N° 0046

AFFICHES DE L'ORLÉANAIS (1764-1794)

Titre(s)

Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l'Orléanois, contenant généralement tout ce qui peut intéresser cette province.

Devient en 1773: Annonces, affiches et avis diversetc.; puis en 1782: Affiches de l'Orléanois, annonces en 1783: Journal de l'Orléanois ou Annonces, affiches et avis divers contenantetc.; en 1788: Journal général de l'Orléanois en 1790: Journal général du département du Loiret.

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

La collection d'Orléans rassemble en 10 volumes les 31 années du journal, du 3 février 1764 au 24-25 décembre 1794. Les volumes regroupent en moyenne 4 années. Le privilège est daté du 3 janvier 1764. La feuille est hebdomadaire et paraît chaque vendredi. Les volumes sont datés de 1764-1767, 1768-1771, 1772-1775, 1776-1779, 1780-1784, 1785-1789, 1790, 1791, 1792, 1793-1794.

Description de la collection

Feuilles de 4 p. in-4°, 200 x 260, imprimées sur deux colonnes. Chaque tome annuel groupe 52 feuilles et fait en moyenne 208 p., de pagination continue; mais l'introduction de la rubrique des hypothèques en 1772 provoque l'addition de nombreux suppléments, qui portent le nombre total des pages à 222 (1772), 242 (1773), 244 (1774), avec un retour à la normale par la suite, l'imprimeur ayant adopté un corps plus petit pour cette rubrique; à partir de 1783, le nombre de pages s'accroît de nouveau à la suite de la publication des contrats de bailliage pour la région. Les tomes annuels sont ornés d'un frontispice, livré avec le premier numéro de l'année à partir de 1773.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

A Orléans, chez Martin Couret, puis chez Louis-Pierre Couret de Villeneuve, rue des Minimes (puis rue Vieille Poterie, puis rue du Colombier).

Le prix de l'abonnement est de 6 £ à Orléans, de 7 £ 10 s., puis 9 £ (à partir de 1783) pour la province; le numéro est vendu à 3 s.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Fondateur et directeur (de 1764 à 1770?): Martin COURET DE VILLENEUVE; directeur (de 1771? à 1794): Louis-Pierre COURET DE VILLENEUVE. Laurent-Pierre Bérenger (1749-1822), professeur de rhétorique au collège d'Orléans, donne au journal de nombreuses pièces fugitives et des comptes rendus d'ouvrages littéraires. Plusieurs membres des sociétés savantes d'Orléans (le médecin Beauvais de Préau, le pharmacien Prozet, etc.) collaborent au journal; L.-P. Couret de Villeneuve y publie lui-même de nombreux articles.

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Le prospectus de lancement est, comme l'a signalé G. Feyel, copié du prospectus des Affiches de Rouen; il annonce le contenu habituel des Affiches: biens à vendre, annonces et avis, demandes de particuliers, jurisprudence (arrêts, édits, déclarations), médecine, agriculture, commerce et industrie, cours des changes, naissances, mariages et enterrements, nouvelles particulières de la province, nouvelles politiques de l'Europe. La rubrique des hypothèques apparaît le 6 décembre 1771. En quatrième page viennent en général, parfois après une pièce de vers ou des annonces de spectacles, les rubriques du cours des grains et du cours des changes. A partir du début des années 1780, les «avis» sont réservés aux publicités commerciales. Jusqu'en 1773 environ, les Affiches restent très traditionalistes: la partie rédactionnelle se limite à des conseils pratiques, recettes et remèdes, le plus souvent tirés d'autres journaux ou gazettes; on y trouve également quelques articles portant sur l'histoire locale ou des «tableaux historiques des grands hommes de l'Orléanais», quelques pièces de vers.

Dix ans plus tard, le Journal de l'Orléanais donne une impression très différente: les recettes et remèdes tendent à disparaître au profit des dissertations et études envoyées par les membres de la Société de Physique; la littérature, grâce aux contributions de Couret et de Bérenger, y tient une place importante; les comptes rendus d'ouvrages de médecine, de physique, d'histoire, de droit et d'économie, ainsi que de pièces de théâtre occupent une large place dans la feuille; l'agriculture s'y ajoute entre 1783 et 1788. Couret consacre également des comptes rendus à l'histoire locale; mais d'une façon générale, l'actualité régionale est assez faiblement représentée dans le journal; les informations portent sur la vie des collèges et des sociétés savantes, sur les cérémonies officielles, sur les cataclysmes naturels (inondation de 1770 ou de 1788, hiver de 1788-1789, orages, etc.), sur les initiatives des sociétés de bienfaisance.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Orléans, E 5127-5128; A.D. Loiret, R 125 et 131; B.N., 4° Lc9 109bis.

Bibliographie

D.P. 2 (art. «Couret de Villeneuve»). – Feyel G., «Négoce et presse provinciale en France au XVIIIe siècle, méthodes et perspectives de recherche», étude publiée par l'Institut Universitaire Européen, Florence, 19891.

Historique

Les Affiches d'Orléans ont été fondées en janvier 1764 par Martin Couret de Villeneuve (1719-1780). On ne sait pas exactement quand Pierre-Louis Couret (1749-1806) a pris la succession de son père; mais la date ne saurait être éloignée de l'époque où il a été doté de l'office d'Imprimeur du Roi (1771). La marque personnelle de Pierre-Louis Couret se fait sentir à partir de 1773. Brillant élève du collège d'Orléans, homme de lettres, franc-maçon (reçu le 12 mai 1774), membre de la Société d'Agriculture dès sa fondation en 1781, il ne se contente pas de gérer une feuille d'annonces et d'avis; il étend la partie rédactionnelle des Affiches, consacrée pour l'essentiel à l'actualité culturelle; cette évolution est consacrée par la forme donnée au Journal de l'Orléanais en 1783. Acquis aux idées nouvelles, Couret est favorable d'emblée au mouvement révolutionnaire. En juillet 1789, il donne à son journal un supplément intitulé Journal des Etats généraux; mais la même année, il se rend à Paris où il passera désormais la plus grande partie de son temps. Les Affiches et le Journal de l'Orléanais ont néanmoins connu pendant trente ans, et jusqu'à leur clôture en 1794, une régularité et une qualité que peu de journaux provinciaux ont atteintes.

Notes

1. Les renseignements rassemblés ci-dessus nous ont été fournis par M. C. Sullerot et G. Feyel.

Auteur

Jean SGARD

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