SINGULARITÉS HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES *

Numéro

1210

Titre(s)

Singularités Historiques et Litteraires «contenant, Plusieurs recherches, découvertes et éclairiccement [sic], sur un grand nombre de difficultés de l'Histoire ancienne et moderne. Ouvrage historique et critique».

1738
1740

Titre indexé

SINGULARITÉS HISTORIQUES ET LITTÉRAIRES *

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

1738-1740. Ce recueil devait être périodique ; l'Avis en tête du t. I déclare : «on s'engage seulement à lui donner une feuille ou deux par semaine, supposé pourtant qu'on s'apperçoive qu'il [le public] ne le juge pas indigne de son approbation» (p. 8) ; mais il semble que seules les deux premières feuilles aient été livrées séparément ; à partir de la p. 48, les chapitres ne correspondent plus au cahier. Les t. I et II ont été publiés ensemble en 1738, le t. III en 1739 et le t. IV en 1740. Dom Liron semble avoir eu du mal à trouver un éditeur ; on trouve en tête du t. I une approbation du 26 mars 1730, mais le privilège est daté du 30 décembre 1733, registre le 8 janvier 1734.

Description de la collection

La collection se compose de quatre volumes in-12, 100 x 165, de 496, 572, 490 et 548 p.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Paris, chez Didot, Quai des Augustins, proche du Pont saint Michel, à la Bible d'Or».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Dom Jean LIRON.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Il s'agit d'un «recueil de pièces détachées» que Dom Liron eut l'idée de publier par feuilles successives, mais l'ensemble du recueil était prêt à l'impression bien avant 1738, et rien ne rappelle dans la présentation de la collection la distribution d'un journal savant. Le t. I rassemble environ 80 anecdotes historiques ; le t. II présente plutôt un ensemble de dissertations érudites ; le t. III réunit de nouveau environ 80 remarques et gloses diverses ; le t. IV consiste pour la majeure partie en deux études de grandes dimensions : un Traité historique sur les hommes évangéliques, «où il est parlé de quelques Hommes Illustres qui ont mieux aimé perdre la vie que la Chasteté», et une «Dissertation sur l'établissement de la Religion Chrétienne dans les Gaules».

Le t. I comporte à la fin 8 p. de tables non chiffrées ; le t. II les intègre, p. 525-572 ; on trouve en tête du t. III les sommaires pour les trois premiers tomes, et à la fin du t. IV le sommaire de ce volume (p. 542-548).

Historique

Le recueil de notes diverses recueillies par Dom Jean Liron (1665-1749) pendant quarante ans était sans doute de nature à décourager un éditeur éventuel ; et Didot lui-même, après avoir acquis un privilège en décembre 1733, semble avoir hésité longtemps. C'est peut-être ce qui poussa Dom Liron à envisager une publication périodique, afin de pressentir l'accueil du public. Prévost avait bien réussi à publier, dispersées dans Le Pour et Contre, un grand nombre d'anecdotes historiques. On peut se demander toutefois si Prévost lui-même n'a pas tenté de dissuader Didot de donner un rival à son journal. C'est lui qui présente en effet le t. II avec une préface très flatteuse pour Dom Liron, mais qui insiste sur le fait qu'il ne s'agit plus d'un journal : «Cet Ouvrage étoit destiné à paraître en feuilles détachées, à l'imitation du Pour et Contre et des Observations sur les Ecrits des Modernes ; mais des raisons plus fortes que celles qui avoient fait naître cette première idée, ont fait prendre le parti de le donner tel qu'il paraît aujourd'hui» (Préface, t II, p. V). L'attribution de cette préface à Prévost est attestée par Goujet dans deux lettres à Bouhier, du 28 février et du 25 juillet 1738 Correspondance littéraire du président Bouhier, t. II, Lettres de l'abbé Claude-Pierre Goujet (1731-1745), éd. H. Duranton, Université de Saint-Etienne, 1976, p. 18 et 28). Les éloges que Prévost accorde avec profusion à Dom Liron dans Le Pour et Contre viennent peut-être autant d'un accord à l'amiable avec Liron que d'une publicité accordée aux publications de Didot. Cet énorme ramas d'anecdotes et de gloses érudites ne manque d'ailleurs ni d'originalité ni d'alacrité, et Dom Liron y prend parti avec vaillance dans d'épineuses controverses (voir la notice de J. Daoust dans le Dictionnaire des lettres françaises ; et l'on peut regretter qu'il n'ait pas plutôt lancé, à l'imitation des Mémoires de Trévoux, un journal bénédictin.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Grenoble, F 19060.

Bibliographie

Voir Le Pour et Contre de Prévost, t. VIII, p. 337-350 et t. XIV, p. 152-168.

Auteur

Date indexée

1738
1739
1740