N° 733a

JOURNAL ÉTRANGER COMBINÉ AVEC L'ANNÉE LITTÉRAIRE (1762-1764)

Titre(s)

Journal étranger combiné avec l’Année littéraire

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Début août 1762 - mi-avril 1764. 5 tomes. Pas de privilège, prospectus non retrouvé.

Périodicité annoncée et réelle, jusqu’en décembre 1762, «tous les mois»; ensuite irrégulière.

Description de la collection

Chaque tome comprend deux livraisons ou volumes, dont la pagination est continue. Les livraisons portent les noms des mois et sont numérotées 1 à 10.

Les tomes 1-4 comportant les mois de janvier jusqu’à septembre comptent entre 557 et 576 p. Le tome 5 comportant les mois de septembre et octobre-décembre compte 470 et xviii p.

72 x 128 in-12o, soit 24 p. par cahier.

Composition des livraisons: page de titre, Catalogue de livres nouveaux qui se trouvent chez E. van Harrevelt (7 fois sur 10), Avis ou Avertissement (nos 1, 7, 8, 10), Réimpression du Journal étranger (c. 200 p.), quelques articles de l’Année littéraire, sauf dans le no 10 (c. 51 p.: entre 13 et 81 p.), Additions de l’éditeur de Hollande, sauf dans les nos 6 et 10 (c. 20 p.: entre 3 et 54 p.), table, errata (nos 2, 3, 4), catalogue (6 fois sur 10). La dernière livraison consiste entièrement d’un choix de textes du Journal étranger  d’octobre et novembre 1761, suivi par Prospectus de La Gazette littéraire de l’Europe donné par les éditeurs de Paris en 1763 (p. iii-xiv) et l’Avertissement des éditeurs de Hollande (p. [xv]-xviii).

Illustration: un frontispice en tête de chaque livraison. Sous la devise: «Quae robora cuique / Quis color, & quae sit rebus natura ferendis / Virgil. Georg. II.» on voit  un enfant assis devant un haut nid avec deux cygnes, et dans sa main gauche un petit cygne. A gauche une maison avec un oiseau sur le toit; à droite un arbre.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Amsterdam, chez E. van Harrevelt, 1762 [nos 1-7], 1763 [nos 8, 9], 1764 [no 10]

Aucune adresse ni mention d’imprimeur.

Chaque livraison «12 sols argent de Hollande» ; pour l’année: 7 florins et 4 sols (no 1 Avertissement).

En vente à: Arnhem (J. Nyhoff), Bois-le-Duc (Pallier), Dordrecht (Van Braam), Utrecht (Spruyt), Delft (E. van der Smout), Groningen (Barlinckhof), Harderwijk (Mooyen), Haarlem (J. Bosch), La Haye (Gosse & Pinet, veuve Van Duren, B. Gibert et D.  Aillaud), Leeuwarden (W. Wigeri), Leiden (Verbeek, Van der Eyck, De Pecker et S. et J. Luchtmans), Nijmegen (Van Kampen), Middelburg (L. Taillefert D. Zn.), Rotterdam (Beman et fils, Arrenberg et D. Vis jr.), Zwolle (Clemens) [annonce dans le Oprechte Haerlemse Courant, 5-8-62].

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Le rédacteur principal est Jean-Laurent Garcin (1733-81).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le Journal étranger donne des extraits de livres publiés en Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Danemark, Suisse, Grèce etc., et des nouvelles littéraires de ces pays. Parmi les extraits repris de l’Année littéraire on trouve ceux de Querelles littéraires (1, 2), Traité de la véritable noblesse (2), Opuscules mathématiques de d’Alembert (4), Amélie, histoire anglaise de Fielding (5), L’Egypte ancienne, De L’Esprit, Le Rituel des esprits forts (6), L’Esprit de Julie ou extrait de la Nouvelle Héloïse par Formey (8), etc. Les Additions comprennent des comptes rendus du Contrat social de J.-J. Rousseau (1), Œuvres diverses de M. Thomas (2), Eloge historique de M. de Crébillon (4), repris du Mercure de France (juillet 1762), Institutions militaires de Vegece (5), A Dissertation on miracles by George Campbell (8, 9) et Le Noble (8), début littéraire de Mme de Charrière.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Collection étudiée: Tübingen, Bibliothèque universitaire, Kb 140.

Autres collections: Copenhague, Bibliothèque Royale (cote 185, 171, 9173-9175), Genève, Société de lecture (RC 84), New Haven, Yale University Library (A84 13v).

Bibliographie

Presse du temps: Nederlandsche letter-courant (VIII, no 77, p. 198); annonces dans la Bibliothèque des sciences et des beaux-arts (tomes XVIII-XX) de Pierre Gosse jr. et Daniel Pinet.

K. van Strien, Isabelle de Charrière (Belle de Zuylen) New material from Dutch archives, Peeters, Leuven 2005 (La république des lettres, 25). K. van Strien, «The publication history of Le Noble», Cahiers Isabelle de Charrière / Belle de Zuylen papers, 5 (2010), p. 27-34.

Historique

Le 13 et le 20 juillet 1762 la Gazette d’Amsterdam annonce «E. van Harrevelt, libraire à Amsterdam dans le Ste Lucie-steeg, [...] donne avis qu’il réimprime actuellement le Journal étranger de M. l’abbé Arnaud, combiné avec L’Année littéraire de M. Fréron. Le mérite de ces deux journaux les recommande assez. La nouvelle édition ne coûtera guère que le quart de celle de Paris. Elle commence par le mois de janvier 1762; mais on réimprimera incessamment les deux années précédentes, ainsi qu’on le peut voir dans le prospectus qui se distribue gratis chez ledit Harrevelt et chez les principaux libraires de l’Europe». Le 26 l’annonce, en néerlandais cette fois, parait dans le Leydse Courant. Le 3 août la Gazette d’Amsterdam annonce «le Journal Etranger pour le mois de janvier 1762, augmenté de plusieurs articles qui ne se trouvent point dans l’édition de Paris. Les mois suivants paraîtront incessamment. Le prix est de 12 sols d’Hollande. On trouvera ce journal chez les principaux libraires de l’Europe». 

Cette première livraison comporte un avertissement qui quant au début, s’inspire de l’Avertissement concernant le Journal étranger en tête du Journal étranger de janvier 1762 (p. 1-5): «Le Journal étranger, exécuté d’abord par des écrivains du premier ordre, tombé ensuite en des mains faibles ou négligeantes, affaibli peu à peu au point de se voir supprimé, a repris depuis l’an 1760 un éclat qu’il eut à peine dans ses commencements, et se soutient depuis ce temps-là avec la force que lui prêtent l’esprit et le zèle d’un savant éclairé, d’un écrivain poli, d’un critique philosophe.* [en bas de page: *M. l’abbé Arnaud]’. Le libraire envisage de diffuser sa réimpression «pas seulement en Hollande, mais en Angleterre, en Allemagne et ailleurs». Il va y ajouter des articles de l’Année littéraire sur des publications françaises. Mais «comme tout n’y est pas également bon, on a fait un choix des extraits les plus capables de piquer la curiosité des lecteurs, tant par le fond même des choses, que par la délicatesse et l’enjouement de la critique». Il y aura aussi des additions de l’éditeur de Hollande: soit «des analyses détaillées ou des notices succinctes».

«Chaque volume aura au moins douze feuilles d’impression et ne coûtera que le prix modique de 12 sols argent de Hollande, ce qui fera pour l’année entière, à raison de douze volumes ƒ7:4. Le Journal étranger se vend 24 livres de France à Paris, et l’Année littéraire 32, faisant ensemble 56 livres. C’est-à-dire que le prix des deux journaux combinés n’est que guère le quart de ce qu’ils se vendent en France». Les volumes du Journal étranger de 1760 et 1761 seront réimprimés aussi et disponibles, «à un prix très inférieur à celui de l’année courante, afin que les particuliers aient le journal complet depuis l’époque de sa reprise». Le 24 septembre Elie Luzac signale dans son Nederlandsche letter-courant (VIII, no 77, p. 198): «Il y a quelque temps que Harrevelt a publié un prospectus et maintenant les livraisons de janvier et février 1762. Un bon complément au Journal des savants, combiné avec les Mémoires de Trévoux [Amsterdam, Marc-Michel Rey], bien que la plume de Fréron soit quelque peu mordante contre Voltaire et ses partisans», une référence aux extraits de Querelles littéraires, ou Mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la République des lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours (1761) par Simon-Augustin Irail.

Jusqu’en novembre la publication des volumes se poursuit régulièrement: il y a des annonces dans la Gazette d’Amsterdam: février (GdA, 14-9-62), mars (GdA, 5-10-62), avril et mai (GdA, 5-11-62). Le volume de juin a dû suivre sans problème en décembre. Dans l’édition de Paris l’approbation est du 30 juillet. Par contre le volume de juillet (approbation 6-10-62) paraît avec du retard. Dans un Avis, l’éditeur s’excuse, mais il n’y peut rien, puisqu’il dépend de l’édition de Paris. A la demande des lecteurs il promet davantage d’extraits de l’Année littéraire et, pour les mois qui vont venir, pas d’additions. Malheureusement la livraison d’août (approbation 11-2-63) ne paraît qu’au mois de mai. Le 25 mai 1763 Samuel Luchtmans, libraire à Leyde, en vend deux exemplaires (Amsterdam, Bibliothèque universitaire, archives Luchtmans, boekverkopers, 1761-65, f. 324).

Le volume ouvre avec un Avertissement de M. l’abbé Arnaud, non daté, qui ne se trouve pas dans l’édition de Paris: «Il serait inutile d’exposer à nos lecteurs toutes les causes du long retardement dont ils ont tant de raison de se plaindre [...] Le nouveau travail que le ministère a daigné nous confier [Arnaud fut nommé censeur royal, MdF, octobre 1762, p. 192], a d’abord absorbé toute notre attention; nous nous sommes vus dans la nécessité d’augmenter le nombre de nos coopérateurs et de chercher des secours de toute espèce. Enfin les obstacles se trouvent heureusement levés; la Paix [Traité de Paris, 10-2-63] nous procure la facilité d’étendre et de multiplier nos correspondances; des gens de lettres déjà connus ou dignes de l’être s’engagent à partager nos travaux, et des citoyens respectables qui aiment véritablement la littérature et les arts, témoins de nos dispositions et convaincus de l’utilité de notre entreprise, nous ont offert d’eux-mêmes tous les moyens dont nous avions besoin pour donner au Journal étranger le degré de solidité qui lui manquait encore, et qui seul peut en assurer le succès».

Le volume de septembre (approbation 31-3-63) paraît en juillet 1763 (Luchtmans, 1761-1765: f. 57). Comme dans l’édition de Paris, il n’y a pas d’avertissement que ce sera le dernier, mais le prospectus de la Gazette littéraire de l’Europe avait déjà paru en juin (M. Fontius et al. (eds), Correspondance passive de Formey, Paris - Genève, Champion - Slatkine, 1996, p. 347; Trublet à Formey, 19-6-63). Le 17 février 1764 Harrevelt annonce dans le Leydse Courant «qu’il imprime et rendra incessamment La Gazette littéraire de l’Europe sous le titre de Journal étranger combiné avec l’Année littéraire et pour lui servir de continuation; l’objet de cette gazette étant absolument le même que celui du journal qu’elle remplace. Il y ajoutera des extraits neufs, comme il a fait ci-devant». Le 18 avril il annonce en néerlandais dans le même journal qu’il a en vente la dernière livraison du Journal étranger combiné avec l’Année littéraire, «c’est-à-dire octobre-décembre 1762 à 12 sols». Il sera suivi, «au début du mois prochain» et ensuite tous les mois, de la Gazette littéraire de l’Europe, augmentée suivant le prospectus, qui est aujourd’hui disponible gratuitement chez lui et chez les libraires suivants».

A la tête du dernier volume on trouve l’Avertissement suivant: «Après plus d’un an d’interruption, nous reprenons ce journal. Astreints par notre plan à suivre la marche des éditeurs de Paris, nous avons été forcés de nous arrêter avec eux. Si nous avions pu prévoir que la discontinuation aurait été prolongée à ce point, nous eussions pris des mesures pour y suppléer. Aujourd’hui que nous sommes sûrs que MM. Arnaud et Suard vont reprendre le Journal étranger sous le titre de Gazette littéraire de l’Europe, nous nous hâtons de terminer l’année 1762 en un seul volume qui comprend octobre, novembre et décembre. Nous fournirons l’année 1763 en deux volumes, le premier pour janvier-juin, et l’autre pour juillet-décembre. Par cette méthode nous regagnerons rapidement le temps dont nous sommes arriérés. Du reste le public ne doit plus craindre de nouvelle interruption. Quand même les éditeurs de Paris discontinueraient, les arrangements que nous avons pris nous mettraient en état de fournir malgré cet inconvénient la carrière où nous sommes entrés».

Le premier volume de la Gazette littéraire de l’Europe (mai 1764) paraît à Amsterdam fin mai 1764 (GdA, 1-6-64). Il s’agit d’une édition «augmentée de plusieurs articles qui ne se trouvent point dans l’édition de Paris. Ce journal est peut-être le plus complet et le plus universel qui ait paru jusqu’ici. Il se continuera exactement, et l’on en donnera chaque mois un volume au prix de 8 sols [...]. On le trouve aussi chez les principaux libraires de l’Europe».

Auteur

Kees VAN STRIEN

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