N° 1241

SUPPLÉMENT DE LA GAZETTE DE FRANCE (1771-1773)

Titre(s)

Supplément de la Gazette de France.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

18 octobre 1771 – 1er juin 1773. Un volume.

Aucune périodicité régulière: 1771 (18 oct., 8 nov., 28 nov.), 1772 (24 janv., 6 juin, 1er mai, 9 août, 16 août, 20 oct., 26 nov.); 1773 (1er janv., 22 mai, 1er juin).

Description de la collection

Treize numéros, à pagination séparée.

Livraison du 1er janvier 1773 sans numéro (en fait, la 11e); livraison du 22 mai 1773 numérotée 13 par erreur (?) (en fait, la 12e). Sur ces singularités, voir M.S., t. XXIV, 6 juin 1773; Hardy, 1773; 31 mai et 13e Supplément, p. 1, note.

6 + 4 + 12 + 16 + 21 + 28 + 14 + 16 + 12 + 11 + 22 + 16 + 21 p.; 105 x 172, in-12.

On peut joindre à cette collection deux brochures: Quatrième Supplément à la Gazette de France,8 mars 1772, 10 p., in-12; voir Nouvelles à la main, 13 mars 1772. Impression provinciale ou étrangère. Sur son auteur supposé se reporter au paragraphe 5 et à l'historique; Supplément à la Gazette de France. Article de Normandie, s.l.n.d., [janvier 1772], in-12, [1] 3 p. (B.N., Lb3 81254). Impression de mauvaise qualité; sur l'établissement en Normandie des Conseils supérieurs, attaques personnelles et diffamation. Cette livraison ne semble pas avoir de rapport avec la Gazette normande, de même tendance, signalée par les Nouvelles à la main (27 août 1772); M.S., t. XXIV (3 sept. 1772), mais que nous n'avons pas rencontrée.

Ces textes sont à compléter par: L'Auteur du Quatrième Supplément à M. de Maupeou, 12 p., in-12. Deux émissions sous des dates différentes: 1) 6 avril 1772 (B.N., Lb38 1279); 2) 13 avril 1772 (coll. part.). Cette dernière est celle que signalent les M.S., t. XXIV, 14 avril 1772 et Hardy, 1772; 14 avril. Impression parisienne. Texte repris dans les Maupeouana, 1773, t. II, p. 137 et suiv. et dans Les Efforts de la liberté..., 1775, t. III, p. 87 et suiv. Une note des rééditions attribue ce texte à l'auteur de la Correspondance secrète, Pidansat de Mairobert selon Barbier et Michaud. Mais J.M. Augeard a revendiqué dans ses Mémoires (Paris, 1866, p. 45, 65) la Correspondance et divers autres écrits donnés généralement à Mairobert. D.P. 2 penche pour une collaboration. Annonce de cette brochure dans le 6e Suppl., p. 7 et copie ms. (6 avril 1772) dans Correspondance secrète, 1771 (Maz., ms. 2402).

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

Sans adresse. D'après les signatures, livraisons de plusieurs origines. Sont parisiens les n° 1 à 3 et 9 à 13. Voir l'historique. Dans tous les exemplaires consultés, mastic d'un mot (n° 5, p. 19) et passage supprimé dans les rééditions des Efforts de la liberté... Fausse adresse à la fin du n° 6: «A Versailles, chez Martin Berthier et Mérigot, Imprimeurs de Lettres de cachet, de Quittances de liquidation à venir,et du Supplément à la Gazette. Avec approbation et privilège exclusif de Mgr le Chancelier».

A Paris, prix au numéro; 6 s. (7e Suppl., Hardy, 1772: 17 août); 10 s. (9e-12e Suppl.; Hardy, 1772: 30 oct., 5 déc.; 1773: 31 mai); 12 s. (13e Suppl.;Hardy, 1773: 15 juil.). Mais divers numéros des exemplaires B.N. et coll. part, portent un prix ms. de 12 s.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Auteurs inconnus. L'abbé de Voisenon serait l'auteur du 4e Suppl., 8 mars 1772, 10 p. (M.S., t. VI, 23 mars 1772, et B.Un., t. XLIV, p. 46). Voir aussi 3e Suppl., p. 3-4. Hardy attribue ce texte à Le Brun, secrétaire de Maupeou (Hardy, 1772: 13 mars), qui, pour une autre source, n'en aurait été que le diffuseur (M.S., t. XXIV, 13 mars 1772).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Affaire du parlement Maupeou sous forme de satire personnelle extrêmement violente. «Liquidation» des anciens membres des Parlements, nouvelles de la résistance à Paris et en province, faits divers politiques, correspondances ou dialogues ministériels supposés, nouvelles littéraires se rapportant au «tripot» (dont une curieuse saisie de livres chez le libraire Valade, n° 3; des informations sur la quête faite par la Police de la Correspondance secrète, n° 4, 5, 8; l'annonce que le Cours d'études de Condillac a été interdit par le Chancelier, n° 5; les rapports de Joly de Fleury et des libraires de l'Encyclopédie, n° 10).

Auteurs cités: Bouquet, Le Brun, Voisenon. Sous le voile de l'anonyme: Pidansat de Mairobert, Augeard, Condillac, président Rolland d'Erceville (auteur du Point de vue, compte rendu dans n° 6, selon note dans N.M., 17 avril 1772).

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.N., Lb38 1302 (13 numéros et le 4e Suppl. en 10 p.), Lb38 1302 A (12 premiers numéros, dont n° 1 dans le format de la Gazette); autre exemplaire: Paris, coll. part. (13 numéros, 4eSuppl., en 10 p., L'Auteur du 4e Suppl., 13 avril 1772).

Bibliographie

B.H.C., p. 12; H.P.L.P., t. I, p. 160-161; G.H., p. 27; H.G.P., t. I, p. 198, 287.

Texte des 13 numéros reproduit dans Efforts de la liberté..., 1775, t. V, p. 63-233, et, en partie (6 premiers numéros), dans E., 1772, t. III, 88 p. à la fin.

Sources manuscrites:

Annonces et comptes rendus: Hardy S.-P., Mes loisirs ou journal d'événements (H.) (publié par Tourneux et Vitrac, Paris, 1912, 1 vol.), B.N., ms. f. fr. 6680 (années 1764-1771); 1771: 30 juin (1er Suppl.); f. fr. 6681 (années 1772-1774); 1772: 13 janv. (3e Suppl.); 27 sept. (4e Suppl.), 13 mars (4e Suppl. en 10 p.); 8 avril (5e Suppl.); 9 juin (6e Suppl.); 17 août (7e Suppl.); 2 oct. (8e Suppl.); 30 oct. (9e Suppl.); 5 déc. (10e Suppl.); 1773: 31 janv., 18 mars et 31 mai (11e Suppl.); 31 mai (12e Suppl.); 15 juil. (13e Suppl.).

Recueil d'anecdotes littéraires et politiques (R.A.), Maz., ms. 2386 (année 1771); 5 oct. (1er Suppl.); Nouvelles à la main (N.M.), Maz., ms. 2394 (année 1772); 1er janv. (2e Suppl.); 19 janv. (3e Suppl.); 28 févr. (4e Suppl.); 13 mars (4e Suppl. en 10 p.); 16 mars (4e Suppl.); 9 avril (5e Suppl.); 11 juin (6e Suppl); 18 août (7e Suppl.); 4 oct. (8e Suppl.); 2 nov. (9e Suppl.).

Lettre de Sartine à d'Hémery (S.), 5 nov. 1772, B.N., ms. f. fr. 22154, pièce 123: interdiction du 9e Suppl. et poursuites.

Affaire des libelles contre le Parlement Maupeou (A.L.).1772-1773, Archives de la Bastille, Ars., ms. 12403, f° 49, 96, 192, 198, 396.

Sources imprimées: Pidansat de Mairobert M.-F., Journal historique de la Révolution opérée dans la constitution de la monarchie, Londres, 1774-1776, 7 vol., passim. Les efforts de la liberté et du patriotisme contre le despotisme du Sr de Maupeou [...] ou Recueil des écrits patriotiques, Londres, 1775, 6 tomes (B.N., Lb38 1303). Un exemplaire incomplet du t. IV, daté de 1772-1773 (B.N., Lb3 81303A). Mémoires secrets de «Bachaumont», Londres, 1777-1789, t. VI: 4 avril 1772 (arrêt contre le 4e Suppl.); Additions, t. XXI: 28 déc. 1771 (2e Suppl.); 20 janv. 1772 (3e Suppl.); 3 avril 1772 (4e Suppl.); t. XXIV: 13 mars 1772 (4e Suppl. en 10 p.); 13 avril 1772 (5e Suppl.); 15 juin 1772 (6e Suppl.); 19 août 1772 (7e Suppl.);6 oct. 1772 (8e Suppl.);30 oct. 1772 et 2 nov. 1772 (9e Suppl.);7 déc. 1772 (10e Suppl.); 6 juin 1773 (12e Suppl.); 11 juil. 1773 (13e Suppl.). – Rocquain F., L'Esprit révolutionnaire avant la Révolution 1715-1789, Paris, 1878. – Flammermont J., Le Chancelier Maupeou et les parlements, Paris, 1883, p. 543. – Egret J., Louis XV et l'opposition parlementaire (1715-1774), Paris, 1960, p. 215.

Historique

Le Supplément à la Gazette dirigé contre la Gazette de Marin reprend un procédé employé jadis par les Jésuites dans leur Supplément aux Nouvelles ecclésiastiques. C'est d'ailleurs du «parti patriotique», ou jansénisme politique, que vient très évidemment ce périodique diffamatoire, véritable «chronique scandaleuse» du «tripot Maupeou» (nombreuses allusions dans les gazettes ms. d'époque à la parenté idéologique et aux structures de diffusion des Nouvelles ecclésiastiques et de ces Suppléments: N.M., 1772; 9 avril, 11 juin, 18 août, 4 oct. Voir aussi 8e Suppl., p. 15; M.S., t. XXI, 20 janv. 1772, Rocquain, p. 300 et A.L., f° 49-50: saisie du n° 6 chez un commis des fermes lié au «parti janséniste»; f° 96; saisie du n° 6 et d'exemplaires des Nouvelles ecclésiastiques).

Emanation des milieux parlementaires et soutenue durant un temps par le parti des Princes (M.S., t. XXI, 28 déc. 1772; t. XXIV, 11 déc. 1773; Hardy, 1773: 11 janvier et 31 janvier), cette feuille, dont les auteurs restèrent inconnus, paraît avoir été imprimée dans divers lieux (peut-être à l'étranger: M.S., t. XXIV, 11 mars 1773; Hardy, 1773: 18 mars, à propos du n° 11 pourtant de signature parisienne; à Paris, vraisemblablement dans l'enclos du Temple sous la protection de Conti qui, du moins, en facilitait la diffusion: A.L., passim, et f° 34, 129, 159, 192): il est loin d'être sûr qu'il y ait eu une unité de rédaction, le jeu du «supplément contrefait» pouvant avoir donné des idées à d'autres. Cela expliquerait le style extrêmement disparate de ces feuilles et leur hésitation entre le style de gazette et celui de la Correspondance secrète qui menait alors, avec Les Œufs rouges, une campagne efficace contre Maupeou. Les rapports entre les deux machines de guerre parlementaires ne sont pas nets; le Supplément insiste un peu trop volontiers sur ses liaisons étroites et amicales avec son confrère anonyme (n° 4, 5, 8), mais les contemporains virent plus que des nuances entre leurs positions; et des nouvelles à la main contrôlées par Pidansat de Mairobert, corédacteur de la Correspondance,sont extrêmement sévères à l'égard du ton débraillé des Suppléments (N.M. et, dans une moindre mesure, M.S.).

A l'origine, et une première version du n° 1 le prouve (B.N., Lb38 1302 A; Hardy, 1771: 30 oct.), le Supplément désirait imiter jusque dans son format la Gazette. Il conserve de son «modèle» la structure par lettres de divers endroits, mais contaminé, à la mode de la Correspondance secrète, par des séries de lettres supposées ou de dialogues fictifs. Au milieu de diffamations qui éclaboussent, à travers Maupeou et ses séides, tous les Conseils supérieurs qui remplacent les anciens Parlements, Mme du Barry et jusqu'au Roi, on trouve des informations que l'histoire peut prendre en compte. Ces Suppléments furent activement pourchassés par la police (S.) qui arrêta de nombreux colporteurs (N.M., 2 nov. 1772; A.L., f° 49, 96, 396) et quelques particuliers qui en possédaient (Hardy, 1172: 20 nov.; N.M., 22 nov. 1772). Un arrêt du Parlement en date du 14 mars 1772 condamnant le 4eSuppl. à être brûlé (Rocquain, p. 530; Flammermont, p. 543; N.M., 16 mars 1772; 6e Suppl., p. 5; A.L., f° 198) ne fit qu'en accélérer le débit. Ils suscitèrent des contrefaçons d'origines opposées (voir paragraphe 3).

Les Suppléments sont d'un inégal intérêt; moins grivois que leur contemporain, le Gazetier cuirassé, ils ne reculent pas, cependant, devant les anecdotes lestes ou nauséabondes. Mais on s'y intéresse aussi aux questions financières et fiscales, et l'on y ranime la vieille querelle contre les Jésuites.

Auteur

François MOUREAU

Additif

Titre(s) : Le titre exact est  Supplément à la Gazette de France

Auteur additif

François MOUREAU

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