N° 1204

LA SEMAINE LITTÉRAIRE (1759)

Titre(s)

La Semaine littéraire.

En 1760, les 60 cahiers de la Semaine littéraire furent publiés de nouveau en quatre volumes sous le titre: Amusements d'un homme de lettres ou Jugements raisonnés et concis de tous les livres qui ont paru, tant en France que dans les pays étrangers, pendant l'année 1759, divisés en semaines.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Janvier 1759-décembre 1759 en 60 cahiers, réunis en 4 volumes datés de 1759. Hebdomadaire, tous les lundis.

Description de la collection

Chaque tome, en un volume, groupe 15 livraisons (5 cahiers par mois) et compte 360 p. Cahiers de 24 p. in-12, 95 x 164.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Mannheim [Paris]; Cailleau, quai des Augustins, près du pont Saint-Michel, à Saint-André. Libraire associé: Claude Hérissant, imprimeur-libraire, rue Notre-Dame. Imprimeur: Chaubert et Cailleau, quai des Augustins, Cuissart, quai de Gèvres.

Le prix de la souscription est de 10 £ par an à Paris, et de 13 £ en province, port franc.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Pierre Louis d'AQUIN et CAUX DE CAPPEVAL.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé: «précis impartial de toutes les nouveautés en littérature», «la fleur des productions de l'esprit», «une esquisse de critique».

Contenu réel: les livres de la semaine (histoire, philosophie, géographie, médecine, agriculture, musique), traductions, estampes, architecture, chansons, spectacles, arrêts du Parlement. La Semaine littéraire vaut surtout par sa critique littéraire et l'intérêt porté aux traductions de l'anglais et de l'italien.

Principaux auteurs cités: Voltaire, Rousseau, Marmontel, d'Alembert, Lesage, Piron, Lemierre, La Dixmerie.

Tables à la fin de chaque volume.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.U. Purdue University, West Lafayette, U.S.A.; B.N., Z 44920-44927; Ars., 8° Jo 18639H.

Bibliographie

B.H.C.; D.P. 2, art. «Aquin» et «Caux de Cappeval».

Historique

Ce journal littéraire fut lancé en 1759 par Pierre-Louis d'Aquin et le chevalier Nicolas Caux de Cappeval en collaboration avec une société de gens de lettres anonymes pour rendre compte de façon «impartiale» de toutes les nouveautés littéraires de France et de l'étranger. Il parut à Mannheim et à Paris sous forme de cahiers hebdomadaires pendant un an.

Les rédacteurs de La Semaine littéraire déclarèrent dès leur premier cahier se séparer de la foule des autres journalistes, et présenter au public une critique objective: «loin de nous toute adulation basse pour les auteurs, toute idolatrie folle pour les ouvrages! nous vivons dans un siècle éclairé: la critique fait son rapport au tribunal de la raison; c'est l'impartialité qui juge» (t. I, p. 5).

Cependant les articles de La Semaine littéraire révèlent une admiration excessive pour Voltaire que d'Aquin ne cesse de louer dans ses feuilles: «Pouvons-nous mieux ouvrir nos annales que par les ouvrages d'un homme dont l'Europe admire les talents universels et qui fait tant d'honneur à la France dans tous les genres d'écrire» (t. I, p. 3). «Rien ne résiste à sa plume féconde» (t. II, p. 241). Un léger reproche cependant, «M. de Voltaire n'aurait pas dû toucher aux Pensées de Pascal» (t. II, p. 245).

Par contre, nous y trouvons une attaque très violente contre les encyclopédistes, inspirée sans doute par A. Chaumeix, avec qui d'Aquin collaborera l'année suivante au Censeur hebdomadaire. La Semaine littéraire publia même en février 1759 l'arrêt du Parlement condamnant l'Encyclopédie, et en avril de la même année, l'arrêt du Conseil du Roi révoquant le privilège du dictionnaire.

Les collaborateurs de d'Aquin et Cappeval resteront anonymes pour que le mérite de l'ouvrage demeure intact: «nous ne jugeons pas à propos de les faire connaître; persuadés que des noms d'auteurs et tous les titres qui les accompagnent, pour décorer un frontispice important, peuvent bien prévenir en faveur du débit de l'ouvrage, mais qu'ils n'influent pas sur sa bonté... La Fontaine a dit dans sa fable des Abeilles en dispute avec les frelons: < A l'œuvre, on connaît l'ouvrier >» (t. III, p. 6-7).

Auteur

Reed BENHAMOU

Additif

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s): Le journal paraît avec deux adresses un peu différentes : à Mannheim et à Londres ; mais les libraires associés sont bien les mêmes : Hérissant, Cailleau et Chaubert et il s’agit bien de la même publication. Ce changement déguise peut-être un nouveau partage d’intérêts entre les libraires parisiens : dans la version «Mannheim», Cailleau est le principal libraire ; dans la version «Londres», Chaubert, Hérissant et Cailleau sont associés, mais c’est Hérissant qui recueille les souscriptions et les ouvrages à recenser.

Auteur additif

Jean SGARD

Ce dictionnaire est mis à disposition du public avec l'aimable autorisation de la Voltaire Foundation

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