PETITES AFFICHES DE CASSEL

Numéro

0019bis

Titre(s)

Petites Affiches de Cassel

Titre indexé

AFFICHES DE CASSEL

Dates, périodicité, privilège(s), approbation(s)

Début : 18 nov. 1783 ; arrêt : 2 (ou 11) nov. 1785. Périodicité : tri-hebd.,“se publie le Mardi, le Jeudi, et le Samedi”. Les jours de livr. changent en avril 1785 : “En se conformant aux jours de poste, […] les petites Affiches se distribueront le Lundi, Mercredi, et Vendredi” (t. II, n° LX).
Dans un Avis au Public (oct. 1784) est démentie toute hypothèse de cessation : “On a répandu, je ne sçais pourquoi, que cette feuille ne se continueroit pas l’année prochaine. Ce bruit est dépourvu de fondement” (t. I, n° XCVI).

Description de la collection

Feuilles in-8° (cm18x11,3) de 4 p. non numerotées, s.l. (Kassel) et s.n. d’imprimeur-éditeur (Lavillette). La numérotation des cahiers est en chiffres romaines (ci-après, en arabes) et recommence au début de la deuxième année. L’en-tête est le suivant : “N° I/ Petites Affiches de/ Cassel/ Mardi 18 Novembre 1783”. Dans la deuxième année on ajoute : “Second Abonnement”. La mise en page est soignée, le texte est encadré par des filets et les paragraphes sont interlignés. La taille de la police et l’espacement des lignes sont variables. Un changement de la mise en page est annoncé dans le numéro du 12 oct. 1784 (t. I, n° 142) : “À l’avenir [les P. A.] ne seront plus interlignées, afin qu’il puisse y entrer plus de choses. Et l’on supprimera aussi l’encadrement qui tient une place inutile”. Cette transformation, cependant, n’est pas mise en œuvre ; au contraire, dans les feuilles de la deuxième année on peut observer, en général, une disposition plus espacée des textes, ce qui suggère sinon un manque, du moins une certaine pénurie de matériel à publier.

Édition(s), abonnement(s), souscription(s), tirage(s)

“Le prix de l’abonnement est de six Livres pour toute l’Année. On recevra gratis tous les Avis, lorsqu’on aura eu la précaution de les signer. À la porte du Bureau il y a une Boîte où l’on pourra les mettre à toute heure du jour”. L'imprimerie de l’éditeur, Lavillette, est à l'orphelinat de la ville (May, p. 101-102), “à la porte de Leipsick” (P. A., t. II, n° 9) ; sa librairie, en activité à partir du printemps 1784, est dans le centre, "sous les Arcades" (t. I, n° 35). Lavillette prend la relève d’une entreprise existante, la librairie française de Bernhard Fontenay, une “Leihbibliothek” (bibliothèque de prêt).
Le journal est rédigé en français, mais il y a aussi un suppl. en allemand (t. II, n° 31). La diffusion est locale, visant tout d’abord aux lecteurs de l’importante “colonie françoise” de Kassel et des environs. En ville, la distribution est assurèe par des “porteurs” (comme un “M. Gilles” : t. I, n° 50). Le retrait à la main auprès du bureau du journal est encouragé par la rédaction (t. II, n° 10), mais “avant onze heure du matin. Passé ce temps, le Bureau sera fermé” (t. I, n° 16). Les abonnés “hors de Cassel” retirent les livr. dans les bureaux de poste (t. I, n° 148). Un rappel est inséré dans le dernier numéro de la 1re année (t. I, n° 156) : “Plusieurs personnes ont oublié de payer leur abonnement des petites Affiches, […] nous les prions de vouloir bien l’envoyer au Bureau”. Dans un autre avis (t. II, n° 10) on informe : “La Villette, désidérant remédier aux abus qui se glissent journellement dans la distribution des petites Affiches, prie Messieurs les Souscripteurs de les envoyer chercher à partir de Jeudi neuf du courant. L’abus a été porté jusqu’à porter des fausses quittances. Une grande quantité des abonnées les font prendre. Si tout le monde veut suivre cette méthode, il y aura une personne au Bureau à 8 heures du matin”.

Fondateur(s), directeur(s), collaborateur(s), contributeur(s)

Collaborateur et propriétaire présumé : Jean-Pierre-Louis de la Roche du Maine, marquis de Luchet. Rédacteur, imprimeur et administrateur : Joseph-Étienne Legrand-Lavillette (17..-1827 ; voir Marinai), qui ne rend que rarement explicite son rôle (Réponse à M***, t. II, n° 42).

Contenu, rubriques, centres d’intérêt, tables

Contenu annoncé.

Aucun prospectus n’a été retrouvé. Dans un avis où l'on signale des changements dans la mise en page (voir Description) le rédacteur précise : “On aura soin d’y [dans les P. A.] insérer surtout toutes les découvertes relatives aux arts, au commerce, à l’agriculture” (t. I, n° 142).

Contenu réel.

Le titre associe immédiatement les P. A. aux nombreux périodiques existants du même nom, et en premier lieu aux Affiches de Paris, dont le journal de Kassel, selon l’opinion d’Adolf Knigge, ne serait qu'une “pitoyable imitation” (Journal aus Urfstädt, 1786, t. II, p. 223) ; le jugement du Deutsches Museum, en revanche, est plus favorable : “journal mignon, brillant et amusant” (1785, t. II, p. 184).

Dans leur ensemble, les P. A. donnent un aperçu significatif de la vie culturelle, politique et institutionnelle de Kassel pendant la période. Reportages et nouvelles alternent constamment avec les annonces, informant sur les mouvements, visites et rencontres de Frédéric II - un véritable journal de cour - et sur les événements en ville : festivals, danses, concerts, foires et marchés, expositions de peinture, inaugurations, anniversaires et initiatives spéciales. Un grand espace, composé de calendriers détaillés, présentations et comptes rendus, est réservé aux spectacles des comédiens français et des compagnies allemandes de passage (Olivier). La vie de la cour est suivie de près : nominations et avancements de carrière, baptêmes, mariages, décès. Dans le cahier du 2 sept. 1784 (t. I, n° 125), il est annoncé que "M. Le Conseiller privé, marquis de Luchet, a été nommé Vice-Président du Collège de Commerce" (à propos de Luchet, voir aussi t. II, n° 58 et n° 68). Le journal publie également tous les avis de convocation et des comptes rendus des séances publiques de la société historique-archéologique fondée en 1777 par Frédéric II, l’Académie des Antiquités de Cassel.

Un espace considérable est réservé à la promotion commerciale de la librairie et de l’activité de Lavillette, avec des mises à jour constantes des "nouveautés" en vente dans son magasin : principalement des livres, des journaux et des imprimés, mais aussi des jeux pour enfants et adultes (t. II, n° 25 et n° 97) ; parfois, on ajoute des Notes de suppl. - jusqu'à 4 p. (t. II, n° 41, n° 70 et n° 97). Un espace plus réduit est accordé au catalogue et aux initiatives de Johann Friedrich Hemmerde, "Libraire de la Cour" (voir à ce propos Apell, p. 141; Sirges, p. 77-78).
La partie la plus importante et la plus substantielle, dans ces annonces, est réservée aux nombreux périodiques français et de langue française que Lavillette traite et distribue, à savoir :
- les Cahiers de lecture, “dont Mr. Reichard, à Gotha est le rédacteur” (t. I, n° 16) ;
- l’Esprit des journaux (t. I, n° 36 et n° 62, mais les annonces concernant le périodique sont très nombreuses) ;
- l’Esprit des Gazettes (t. I, n° 43 et n° 61) ;
- la Gazette de Hambourg (t. I, n° 50) ;
- la Petite Bibliothèques des Théâtres (t. I, n° 52) ;
- le Journal de Suisse (t. I, n° 67) ;
- les Mémoires secrets (t. I, n° 70 ; t. II, n° 15) ;
- un nouveau Journal de Littérature et Choix de Musique (t. I, n° 57 (Prospectus dans l’Hannoverisches Magazin vom Jahre 1783, p. 589-590) ;
- une Gazette bi-hebdomadaire, “qui est le résumé de tous les Bulletins de Paris, de Vienne, et de La Haye” (t. I, p. 156) ;
- La Feuille du jour (t. II, n° 10 et n° 17) ;
- un “nouveau Journal historique des principaux événemens du temps présent. On distribue toutes les semaines un cahier, 72 pages” (t. II, n° 10) ;
- le Journal de Vienne, “dédié aux Amateurs de la Littérature” (t. II, n° 11) ;
- la Bibliothèque universelle des Dames (t. II, n° 23) ;
- le Journal d’Allemagne (t. II, n° 28).
Dans le numéro du 29 janv. 1785 (t. II, n° 30), est une Liste des Journaux civils, politiques et littéraires pour l’Année 1785, pour lesquels on peut s’abonner chez La Villette, avec leurs prix, rendus franc de port à Cassel. Les titres sont au nombre de vingt-six, et pour chacun d'eux sont indiqués la "Quantité des numéros" et le "Prix pour l'année entière" exprimé en "Fl.[orins]" :
- Mercure de France, [n°] 52/[Fl.] 18 ;
- Journal Encyclopédique, 24/18 ;
- Esprit des journaux, 12/18 ;
- Journal de Genève, 52/12 ;
- “Annales polit., civ. et littér. du 18e siècle, par M. Linguet”, 24/12 ;
- Gazette des Gazettes, ou Journal de Bouillon, 25/12 ;
- Gazette salutaire, 52/8 ;
- Journal de la Librairie, 52/6 ;
- Journal des Causes célèbres, 12/12 ;
- Bibliothèque des Romans, 16/12 ;
- vJournal des Gens du monde (voir aussi t. II, n° 41), 24/12 ;
- Année littéraire, 40/18 ;
- Journal des Savans "format in-4.", 12/18 ;
- "Idem, format in-12." : 24/18 ;
- Journal de Physique, 14/18 ;
- Journal général de France, 156/12 ;
- Calypso, ou le Babillard, 24/16 ;
- Journal littéraire de Nancy, 24/10 ;
- Journal de Paris, 365/20 ;
- Journal du Lycée de Londres, 24/18 ;
- Correspondance secrète, 52/20 ;
- Journal de Luxembourg, 24/8 ;
- Gazette de Santé, 52/8 ;
- Gazette des Tribunaux, 52/10 ;
- Journal de médecine, 12/10 ;
- Journal ecclésiastique, 12/12 ;
- Journal de Vienne, 52/12.
Encore :
- Prospectus du Courier politique et littéraire (t. II, n° 45), avec une réflexion sur “les Feuilles hebdomadaires qui, sans exiger trop d’attention du Lecteur, lui font parcourir avec rapidité toutes les gradations et les nuances de la Politique et des Sciences” ;
- une “espèce de gazette, intitulée Le Bulletin, […] 52 N°. composé de 8 pages […] 5 écus par an” (t. II, n° 129 ; le n° 4 est mis en vente le 28 sept. 1785 (t. II, n° 137).
Les journaux français et de langue française représentent, de toute évidence, l'une des ressources principales qui soutiennent l'“établissement littéraire” de Lavillette.

Autres contenus présents : actualités et nouvelles sur les initiatives allemandes, françaises ou européennes concernant les "Réformées et Luthériens" (voir par ex., t. I, n° 53) et sur les activités sociales et caritatives promues par les deux loges franc-maçonnes de Kassel (t. II, n° 30, n° 34, n° 40, n° 48 et n° 100). Nombreuses correspondances, notamment en provenance de Paris et de Londres, offrent des reportages sur les premiers vols en montgolfière. La chronique du lancement de deux ballons de la place Frédéric à Kassel est dans la feuille du 4 déc. 1784 (t. II, n° 9). Une importance considérable est accordée en général aux “singularités”, qui sont souvent l’objet des correspondances, comme par ex. l’Extrait d’une lettre de Paris concernant Cagliostro (t. II, n° 122 ; texte mn. à Kassel, KARLA, 2° Ms.hist.128.1). Une égale attention est réservée aux phénomènes naturels insolites et curieux ; aux découvertes archéologiques, véritables ou présumées – “canards”, pour la Revue archéologique (janv-juin 1906, t. VII, p. 350) ; aux expériences de chimie et de physique ; à la construction d'appareils insolites (voir, par ex., les sabots élastiques pour marcher sur l'eau : t. I, n° 19) ; à la médecine et à la santé ; aux expériences sur l'électricité, le magnétisme et le mesmérisme ; enfin, aux remèdes en agriculture : conservation du blé et de la farine, interventions contre les parasites ou pour résoudre certaines pathologies arboricoles ; pépinières spécialisées.

Présence sporadique de textes poétiques : Boufflers et Voltaire (t. I, n° 39) ; Vigée (t. II, n° 106) ; Fontenelle (non mentionné : t. I, n° 125) ; présence plus fréquente de vers occasionnels : impromptus, épigrammes, chansons, couplets. À la fin de chaque numéro : charades, calembours, énigmes, logogriphes, jeux mathématiques et divertissements littéraires et linguistiques (voir, par ex., la Lettre sans O (t. II, n° 86 et n° 87) et la Lettre sans U (t. II, n° 90 et n° 91).

L'espace restant est réservé aux affiches des particuliers, plus nombreuses dans la première année, en diminution progressive dans la deuxième :
- achats et ventes ;
- promotion des marchandises et des produits des commerçants et fabricants de Kassel, et des manufactures artisanales ;
- offres et demandes d’emploi (le bilinguisme franco-allemand est une condition souvent exigée) ;
- organisation de voyages, transferts et expéditions ;
- réservations de billets pour des événements spéciaux (t. II, n° 7) ;
- abonnements collectifs aux périodiques pour diviser les coûts (t. I, n° 58, n° 63 et n° 64).
Dans un avis - non répété - le bureau de la rédaction offre aux “amateurs” intéressés un service de mise à jour “sur les affaires présentes”, en apparence comparable à celui d’une agence de presse : “La Villette a l’honneur de donner avis aux amateurs que s’ils veulent avoir les nouveautés sur les affaires présentes, qui coutent toujours fort cher, ils doivent se faire inscrire, et alors ils payeront moitié moins. Il donne sur cet objet des éclaircissemens qui ne peuvent entrer dans cette feuille” (t. II, n° 20) ; le réseau de contacts et de correspondances constitué par le binôme Luchet-Lavillette est évidemment bien structuré et efficace, et les “nouveautés sur les affaires présentes” affluent constamment à Kassel.

Rubriques : Beaux Arts ; Arts et Sciences ; Effets perdus et trouvés ; Effets à vendre ; Demandes ; Spectacle ; Livres nouveaux ; Avis divers ; Cour et Concert ; Musique. Mais ces rubriques, utilisées dans les premiers numéros, sont vite abandonnées. La seule section maintenue en permanence est celle du Spectacle.

Historique

Début:

L'initiative des P. A. s'inscrit dans le cadre ample et varié de la francophilie qui marque la vie culturelle du Landgraviat dans ces années (François, p. 74; Ingrao). Si une "colonie françoise de réfugiés" huguenote est installée dans la ville depuis 1685 maintenant, sous l'impulsion décisive de Frédéric II, partisan convaincu de la primauté des idées des Lumières et de la "leçon" française, la cour de Hesse-Kassel est devenue un lieu largement francisé, avec un théâtre permanent (“Komödienhaus”) de comédiens - pour la plupart provenant de Paris - dirigé, depuis 1777, par un homme de lettres et journaliste - également français - en quête de sécurité économique, le marquis de Luchet, appelé à Kassel par l'intercession de Voltaire. Luchet a obtenu la confiance de Frédéric II en devenant son "conseiller intime" ; il a été chargé également de réorganiser la bibliothèque de la cour et le musée Fridericianum, inauguré et ouvert au public en 1779. En 1780, toujours sous l'impulsion du Landgrave et de Luchet lui-même, les presses de P. O. Hampe, imprimeur de la cour, ont produit un volume des Mémoires de la Société des Antiquités de Cassel, contenant vingt-trois "Discours" écrits en français ou en allemand. La Société historique-archéologique se réunit périodiquement, présidée (et financée) par le Landgrave. Luchet et Lavillette - chacun avec son rôle : directeur, rédacteur et promoteur le premier, simple co-éditeur le second – ont collaboré en 1782 à la création du Journal des gens du monde, suite directe du Pot-Pourri rédigé par le marquis les deux années précédentes (1781-1782). Le périodique, comme déjà le Pot-Pourri, est publié à Francfort par Johann Philippe Streng (1749-1832), en accord avec un "M. Wamberk" chargé des abonnements. Mais à partir du deuxième numéro - le journal continuera jusqu'en 1785 - "M. La Villette, à Cassel" est ajouté à Wamberk. Suite au témoignage ponctuel d'un contemporain, Friedrich Wilhelm Strieder (1739-1815), employé depuis 1765 comme chancelier dans la bibliothèque de Frédéric II et destiné, en 1786, à remplacer Luchet dans sa direction, entre le marquis journaliste et l'entreprenant imprimeur-libraire se serait créé, depuis 1782, une association concernant la propriété (Luchet) et la gestion (Lavillette) d'un "Établissement littéraire" d'imprimerie-librairie, à propos duquel Strieder (t.VII,p. 155s.) rapporte également un épisode curieux : une nuit, une main anonyme aurai affiché en pleine vue un avis dans l'imprimerie de Lavillette : “Monsieur le Marquis de Luchet, Imprimeur, Libraire, Conseiller intime de S.A.S. Msgr. le Landgrave, vend toutes sortes de livres”. L’"établissement littéraire" de Luchet-Lavillette poursuit le projet ambitieux de devenir au plus vite l'un des principaux centres de traduction, distribution et impression de livres de la France vers l'Allemagne et vice-versa. Ce plan de travail est énoncé en détail par Lavillette lui-même dans une communication adressée à "Ses Confrères en Allemagne", texte liminaire d'un catalogue important que le libraire publie à Kassel à l'été 1784. Les P. A. débutent dans ce contexte ; attestée par Strieder, l'association entre Luchet et Lavillette est confirmée par d'autres sources et répertoires successifs (Berge, p. 293 ; Ex Bibliotheca Cassellana, p. 75;. H. A. Stavan, p. 168; J. Meidenbauer, p. 191-194; W. Adam et al., p. 1079).

Cessation:

Strieder (t. VII, p. 155) fixe à la date du 11 nov. 1785 la cessation des P. A. Il est donc possible qu'il manque à la collection étudiée quatre numéros conclusifs ; il est utile, en tout cas, de rappeler le contexte : le dernier cahier conservé, le n° CLII du 2 nov. 1785, est sorti seulement quarante-huit heures après la mort de Frédéric II (31 oct.), décès qui provoque des bouleversements plus ou moins immédiats. Dans les semaines suivantes, à la cour de Hesse-Kassel commencent à se produire des changements significatifs. Guillaume IX (1743-1821), fils de Frédéric, ne possède pas du tout l'enthousiasme francophile de son père, et veut réajuster au plus vite les finances publiques mises à l'épreuve par l'éclat onéreux voulu par son prédécesseur ; enfin, il est également sensible aux sollicitations de ceux qui, comme Strieder, ont toujours contesté les compétences de Luchet en tant que bibliothécaire, conservateur de musée et surintendant des spectacles. Le marquis, finalement, est licencié, et quitte Kassel au printemps 1786. Le théâtre français est fermé : les acteurs de la compagnie encore sous contrat reçoivent six mois d'indemnités de départ. L’année 1786 marque également la fin de l'activité et du séjour de Lavillette à Kassel.

Localisation(s), collections connues, exemplaires rares

Exemplaire étudié (le seul retrouvé) : Kassel, Murhardsche Bibliothek Unikassel, 34 8° H. top. 17. À présent, visible dans ORKA :
https://orka.bibliothek.uni-kassel.de/viewer/toc/1578644247765/1/
La collection est composée de n° 307 cahiers : n° 155 de la 1re année (n° CLVI, selon la numérotation éditoriale, mais le n° CLII manque) : 18 nov. 1783-13 nov. 1784; n° 152 de la 2e année : 16 nov. 1784-2 nov. 1785. En effet, le “Second Abonnement” se serait terminé le vendredi 11 nov. 1785; donc il aurait fallu publier encore quatre numéros pour compléter l’année (voir Historique - Cessation).

Bibliographie

- Catalogue des livres de La Villette, Imprimeur-Libraire à Cassel, (Kassel), (Lavillette), “Du 1er Aoust 1784”; Tübingen, Eberard Karls Universität Bibliothek, Ke XXIV 761.
- Friedrich Wilhelm Strieder, Grundlage zu einer Hessischen Gelehrten und Schrifteller Geschichte, Göttingen, Basrmeier, 1788, t. VII, p. 117-157.
- David August von Apell, Cassel und die umliegende Gegend, Cassel, Hampe, 1792.
- Jean-Jacques Olivier, Les Comédiens français dans les Cours d’Allemagne au XVIIIe siècle – La Cour du Landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel, Paris, Société Française d’Imprimerie et de Librairie, 1905.
- Otto Berge, Die Innenpolitik des Landgrafen Friedrick II von Hessen-Kassel. Ein Beitrag zur Geschichte des aufgeklärten Absolutismus in Deutschland, Mainz, 1952.
- Ex Bibliotheca Cassellana, 400 Jahre Landesbibliothek, 20.11.1580-20.11.1980, par H.-J. Kahlfuss et H. Broszinski, Kassel, Gesamthochschul-Bibliothek Kassel, 1980.
- H. A. Stavan, «Landgraf Frederick II of Hesse-Kassel and Voltaire», SVEC, 241 (1986), pp. 161-183.
- Étienne François, Les échanges culturels entre la France et les pays germaniques au XVIIIe siècle, dans Les échanges culturels à l’époque moderne – Actes du colloque, Paris, Presses Universitaires Paris-Sorbonne, 1986, pp. 73-84.
- J. Meidenbauer, Aufklärung und Öffentlichkeit: Studien zu den Anfängen der Vereins - und Meinungsbildung in Hessen-Kassel 1770 bis 1806, Darmstadt, Selbstverl. der Hessischen Historischen Kommission, 1991.
- Thomas Sirges, Die Bedeutung der Leihbibliothek fur die Lesekultur in Hessen Kassel 1753-1786, Tübingen, Max Niemeyer Verlag, 1994.
- Eberhard Mey, Georg Forster und der Buchmarkt in der Residenzstadt Kassel in der Regierungszeit Landgraf Friedrichs II, dans Georg-Forster-Studien, Berlin, Verlag A. Spitz, IV (2000), pp. 95-151.
- Charles W. Ingrao, The Hessian Mercenary State: Ideas, Institutions, and Reform Under Frederick II, 1760-1785, Cambridge, Cambridge University Press, 2002 (1987).
- Wolfgang Adam, Winfried Siebers, Claudius Sittig, Siegrid Westphal, Handbuch kultureller Zentren der Frühen Neuzeit : Städte und Residenzen im alten deutschen Sprachraum, Berlin/Boston, De Gruyter, 2012.
- Fabio Marinai, Fra Ancien Régime e Révolution: disgrazie e fortune di un imprimeur-libraire, Joseph-Étienne Legrand-Lavillette (17../1827), Rivista di letterature moderne e comparate, vol. LXXIII (1/2020), p. 21-41.