N° 1214a

LES SOUPIRS DE LA FRANCE ESCLAVE (1689)

Titre(s)

Les Soupirs de la France esclave qui aspire après la liberté.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

S’agit-il vraiment d’un périodique ? Madeleine Fabre, dans la notice de Jurieu (D.P. 2, n° 425) le pensait. La forme choisie dans l’édition de 1690 le donnerait à croire : elle se compose de 15 bulletins tantôt datés, tantôt sans date. L’éditeur de cette seconde édition le suggère : «Ce Mémoire que je vous donne, m’a été envoyé de France, et comme on me fait espérer que j’en pourrai avoir autant toutes les quinzaines, ce sera avec plaisir que j’en ferai part au public» (Le Libraire au Lecteur). Pourtant, si l’on se reporte à l’édition originale, publiée l’année précédente, mais abandonnée après le 3e Mémoire, on constate qu’il n’en est rien. L’Imprimeur affirme en préambule : «L’Ouvrage que je donne au Public m’a été envoyé de France tout entier, avec une parfaite liberté d’en faire ce que je voudrois. C’est pourquoy, au lieu de le donner entier tout à la fois, je le donneray par parcelles, ayant appris par expérience que les feüilles volantes pénètrent, se lisent et se débitent beaucoup mieux que les livres. Je donneray donc les Chapitres comme je les ay trouvés divisés les uns après les autres, et à divers jours ; et au lieu du nom de Chapitres, de l’avis des intelligents, nous avons pris celuy de Mémoires, qui convient beaucoup mieux à des feüilles détachées. On en donnera deux ou trois tous les mois, plus ou moins, selon le loisir de nos presses, et selon que le Public y trouvera du goût, et qu’on en tirera de l’utilité». Cette première édition est donc distribuée en trois Mémoires, datés du 10 août 1689, du 20 août 1689 et du 15 septembre 1689. Le premier Mémoire contient un véritable préambule sur la résistance à la tyrannie, le caractère de l’absolutisme français, son mépris des lois fondamentales de la monarchie et les moyens de «ramener la Monarchie à son ancien Gouvernement». La seconde édition se compose de 15 mémoires allant du 1er septembre 1689 au 1er octobre 1690 ; elle inclut les trois mémoires donnés dans la première édition. Précisons que les cahiers sont numérotés de façon continue tout au long du volume et que la pagination est continue : même si l’éditeur a fourni une édition par bulletins séparés, c’est l’édition en volume qui s’est imposée. On trouvera les deux éditions à la Bibliothèque Mazarine sous les cotes A 11248 (1re éd., 1689) et 54592 Rés. (1690). On notera que l’édition conservée à la BnF sous la cote 8° 3954 B comporte des pages du catalogue de P. Brunel à Amsterdam. Les Soupirs de la France esclave, dont l’auteur reste inconnu, présentent l’intérêt, dans l’histoire de la presse, d’être un ouvrage de controverse politique, rédigé initialement par chapitres, mais vendu sous forme de bulletins périodiques : la forme périodique tendait à s’imposer, dès 1690, pour la controverse politique ou religieuse.

Auteur

Jean SGARD

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