N° 0506

GAZETTE DE COLOGNE (1734-1794)

Titre(s)

Gazette de Cologne. Avec Privilège de Sa Majesté Impériale. Du ... [date].

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

13 avril 1734–1794. Gazette bihebdomadaire, paraissant le mardi et le vendredi. Elle s'augmente un peu plus tard d'un supplément, qui paraît les mêmes jours. A partir de 1780, elle paraît les lundi-jeudi et mardi-vendredi. A l'époque de la Révolution, des suppléments extraordinaires paraissent fréquemment le mercredi et le dimanche. Privilège accordé en 1735 par Karl VI.

Description de la collection

La gazette est imprimée sur cahiers de 4 p. in-4°, 145 x 195, ou 150 x 200 selon les collections ; impression sur deux colonnes ; les suppléments sont imprimés sur 2 p., longue ligne. L'incipit est orné d'une lettrine.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

«A Cologne, ainsi que dans tous les Bureaux de Postes d'Allemagne et des autres Pais». L'adresse «Chez Roderique», qui apparaît dès le début, réapparaît fréquemment jusqu'en 1789.

A partir de 1779, la diffusion en France se fait par le Bureau général de la Gazette : «En conséquence du Traité passé avec les directeurs du Bureau Général exploitant le privilège exclusif des gazettes étrangères à Paris, le prix de l'abonnement est fixé à 36 £ par an, franche de port».

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Jean-Ignace RODERIQUE (1734-1753), Antoine-Gaspard JACQUEMOTTE (1753-1764), Maria-Theresia RODERIQUE et Joseph de LAID (1765-1776), Jacques DAMBRIN, abbé de Jeaurinvillier (1767-1785), N. MADIGNE (1785-1794).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Comme toutes les gazettes, la Gazette de Cologne est faite de bulletins des différentes nations d'Europe (Russie, Grande-Bretagne, France, Pays-Bas, Italie, Espagne, Allemagne, etc.). Ces bulletins sont souvent reproduits sous forme d'avis quasiment officiels des Cours, avec leur énonciation d'origine, sans prise de position. On trouve en dernière page, le plus souvent en encadrés, des annonces de ventes et de souscriptions. Les suppléments sont généralement consacrés à la reproduction de documents officiels. La Gazette de Cologne accorde une attention particulière aux affaires de France, du fait de la personnalité de ses rédacteurs, qui ont été à diverses reprises «bulletinistes» à Paris : Roderique (ou son associé Jacquemotte) réunit en 1752-1753 des bulletins très circonstanciés des affaires parlementaires (bulletins de Paris et de Rouen, discours du Roi et des présidents de Parlements). Les relations de troubles parlementaires en 1788 ou de révoltes populaires sont également présentées avec un grand luxe de détails : la Gazette de Cologne excelle à juxtaposer des bulletins d'origines diverses et des relations officieuses, à nuancer les versions contrôlées par le ministère des Affaires étrangères, à rendre compte des fluctuations de l'opinion publique (émeutes parisiennes en mai 1788, Journée des Tuiles en juin, rappel de Necker, etc.). Durant la Révolution, elle maintient une prudente ambiguïté, qui permet de croire à la coexistence de plusieurs rédacteurs d'opinions opposées.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

B.M. Herdringen, n° 720 (n° 1, 13 avril 1734) ; Archives des Affaires étrangères de France, Correspondance diplomatique, Cologne 72, f° 333-379 (n° 36 et 37, 1736-1737) ; B.U. Cologne (1743-1759, 1759-1761, 1763-1765, inc.) ; B.M. archiépiscopale de Cologne (1746-1752) ; A.N. Wien (1749-1755) ; B.U. Halle, Af 709 7/15 (1751-1754, numéros de 1756, 1757, 1794) ; B.N., 8° G 15989 (1752-1765, 1779) ; A.N., YII 14 (1754-1755) ; Staatsbibl. München, 4° Eph. pol. 6 (1757-1769, inc.) ; B.R. Bruxelles, I VB 7847 A ; B.M. Poznan, IV.X.h. 6-7 (1788-1789) ; B.L., New York, Oslo, etc.

Bibliographie

D.P. 2, art. «Roderique», «Jacquemotte», «Dambrin». Renseignements transmis par E. Mass : Hoppe K., Roderiques «Gazette de Cologne» : 1740-1745, Phil. Diss. Masch., Münster, 1948. – Idem, «Roderiques Nachtrichtengebung und Politik in der Gazette de Cologne», Publizistik,t. X, 1965, p. 140-149. – Hömig H., «Jean-Ignace Roderique (1696-1756)», Rheinische Landesbilder, t. IX, 1982, p. 159-177 (article fondamental). – Moureau F., «Les journalistes de langue française dans l'Allemagne des Lumières : essai de typologie», Archives et bibliothèques de Belgique, t. LIV, 1983, p. 112-122. – Mass E., «Die französische Presse im Deutschland des 18. Jahrhunderts», Studien zum achtzehnten Jahrhundert, t. V, Hamburg, 1985.

Historique

Le projet de la Gazette de Cologne serait dû à François Bruys, si l'on en croit ses Mémoires historiques (t. II, p. 79 et suiv.) ; Bruys résidait à cette époque à Neuwied. Le véritable fondateur de la Gazette de Cologne fut Jean-Ignace Roderique (1697-1756), ancien jésuite établi à Cologne, professeur d'histoire à l'Université, qui obtint un privilège de la ville de Cologne, puis en 1735 un privilège impérial (renouvelé en 1746). Il semble avoir en même temps fourni un certain nombre de nouvelles à la main, qui firent du bruit à Paris entre 1740 et 1748 (cf. D.P. 2, art. «Roderique»). Partisan déclaré de la politique impériale et ultramontaine, Roderique s'attira le mépris de Frédéric II et la méfiance du cardinal Fleury. Dans une lettre du 30 mars 1753, Roderique déclare avoir renoncé à la rédaction de la G.C. «depuis plusieurs années» (cité dans D.P. 2) ; il cède la propriété de la G.C. à son neveu et héritier Antoine Jacquemotte, qui ajouta à son nom celui de «Roderique». Antoine-Gaspard Jacquemotte dirigea la G.C. jusqu'à sa mort, survenue le 3 janvier 1764 ; sa succession fut assurée par sa veuve, associée à Dambrin. Jacques Dambrin, jésuite expulsé de France et condamné à mort pour discours séditieux en août 1762, s'exila en Allemagne et obtint, grâce à la protection du nonce apostolique de Cologne la responsabilité de la G.C. ; il prit alors le nom d'abbé de Jeaurinvillier. Les Nouvelles ecclésiastiques le mentionnent comme directeur de la G.C. en janvier 1768 ; ses positions ultramontaines lui attireront à plusieurs reprises les foudres des N.E., qui le citent encore en juillet 1780 (cf. D.P. 2, art. «Dambrin»). La mention «Chez Roderique» relevée par P. Rétat dans des numéros d'août 1789 de la G.C. (Les Journaux de 1789:  bibliographie critique, C.N.R.S., 1988, n° 329) laisse penser qu'à cette époque, la gazette était restée fidèle à l'inspiration catholique, royaliste et indépendante qui avait été celle de son fondateur.

Auteur

Jean SGARD

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