N° 486a

GAZETIN DE BRUXELLES (1767)

Titre(s)

Continuation/reprise des Mémoires du temps (1760-1762) de Maubert de Gouvest et de Chevrier. Parfois confondu ou assimilé avec le Journal de Bruxelles, ou le Penseur (1766-1767) de Jean-François de Bastide.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

[8] août 1767-[19] décembre 1767. Permission du 1er août 1767 par transfert du privilège des Mémoires du temps.

Description de la collection

2 numéros trouvés: le n° X (10 octobre 1767, p. 37-40) et le n° XI (17 octobre 1767; p. 41-44).Cahiers de 4 p., in-folio (290x350) sur 2 colonnes, pagination continue.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

« Ce Gazetin se distribuera tous les Samedis. Le prix est de trente livres en France, rendu chez les particuliers, à Paris, et franc de Port dans toute l’étendue du Royaume. Il faut d’adresser pour le recevoir, à Paris, au Bureau-Général rue neuve St Roch, vis-à-vis la rue des moineaux et aux Bureaux particuliers établis à Cambray chez Mr Bertoud Libraire ; à Dunkerque chez Mr de Boubers Libraire; à Calais chez Mr Cassieri, Directeur des Postes; à Douay chez Mr Dubois Libraire; à Abbeville chez Mr Dumontoir Directeur des Postes; à Amiens chez Mr François Libraire; à St. Omer chez Mr Huguet Libraire; à Lille chez Mr Jacquez Libraire; à Arras chez Mr Laureau Libraire; à Boulogne chez Mr Lennel Directeur  des Postes; à Valenciennes chez Mr Quesnel Libraire; à Bethune chez Mr Rameau, Directeur des Postes; et à Maubeuge chez Mr Vilmet Libraire. » (n° X, 10 octobre 1767, p. 37.

« Ce Gazetin a commencé à paroître il y a deux mois. […] Le succès flatteur dont il jouit engage à l’adresser directement aux personnes de distinction dans l’Europe.Le prix de l’abonnement sera de quinze livres de France pour l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et toutes les Villes de l’Allemagne qui sont en deça du Rhin. Pour celles qui sont au-delà, ainsi que pour l’Italie, il sera de dix-huit, parce qu’il y a affranchissement à payer en cette Ville. Les personnes qui recevront les paquets en payeront elles-mêmes le port en le recevant.On commence par envoyer le nombre huit ; […] on enverra de même le nombre suivant, et l’on s’arrêtera, pour attendre l’effet de cet essai. On ne pourra avoir que dans deux mois les premiers nombres […], parce que les exemplaires, tirés, en sont epuisés, et que l’Ouvrage est à récomposer tout entier. On fera savoir également dans deux mois dans les mains de qui on pourra souscrire en chaque Ville de l’Europe.

On s’adressera […] au Sieur Horgnier distributeur des Gazettes à Bruxelles. » (n° XI, 17 octobre 1767, p. 4).

La distribution gratuite promotionnelle est typique du modus operandi de Bastide. L’indisponibilité des premiers numéros, épuisés, suggère un tirage limité et explique la rareté du journal.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Collaborateurs : Jean-François de BastideClaude Yvon (collaborateur présumé, voir Faber F.J. et Piot Ch.)

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le Gazetin de Bruxelles est divisé en trois rubriques : « Nouvelles », « Science, Beaux-Arts, Belles Lettres, Poésie, etc. », « Spectacles ». 

La rubrique « Nouvelles » est  en grande partie composée d'informations tirées des Mémoires secrets dont les textes, dans certains cas, sont modifiés et transformés en lettres ou en correspondances par Bastide mais, le plus souvent, simplement résumés ou intégralement reproduits. Suivant les déclarations du Conseil Privé cette particularité caractérise, en général, tout le GB: « il a été reconnu, que la pluspart des articles qui composent le Gazetin sont tirés d'un Bulletin qui se débite à Paris sous le manteau, et dont la Police attentive de cette Ville, n'a jamais permis l'impression » (Bruxelles, Archives Générales du Royaume, CPA, 1065 A, fasc. « Bastide », Extrait du Protocole du Conseil Privé de Sa Majesté, 19 décembre 1767).Cette présence importante des nouvelles à la main contribue à donner au journal un ton ironique et irrévérencieux. L'attention est centrée, presque exclusivement, sur l'actualité mondaine, littéraire et culturelle et sur la chronique politique, spécialement parisienne.Textes du GB tirés des Mémoires secrets :

N° X :

  • « Lettre de Mlle le Cl**[erc] à Mr Poin**[sinet], le 22 Août 1767 », p. 37/ MS, 28 septembre 1767
  • « Réponse De Mr Poin**[sinet] à Mlle le Cl**[erc] », p. 37-38 / MS, 28 septembre 1767
  • « L'inconstance de M. J. J. Rousseau... », p. 38 / MS, 23 septembre 1767
  • « Mr Franklin, ce physicien célèbre... », p. 38 / MS 19 septembre 1767.

N° XI :

  • « Il paroît une petite brochure [...] Cas de Conscience ... », p. 41 / MS, 25 septembre 1767
  • « Qui croiroit qu'après plus de deux ans... » / MS, 29 septembre 1767
  • « Le célèbre Massé... », p. 42 / MS, 5 octobre 1767
  • « L'excessive license qui règne... », p. 42 / MS, 6 octobre 1767
  • « L'Académie Royale d'Architecture... », p. 42 / MS, 8 octobre 1767
  • « La Comédie Françoise, ayant accepté un Plan de ... » / p. 42 / MS, 9 octobre 1767
  • Extrait d'une Lettre de Berlin du 25 Septembre 1767, p. 42 / MS, 12 octobre 1767
  • Vers présentés à Mr Beudet [...] par Mr Jacquet, jeune homme de 14 ans, p. 43 / MS, 12 septembre 1767
  • Épigramme de Mr Pi**[ron] contre le Bélisaire de Mr Marmontel et l'Hilaire, parodie de ce Roman, p. 42-43 / MS, 4 octobre 1767.

Le n° X (p. 37-38), comprend un échange épistolaire factice, de ton galant et de caractère allusif, entre Poinsinet de Sivry et Mademoiselle Le Clerc, chanteuse et actrice parisienne en vogue (Voir MS, 28 septembre et 7 octobre 1767, 29 avril 1768 n. 3). Le démenti irrité de Poinsinet – qui nie la paternité des lettres publiées et déclare avoir déposé plainte contre « le libelle connu sous le nom de Gazetin de Bruxelles » et contre l'inconnu « calomniateur qui s'amuse » – ne se fait pas attendre (Voir par exemple, Mercure de France, janvier 1768, vol. 1, p. 158-159).Dans certains cas, en ajoutant à la nouvelle un commentaire en italique, le GB glose d'une façon piquante l'information publiée; ainsi, après une brève note où l'on souligne malicieusement « l'inconstance » de Rousseau et la publication imminente de son Dictionnaire de la musique, Bastide conclut: « Ce sera vraisemblablement un Livre très raisonné, très recherché, très critiqué, très peu entendu, et très peu utile »(n° X, p. 38; voir MS 23 septembre 1767).Dans le n° XI (p. 43), on trouve une épigramme « de M. Pi**[ron] » contre le Bélisaire de Marmontel et l'Hilaire de Jean-Henri Marchand sa parodie (MS, 4 octobre 1767; voir aussi C. Collé, Journal et Mémoires, Paris, Firmin Didot, [novembre 1767] 1868, vol. 3, p. 168-169).

Dans la rubrique « Spectacles » (n° XI, p. 44), on trouve un compte rendu de l'Eugénie de Beaumarchais (1ère représentation à la Comédie Française: 29 janvier 1767). Dans le même numéro (Lettre écrite de Londres, p. 42-43), Bastide publie une « Aventure » galante – rédigée, très probablement, pour l'occasion – que le GB déclare provoquée par la lecture de la pièce de Beaumarchais; le texte sera réédité en 1782 sous le titre L'Esprit frappé. (Bibliothèque universelle des romans, septembre 1782, p. 163-170. Voir aussi M. Angus, Bibliothèque universelle des romans, Oxford, The Voltaire Foundation, 1985, p. 182.).Le GB, en outre, publie en feuilleton (n° X, p. 39-40), quelques extraits de l'Ingénu de Voltaire, qui vient de sortir, en concurrence avec le Courrier du Bas-Rhin, qui est en train de faire de même (n° 32, 17 octobre, p. 253-254). Le journal de Jean Manzon s'en prend au GB et à son rédacteur, les attaquant par une Lettre de la Gazette de Clèves au Gazetin de Bruxelles, son fils: « Voulez-Vous être Procureur, Rat de cave, Ignorantin, Crocheteur ? Chacun de ces états en particulier peut vous convenir; mais gardez-vous bien de choisir celui d'écrivain [...]; souvenez-vous, mon cher petit Gazetin, souvenez-vous de respecter les véritables Gens de Lettres; ils sont les Précepteurs, les Lumières du Genre-humain, et le Public ne manque jamais de les venger, par le mépris, des insultes des insectes de la Littérature » (p. 254).Toujours en feuilleton (n° X, p. 40; n° XI, p. 44), l'hebdomadaire de Bastide publie, un extrait des Faits concernans le Prince de Timor, une « Requête au Roi » tout à fait originale – adressée et publiée en juin – qui, à Paris, a intéressé (et divisé) l'opinion publique (voir Courrier du Bas-Rhin, n° 17, 26 août 1767). Le texte dont il s'agit est le suivant : Faits concernans le prince de Timor. Requête de Pascal-Jean-Balthasar Celse, prince de Timor, amené en France, en 1743, par le P. Ignacio, dominicain portugais, et indignement abandonné par ce religieux, [Paris], 1767 (voir, à ce propos, Durand, Frédéric, Balthazar: un prince de Timor en Chine, en Amérique et en Europe, au XVIIIe siècle, Paris, Les Indes savantes, 2015).

Quelques références dans d'autres sources :

  • L'Espion anglais (1785, t. VII, p. 115-116) extrait du numéro [VI] du 12 septembre 1767 du GB un paragraphe concernant la description d'un tableau de G.-F. Doyen, Le Miracle des Ardents, texte tiré des Ms du 6 septembre 1767.
  • Dans le numéro [XIV] du 7 novembre 1767 du GB : Lettre de Calais, du 24 Octobre 1767, rédigée par Bastide à partir d'une « nouvelle à la main » des Ms du 28 octobre 1767 (lettre factice reproduite dans les Œuvres complètes de Pierre Laurent de Belloy, Paris, Moutard, 1779, t. II, p. 335). Dans cette lettre, le GB se moque du dramaturge mettant en cause également les autorités municipales de Calais : « Notre Corps Municipal commence à sentir l'imprudence d'avoir prodigué des honneurs à Monsieur de Belloy: il rougit de voir dans sa salle d'assemblée un Poëte figurer parmi nos Rois, et tenir le rang des Héros et des Pères de la Patrie. Quelqu'un a proposé de revenir sur la première délibération, et de substituer à cette effigie, le portrait du fameux François, Duc de Guise, qui reprit cette ville en 1558 » (Belloy, p. 335). Le scandale suscité par cette correspondance postiche provoquera, le mois suivant, la suppression de l'hebdomadaire.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Lugano, Archivio storico della Città di Lugano, Giornali ticinesi, Scat. 1

Bibliographie

Faber F.J., Un Libelliste du XVIIIe siècle, Jean-François de Bastide en Belgique, 1766-1769, Bruxelles, Olivier, 1880.

Piot Ch., «Le séjour de J.F. de Bastide à Bruxelles», Bulletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles, 1882, n° 7, p. 251-271.

Historique

Début de journal :

En janvier 1761, Maubert de Gouvest abandonna Bruxelles et la rédaction des Mémoires du temps, laissant une quantité de dettes qui, en 1767, se montaient encore à près de 6500 florins. Ses créanciers étaient devenus propriétaires du privilège des Mémoires du temps, accordé à Maubert en 1759 grâce à une concession de dix ans. Le 10 juillet 1767, de concert avec Jean-François de Bastide – à Bruxelles depuis l’été de 1766 – les «Créanciers de M. Maubert» demandent au Conseil Privé que la propriété du privilège – «dont le terme expirera dans dix huit mois» – soit transférée à  Bastide; celui-ci, en retour – comme établi par une «Convention» – accepte de rembourser, avec le produit de la vente du périodique  et par versements de 1000 florins par an (+ 6% d’intérêt), les dettes laissées par MaubertBastide s’adresse au Conseil Privé pour pouvoir reprendre la publication du journal, mais il demande aussi des garanties à propos de la concession d’un nouveau privilège, nécessaire pour assurer la poursuite de l’activité du périodique au-delà du terme d’expiration du premier octroi accordé à Maubert (mars 1769) . Le 1er août, tout en exprimant des doutes sur les compétences et sur les qualités professionnelles de Bastide comme «Compositeur de la Gazette», le Conseil Privé autorise la publication du périodique et le transfert de la propriété du privilège, mais seulement «pour le terme que le dit octroi doit encore durer»; on ne donne, en revanche, aucune garantie sur la concession d’un nouveau privilège (Bruxelles, Archives Générales du Royaume, CPA, 1065 A, fasc. «Maubert», Extrait du Protocole du Conseil Privé de S.M. du 27 juillet 1767: «il est en effet une Convention sur le point d’être conclue […]. il est cependant incertain si M. de Bastide se seroit engagé de payer mille florins chaque année avec les intérêts, s’il n’avoit pas pris en considération l’avantage à résulter du second octroi).

Fin du journal :

Après le succès obtenu en 1765 avec Le Siège de Calais, Pierre Laurent de Belloy est au faîte de sa renommée, son «drame patriotique» est représenté partout et, par délibération municipale (6 mars 1765), il est déclaré citoyen honoraire de Calais (Belloy, P. L., O.C., t. II, P. 326-329). Dans ce contextesurvient, perturbateur, le persiflage du GB. Belloy exige une intervention immédiate de la censure (Bruxelles, AGR, CPA, 1065 A, fasc. «Bastide», 5 décembre 1767.). Le maire et les échevins de Calais, envoient une lettre indignée aux autorités belges et à Bastide lui intimant de la publier et de censurer le «calomniateur qui a eu l’impudence d’afficher dans votre feuille un faux de cette nature» (Belloy, O.C., t. II, p. 336; voir aussi Mercure de France, janvier 1768, vol. 1, p. 157-158). Bastide satisfait la requête et présente ses excuses dans le GB (n° XVII [du 28 novembre 1767] ; Voir Courrier du Bas-Rhin, n° 51, 23 décembre 1767). Le 9 décembre, le journal est interdit en France (Paris, BnF, fr. 22154, n° 36, «Interdiction du Gazetin de Bruxelles», 9 décembre 1767; voir aussi Mémoires secrets, 28 décembre 1767). À Bruxelles, une première disposition concerne la nomination d’un censeur : «Comme il convient que le gazetin de cette ville de Bruxelles soit revu et corrigé, nous chargeons le Conseil de nous informer […] à qui il croit qu’on pourroit confier la censure de cette feuille» (Bruxelles, AGR, CPA, 1065 A, fasc. «Bastide», 30 novembre 1767.). Bastide est invité à présenter l’original de la lettre incriminée et à donner des explications (Ibid., 9 [?] décembre 1767). Le 19 décembre, le Conseil Privé se réunit et, au lieu de la nomination d’un censeur, demande la cessation immédiate du périodique :

«Cette proposition est fondée sur les Observations suivantes. […] Il est certain qu’attendu la prodigieuse quantité de feuilles-périodiques qui s’impriment actuellement en Europe, il n’est pas possible à l’auteur du Gazettin d’avoir des materiaux suffisans pour remplir la feuille, qui paroit tous les huit jours, à moins que d’être plagiaires, ou de débiter au Public, ainsi qu’il fait, des pensées, des Contes, des Romans et des semblables productions fort peu intéressantes, ainsi que des anecdotes souvent satiriques, qui concernent de Gens de Lettres, ou des personnes d’une Considération distinguée. […] Qu’en effet ces sortes d’Écrits doivent demeurer ensévelis dans les Bureaux des Curieux qui les lisent. […] Qu’il seroit de la plus dangereuse conséquence que d’en autoriser l’impression […]. Qu’il est à craindre que le Gouvernement ne s’attire par là des plaintes facheuses et des explications toujours désagréables de la part des personnes qui croiront avoir été maltraités dans les feuilles du Gazettin, ce qu’il importe d’éviter» (Ibid., Extrait du Protocole du Conseil Privé de Sa Majesté, 19 décembre 1767).

Le 24 décembre 1767, la suppression du journal est ratifiée (Ibid., [notification], 24 décembre 1767). La situation personnelle de Bastide, harcelé par ses créanciers, devient insoutenable ; le 29 janvier 1768, pour éviter la prison, il demande un sauf-conduit :

«de bastide ose representer a Votre Altesse que la suppression de son gazetin lui cause une perte de quinze cens florins qu’il est obligé de paier a differentes personnes, et que n’en pouvant faire le remboursement, il se voit a la veille de perdre sa liberté. Les poursuites déjà commencées lui annoncent son malheur. Il ose supplier votre Altesse Royale de lui accorder un sauf-conduit, afin qu’il puisse exercer ses foibles talens, et se mettre à portée de satisfaire à ses engagemens, par l’effort redoublé d’un travail sans interruption» (Ibidem, s.d. [29 janvier 1768]). 

Après un premier refus – mais surtout après avoir trouvé un «accommodement à l’amiable» avec ses créanciers (Ibid., Extrait du Protocole du Conseil Privé, 4 février 1768)‒, Bastide obtient entre avril et juin 1768 un sauf-conduit de six mois et une petite pension mensuelle. Ces concessions lui permettent de «prolonger son existence dans [le] Pays» , en se consacrant à des projets qui, cependant, sont tous rejetés par les autorités belges (Ibidem, Extrait du Protocole du Conseil Privé de Sa Majesté, 23 mars 1768; voir Piot Ch., p. 267-268). Enfin, les événements se précipitent : dépourvu de protections et de ressources, Bastide quitte Bruxelles et la Belgique, entre octobre et décembre 1769.

Auteur

Fabio MARINAI

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