De Prémontval, La Monogamie, ou l’Unité dans le mariage, 1751). On trouve aussi une controverse avec la Bibliothèque raisonnée (62, 65, 77).

L’Observateur hollandois comporte beaucoup de lettres envoyées aux rédacteurs. Ces lettres proviennent exclusivement des Provinces-Unies et leurs dates s’échelonnent entre mars 1750 (n° 14) et 1 octobre 1751 (n° 96). La participation des lecteurs était sollicitée dans le numéro 1, mais sans doute pour le leur rappeler, la note suivante fut imprimée à la fin du n° 13: «NB. Ceux qui voudront nous faire tenir quelques pièces, pour que nous les insérions dans notre feuille sont priés de les envoyer franco à M. Gosse, libraire de S.A. Royale Madame de [sic] la Princesse d’Orange, suivant l’avertissement que nous en avons donné dans le N° 1». Parmi ces contributions on trouve des textes traduits de l’anglais (n° 8: Elizabeth Rowe; 73: Gentleman’s Magazine; 74: London Magazine; 83: The Rambler, Les regrets inutiles ou l’Histoire de l’infortunée Camille. Le n° 87 comporte des portraits littéraires de personnages de la cour de Louis XIV. Ces contributions sont si fréquentes que la rédaction se voit quelquefois obligé de préciser: «par un des membres de L’Observateur Hollandois» (37, 59, 79).

A deux reprises Ferwerda se sert de L’Observateur Hollandois pour faire de la publicité à ses autres publications: «Neerlands criticus, feuille périodique» [= De Nederlandsche criticus; STCN] (n° 51) et un «ouvrage périodique qui s’imprime en hollandais, intitulé «La Sagesse de Salomon» [= De Wysheit Salomons; pas dans le STCN] (n° 74). On trouve en outre une recommandation pour «une gazette littéraire que le libraire Rey à Amsterdam est dans le dessein d’imprimer par voie de souscription» [= Nouvelles littéraires de toute l’Europe; voir Sgard 1042] (n° 56).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Utrecht, BU, rariora oct. 643-644 (nos 1-100); Leeuwarden, Tresoar, C17595 (nos 1-100).

Bibliographie

Annonce dans La Bigarrure, II, n° 25 (jeudi, 8 janvier 1750), p. 48: «Avertissement., feuille hebdomadaire in-8, dont la suite paraîtra régulièrement toutes les semaines, se trouve à La Haye dans la boutique de Pierre Gosse junior [...]. P.S. Les personnes dans les pays étrangers qui souhaitent recevoir cette feuille régulièrement peuvent s’adresser à Pierre Gosse junior, à La Haye, en affranchissant leurs lettres et en lui faisant tenir ou payer la somme d’un ducat d’Hollande [5 florins et 5 sols] pour paiement d’une année d’avance». Annonce plus courte dans La Bigarrure, III, n° 15 (21 mai 1750), p. 120 et mention dans le Catalogue de livres nouveaux, à la suite de ce tome.

Auteur

Kees VAN STRIEN

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